La commanderie de Gelucourt était une commanderie située à Gelucourt dans le département de la Moselle.

Description À quelques kilomètres de l’étang de Lindre, entre Dieuze et Maizières-lès-Vic, Gélucourt est installé dans un petit vallon où s’écoule le ruisseau de Videlange dont les eaux se perdent dans un petit étang. Près de la digue, un groupe de quelques maisons porte encore le nom de « la Commanderie ». La « chapelle des Templiers » dresse modestement un clocheton incongru qui rappelle davantage les églises baroques de Bohème que les austères chapelles élevées par les ordres militaires depuis le .

C’est que cette « chapelle de Templiers » ne doit que son nom à ces chevaliers, et le site où elle est implantée. Le paysage a changé depuis leur disparition et l'apparition des Hospitaliers : l’étang au bord duquel elle sommeille est une réalisation du début du . Des travaux récents ont rendu à cette chapelle un peu de l’aspect qu’elle avait au .

La nef a disparu et il ne reste que le chœur ouvert sur l’extérieur par un arc triomphal en ogive. La partie gauche est soutenue par un épais contrefort dont la racine monte jusqu’au sommet du mur. Le mur méridional, appuyé à la maison moderne qui a succédé au logis du commandeur, est percé d’une fenêtre aveugle en plein cintre. Le mur gauche est éclairé par une fenêtre identique sous laquelle court, à l’extérieur, un cordon peu marqué. Les deux fenêtres ne se font pas face. Une grille ferme la chapelle, laissant apercevoir un autel baroque en bois doré très délabré. À gauche de l’entrée, à l’intérieur, une pierre tombale est dressée contre le mur, portant une inscription funéraire : « Frère Barthélémy Oriesme, vivant religieux de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Commandeur de Gélucourt, qui décéda le ». De part et d’autre de la porte, subsistent deux colonnes adossées portant des chapiteaux à feuillages très englués de peinture et supportant les bases des arcs formerets et de la croisée d'ogives. La voûte a disparu et la charpente du toit repose sur les murs. Des éléments gothiques ont été réutilisés lors des différentes reconstructions de la chapelle.

Histoire vignette|Histoire de la commanderie de Gelucourt Avant de devenir commanderie de l’ordre du Temple, Gélucourt fut d’abord une grange de la commanderie templière de Vic-sur-Seille jusqu’en 1264. Enfin, en 1312, elle devint commanderie hospitalière des Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, appelés plus tard chevaliers de Rhodes, puis chevaliers de Malte.

