Pauline Marie Jaricot, communément appelée Pauline Jaricot, née à Lyon (France) le Cotes aux Archives municipales de Lyon
F411 n° 172 2 E 91 : Naissance le à Lyon midi F975 : Décès le à Lyon 5 0004 FI 02526 : Lyon. Monastère de Sainte-Elisabeth de Notre-Dame de Compassion. Notre Dame du Sourire. Statue offerte par Pauline Jaricot à la Vénérée Mère Fondatrice. 1930. 0009 SP 61 N 1 : N. Lyon : tombe Pauline Marie Jaricot. Titre : Rhône –Lyon. Plan de la tombe de Pauline Jaricot. et décédée le , est une laïque catholique française, fondatrice de l'Œuvre pontificale de la propagation de la foi et de la chaîne de prière en groupe dite du Rosaire Vivant..Le Rosaire Vivant, est une chaîne de prière réunissant des groupes de vingt personnes. Chacune médite le même mystère pendant une semaine, en communion avec les autres, et s’engage à réciter chaque jour une dizaine de chapelets..
Elle est également une pionnière du christianisme social, très engagée aux côtés des canuts, les ouvriers lyonnais en soierie. Elle est vénérée comme bienheureuse par l'Église catholique, et est fêtée le ..
Biographie Pauline Marie Jaricot naît dans une famille bourgeoise de marchands de soie à Lyon le Archives municipales de Lyon, Division du Midi, année 1799, acte de naissance daté du 4 thermidor an VII (22 juillet 1799) mentionnant qu'elle est "hier soir à 10 heures" soit le 21 juillet 1799, cote 2E91, vue 244/310, dans une période qui connaît de nombreux bouleversements politiques, économiques et sociaux.
Pauline est la dernière d'une famille de sept enfants prénommés Paul, Jean Marie, Geneviève Sophie, Marie Laurence, Paul Narcisse, et Nicolas Philéas (communément appelé Philéas Jaricot) ; Pauline Marie est communément appelée Pauline Jaricot..
Sa mère, Jeanne Lattier et son père, Antoine Jaricot, se rencontrent à Lyon, le dimanche de la Passion 1782 en faisant le chemin de croix sur le calvaire de Saint-Irénée. Chaque matin, ils assistent à la messe.
alt=|gauche|vignette|138x138px|Jeanne Lattier ép. Jaricot.. gauche|vignette|Antoine Jaricot.
Le , Pauline, âgée de douze ans, fait sa première communion en la primatiale Saint-Jean de Lyon..
Jeune fille, elle fait une chute et tombe malade. Sa mère aurait alors fait un vœu en offrant sa vie pour la guérison de sa fille, qui aurait été exaucé : elle meurt alors que Pauline guérit. À la suite d'un sermon de l'abbé Wurtz sur la vanité, elle se confesse, abandonne ses bijoux, s'habille comme une ouvrière.
Le , dans la chapelle de Fourvière, elle fait vœu de chasteté de corps et d'esprit tout en restant laïque.
En , elle forme un groupe informel, « Les Réparatrices du cœur de Jésus méconnu et méprisé »Henri Hours, “Pauline Jaricot fondatrice”, in Gérard Cholvy, La religion et les femmes, Centre régional d’histoire des mentalités – Université Paul Valéry, Montpellier, 2002, 287 p. (p. 115). composé d'ouvrières.alt=Vue extérieure de la maison de Pauline Jaricot|gauche|vignette|Maison de Lorette, dite de Pauline Jaricot (Lyon), inscrite aux monuments historiques.C'est alors qu'elle apprend par son frère Philéas, séminariste à Saint-Sulpice, que les Missions étrangères de Paris ont de sérieuses difficultés financièresDéclaration écrite de Mademoiselle Rose Arnaud, qui avait bien connu Pauline Jaricot, le 27 juin 1891, à la cure de Saint-Polycarpe (AAL 13, 12, Archives des O.P.M. à Lyon). pour soutenir les missions.
