L'institut Curie est une fondation française, reconnue d'utilité publique depuis , luttant notamment contre le cancer. Son ambition, depuis sa création par Claudius Regaud, Marie Curie, Henri de Rothschild, Paul Appell et Émile Roux, est axée autour de trois missions : la recherche, les soins, la conservation et la transmission des savoirs. Cette pluridisciplinarité est au cœur des statuts de la fondation. Cette mission implique une coopération interdisciplinaire étroite entre les personnels afin de développer : les recherches scientifiques fondamentales, translationnelles et cliniques en matière de physique, de chimie, de biologie, de radiobiologie en vue de mettre la science au service de l'homme pour l'aider à lutter contre les maladies et particulièrement le cancer ; le diagnostic, le suivi et les soins délivrés aux personnes malades dans le cadre d'un ensemble hospitalier assimilé à un centre de lutte contre le cancer membre de la fédération Unicancer ; la valorisation de la recherche et l'accès à l'innovation qui nécessite pour l'Institut Curie de nouer des liens avec les acteurs économiques susceptibles de permettre un développement des innovations au bénéfice des patients et/ou une amélioration des connaissances scientifiques ; la conservation et la transmission des savoirs dans les domaines précités, notamment via les activités d'enseignement et de muséologie ; sa contribution au rayonnement international de la recherche et du soin, notamment en cancérologie.

L'ensemble des activités menées par l'Institut Curie lui permettant de remplir ses missions s'exercent dans le cadre de trois entités : un ensemble hospitalier de pointe en cancérologie réparti sur trois sites (Paris, Orsay et Saint-Cloud), un centre de recherche de renommée internationale où les chercheurs travaillent répartis dans de recherche et les services du siège de la fondation.

Histoire vignette|Une entrée du campus Curie (11-13 rue Pierre-et-Marie-Curie, de Paris) : à gauche, l'institut Curie ; au fond, l'École nationale supérieure de chimie de Paris ; à droite, l'Institut de biologie physico-chimique.

En , Pierre et Marie Curie partagent le prix Nobel de physique avec Henri Becquerel. Pierre Curie est alors nommé professeur à la faculté des sciences de Paris. Ils quittent le hangar de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris pour leur nouveau laboratoire où Marie Curie est nommée chef de travaux. À la mort de Pierre, en , Marie Curie est chargée de cours, puis professeur en . Elle va être la première femme professeur de la Sorbonne. Son souhait est de mettre en place un grand laboratoire pour l'étude de la radioactivité et de ses applications en physique et chimie. En , ce vœu se concrétise lorsque l'université de Paris et l'institut PasteurPar la donation du philanthrope Daniel Osiris qui complète la subvention de l'État. décident de construire conjointement un grand laboratoire pour Marie Curie : l'Institut du radium. Celui-ci comprend deux sections : le laboratoire Curie, dirigé par Marie Curie et entièrement consacré aux recherches en physique et chimie, et le laboratoire Pasteur sous la direction du , consacré à l'étude des effets biologiques de la radioactivité. En , Marie Curie a reçu un deuxième prix Nobel : celui de chimie.

Après la Première Guerre mondiale, Claudius Regaud oriente son laboratoire vers l'étude de l'effet des rayonnements sur les tumeurs cancéreuses, disposant de l'aide scientifique et technique du laboratoire Curie. L'objectif est d'élaborer une « thérapeutique scientifique du cancer », fondée sur l'articulation de la recherche fondamentale, de la recherche appliquée et de l’étude clinique. En , le dispose d'un lieu d'hospitalisation.

La lutte de Marie Curie et de Claudius Regaud pour obtenir des moyens supplémentaires débouche sur la création de la fondation Curie le , grâce à une donation du docteur Henri de Rothschild. Elle est reconnue d'utilité publique le même jour de Décret du reconnaissant comme établissement d'utilité publique la fondation Curie, dont le siège est à Paris, Bulletin officiel, , , . : son but est de financer les activités de l'Institut du radium et de contribuer au développement de sa composante de recherche thérapeutique.. La construction d'un dispensaire, rue d'Ulm, à proximité du Panthéon, est une de ses premières réalisations. Il ouvre ses portes en . Le Regaud et son équipe y mettent au point des traitements, associant chirurgie et radiothérapie dans le traitement des cancers. La fondation Curie est alors un modèle pour les centres anti-cancéreux du monde entier. En , une importante donation anonyme permet la construction de nouveaux laboratoires de biologie, derrière le dispensaire. Simultanément, le laboratoire Curie continue d'occuper une place importante dans le domaine de la recherche en physique et chimie. En , peu de temps avant la mort de Marie Curie, sa fille, Irène Joliot-Curie, et son gendre, Frédéric Joliot, découvrent la radioactivité artificielle. En , le prix Nobel de chimie récompense leur découverte. À la même période, l'afflux de malades à la fondation Curie est tel qu'un hôpital paraît indispensable. Il peut voir le jour grâce à des dons importants et à une subvention de l'État.

L'Institut du radium et la fondation Curie fusionnent en . La nouvelle fondation prend, huit ans plus tard, le nom d'« Institut Curie ». Celui-ci poursuit dès lors une triple vocation : la recherche, l'enseignement et le traitement du cancer.

Au , l'institut Curie et le centre de lutte contre le cancer René-Huguenin (Saint-Cloud, Hauts-de-Seine) ont fusionné pour répondre aux enjeux de la cancérologie. Depuis, l'institut Curie rassemble , médecins, soignants, techniciens et administratifs.