Au Vic était une ville très ancienne, antérieure au . Les souvenirs de l’Antiquité y sont fréquents. 1212 : l’évêque Bertram y fit construire un château. Son successeur l’évêque Conrad de Scharfenberg (1212-1224) l’entoura de remparts. La commanderie templière de Vic : sa date de fondation est inconnue ; l’acte le plus ancien en notre possession est de 1218 (accord avec l’abbaye des Prémontrés de Salival sous l’égide du maître des Templiers de Lorraine, Ponce de Villam)Histoire de Salival et Généalogie des Comtes de Salm en Vosges. Cette commanderie soutint de nombreux conflits ; les salines de Vic étaient très convoitées tant par les évêques de Metz que par le duc de Lorraine et d’autres établissements religieux. La commanderie de Vic avait une grange à Haraucourt-sur-Seille et une autre à Gélucourt dont on ignore les dates de fondation. Elle possédait des vignes, des jardins, des rentes sur le moulin de l’évêque et des biens à Marsal. Les salines de Vic étaient très anciennes, l’abbaye de Gorze y avait reçu un poële à sel dès la fin du , et vers 1034, l’abbaye Saint-Rémy de Lunéville y avait une « chaudière ». Aux , de nombreux monastères y avaient des intérêts. 1234 : l’évêque transféra à Vic la principauté épiscopale de Metz, lorsque les bourgeois de Metz se proclamèrent république patricienne. Les salines de Vic fournissaient à l’évêque d’importants revenus. Marsal eut des salines à la même époque que Vic. Jacques de Lorraine, évêque de Metz (1239-1260) fit entourer Marsal de remparts pour protéger les salines. Aux , les ducs de Lorraine et les évêques de Metz se disputaient les salines de Marsal. 1242 : l’évêque Jacques de Lorraine, ordonna au maire de Vic de rendre aux Templiers de Vic une terre et de rente sur le moulin épiscopal de Vic. 1264 : l’importance des biens des Templiers à Vic ne justifiaient probablement pas de s’accrocher à des biens dans une région très convoitée ; pour mettre fin aux conflits avec Salival et l’évêque de Metz, les Templiers, représentés par le maître de Lorraine, Gautier de Villers, vendirent leurs biens de Vic et de Marsal à Guillaume de Traînel, évêque de Metz . Le prix de la vente devait être pris sur la recette du moulin épiscopal de Vic pendant , à raison de messins par an (soit au total, c'est-à-dire ). Gélucourt devint commanderie et la grange de Haraucourt lui fut rattachée. : le maire et les échevins de Marsal donnèrent au duc les revenus de Marsal et les droits qu’ils possédaient entre autres sur la grange du Temple à Haraucourt et à Gélucourt. Les biens des Templiers furent donc placés sous la protection du duc de Lorraine. 1274 : Le maire et les échevins de Vic cédèrent au duc les droits qu’ils avaient encore sur les maisons du Temple de Gélucourt et de Haraucourt. La commanderie de Gélucourt fut donc entièrement sous la protection du duc . La commanderie de Gélucourt à la fin du : des bâtiments agricoles entourant une cour centrale ouverte, avec une chapelle accolée au logis du commandeur. Ses activités : la vigne et la culture . Revenus : le moulin de Gélucourt et des droits seigneuriaux (four, pressoir…) Exploitation des terres en faire-valoir direct. : frère Jean des Mares, maître des Templiers de Lorraine, s’engagea à verser au chapitre de Dieulouard de vin sur les 17 obtenus dans une vigne sise à Gélucourt. : frère Louis, commandeur de Gélucourt est témoin dans une charte du frère Domange, maître de la baillie de Lorraine, relative à un don fait aux Templiers et à une prébende qu'il accorde ; ; Paul Ferry, Observations séculaires, , , , arche de Saint-Livier. (manuscrit détruit en 1944). : les Templiers sont arrêtés dans le royaume de France. Commence le procès qui mène à la suppression de l’Ordre. Le duc de Lorraine et le comte de Bar restèrent dans une sage réserve, ne faisant rien contre l’Ordre ni contre le roi, mais nous ne possédons aucun ordre d’arrestation émanant de ces seigneurs. Nous savons que le roi agit en Lorraine, puisqu’il avait placé les trois-Évêchés lorrains sous l’autorité du chevalier Henri de Clacy, délégué du roi pour l’affaire du Temple dans le bailliage de Chaumont ; cela n’avait pu se faire sans l’assentiment du duc et du comte de Bar. Cette mise en place était antérieure à l’arrestation des Templiers puisque dès le , soit après l’arrestation des Templiers en France, Radulphe de Ligny, inquisiteur dans les trois évêchés lorrains, rendit compte au roi de l’interrogatoire auquel il avait procédé de deux templiers et d’un chapelain allemands. 1312 : le concile de Vienne supprima l’ordre du Temple. Le , une lettre du Pape aux évêques de Metz et de Toul et au chapitre de l’archevêché de Trêves, fit part de sa décision de remettre les biens du Temple à l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. On ne sait qui administra les biens du Temple en Lorraine entre l’arrestation des Templiers et la prise de possession par les Hospitaliers, il est probable qu’ils furent confiés à des représentants du duc de Lorraine et du comte de Bar. La dévolution des biens du Temple semble s’être faite sans difficulté.

