thumb|Grandes chutes d'eau

L'eau dans le monde est une ressource abondante mais inégalement répartie. Un grosse partie de l'eau sur Terre n'est pas potable (polluée, trop salée) ou difficilement accessible (souterraine, Iceberg, glacier). L'accès à l'eau potable est inégalement réparti entre les pays du Nord et les pays du Sud. L'eau a des usages variés, qu'ils soient agricoles, industriels, ou domestiques.

Depuis longtemps, les hommes ont su tirer profit des ressources en eau en s'installant près des grands fleuves, des lacs et des littoraux, en utilisant les fleuves pour se déplacer, et en créant des aménagements pour capter l'eau, la traiter, la transporter, et la distribuer aux consommateurs. La dégradation de la qualité de l'eau peut engendrer des risques sanitaires et environnementaux. Du fait de sa répartition inégale, la maîtrise des approvisionnements en eau engendre des tensions dans plusieurs régions du monde.

Historique

Dans l'Antiquité, la gestion de l'eau a joué un rôle central dans l'essor des premières grandes civilisations. En Égypte, les crues annuelles du Nil ont permis le développement d'une agriculture prospère grâce à un système d'irrigation sophistiqué. En Mésopotamie, les Sumériens, Babyloniens et Assyriens ont construit des canaux et des réservoirs pour contrôler les eaux du Tigre et de l'Euphrate, assurant ainsi leur subsistance dans un climat aride.

En Asie, la Chine ancienne a développé de vastes réseaux d'irrigation, notamment sous la dynastie Zhou, avec la construction de digues et de canaux pour maîtriser le fleuve Jaune et le Yangzi Jiang. En Inde, la civilisation de la vallée de l'Indus a mis en place un système d'assainissement avancé, avec des cités comme Mohenjo-Daro dotées d’égouts et de bains publics.

Dans l’Empire romain, l’eau était un élément clé de l’urbanisation. Les Romains ont perfectionné les aqueducs, permettant d’acheminer l’eau sur de longues distances jusqu’aux villes. Ces infrastructures alimentaient les thermes, les fontaines et les latrines publiques, contribuant à l’hygiène et au bien-être de la population.

Au Moyen Âge, la gestion de l’eau a continué d’évoluer avec la construction de moulins hydrauliques en Europe et en Asie, facilitant l’agriculture et l’industrie. Dans le monde islamique, des systèmes ingénieux comme les qanats en Perse et les norias en Espagne musulmane ont permis d’optimiser l’irrigation.

À l’époque moderne, la révolution industrielle a marqué un tournant dans l’utilisation de l’eau, avec l’essor des barrages, des systèmes de distribution d’eau potable et des premières stations d’épuration. Aujourd’hui, l’accès à l’eau reste un enjeu majeur à l’échelle mondiale, avec des défis liés à la pollution, au réchauffement climatique et aux inégalités d’accès entre les différentes régions du monde.

Une ressource abondante sur Terre mais inégalement répartie

La Terre est appelée « la planète bleue » car l'eau recouvre 70,8 % de sa surface.. La surface des mers et des océans est donc plus importante que celle des terres émergées. Mais l'eau douce, n'en recouvre qu'une partie infime. En effet, l'eau de mer constitue 97,5 % de l'eau mondiale. Ne laissant ainsi qu'une petite quantité d'eau douce répartie de la manière suivante :

70 % de l'eau douce est retenue sous forme de neige ou de glaciers sur les montagnes, ou dans les inlandsis (couche de glace très épaisse, qui recouvre une terre, une île ou un continent). 29,7 % sont des eaux souterraines contenues dans des nappes aquifères (réserves d'eaux souterraines plus ou moins profondes). Elles se divisent de la manière suivante : les nappes phréatiques : Elle est peu profonde et renouvelable, elle est alimentée par les précipitations, les sources etc. les nappes fossiles : Elles sont très profondes, contenues dans les régions arides ou semi-arides. Leurs exploitations les épuisent et elles sont non renouvelables.

