Le stade olympique de Grenoble était une structure provisoire construite à Grenoble en 1967 en vue de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver le . D'une capacité de Dauphiné libéré du 20 décembre 1967, page 9. Le chiffre de reste le plus souvent cité, bien que le même quotidien mentionne le une foule de dans le stade. Il est probable que les journalistes aient voulu compter une partie de la foule encadrant l'extrémité de l'avenue Marcellin-Berthelot. Le commentateur Léon Zitrone de la deuxième chaîne de télévision parle de ., ce stade en forme de fer à cheval et dont le terre-plein rappelle la forme de la torche des Jeux de Grenoble a été démonté immédiatement après la fin des épreuves olympiques.
Construction Le site de construction du stade est défini sur l'emplacement de l'aéroport de Grenoble-Mermoz qui a été transféré en 1968 à Saint-Geoirs. L'endroit est à proximité immédiate du centre de presse de la rue Malherbe, du village olympique, de la gare de Grenoble-Olympique ainsi que du centre Alpexpo qui voit sa première utilisation dans la réception des visiteurs. L'ouvrage dont la construction démarre au mois d' par la société Entrepose est constitué d'une structure de type tubulaire composée de de tubes, , de serrageRapport officiel des jeux de Grenoble, page 200., sur la84foundation.org. Conçu par les architectes grenoblois, Bruno Pouradier-Duteil et Georges Pillon, l'ensemble recouvrant avec ses abords les plus proches une superficie de est orienté dans l'axe de l'avenue Marcellin-Berthelot qui se voit prolongée afin d'atteindre le stade.
La distance de l'entrée de l'arène au grand escalier accédant à la vasque olympique est de . Dans cet axe, un mât de de haut et d'un poids de est installé afin de porter le drapeau olympique d'une superficie de . Conçu en aluminium par la SISA, il a une forme de fuseau dont le plus gros diamètre est de . Ce mât est offert au Comité d'organisation des jeux par la société Pechiney.
Les gradins du stade couvrent une superficie de et nécessitent de boisArchives municipales de Grenoble, cote 4R38.. Face à la tribune d'honneur, se trouve un rostre, fait de lames de verre horizontales et verticales réalisé par la société Saint-Gobain, qui va servir aux orateurs pour s'adresser au public.
La vasque olympique construite par la société Stefi de Valence en collaboration avec la société grenobloise Neyrpic arrive en gare de Grenoble le . Elle est immédiatement habillée d'un habillage de tôle martelée dorée augmentant son poids et ses dimensions. Haute de , avec un diamètre de près de , elle pèse Grenoble 1968.com et doit être hissée le par un hélicoptère Alouette III sur la plateforme de la tour, accessible par de de largeRapport officiel des jeux de Grenoble, page 196., sur la84foundation.org. Le , le mât central arrivé à Grenoble par convoi routier est hissé au centre du stade ; le quand a lieu le premier éclairage de l'escalier et du mât par la société Luxazur. Le premier essai de la flamme dans la vasque se déroule . Une répétition générale de la cérémonie d'ouverture se déroule le .
Cérémonie d'ouverture vignette|left|upright|Extrait plan de Grenoble (1968). vignette|left|upright|Alain Calmat, brandissant la torche, s'apprête à allumer la vasque de la flamme olympique, lors de la cérémonie d'ouverture. L'animation de toutes les cérémonies est l'œuvre du Groupe de Paris dirigé par Alain Duchemin sur une musique de Jacques Bondon. L'architecture scénique, ainsi que l'ensemble des éléments décoratifs sont l'œuvre du cinéaste Jacques Valentin, assisté de l'architecte Denis Soulié.
Le mardi , après le défilé des sous un pâle soleil, dont le porte-drapeau de la délégation française, Gilbert Poirot, ce sont les discours d'Albert Michallon, président du Comité d'organisation, et d'Avery Brundage, président du CIO, qui laissent place au général de Gaulle annonçant à Heure précise donnée par le commentateur Léon Zitrone dans l'archive de la cérémonie de l'Institut national de l'audiovisuel. d'une voix forte et assurée « Je proclame l'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Grenoble ». Huit chasseurs alpins amènent alors l'immense drapeau olympique et le hissent sur le mât au son de l'hymne olympique. Puis des drapeaux olympiques sont hissés tout autour du stade à côté des oriflammes de chaque pays et le maire d'Innsbruck remet le drapeau olympique à Avery Brundage qui le remet à Hubert Dubedout, maire de Grenoble.