Du au Au , l’évêque de Metz Renaud de Bar (1302-1316) obtint le contrôle des salines de Marsal, Vic et Moyenvic. Mais il y eut encore de nombreux conflits pour contrôler ces salines. 1317 : le grand prieuré de France de l’ordre de Saint-Jean fut démembré par la création du grand prieuré d'Aquitaine et de Champagne pour faciliter la gestion des nouveaux biens acquis des Templiers. La Lorraine fit partie du Prieuré de Champagne dont le siège est à Voulaines. en passant aux mains des Hospitaliers, la commanderie de Gélucourt, comme toutes les anciennes commanderies templières, changea de mode de gestion : les Templiers pratiquaient le faire-valoir direct, ce qui n’était plus possible pour les Hospitaliers qui, sans augmentation de personnel, devaient gérer trois fois plus de domaines alors qu’ils avaient besoin de tous les chevaliers à Rhodes où ils entreprenaient de se fixer face à l’Islam. Tous les biens de l’ordre de Saint-Jean furent regroupés et attribués comme suit : Metz devint « chambre magistrale », à la discrétion du grand maître ; La « Lorraine » (formée de St-Jean du Vieil-Aître de Nancy, Libdeau, Norroy, Robécourt et Xugney) devint « Chambre prieurale », à la disposition du prieur de Champagne ; Marbotte et La Warge à Heippes furent attribuées à des chevaliers ; Gélucourt le fut aux sergents et aux chapelains à partir de 1462. Le premier commandeur après cette réforme fut frère Didier Grognet. La maison de Gélucourt devint le chef-lieu d’une commanderie dont les possessions étaient dispersées en Lorraine essentiellement dans deux régions: dans le Saulnois : la grange de Haraucourt-sur-Seille, des fermes à Vic-sur-Seille et à Coutures, des domaines à NeuchèreNeuchère ; 57-com. Château-Bréhin ; ar. Château-Salins ; c. Delme., AckerbachAckerbach ; 57-com. Hellimer ; ar. Forbach ; c. Grostenquin. et XousseXousse ; 54-ar. Lunéville ; c. Blâmont. ; des dîmes et des intérêts dans les salines de Dieuze. dans la région de Verdun-Étain, l’ancienne commanderie de WarcqAujourd’hui “ferme de l’Hôpital” à Warcq ; 55-ar. Verdun ; c. Etain ; et ses dépendances : des immeubles à Etain, la ferme de Saint-Jean-de-RaméeRamée ; 55-com. Villers-devant-Dun ; ar. Verdun ; c. Dun-sur-Meuse ; ancienne dépendance de la commanderie de Saint-Jean de Reims, la ferme Ramée possédait de vastes domaines. La chapelle fut détruite au ., la commanderie Saint-Urbain-du-Pavé à VerdunSaint-Urbain-du-Pavé : commanderie de Saint-Jean née d’une maison possédée par les Hospitaliers hors de la ville dans le quartier du Pavé., la commanderie de la Warge à HeippesHeippes ; 55-ar. Verdun ; c. Souilly. L’alleu de Heippes fut donné aux hospitaliers de Saint-Jean, à la fin du , par Rodolphe de Clermont. Les chevaliers y fondèrent la commanderie de la Warge. avec le prieuré de FlabasPrieuré de Flabas : ancien prieuré bénédictin confié aux chevaliers de Saint-Jean, aujourd’hui “ferme de Flabas” à Heippes (55-arr. Verdun ; c. Souilly). et divers biens à AixAix ; 54-com. Gondrecourt-Aix ; ar. Briey ; c. Conflans-en-Jarnisy. et GouraincourtGouraincourt ; 55-com. Les Tilleuls-Vaudoncourt ; ar. Verdun ; c. Spincourt..

Au , la commanderie de Gélucourt était un ensemble composé d’une chapelle, de bâtiments agricoles et d’une tuilerie à proximité d’un étang permettant la pisciculture. (1501 : lettre patente du duc autorisant la construction d’un étang à Gélucourt) Ce siècle fut difficile pour la commanderie : située près de Marsal, forteresse ducale, et de Vic, siège du bailliage seigneurial de l’évêque de Metz, elle fut victime des bandes de soldats et des reîtres qui terrorisaient la Lorraine. En 1552, l’évêché de Metz fut rattaché au royaume de France et le roi de France (1547-1559) fit occuper Marsal à partir de 1553 jusqu’en 1593, date à laquelle il dut céder Marsal au duc . Celui-ci fit fortifier la ville en 1620. 1568 : M. Languet, commandeur de Gélucourt. 1577-1582 : Guillaume Sylvestre, commandeur de Gélucourt.