0,5 % forment les eaux de surface, elles représentent moins de 1 % de toute l'eau douce à la surface de la Terre. L'eau des lacs et des rivières coule vers les mers, et participe ainsi au cycle de l'eau.

Les hommes puisent l'eau douce dans les nappes phréatiques, les nappes fossiles, et dans les eaux de surface.

Un accès inégal à l'eau

Les ressources hydriques sont mal réparties entre les pays, les régions et les hommes. Certaines régions subissent un stress hydrique : une situation critique caractérisée par une indisponibilité en eau, cela implique une pénurie.

Les zones froides sont faiblement peuplées alors qu'elles disposent de beaucoup d'eau. Les régions arides sont au contraire très peuplées et ne disposent que d'une très petite quantité d'eau.

Cinq pays disposent de la moitié des ressources mondiales en eau : la Russie, la Chine, le Canada, l'Indonésie et les États-Unis.

Ainsi, au nord les besoins en eau sont largement satisfaits, la population surconsomme et gaspille l'eau. Alors qu'au sud 1,5 milliard de personnes n'ont pas accès à une eau potable à cause de l'aridité et faute d'infrastructures suffisantes.

Des usages variés

Utilisation de l'eau douce par secteur

L'agriculture utilise 70 % de l’eau prélevée, pour l’irrigation (pouvant atteindre le taux de 90 % dans certaines régions du globe). Les usages industriels représentent 20 % et les usages domestiques (pour boire, cuisiner, se laver, etc.) 10 %Centre d'information sur l'eau, comment l'eau est-elle prélevée et utilisée dans le monde ?.

Eau agricole

Selon la FAO, l'agriculture occupe aujourd’hui 11 % de la surface des terres émergées de la planète aux fins de la production végétale et utilise autour de 70 % de toute l’eau tirée des aquifères, des cours d'eau et des lacs (eau douce)L’état des ressources en terres et en eau pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde. Gérer les systèmes en danger sur le site fao.orgWater withdrawal by sector, around 2010, Prélèvements d'eau par secteur, vers 2010, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

La quantité d'eau nécessaire à l'agriculture est très variable selon les culturesCNRS, consommations d'eaux agricoles.

→ Pour connaître les consommations d'eau par type de culture, consulter : Tableau des consommations d'eau agricole par type de culture.

Eau industrielle

L’industrie utilise de grosses quantités d’eau. Mais toute l’eau utilisée par l’industrie n’est pas forcément consommée. Les centrales hydroélectriques par exemple ne prélèvent pas d’eau au milieu, ni a fortiori n’en consomment. L’industrie nucléaire, quant à elle, prélève l’eau en masse pour le refroidissement, mais la totalité de cette eau est ensuite rendue à la nature. Les industries les plus gourmandes en eau sont les industries de transformation. La consommation d’eau industrielle est très variable d’un pays à l’autre car elle dépend beaucoup du niveau de développement de chaque nation CNRS, consommations d'eaux industrielles.

→ Pour connaître les consommations d'eau par type de produit industriel, consulter : Tableau des consommations d'eau industrielle par type de produit.

Eau domestique

L'OMS estime que chaque personne a besoin d'un minimum vital de 20 litres d’eau par jour pour répondre aux besoins fondamentaux d’hydratation et d’hygiène personnelle. Pour vivre décemment, 50 litres d’eau par jour et par personne sont nécessaires. Et pour un réel confort, il faut 100 litres par personne et par jour.

Les statistiques d'Eurostat, de l'Ifen, et du Conseil mondial de l’eau montrent tous les pays développés se situent au-dessus de ces seuilsCentre d'information sur l'eau - La consommation d'eau domestique est-elle la même à travers le monde ?

→ Pour connaître les consommations d'eau par type d'usage domestique, consulter : Tableau des consommations d'eau domestique type d'usage.

