L'hôtel de ville de Lyon se situe dans le 1 arrondissement de Lyon, au n° 1 place de la Comédie, où il fait face à l'Opéra, anciennement le Grand Théâtre, du . Il est construit au , dans le quartier des Terreaux. Suite à la décision du Consulat d'édifier un Hôtel de ville digne de la cité en 1644, il est l'un des plus imposants bâtiments historiques.

Il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le . De nos jours, il accueille le conseil municipal dix fois dans l'année.

Histoire

Construction Au , la Presqu'île devient centre-ville, la place des Terreaux devient le cœur de la ville, elle s'embellit de l'Hôtel de Ville bâti entre 1646 et 1672, sous la direction de l'architecte Simon Maupin.

Auparavant, le Consulat se réunissait dans l'hôtel de la Couronne (actuel musée de l'Imprimerie), situé au numéro 13, rue de la Poulaillerie. Cette maison commune devient trop exiguë et trop modeste pour l'administration d'une ville telle que Lyon. Le , l'hôtel de la Couronne est vendu aux enchères publiques pour ; cet argent va servir à financer la construction du nouvel Hôtel de Ville.left|vignette|300x300px|Plan de l'Hôtel de Ville de Lyon. Les plans de cet édifice sont confiés à Simon Maupin, le . Il se rend à Paris pour prendre conseil auprès de Jacques Lemercier, architecte du roi et de Girard Desargues. L'architecte voyer, Simon Maupin est le maître d'œuvre. L'architecte mathématicien, Girard Desargues a un rôle essentiel, les deux escaliers qui lui sont attribués témoignent de son ingéniosité. Le , le roi donne son accord par lettre de cachet. La première pierre est posée le de la même année, en l'honneur du roi Louis XIV, le jour de son anniversaire. gauche|vignette|Gravure d'Israel Sylvestre réalisée vers 1650, représentant la façade est de l'hôtel de ville de Lyon, après interruption des travaux. A la fin des années 1640 les travaux sont interrompus, les plans de Maupin ne seront pas respectés. Sur la façade Est, le portail et l'aile droite restent inachevés, le corps de logis destiné à servir d'arsenal à la ville ne sera pas construit. Le vaste jardin qui se prolonge presque jusqu'au Rhône est planté et arboré à partir de 1649. Le , Simon Maupin démissionne de sa charge de voyer de la ville de Lyon. C'est son fils Ennemond qui lui succède, mais il démissionne le suivant. Les travaux rencontrent des problèmes de malfaçons peut-être dus au manque de financement.

À la fin de l'année 1652, le bâtiment donnant sur la place des Terreaux est construit. Les échevins tiennent leur première séance consulaire dans la chapelle de l'Hôtel de Ville, le Archives de Lyon, Délibérations consulaires, BB206, folios 417-418, lire en ligne.. En 1654, l'ensemble des bâtiments est pratiquement achevé. La décoration se poursuit pendant plusieurs années. Le , le Consulat engage Thomas Blanchet pour être l'associé de Germain Panthot, peintre de la ville de LyonArchives de Lyon, Délibérations municipales, registres des actes consulaires BB210, folios 106 à 109, lire en ligne.. Thomas Blanchet arrive de Rome avec des recommandations d'artistes reconnus. Il réside dans l'Hôtel de Ville. Le décor de la Grande Salle lui est confié, il est achevé en 1668, il conçoit et réalise le décor de l'escalier d'Honneur en 1661, puis en 1669 le salon de la Conservation, en 1671 le Salon de la Nomination.

Les travaux de l'Hôtel de Ville se terminent en 1672, ils auront duré 26 ans. Le palais communal passe pour être le plus vaste et le plus somptueux des hôtels de ville en France à cette époque. Les décors sont admirés par les visiteurs étrangers tels Nicodème Tessin qui les présente comme étant les plus prestigieux de son temps en Europe. Les descriptions de Ménestrier qui a participé au programme iconographique, témoignent de la signification morale et politique des décors lesquels illustrent l'importance de la ville de Lyon dans le royaume de France.

La pierre de construction provient de quatre origines différentes : la « pierre de Villebois » (Ain) pour les soubassements, les pierres de Seyssel, de Cleyssy et de Saint-Cyr pour l'édifice.