Modèle Curie Le « modèle Curie » se définit par la continuité entre la recherche fondamentale et les soins. Son originalité vient du rapprochement de chercheurs, de soignants et de patients permettant d'accélérer la mise à disposition de diagnostics et de traitements nouveaux. Le « modèle Curie » a inspiré de nombreuses institutions qui l'ont pris comme exemple. C'est notamment le fonctionnement sur lequel se basent les 20 centres de lutte contre le cancer (CLCC) de France..

Centre de recherche vignette|redresse|Rue des Irlandais à Paris, avec les laboratoires Constant Burg de l'Institut Curie en arrière-plan. Le Centre de recherche est constitué par 12 unités mixtes (CNRS, INSERM, Sorbonne Université, Université Paris-Sud), regroupées en quatre domaines et un département de recherche translationnelle. Chaque domaine a un potentiel médical et d'innovation. Ils reposent sur des interactions robustes initiées par les projets Labex coordonnés par l'institut Curie : (DEEP), Cell(n)Scale (précédemment CelTisPhyBio) et (DCBIOL). Ces quatre domaines sont interconnectés grâce à des activités transversales telles que les plates-formes technologiques, la formation avancée, le département translationnel et la recherche clinique. Ces activités permettent d'établir des liens naturels entre les 12 unités de recherche et le complexe hospitalier et constituent un canal efficace de communication favorisant le dialogue et le partage de l'information, essentielle pour accélérer le passage de l'exploration à l'application.

Ensemble hospitalier L'ensemble hospitalier de l'institut Curie est un établissement privé participant au service public hospitalier. C'est un centre de lutte contre le cancer. Disposant de nombreux moyens diagnostiques (imagerie, biologie…) et thérapeutiques (chirurgie, radiothérapie, traitements médicaux et soins de support), il est spécialisé dans le traitement de tous les cancers y compris les cancers rares. L'institut Curie est notamment centre de référence pour les cancers du sein, les tumeurs pédiatriques et les tumeurs de l'œil.

Dans une démarche pluridisciplinaire permanente, il met les meilleures compétences et les techniques les plus performantes au service d'une prise en charge globale et continue de chaque patient, à toutes les étapes de la maladie et dans le souci permanent de sa qualité de vie. Berceau de la radiothérapie, pionnier dans les traitements conservateurs et la prise en charge de la douleur, il continue à innover dans les techniques et les prises en charge complexes (radiothérapie de haute précision, protonthérapie, curiethérapie, imagerie, oncoplastie, oncogénétique…) tout en développant la recherche clinique.. La technologie de radiothérapie flash est aussi investiguée..

Département de recherche translationnelle Le département de recherche translationnelle est né en . Il a pour mission d’accélérer le processus qui conduit l’innovation scientifique vers une meilleure prise en charge des patients. Pour cela, il met à disposition des cliniciens et des chercheurs de l’institut Curie des moyens humains et technologiques permettant le développement de projets à caractère appliqué dans le diagnostic ou le traitement des cancers. Quelque six équipes de recherche travaillent au sein de ce département.

Musée Curie Situé au de la rue Pierre-et-Marie-Curie, au nord-est du « campus Curie », le musée Curie dispose d'un espace d'exposition permanente, dans les locaux historiques de l'Institut du radium, créé en et dirigé par Marie Curie jusqu'en . Les grandes étapes de la découverte de la radioactivité ainsi que les cinq prix Nobel obtenus par la famille Joliot-Curie sont présentés au public. Le laboratoire et le bureau de Marie Curie, André Debierne, Irène et Frédéric Joliot-Curie sont en accès libre, avec une reconstitution des recherches en cours à cette époque. Le musée dispose également d'un centre de ressources historiques sur les familles Curie et Joliot-Curie, l'Institut du radium, la Fondation Curie et les acteurs de ces institutions.. Des visites guidées et des conférences sont également organisées.

Gouvernance L'Institut Curie est administré par un conseil de surveillance, un directoire. et un conseil scientifique. qui émet des recommandations et accompagne l'institut dans ses choix. Le directoire comprend le , son président, ainsi que Coralie Chevallier et Éric Nicolas.

Constant Burg a été président du conseil d'administration de l'Institut Curie de jusqu'à sa mort en ..

Financeurs, tutelles et labels Les principales ressources de l'ensemble hospitalier proviennent de l'Assurance maladie en tant qu’établissement de santé privé d'intérêt collectif (ESPIC), de la subvention MIGAC au titre de la contribution aux missions d'intérêt général, parmi lesquelles l'enseignement, la recherche clinique et l'innovation. Ces dotations correspondent à des crédits du ministère des Solidarités et de la Santé gérés par la DGOS et reversés par l'ARS.

Les organismes de recherche comme le CNRS, l'Inserm prennent en charge directement une partie des personnels (chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs) du centre de recherche de l'Institut Curie ainsi que des dépenses de fonctionnement ou d'investissement. Le Centre de Recherche reçoit directement une subvention annuelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche au titre de sa mission de recherche fondamentale. L'Institut Curie a notamment obtenu, après sélection par un jury international, d'importants financements dans le cadre du programme gouvernemental Investissements d'avenir, de la Commission européenne via le Conseil européen de la recherche (ERC), de l'Agence nationale de la recherche (ANR) et de l'Institut national du cancer (INCa).

Des organismes caritatifs comme la Ligue nationale contre le cancer, la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, la Fondation pour la recherche médicale, soutiennent également la recherche médicale de l'Institut Curie. Le soutien de généreux donateurs est indispensable à l'Institut..

Partenaires institutionnels et certifications L'Institut Curie est membre de diverses organisations et possède des labellisations et des certifications :