L'église Saint-Romain de Budos est une église catholique située dans la commune de Budos, dans le département de la Gironde, en France.

Localisation L'église, presque en face de la mairie (l'ancienne presbytère), est située au cœur du village, qui est juché sur un promontoire dominant la vallée de la Garonne au nord et la vallée du Ciron vers l’est. Cette église est le plus ancien bâtiment de la commune

Historique

L’église de Budos est dédiée à saint Romain du Mans. L'édifice, construit aux , a été largement modifié ultérieurement, surtout au , et n'a conservé de l'époque d'origine que son abside et son chœur.

L’église initiale était dotée d’une nef unique orientée vers l’est avec une abside en cul-de-four. La façade ouest était surmontée d’un clocher-mur plat avec trois ouvertures recevant les cloches. Remaniement du : Il a essentiellement concerné la réfection de la porte d'entrée qui est restée en l'état jusqu'en 1865. Extension à la fin du début du : Entre la fin de la guerre de Cent Ans (1453) et le début des guerres de religion (vers 1560), la France a connu un siècle de paix et de tranquillité, ce qui est assez exceptionnel dans son histoire. Il en est résulté, en deux générations, une considérable expansion démographique qui a bientôt rendu insuffisante la capacité d'accueil de nombreuses églises locales. C'est pour répondre à ce besoin d'extension que furent construites les deux nefs latérales, de part et d'autre de la nef romane, triplant ainsi, d'un seul coup la largeur du bâtiment.

Remaniement du : Le fond de l'abside est alors coupé d'un mur plat sur lequel on plaque un retable en stuc et en bois. L'espace compris au-delà de ce mur et le cul-de-four de l'abside sont alors transformés en sacristie, affectation qui a perduré jusqu'à nos jours. C'est à la même époque qu'a été construite la chaire en pierre. Réfection du clocher au : Au milieu du le clocher-mur roman commençait à donner de très sérieux signes de faiblesse. Une forte lézarde mettait sa stabilité en danger. On avait pensé pouvoir le consolider mais, pour avoir trop attendu, il fallut y renoncer et se décider à le démolir pour en construire un nouveau. Cette décision fut prise par le Conseil Municipal le .

Le dessin du nouvel ouvrage fut confié à Alexandre Antoine Lambert, architecte à Bordeaux. Sous la forte pression du Cardinal Donnet, Archevêque du diocèse, on abattait les anciens clochers romans pour les remplacer par des clochers pointus. Ce fut le cas à Budos. Le clocher porche surplombe et protège le portail. Il en coûta à la commune, qui finança l'opération en vendant aux enchères ses landes communales.

Le clocher s'élève à une hauteur de 30 mètres. Il abrite deux cloches de la fin du qui ont été achetées d'occasion au monastère du Broussey à Rions et installées dans les premières années du .

Sur ses trois faces disponibles, le clocher porte les armoiries du pape Pie IX (face ouest et très détériorée), du Cardinal Donnet (face nord) et des barons de Larroque-Budos (face sud), en hommage à l'un de leurs descendants qui offrit l'horloge à l'église.

L'édifice a été inscrit au titre des monuments historiques dans son ensemble, à l'exception du clocher et de la sacristie, par arrêté du .

Description de l'église

L'extérieur

Le chevet

Les murs de l'abside du sont faits dans un bel appareillage.

Le chevet est formé des deux travées droites du chœur au nord et au sud et des travées de l'abside pentagonale. Les travées sont séparées verticalement par dix groupes de trois colonnes accouplées, et chaque travée en trois zones horizontales, composées d'un soubassement et de deux étages.

Chaque pan était percé d'une baie couverte d'un arc en plein cintre qui retombe sur deux chapiteaux surmontant des colonnettes à base moulurée ; l'archivolte à double délardement concave retombe quant à elle sur une courte frise prolongeant le tailloir.

Le chevet est inscrit le .

Les chapiteaux sont formés d'un astragale, d'une corbeille et d'un tailloir. Ce deuxième niveau est délimité en partie basse par un cordon végétal et en partie haute par un cordon mouluré.

