L’Union nationale des syndicats de journalistes était un organisme de coordination regroupant en France les quatre syndicats les plus importants dans la profession des journalistes. Fondée en 1966, elle a été dissoute au début des années 1990Des instances de représentation des salariés plurielles et mouvantes dans le secteur des médias en France : concurrence, complémentarité, et arrangements en situation de crise, par Camille Dupuy, doctorante en sociologie à l'École normale supérieure de Cachan .
Histoire L’Union nationale des syndicats de journalistes (UNSJ) a été fondée en 1966 par les 4 premiers syndicats de journalistes français : SNJ, syndicat des journalistes français CFDT, Syndicat national des journalistes CGT, Syndicat national des journalistes FO. Le Syndicat des journalistes CFTC n'en fait pas partie, pas plus que le SJ-CGC qui apparaît, en 1972, sous l'impulsion d'un ancien président du SNJ, Yann ClercPresse et syndicalisme par René Mouriaux et Claire Bernard .
L'UNSJ s'inscrit dans la dynamique lancée lors la réunion le des responsables des syndicats de journalistes SJF-CFDT, SNJ, SNJ-FO et SNJ-CGT dans le domaine de Bierville (près d’Étampes dans l'Essonne), centre confédéral de formation de la CFDT (voir Denis Ruellan, Le journalisme défendu, Presses universitaires de Rennes), ). Cette réunion a été provoquée par le Syndicat des journalistes français (SJF) CFDT. En effet, lors de son à Biarritz (23-), le SJF CFTC a plaidé pour l'unité : unité dans le cadre de la transformation de la confédération CFTC en CFDT (6- à Issy-les-Moulineaux) et unité au sein de la profession journalistique (voir Journalistes français , ). L'unité d'action des organisations syndicales de journalistes a profité de l'accord entre les confédérations CGT (secrétaire général Benoît Frachon) et CFDT (secrétaire général Eugène Descamps) signé le .
Avant même la création institutionnelle de l'UNSJ, la délégation intersyndicale permanente des journalistes "s'est mise au travail" en se mobilisant pour la défense de leur confrère Georges Fillioud, journaliste à Europe 1, suspendu d'antenne, après avoir signé en dehors de ses activités professionnelles un manifeste politique "pour l'union des gauches" (voir Journalistes français, , ).
L'UNSJ est créée officiellement le lors d'une conférence intersyndicale tenue rue Clément-Marot à Paris (voir Journalistes français , , Paul Parisot). Une de ses premières actions a été une action de toute la profession pour la reprise des négociations sur la révision de la Convention collective (voir Journalistes français , ).
Sa fondation précède d'un an celle de la Fédération française des sociétés de journalistes, le , par Jean Schwœbel, du quotidien Le Monde, Rémy Le Goff, de Ouest-France et Denis Perier Daville, du Figaro. Deux d'entre eux sont des délégués syndicaux. Dans un rapport sur les présenté par la CFDT en 1966, la création de Société des rédacteurs est vue comme la conséquence de syndicats trop impuissantsDes instances de représentation des salariés plurielles et mouvantes dans le secteur des médias en France : concurrence, complémentarité, et arrangements en situation de crise, par Camille Dupuy, doctorante en sociologie à l'École normale supérieure de Cachan, page 5 .
Yann Clerc (SNJ) a été le premier président de l'UNSJ, suivi par Maurice Vidal (CGT), Ralph Messac (SNJ), Paul Parisot (CFDT), Edouard Guibert (SNJ) puis Yves Loiseau (CFDT) et Michel Lemerle (SNJ). Elle avait pour adresse le 35, rue Bergère, dans le de Paris.
En , l'Union nationale des syndicats de journalistes se déclara pleinement solidaire des journalistes du Figaro en grève. Puis elle soutient leur combat contre le rachat du journal par Robert Hersant, en « considérant que le devoir de l'information et les droits du public » étaient réduits par ce rachatMain basse sur le Figaro par Denis Perier Daville, TEMA EDITIONS, 1976..
En 1971, après l’adoption de la Charte de Munich, l'UNSJ a demandé aux organisations d'employeurs que ce texte figure en préambule de la nouvelle Convention collective nationale de travail des journalistes, afin d'imposer à tous « les principes éthiques de la profession »«Pour une déontologie de l'enseignement », par Gilbert Longh, page 130 .
L'UNSJ s'est par ailleurs mise d'accord en 1978 sur une revendication pour un barème intersyndical, commun, concernant les minima à demander aux employeurs de verser aux journalistes pigistes. Le SNJ est alors le plus important des quatre syndicats membres de l'UNSJ, avec adhérents« L'information demain : de la presse écrite aux nouveaux média », par Jean-Louis Lepigeon et Dominique Wolton La Documentation française, 1979, page 138.. En 1982, le Syndicat général des journalistes FO (SGJ-FO) se retire de l'UNSJ.
Références
Voir aussi Articles connexes Syndicat national des journalistes Union syndicale des journalistes CFDT Syndicat national des journalistes CGT
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