Incendie vignette|Incendie de 1674. Deux ans après son achèvement, le , l'Hôtel de Ville est victime d'un incendieDebidour,Laferrere, Lyon et ses environs, Éd. Arthaud, 02/10/1990 . Le feu détruit la Grande Salle des fêtes et la chapelle, détériore le beffroi, les combles et la toiture. L'escalier d'honneur, les archives et le Salon Henri IV sont gravement endommagés. Il est urgent de préserver le toit des intempéries afin que les dommages ne s'aggravent pas, mais le Consulat a trop de dettes. Trois ans plus tard, le , Thomas Blanchet est chargé de restaurer la façade et le beffroi, il propose des projets, mais les fonds nécessaires manquent et le bâtiment continue de se détériorer. Selon Lucie Galactéros, les dessins de Blanchet auraient inspiré Mansart pour la rénovation qu'il fait au siècle suivant.

Travaux aux Le , soit vingt-cinq ans plus tard, la décision est enfin prise de restaurer l'Hôtel de Ville. Les travaux débutent en 1701 et s'achèvent en 1703. Les projets, destinés à restaurer les bâtiments endommagés et à les moderniser, suivent les plans de Jules Hardouin-Mansart et de son beau-frère et assistant Robert de CotteJacques Louis Delpal, Merveille du Lyonnais et du Beaujolais, Éditions de la Martinière, 02/01/1996 .

Dans ce quartier très commercial, vers 1730, les jardins de l'Hôtel de ville se trouvent entourés d'immeubles hauts et manquent de lumière, il est décidé de les supprimer pour permettre la construction du premier théâtre à l'italienne de France dessiné par Soufflot dont l'intérieur est décoré par Antoine Morand. Soufflot achève ce projet en 1756 et réalise aussi une place carrée entre l'hôtel de ville et le théâtre, développant ainsi une nouvelle relation entre édifices publics et environnement commercial et de loisir qui inspirera de nombreux centres urbains. L'architecte Etienne Gaillard est chargé en 1764 de restaurer la façade est. Il achève l'aile droite et ferme la cour basse avec deux pavillons. gauche|vignette|L'Hôtel de ville de Lyon en réfection, vers 1850-1855 En 1793 au cours de la Révolution, il est bombardé par les troupes de la Convention. Le demi-relief représentant Louis XIV à cheval au milieu de la façade est supprimé puis remplacé par le Bon Roi Henri dans la même posture. Il est l'œuvre du sculpteur Jean-François Legendre-Héral et date de 1829, pendant la Restauration. L'édifice est rénové seulement à partir de 1850 (information Ville de Lyon), à la suite d'un second incendie le , sous le Second Empire, notamment lors de travaux effectués par Louis Cécile Flacheron alors architecte de la ville. Tony Desjardins, architecte en chef de la ville de Lyon dirige la restauration générale de l'Hôtel de Ville de 1854 à 1866, aidé notamment par les sculpteurs Guillaume Bonnet et Joseph-Hugues Fabisch.vignette|Prise de l'hôtel de ville de Lyon le et proclamation de la République, point de départ de la Commune de Lyon.

Un lieu chargé d'histoire Pendant la Commune de Lyon, l'hôtel de ville de Lyon est pris d'assaut par les manifestants. C'est depuis le balcon de celui-ci qu'un Comité de salut public proclame la République, quelques heures avant Paris, sous les acclamations de la foule massée sur la place des Terreaux. Mikhaïl Bakounine, présent sur place, considère alors Lyon comme la capitale du socialisme.