En 1819, pour récolter des fonds, Pauline imagine une collecte faite de la main à la main. Telle sera l'origine du , le donné pour les missions. Son idée est de constituer des groupes de dix personnes, chacune s’engageant à réciter une prière quotidienne pour les missions et à donner un sou par semaine. Chaque groupe de dix personnes (un dizenaire) choisira un responsable pour recueillir les collectes, dix responsables devant choisir un responsable nommé , dix chefs de « centenaire » devant choisir à leur tour un responsable nommé qui sera chargé de verser le fruit des collectes aux missionsDans l’usine Chartron, une jeune ouvrière, Rose Descôtes, était chargée, chaque vendredi, de collecter un sou auprès des ouvrières. (E. Sainte-Marie Perrin, Pauline Jaricot, fondatrice de la société pour la Propagation de la foi (1799-1862) …, p. 65).. Les millénaires étant à la tête d'un groupe de mille personnes, ils reversaient donc cinquante francs (dix écus) par semaine aux missions.
Cette structure simple pour laquelle Pauline s'étonna « que personne ne l'eût trouvée avant [elle] » connut un succès fulgurant. Pour donner une existence légale à ces groupes et les unifier, l'Association de la Propagation de la Foi fut créée le .
L'association et son action sont approuvées par le pape Pie VII en 1823. En 1840, le pape Grégoire XVI recommande l'association dans son bref apostolique Probe Nostis. et le (année de son centenaire), le pape Pie XI déclare l'association Propagation de la foi « Œuvre pontificale ». L'association devient Œuvre pontificale de la propagation de la foi.. L'œuvre jouera un rôle de première importance dans le développement du mouvement missionnaire français au (voir : Missions catholiques aux ).
Entre ses dix-huit et vingt-deux ans, à la demande de son confesseur, l'abbé Würtz, Pauline écrit son autobiographie spirituelle qu'elle intitule « Histoire de ma vie » et qui sera publiée après sa mort.
En 1822, à vingt-trois ans, Pauline écrit un ouvrage de piété « L’amour infini dans la divine Eucharistie », ouvrage examiné de son vivant par l'autorité ecclésiastique qui le jugea irréprochable....
En 1832, Pauline acquiert grâce à sa sœur SophieSophie découvre cette propriété à vendre pendant qu'elle réalise un pèlerinage au sanctuaire de Fourvière et en informe Pauline., la maison Bréda qu'elle renommera maison de Lorette en mémoire du pèlerinage de Lorette. Pauline y entreprend d'importants travaux pour en faire le siège de l'œuvre du Rosaire Vivant, un lieu d'accueil pour les pauvres et les malades ainsi qu'un lieu de retraite pour les membres du clergé et les pèlerins..
Lors de la révolte des canuts de , elle se tient jour et nuit aux côtés des canuts blessés. Écœurée par les conditions de vie des canuts qui ont conduit à cette révolte, elle rêve d'une grande cité ouvrière où les travailleurs seraient justement rémunérés et auraient des horaires convenables. Elle écrit notamment : . Elle est également convaincue qu'.
En 1835, elle achète le domaine sis 24 montée Saint-Barthélemy (aujourd'hui le centre scolaire Aux Lazaristes) qu'elle rétrocède aux Frères des écoles chrétiennes en 1839Historique sur le site des Lazaristes..
Sérieusement malade du cœurTrès étrangement, le cœur de Pauline Jaricot, conservé dans un reliquaire qui fut ouvert en janvier 2022, était non seulement intact, mais ne portait aucun stigmate de maladie, alors que la Bienheureuse portait tous les signes d'une cardiopathie. Voyez Anne Debroise, L'étrange affaire du cœur si bien conservé de Pauline Jaricot, dans Science et Vie, n° 1269, juin 2023, p. 44-45., elle décide d'aller en pèlerinage à Mugnano del Cardinale, sur la tombe de sainte Philomène dont le culte restait encore controversé. Elle est d'abord reçue à Rome par le pape Grégoire XVI et lui demande si, au cas où elle reviendrait guérie, ce serait un miracle suffisant pour faire avancer la cause de la sainte. Le souverain pontife répond que oui, persuadé qu'il a affaire à une mourante et qu'il ne faut pas lui refuser cette consolation, comme il le confie en italien à des religieuses présentes.