Malheureusement, des interventions rénovatrices du , lors d’adjonction des bas-côtés et la sacristie au sud, ont laissé des traces qui nuisent à la qualité architecturale, notamment avec la présence de contreforts à glacis au sud-est et nord-est.

À l'origine le chevet possédait neuf baies au deuxième niveau. Trois d'entre elles ont été agrandies (au Sud, à l'Est et au Nord), les autres ont été murées. Parmi les six, trois ont été masquées par les contreforts et par la sacristie.

Il manque les chapiteaux des trois baies qui ont été agrandies. Il manque également : le chapiteau gauche de la baie du chœur nord ; le chapiteau droit de la baie de l'abside nord ; le chapiteau gauche de la baie de l'abside sud. Le chapiteau visible de la baie du chœur nord est décoré avec des entrelacs végétaux sur la corbeille et avec un oiseau attaquant un serpent, dont le corps forme des boucles sur le tailloir. Le chapiteau visible de la baie nord de l'abside est décoré avec crosses et postes sur la corbeille et nœuds d'entrelacs sur le tailloir.

Les deux chapiteaux de la baie Nord-est de l'abside sont figurés. La corbeille du chapiteau de droit montre deux hommes barbus, habillés en tunique courte. Ils sont enchainés entre eux par des cordes épaisses. Un des hommes, le bas-ventre dénudé, est ithyphallique ; il tient son phallus de la main droite. Le tailloir est décoré avec des entrelacs fleurdelisés. La corbeille du chapiteau de gauche est décorée avec une paire d'oiseaux qui picorent une pigne de pin, ou une grappe de raisins. Le chapiteau droit de la baie Sud-est de l'abside est également figuré. On trouve sur l'angle un homme barbu, habillé en tunique longue, aux manches évasées. Ses mains sont posées sur son ventre. À ses côtés on discerne les jambes de deux personnages, habillés de la même façon. Il est difficile de dire plus, car le chapiteau est couvert de lichens. La corbeille du chapiteau de gauche est décorée avec des crosses et le tailloir avec des rinceaux de feuillages. Le chapiteau visible de la baie du chœur sud est décoré avec des entrelacs.

Le portail

Le portail, qui date du et qui s'ouvrait dans un clocher-mur, a été réduit dans ses dimensions lors de la construction de l'actuel clocher-porche en 1866. Il est constitué d'une porte en arc brisé et d'une voussure actuellement à quatre rouleaux à ressauts retombant sur quatre colonnettes par le biais de quatre chapiteaux et sur les ressauts de l'ébrasement.

Les quatre chapiteaux de l'ébrasement nord étaient ornés de végétaux. Ceux de l'ébrasement sud représentaient des péchés capitaux : la luxure, la goinfrerie, la colère et l'avarice.

À l'occasion des travaux sur le clocher-porche, des piliers et des colonnettes ont été supprimés et quatre chapiteaux, deux végétaux et ceux représentant la Colère et l'Avarice. ont été enlevés pour être encastrés dans le mur, à droite et à gauche de la porte d'entrée du presbytère (qui est devenu la mairie de Budos en 1988).

Le portail est inscrit le . Tous les chapiteaux sont très érodés. Le dessinLapouyade, J et Drouyn, L, Eglise de Budos, Comptes Rendus des travaux de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, 10-11 (1847). de Léo Drouyn (1847) donne des détails des quatre chapiteaux figurés, qui sont, aujourd'hui, malheureusement difficiles à discerner.

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La Luxure qui est symbolisée par une femme, à face grimaçante. Elle serre avec force deux serpents qui tètent ses seins, tandis que deux diables lui peignent les cheveux, ce qui est un symbole de la Vanité. La Gourmandise ou Goinfrerie est représentée par un personnage gros et joufflu, coiffé d'un capuchon. Il porte un jambon ou une outre sous le bras gauche ; un os dans la main est placé entre un singe et un chien. La Colère est symbolisée par deux hommes en robe longue, à mains épatées, qui se battent. L'Avarice est représentée par un diable à grosse tête étreignant un homme qui porte une lourde bourse à son cou.

