L’hôtel d’Alluye est un hôtel particulier du situé au de la rue Saint-Honoré, à Blois, dans le département français de Loir-et-Cher. Construit par Florimond Robertet alors qu'il était secrétaire et notaire du roi Louis XII, l'hôtel fait référence à sa baronnie d'Alluye.
Bâti entre 1498 et 1508, l'hôtel d'Alluye est l'un des premiers monuments de style Renaissance construits à Blois. Édifié sur un quadrilatère de de côté, il a longtemps constitué la plus vaste résidence privée du centre-ville. Sa façade de style Louis XII allie éléments gothiques (culs-de-lampe) et renaissants (volutes) tandis que sa cour intérieure présente des motifs beaucoup plus italianisants, comme des médaillons figurant des empereurs romains.
Longtemps propriété de la famille Robertet, l'hôtel d'Alluye passe aux Hurault de Saint-Denis puis aux Bégon dans la première moitié du , avant d'être revendu aux Louët de Terrouanne au début du . Racheté par un ancien notaire en 1832, l'hôtel est finalement vendu à la Mutuelle générale d'assurance de Loir-et-Cher en 1866. Depuis 2007, l'ancienne résidence de Florimond Robertet est divisée en une dizaine d'appartements de standing.
Au fil des siècles et de ses propriétaires successifs, l'hôtel d'Alluye a connu d'importantes transformations et seules son aile sud et, dans une moindre mesure, son aile orientale, conservent leur aspect d'origine. L'aile ouest du bâtiment a quant à elle été détruite dès le début du tandis que l'aile nord a été démolie en 1812. Classé monument historique par décret du , l'hôtel d'Alluye peut exceptionnellement être ouvert au public, notamment lors des Journées européennes du patrimoine.
Situation thumb|left|Plan de l'hôtel d'Alluye, tel qu'il devait être à l'époque de Florimond Robertet. Construit non loin de la cathédrale et du château de Blois, l'hôtel d'Alluye se situe au de la rue Saint-Honoré. À l'origine, il s'étendait, côté sud, le long de la rue Saint-Honoré (entre les actuels et ) et, côté ouest, le long de la rue Porte-Chartraine (du au ). Côté nord, l'extension de l'hôtel jusqu'à la rue Beauvoir n'est documentée qu'à partir de 1643 mais il n'est pas impossible qu'elle ait été contemporaine de Florimond Robertet. Dans cette direction, l'édifice s'étendait en tout cas jusqu'à l'arrière des petites parcelles contiguës à la rue Beauvoir, voire plus loin. Au total, l'hôtel d'Alluye s'étendait donc sur un vaste quadrilatère de de côté alors que les parcelles voisines de la demeure ne dépassaient guère les de façade.
On ne sait pas comment Robertet est parvenu à acquérir une parcelle d'une aussi grande superficie en plein centre-ville de Blois. Peut-être l'homme d'État a-t-il progressivement acquis, parcelle après parcelle, les terrains nécessaires à la construction de sa demeure. Mais il est également possible qu'il ait reçu de la couronne un fief citadin en guise de remerciements pour ses services. Ce qui est certain, en tout cas, c'est que Robertet a cherché à acquérir un autre hôtel particulier attenant à sa propriété, l'hôtel Denis-DupontCette demeure, qui existe toujours aujourd'hui, se situe à l'angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Porte-Chartraine ., afin d'agrandir sa propre résidence. Cependant, le propriétaire dudit hôtel, le jurisconsulte Denis Dupont, s'y est fermement opposé, soulevant ainsi la colère de son puissant voisin.
L'édifice qui nous est parvenu ne s'étend plus, aujourd'hui, que sur la moitié de la superficie qu'il occupait à l'origine. De fait, des quatre bâtiments qui entouraient, au , la cour d'honneur de l'hôtel d'Alluye, on ne conserve plus que le logis d'entrée et l'aile en retour d'angle, autrement dit les parties situées au sud et à l'est de la cour.