Au

En 1910, à l'initiative de Edouard Herriot la restauration de la façade Est est engagée. Les réparations sont particulièrement nécessaires car les pierres (calcaire de Saint-Restitut et Saint-Just) utilisées dans les réparations de 1854 sont fortement dégradées. Et c'est en urgence (avant la réponse des Monuments historiques) en 1911 que les travaux commencent, conduits par l'architecte Charles Meysson. La pierre des Estaillades permet la réfection complète de la balustrade, des rampants, des statues de Minerve et Hercule ainsi que la partie supérieure du beffroi. Les travaux achevés en 1914 permettent aussi l'installation du carillon.alt=Reconstruction de la façade de l'Hôtel de ville de Lyon, en 1911 par l'architecte Charles Meysson.|gauche|vignette|Construction de la façade de l'Hôtel de ville de Lyon, en 1911 par l'architecte Charles Meysson.À la Libération, le , le Général de Gaulle se présente au balcon de l'hôtel de ville de Lyon et prononce devant la place des Terreaux son célèbre discours : « Comment dire à Lyon toute l’émotion, toute la gratitude que je ressens dans cette capitale gauloise qui fut ensuite la capitale de la Résistance française et qui est aujourd’hui une très grande ville de notre France couverte de blessures, éclatante dans son honneur et emportée par son espérance. ».

Eléments architecturaux extérieurs

Rez-de-chaussée L'entrée s'ouvre sur la place des Terreaux. Deux cours séparées par un hémicycle se présentent après avoir franchi la galerie corps de passage d'entrée.

Cour basse Elle offre une perspective sur les cours intérieures en gradins et portiques et sur le beffroi.

Cour haute ou cour d'honneur Elle est séparée de la cour basse par une arcade.

Sculptures : Nymphée (par Tony Desjardins et Abraham Hirsch) avec la fontaine d'Amphitrite (par Charles-François Bailly) et les statues autour : Neptune (par Vincent Fontan en 1886), Galatée (par Jean Mathelin en 1883), Polyphème (par Lucien Pascal en 1883), et une Naïade (par la Maison Barbedienne) ; les 4 statues en pierre de Tarascon remplacent celles de Jacques Mimerel, déposées en 1857, mais s'en inspirent..

Façade ouest place des Terreaux Au rez-de-chaussée, les fenêtres sont ornées de quatre médaillons sculptés à l'origine par Claude Warin et repris par Joseph-Hugues Fabisch ; ils représentent Louis XIV, Louis XIII, Anne d'Autriche et Henri IV. Au deuxième étage, le relief central présentait, avant d'être détruit à la Révolution, une statue équestre de Louis XIV et les armoiries de France de Marc Chabry ; l'ensemble a été remplacé en 1828 par une statue de Henri IV à cheval et deux atlantes de Jean-François Legendre-Héral. Au-dessus, le blason de Lyon est tenu par deux Renommées. Sur le beffroi, au-dessus de l'horloge se trouvent les allégories du Rhône et de la Saône. De chaque côté, sur les balustrades à l'italienne, les statues d'Hercule (Fabisch) et de Minerve (Guillaume Bonnet) ont remplacé en 1854 celles de Guillaume Simon qui dataient de 1703. Sur les rampants des pavillons sont représentées les quatre vertus cardinales : au nord, la Justice et la Vérité par Fabisch, au sud, la Force et la Prudence par Bonnet.

On pénètre, en entrant par le perron qui comporte quatorze marches.

L'intérieur de l'Hôtel de ville

Rez-de-chaussée

La haute porte en chêne sculpté qui donne accès aux pièces du rez-de-chaussée est un chef-d'œuvre de la sculpture sur bois du . Ses deux vantaux sont sertis de deux médaillons en bronze représentant des enfants sur des lions. Cette porte date de 1651.

Elle est ornée d’un heurtoir qui est devenu un élément emblématique du patrimoine lyonnais. Restauré et réinstallé après plusieurs disparitions et dégradations au fil du temps, il témoigne de l’humour populaire attaché à l’histoire de la ville. En effet, le heurtoir, qui représente un enfant joufflu dont les fesses servent à frapper la porte est surnommé « Tony Tape-du-Cul », et appartient au folklore populaire lyonnais.

Selon une légende apparue autour de la grande famine de 1693, un habitant surnommé Tony Tape-du-Cul aurait forcé les portes de l’Hôtel de Ville en les heurtant de son postérieur afin de réclamer de l’aide pour la population affamée. En souvenir de cet épisode, un heurtoir satirique aurait ensuite été installé sur la façade. Si les historiens considèrent aujourd’hui ce récit comme une tradition orale plus que comme un fait établi, le heurtoir demeure une curiosité liée à l’histoire de l’Hôtel de ville de Lyon.

Grand Vestibule d'entrée ou Atrium