Les chapiteaux de la sacristie

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La construction d'un mur de séparation entre le chœur et l'abside romane au et d'un bâtiment sur le flanc sud du chœur a permis la réalisation d'un sacristie à deux pièces. Les chapiteaux sculptés du qui décoraient les baies de l'abside étaient donc cachés de la vue des paroissiens. Jean-Auguste Brutails a pris quelques photographies à la fin du , vers 1896.

Les quatre chapiteaux sont inscrits, le .

Les chapiteaux surmontaient des colonnettes jumelées autour des trois baies de l'abside. Actuellement seul le chapiteau de gauche de la baie nord possède les deux colonnettes, les autres chapiteaux prennent appui sur une seule colonnette. Chaque chapiteau est constitué d'un astragale torique, d'une double corbeille, d'un tailloir chanfreiné et trois sont aussi pourvus d'un abaque.

Chapiteau A : Le tailloir est décoré avec des rinceaux et la face antérieure de l'abaque avec des bâtons rompus. La double corbeille est couverte avec des crosses affrontées. Chapiteau B : Le tailloir est décoré avec des entrelacs végétaux et l'abaque avec des festons. La double corbeille est symétrique. Sur la face principale, une paire d'oiseaux affrontés. Ils tiennent mutuellement dans leur bec un objet indéterminé. A chaque angle de la corbeille se trouve également une paire d'oiseaux affrontés, chacun tenant une liane dans son bec. Les pattes palmées des quatre oiseaux sont posées sur l'astragale. Chapiteau C : Le tailloir est décoré avec des festons de feuillage, l'abaque est sans décor. Le décor sur la corbeille double est symétrique. Sur chaque corbeille on trouve une paire de lions, leurs têtes affrontées sur l'angle. Ils sont presque des lions bicorporés. Chacun possède une longue queue qui passe entre ses jambes, puis remonte pour devenir fleurdelisée. Chapiteau D : Le chapiteau est double et symétrique, mais presque la moitié est invisible et couverte d'un crépi. Le tailloir est décoré avec un entrelacs de végétaux, lions affrontés et végétaux sur la corbeille, entrelacs végétaux sur le tailloir. Sur la petite face de la corbeille on voit le corps d'un lion, sa tête, sur l'angle, est quasi-humaine. Plus bas sur l'angle se trouve une autre tête semblable, mais renversée. Il semble que, sur la face principale, l'on peut discerner le corps d'un lion et dans ce cas, les deux lions sont dans la position de 'dominateur-dominé'.

L'intérieur

Nef centrale

En avançant vers le chœur, à gauche s'élève la chaire du , tout en pierre, massive et très dépouillée. On trouvera la même, identique, dans l'église Saint-Martin de Bommes et deux autres, très semblables aux églises de Barsac et de Saint-Michel-de-Rieufret. Au la partie basse était peinte en faux marbre, comme le montre la photographie de Brutails.

Au mur en face, un Christ en bois, de grande taille.

L'entrée du chœur est dominée par un arc triomphal en anse de panier. La corbeille du chapiteau sud est ornée de deux têtes humaines (une à chaque angle) et de besants. La corbeille du chapiteau nord est nue.

Derrière le Maître Autel, un mur plat a été édifié au début du , afin de cloisonner l’abside. L'abside romane est ainsi dissimulée. Cet aménagement permet d’isoler l’extrémité de l’église, où est alors installée la sacristie.

De ce fait on ne peut plus voir les chapiteaux sculptés du .

Le maître-autel

Le Maître-autel et son Tabernacle, entouré de colonnettes, sont en marbre des Pyrénées fabriqué à Bagnères-de-Bigorre dans l'atelier du marbrier Aimé Géruzet.

Il a été transporté jusqu'à BUDOS en char à bœufs et inauguré le .