Histoire de l’édifice Construction thumb|ArmesLe blason de la famille Robertet est ; celui de Michelle Gaillard de Longjumeau est . et initiales de Florimond Robertet et de son épouse, Michelle Gaillard. Détail de la façade, rue Saint-Honoré (avril 2012). Sous le règne de Louis XII, entre 1498 et 1515, la cour de France s'installa à Blois et la ville devint, pour plusieurs décennies, la nouvelle capitale du royaume. Les grands personnages qui entouraient le souverain se lancèrent alors dans la réalisation de somptueuses résidences dans le Blésois et dans tout le Val de Loire. C'est à l'un de ces hauts dignitaires, le baron Florimond Robertet, secrétaire et notaire successif de Pierre de Beaujeu et des rois Charles VIII, Louis XII et François , que l'on doit la construction de l'hôtel d'Alluye.
Nommé d'après la baronnie d'Alluye, fief beauceron de Robertet, cet hôtel particulier fut bâti à partir de 1498 ou de 1500 selon les auteurs, mais fut achevé, au plus tard, en 1508. Un document diplomatique issu de la République florentine qualifiait en effet l'hôtel de « neuf » (« ») en septembre de cette année-là.
Fruit du style Louis XII annonçant la première Renaissance française, l'édifice devait illustrer, par l'originalité de son architecture et de ses ornements, la culture et les goûts humanistes de son illustre propriétaire, déjà bien connu pour la richesse de ses collections artistiques. Il témoignait, par ailleurs, de l'influence exercée par les artistes du sur les élites françaises dans le contexte des guerres d'Italie.
Sous les Robertet et leurs descendants L'hôtel d'Alluye resta dans la descendance de Florimond Robertet et de Michelle Gaillard de Longjumeau jusqu'aux premières années du . En 1588, le bâtiment accueillit le cardinal de Lorraine, frère du duc de Guise, qui y logea durant les États généraux de Blois avant d'être assassiné sur ordre du roi Henri III.
Petit-fils de Florimond, le baron François Robertet d'Alluye s'éteignit en 1603 sans laisser de descendance masculine. Trois ans plus tard, l'hôtel fut saisi par la couronne et toute sa partie ouest, qui s'étendait entre les actuels et de la rue Porte-Chartraine, fut détachée de la propriété.
Du : le temps des destructions thumb|left|La porte de l'escalier sud-ouest en février 2012 : l'un des rares vestiges de l'aile ouest. Les années 1620 virent le morcellement de l'aile ouest du bâtiment original. Revendue à différents propriétaires, cette partie de l'édifice fut progressivement dénaturée, à tel point qu'il n'en reste plus aujourd'hui que quelques rares vestiges. Les trois autres ailes de l'hôtel furent acquises par Hurault de Saint-Denis en 1621.
Le , l'hôtel d'Alluye passa à la famille Bégon. Peu de temps après, en 1644, des travaux de restauration importants furent entrepris sur l'aile nord de l'édifice, sous l'égide du frère Charles Turmel. Finalement, le , Michel VI Bégon, fils de Michel V, revendit l'hôtel pour à la famille Louët de Terrouanne (ou Therouannes), qui ne s'en sépara qu'en 1832.
Vers 1812, Lambert de Rosey, apparenté à la famille Louët, organisa la démolition de l'aile nord, appelée « galerie neuve », et fit transférer dans son château des Montils les colonnes de marbre blanc à chapiteaux sculptés qui soutenaient ladite galerie.
Du à nos jours : entre restaurations et transformations En 1832, un beau-frère de Lambert de Rosey, M. Loët, céda l'hôtel d'Alluye à Amédée Naudin, un ancien notaire devenu secrétaire général de la préfecture du Loir-et-Cher, pour . Des travaux furent alors entrepris dans l'aile est, dont la profondeur fut réduite et le plan devint plus irrégulier. Après la mort de Naudin, le , ses deux filles décidèrent de revendre l'hôtel. Elle le cédèrent ainsi pour à la Mutuelle générale d'assurance de Loir-et-Cher le .
thumb|L'oratoire de l'aile est est une invention des restaurateurs du (avril 2012). En 1868-1869, la Mutuelle générale fit restaurer par M. Martin-Monestier, sous la direction de Félix DubanOn a longtemps pensé que Martin-Monestier était le principal artisan de la restauration. Les recherches de l'universitaire Sébastien Gresse laissent cependant penser que Duban est intervenu directement dans la rénovation de la grande salle. , la grande salle du rez-de-chaussée de l'aile sud, dans laquelle Florimond Robertet recevait les ambassadeurs étrangers. En 1877, de nouvelles restaurations furent prévues mais aucune réalisation ne semble avoir été entreprise durant huit ans.