Après un interlude musical, trois hélicoptères larguent sur les tribunes olympiques suspendus à des parachutes ainsi que trois mille roses en papier. Puis, arrivant par l'avenue Marcellin-BerthelotLa flamme olympique est arrivée de Saint-Pierre-de-Chartreuse par le col de Porte, puis la grande-rue à La Tronche, quai des Allobroges, quai Xavier-Jouvin, pont de la Citadelle, les quais Brosse, Jay, Créqui, place de la Bastille, boulevard Gambetta, place Gustave-Rivet, avenue Albert--de-Belgique et Marcellin-Berthelot. bordée pour l'occasion de chaque côté par six cents sapins de douze mètres de hautDauphiné libéré du 10 janvier 1968., la flamme olympique portée par Daniel Robin est transmise à l'entrée du stade au patineur Alain Calmat qui traverse le stade pour aller gravir l'abrupt escalier monumental de recouvertes d'aluminium, afin d'embraser la vasque olympique. Cependant, aucun risque ne peut être pris pour la montée finale et c'est avec un bâton de résine que la flamme est transmise à Alain Calmat. Des battements de cœur sont sonorisés durant l'ascension des escaliers devant une foule ébahie Memo sport à l'occasion du de ces jeux, sur memosport.fr du 17 février 2010, consulté le 18 novembre 2018.. Il est lorsque Alain Calmat se retourne pour saluer le stade et qu'il allume la vasque olympique.
La cérémonie se termine par le serment des athlètes prononcé par Léo Lacroix et tandis que les flammes partent vers les différents lieux des épreuves, cinq Fouga Magister de la patrouille de France tracent les couleurs olympiques dans le ciel de la ville selon une trajectoire nord-sud.
Chaque site olympique reçoit une flamme olympique, y compris celui de Grenoble, dans le parc Paul-Mistral, mais bien qu'aucune épreuve sportive ne doive se dérouler dans ce stade d'ouverture, quatre citernes de contenant de propaneLe Dauphiné libéré du 21 décembre 1967. sont installées derrière la tour, afin d'assurer l'alimentation en gaz pour permettre à la vasque olympique de briller sur la ville durant toute la durée des jeuxfondationberliet.org, Jeux Olympiques de Grenoble 1968.. C'est le stade de glace qui accueille la cérémonie de clôture des jeux le en présence du Premier ministre Georges Pompidou.
Cérémonies et épreuves olympiques sont retransmises pour la première fois en couleurINA : Moyens techniques de l'ORTF pour les Jeux (10e/19 min 02 s) par l'ORTF (111 heures au total dont 50 en couleur) pour la zone Europe et le Canada, par ABC pour tout le continent américain grâce à deux satellites couleur dont Early BirdAlain Arvin-Berod, Les neiges de Grenoble, page 84.. C'est la chaîne NHK qui retransmet les épreuves pour le Japon. Les commentateurs français de cette cérémonie sont Léon Zitrone, Jacques Perrot et Robert ChapatteQuatre autres journalistes les rejoindront pour les épreuves sportives, dont Thierry Roland sur l'anneau de vitesse.. La cérémonie est également retransmise en direct dans vingt salles de cinéma en France dont trois à GrenobleDauphiné libéré du 6 février 1968..
En 1969, le film américain La Descente infernale avec Robert Redford et Gene Hackman montre quelques scènes tournées lors de cette cérémonie d'ouverture.
Démolition vignette|upright|left|Site actuel du stade olympique. Le , la vasque est descendue de sa tour par un hélicoptère et transférée au parc de l'institut national des sports de Vincennes, près de Paris, puis le démontage du stade (structure tubulaire composée de pas moins de de tubes, et de bois commence.. Ce n'est que plus tard, et grâce à Alain Carignon alors maire de Grenoble, que la vasque sera rapatriée à Grenoble le afin d'être rénovée et installée définitivement aux abords du parc Paul-Mistral lors d'une cérémonie le . Quant au mat olympique, il a été déplacé à peu de distance, sur le carrefour giratoire d'Alpexpo où il est encore visible de nos joursgeocaching.com, Le Mât Olympique., sur geocaching.com.
En 1970, sur le site de ce stade démarre le chantier d'un ensemble immobilier à l'architecture spécifique appelé « galerie de l'Arlequin », qui accueillera ses premiers habitants en , formant ainsi le premier quartier de la Villeneuve de Grenoble.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Rapport officiel des jeux olympiques d'hiver de 1968 André-Georges Dassaud, Fantastique Grenoble... Jeux olympiques d'hiver, Ed. B. Arthaud, 1968 Claude Francillon, Chamonix 24, Grenoble 68, Albertville 92 : le roman des jeux, Éditions Glénat, Grenoble, 1991, Alain Arvin-Berod, Les Neiges de Grenoble : 1968-2008, éd. Conservatoire Observatoire Laboratoire des Jeux Olympiques de Grenoble, Deux ponts, Bresson, 2008,
Liens externes
I.N.A.: Ouverture des jeux en couleur sur la seconde chaîne, commenté par Léon Zitrone Cartes postales du stade olympique Site d'architecture montrant le stade olympique
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