→ Pour connaître les consommations d'eau dans quelques pays du monde, consulter : Consommation d'eau domestique par pays.

Gestion de l'eau

Gestion par bassins versants

La gestion de l'eau se fait de plus en plus de façon intégrée par bassin versant, sur le modèle de la gestion de l'eau en France.

La gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), correspond à l'organisation internationale (IWRM) qui a notamment été promue par le Partenariat Mondial de l'eau (GWP), en 2000 , sur gwp.org, consulté le ..

Ce programme, associé à une méthode, est axé sur la gestion des bassins versants, considérés à l'échelle de chaque fleuve. L'IWRM est « un processus favorisant le développement et la gestion coordonnés des ressources en eau, du sol et des ressources associées, permettant de maximiser les bénéfices économiques et sociaux, de façon équitable sans compromettre la pérennité des écosystèmes vitaux » (GWP, 2000)

Services d'eau potable et d'assainissement La consommation mondiale d'eau a doublé en 40 ans. De ce fait, la croissance de la population mondiale et celle des activités poussent les hommes et les États à aménager les espaces.

Dans les pays les plus développés, fournir régulièrement de l'eau exige des aménagements coûteux pour gérer l'ensemble du cycle des services de l'eau :

l'alimentation en eau potable : le prélèvement d'eau et le captage (eau de surface ou eau souterraine) ; le traitement de l'eau en vue d'obtenir de l'eau potable ; l'adduction d'eau (transport et stockage) ; la distribution d'eau aux consommateurs ;

l'assainissement : la collecte des eaux (usées et/ou pluviales) dans des réseaux unitaires ou séparatifs. ; le traitement des eaux usées.

L'eau / assainissement est un domaine d'excellence de la France, qui compte trois groupes, Veolia, Suez et Saur qui sont des leadeurs mondiaux dans ce secteur.

Dans les zones rurales des pays en développement et des pays les moins avancés, la gestion de l'eau se fait de manière artisanale.

Objectif de développement durable

Les Nations unies ont défini un objectif de développement durable (ODD 6) afin de garantir un accès universel à de l’eau potable et à l’assainissement, d'améliorer la qualité de l'eau et réduire les pollutions, assurer une utilisation efficiente des différents usages de l'eau (domestique, énergie, industriel, agriculture) et préserver les écosystèmes aquatiques.

Les risques sanitaires et environnementaux

En plus des risques de pénurie, l'humanité est confrontée à un autre problème : la qualité de l'eau se dégrade. Ce qui entraîne des risques sanitaires pour les populations, même dans les pays développés. Dans les pays en développement (la Chine et l'Inde), l'eau est polluée par les rejets industriels dans les fleuves et par les produits chimiques utilisés par l'agriculture qui s'infiltrent dans le sol jusqu'aux nappes phréatiques. En Europe, en Amérique du Nord et en Asie, la moitié des lacs et des rivières sont pollués par les algues qui empoisonnent les milieux naturels.

Dans les pays du Sud, les installations d'assainissement manquent. La population doit utiliser une eau qui n'est pas saine. Quatre maladies sur cinq, et un décès sur trois sont dus à des eaux contaminées. Les maladies transmises par l'eau tuent chaque jour plus de dans le monde à cause de la diarrhée, du choléra ou de la typhoïde. Ainsi que 5 millions de personnes par an, dont la moitié sont des enfants.

Les risques politiques

Des tensions internationales ou entre régions d'un même pays

L'eau est nécessaire au développement d'un pays, elle est donc très convoitée. Comme elle est devenue un bien rare dans beaucoup de régions du monde, cela entraîne des rivalités entre les États, mais aussi entre différents usagers et régions d'un même pays. En Espagne par exemple, les régions du Nord ne manquent pas d'eau, tandis que les régions du sud sont déficitaires à cause du climat aride et des agricultures irriguées dans les serres.