Elle arrive à Mugnano del Cardinale après un voyage épuisant dans la chaleur du mois d'août. C'est la veille de la fête de la sainte et la foule des pèlerins se presse ; le lendemain, , elle communie et défaille : on la croit morte mais elle reprend ses esprits et demande qu'on la porte jusqu'au tombeau de la sainte, et c'est alors qu'elle se trouve miraculeusement guérie. Le supérieur du couvent fait sonner les cloches pour annoncer la nouvelle tandis que la foule exulte. Après avoir passé quelques jours à Mugnano en prières de remerciements, elle retourne à Rome où le pape approuve son œuvre et lui donne sa bénédiction. Rentrée à Lyon, elle cède au curé d'Ars quelques reliques de sainte Philomène. ; ce dernier se serait écrié : de Trannoy, page 27 - Mgr Jules de Trannoy, directeur puis président du Conseil national de Belgique des Œuvres pontificales de la propagation de la foi et de Saint-Pierre Apôtre, alors situées à Saint-Josse-ten-Noode..
Pauline Jaricot meurt le dans le arrondissement de LyonArchives municipales de Lyon, arrondissement, année 1862, acte de décès , cote 2E1164 dans la misère. Elle est inhumée dans le caveau familial, au cimetière de Loyasse, avant que sa dépouille ne soit transférée en 1922 dans l'église Saint-Nizier de Lyon.
Pauline Jaricot et l'abbé Jean-Claude Colin, fondateur de la Société de Marie vignette|181x181px|Abbé Jean-Claude Colin, fondateur de la Société de Marie. L'abbé Jean-Claude Colin (déclaré vénérable en 1908 par le pape Pie X) sent un appel à créer une société de prêtres consacrés à Marie.
Il entreprend de nombreuses démarches préparatoires en ce sens (consultation et accord de principe de l'épiscopat, rédactions des statuts de la société, approbation de principe de Rome, démarches légales auprès de l'administration française). Il se sent néanmoins indigne d'en devenir le fondateur et souhaite qu'une autre personne assume cette charge, pendant qu'il irait passer la fin de sa vie dans un désert.
Alors qu'il est en route pour se retirer dans , il décide de passer par Lyon. Errant sur les quais, il est abordé par Pauline qu'il ne connait pas, ne l'ayant jamais vue et qui lui demande de la suivre chez elle. Ce qu'il fait. Installés au domicile de Pauline, celle-ci lui déclare que . À la suite de cette rencontre et de cet échange avec Pauline, l'abbé Jean-Claude Colin abandonne son idée de se retirer dans un désert et fonde en 1822 la Société de Marie.. Depuis cette rencontre, l'abbé Colin et Pauline Jaricot resteront en contact.
Béatification Enquête sur les vertus Le , le pape Pie XI appose le Placet Achilleo au bas du document qui introduit en Cour de Rome la cause de béatification de Marie Pauline Jaricot Jules de Trannoy, voir ci-dessus..
Le , le pape Jean XXIII reconnaît l'héroïcité des vertus de Pauline et la déclare vénérablePauline Jaricot : vie, œuvres, béatification, prières..
Reconnaissance d'un miracle En vue de la béatification de Pauline, il est soumis à la Congrégation pour les Causes des Saints le cas de Mayline Tran, âgée de trois ans et demi.. Après s'être étouffée en mangeant, Mayline Tran fait plusieurs crises cardiaques et se retrouve en état de mort cérébrale malgré l'intervention des pompiers, du SAMU et des médecins urgentistes de l'hôpital où elle fut conduite. Les manœuvres de sauvetage et les moyens mis en œuvre lui permettent d'arriver vivante à l'hôpital, mais dans un état de coma végétatif. Le cerveau est atteint. Elle est placée sous assistance cardio-respiratoire et sous alimentation artificielle. L'enfant ne pourra plus survivre sans les machines auxquelles elle est reliée, ni les traitements qui lui sont prodigués.
Les différents médecins appelés à son chevet concluent tous que la situation est irréversible et qu'aucune chance de guérison ou d'amélioration n'est envisageable.. Face à cette situation dramatique, irréversible et sans issue, les médecins conseillent aux parents de recourir à la loi Leonetti relative aux droits des malades et à la fin de vie, qui autorise l'arrêt des traitements. Ce qui conduirait au décès de l'enfant, sans souffrance, en quelques jours. Les parents refusent.