En 1890-1895, d'importantes modifications furent réalisées rue Saint-Honoré. Combles et toitures furent alors entièrement transformés et seul resta en l'état la partie basse, au niveau du porche d'entrée. En 1897-1899, la cour subit à son tour des transformations semblables.
En 2007, un promoteur racheta le bâtiment à la Mutuelle générale afin de le transformer en dix appartements indépendants, qui furent livrés en 2008. De nouveaux travaux furent entrepris afin de transformer les pièces de l'hôtel en résidences. La campagne de restauration permit de sauver les bâtiments du fond de la cour, dont la toiture était très abîmée.
Depuis lors, l'hôtel d'Alluye est divisé en appartements..
Entrées thumb|left|Le portail de l'hôtel d'Alluye, rue Saint-Honoré, en . Sur le linteau apparaissent les initiales et les blasons de Louis XII et d'Anne de Bretagne ainsi que le porc-épic du roi. À l'origine, l'hôtel d'Alluye comptait probablement trois accès distincts, le reliant aux artères commerçantes voisines. Cependant, seule son entrée principale, située au sud de l'édifice, a été conservée jusqu'à nos jours. Jouant le rôle de rampe cavalière, cette dernière relie encore aujourd'hui la rue Saint-Honoré à la cour de l'hôtel, en passant à travers le grand corps de logis.
Côté ouest, un accès secondaire reliait l'hôtel à la rue Porte-Chartraine. Sans doute muré après la saisie du bâtiment en 1606, il ne reste plus de ce passage que quelques vestiges situés au de la rue Porte-Chartraine. Une vaste arcade en anse de panier ouvrait alors sur un escalier à vis placé en façade. Desservant tous les étages du bâtiment, celui-ci voisinait avec un long couloir voûté d'ogives débouchant dans le sous-sol du logis sud, à la base du grand escalier sud-ouest.
Une troisième entrée, qui n'est attestée qu'à partir du mais qui est peut-être contemporaine de Florimond Robertet, reliait, au nord, la rue Beauvoir à l'hôtel. Aujourd'hui disparue, cette entrée n'a laissé pour seule trace que quelques marches situées au de la rue Beauvoir : elles descendaient alors probablement vers le corps nord de l'édifice, pour aboutir à l'angle nord-est de la cour.
Bâtiments Distribution générale thumb|Façade de l'hôtel d'Alluye, vue de la rue Saint-Honoré en septembre 2011. Les quatre bâtiments entourant la cour d'honneur de l'hôtel d'Alluye possédaient tous un étage et un comble, doublés d'une galerie ouverte sur deux niveaux, formant un péristyle. Afin d'obtenir un ensemble aussi régulier sur une parcelle soumise à de fortes dénivellations, les bâtiments sud (situés rue Saint-Honoré) furent dotés d'un étage de soubassement tandis que ceux situés à l'ouest (rue Porte-Chartraine) en reçurent deux.
Aile sud thumb|left|La façade de la partie intérieure sud de l'hôtel d'Alluye, en février 2012. Ouverte sur la rue Saint-Honoré grâce à son portail monumental, l'aile sud de l'hôtel d'Alluye constituait le logis principal du bâtiment. C'est la seule partie de l'édifice qui nous soit parvenue presque intacte.
À gauche du portail, l'étage de soubassement abritait les écuries de la résidence et des celliers. Juste au-dessus, le rez-de-chaussée surélevé était composé d'une vaste pièce (la « grande salle ») ouverte sur la galerie de la cour, et d'une autre pièce plus petite de forme trapézoïdale. Le premier étage se distribuait en trois grandes chambres, de deux autres plus petites et d'une garde-robe toutes ouvertes sur la galerie. Le rôle originel des combles est beaucoup moins bien documenté. Cependant, au , ils abritaient deux chambres de bonne et un fruitier.
Côté cour, la galerie du premier étage assurait la circulation entre les pièces. À l'angle ouest, la tour avec son escalier à vis permettait quant à elle de desservir les étages.
Aile ouest