Un lactoremplaceur est un aliment destiné à remplacer le lait maternel dans les élevages de veaux ou chevrettes de renouvellement (troupeaux laitiers) et de veaux ou chevreaux de boucherie.Par dilution dans l'eau, il fournit un aliments liquide réputé .
L'utilisation d'un lactoremplaceur peut se faire pour des raisons économiques, sanitaires ou pratiques. Environ 40 % des veaux femelles et 80 % des veaux mâles sont nourris avec un lactoremplaceur.
Mode d'emploi
La technique de délayage habituelle est la suivante : verser de l'eau à 50 °C dans un seau - environ la moitié du volume final souhaité, ajouter la poudre (125 g/l de buvée à 175 g/l de buvée pour les veaux et 150 à 175 g/l de buvée pour les chevrettes), brasser énergiquement, compléter avec de l'eau pour obtenir le volume final souhaité.
La température de distribution conseillée est de 40 °C à 42 °C.
Des distributeurs automatiques de lait (DAL) ou des louves (système d'alimentation en libre service pour chevrettes ou chevreaux) existent afin de faciliter le travail de l'éleveur.
Des plans d'alimentation donnent les quantités de lait reconstitué à distribuer.
Exemple de plan d'alimentation pour veau de renouvellement, avec de l'eau, du fourrage et des aliments concentrés doivent être en libre service en complément de l'apport de lait. Âge Nombre de repas par jour Quantité de lait entier ou reconstitué* par repas, en litre Naissance à 3 jours 3 le jour, 2 après 2 (colostrum) 4 à 7 jours 2 2 2 semaines 2 2,25 3 semaines 2 2,5 4 semaines 2 3 5 semaines 2 3 6 semaines 2 3 7 semaines 2 2,5 8 semaines 2 2 9 semaines 1 2 Le gain moyen de croissance attendu avec ce plan d'alimentation est de 800 à 900 g/j. Le sevrage des veaux se fait lorsqu'ils consomment 2 kg d'aliment dit concentré (du commerce ou fermier), signe que le rumen est fonctionnel. En général, le veau a alors doublé son poids de naissance.
Exemple de plan d'alimentation pour chevrettes à la louve : + Semaine Type d'aliment d'allaitement g/l d'eau 1 à 4 Démarrage (pourcentage élevé de matières premières laitières) 180 5 à 9 Classique 160 Le sevrage s'effectue lorsque la chevrette consomme environ 200 g d'aliment concentré et lorsque son poids est de 15 kg à 16 kg (gain moyen quotidien : 200 g).
Ingrédients, composition Il contient : des matières d'origine lactique (lait écrémé en poudre, lactosérum, lactosérum délactosé, Lactoséreum délactosé déminéralisé, WPC (protéines de lactosérum, généralement concentrées), caséinate, babeurre...) ; de graisses animales (suif alimentaire, saindoux alimentaire ; huile de poisson hydrogénée et désodorisée) ou végétales (huiles végétales raffinées, coprah, huile de palme). Les graisses animales fondues issues d’os de ruminant ont été interdites en alimentation humaine à partir de 2000 en FranceArrêté du 23 novembre 2000 ; des protéines végétales (farine de blé, de sojaHeaney D.P & Shrestha J.N.B (1987) Effects of soyflour in milk replacer on the performance of artificially reared lambs. Canadian Journal of Animal Science, 67(3), 757-763 résumé)., fécule de pomme de terre...) ou animales (protéines animales transformées (PAT) sous forme de farine de poisson (Selon l'AFSSA (avis du 26 janvier 2001), .) mais pas de farines de viande et d'os selon l'AFSSA) ; des amylacées (amidon cru, amidon prégélatinisé, farine de blé) divers additifs (vitamines, oligoéléments, minéraux... jusqu'à une quarantaine d'ingrédients) composant 2 à 3 % de l'aliment. Selon l'AFSA, le phosphate bicalcique dérivé de déchets d'abattoirs doit être considéré comme matière à risque
Composition typique Contenu Taux (en %) Protéines animales ou végétales brutes 20 à 26 Matières grasses brutes 16 à 24 Lactose 40,0 Amylacées 6,0 Cendres brutes 7,5 Fibres alimentaires brutes 0 à 0,5 Humidité 2,5 à 4,5 Le pourcentage de protéines varie en fonction de l'objectif de croissance. La matière grasse est plus élevée dans les lactoremplaceurs pour chevrettes et chevreaux afin d'augmenter leur teneur en énergie. Le pourcentage d'ingrédients végétaux (hors matières grasses) influence le prix de revient. Habituellement, les lactoremplaceurs à très faible pourcentage d'ingrédients végétaux sont destinés aux premières semaines de vie.
Sept fabricants de lactoremplaceurs sont présents en France. Leur fabrication est estimée à environ 500 000 tonnes par an.
Usages Selon une commission d'enquête sénatoriale créée à la suite de la crise de la vache folle, les lactoremplaceurs sont majoritairement utilisés chez le veau de boucherie. Ce dernier en consomme environ jusqu'à l'âge de cinq mois (alors que le veau d'élevage n'en consomme que 25 à jusqu'à l'âge de deux à trois mois et les ovins et caprins de 10 à jusqu'à l'âge de trois mois)Sénat français, Rapport de commission d'enquête n° 321 (2000-2001) de MM. Gérard DÉRIOT et Jean BIZET, fait au nom de la commission d'enquête, déposé le 11 mai 2001 ; Voir §a) Les farines animales : un produit de l'industrie de l'équarrissage Selon l'AFSA, les lactoremplaceurs donnés aux poulains sont faits avec des produits lactésAFSSA, Les risques sanitaires liés aux différents usages des farines et graisses d’origine animale et aux conditions de leur traitement et de leur élimination, avril 2001 (voir § 5 ; "Le cheval", pages 19/208).
Les lactoremplaceurs sont obligatoires dans les troupeaux touchés par la paratuberculose pour éviter la transmission de la maladie.
Ils peuvent s'avérer plus économiques que le lait entier pour nourrir les petits, notamment lorsque les cours du lait de vache ou de chèvre sont élevés.
Ils permettent de séparer le temps de traite et le temps d'alimentation : la dérivation du lait vers des bidons et leurs transports jusqu'à la nurserie ne sont pas nécessaires. Cela facilite le travail lorsque l'éleveur est seul.
Risques sanitaires L'AFSSA constatait en 2011 Or, poursuit l'AFSSA,
Jarrige, N., Ducrot, C., Cazeau, G., Morignat, E., & Calavas, D. (2006) Contamination alimentaire des bovins naïfs atteints d'ESB ; Études complémentaires sur la période de distribution des aliments composés aux bovins et sur le rôle des aliments pour volailles ; J. Epidémiol. et santé anim., 49, 45-53 Et les lactoremplaceurs ont tous joué un rôle dans la diffusion de prions pathogènes ; Les graisses animales et en particulier les « graisses d’os » issues de l'équarrissage ont en effet pu contenir des prions pathogènes et être source de « cas naïf » (c'est-à-dire issus de parents non contaminés) d'ESBCDucrot, « Épidémiologie de la tremblante et de l’encéphalopathie spongiforme bovine en France », dans Productions animales, INRA, vol. hors série, 2004, p. 67-77.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
élevage (veaux, agneaux, chevreaux, porcelets et poulains) Farine animale, équarrissage Sécurité sanitaire Sûreté biologique Agence française de sécurité sanitaire Groupement de défense sanitaire Institut de veille sanitaire Agence française de sécurité sanitaire des aliments Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement FAO Organisation mondiale de la santé animale
Liens externes
Bibliographie
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