thumb|Un vieil immeuble colonial de Grand-Bassam envahi par la végétation mais toujours habité. Grand-Bassam est une ville historique, et fut la première capitale de la Côte d'Ivoire de 1893 à 1900 durant la période coloniale. Située à à l'est d'Abidjan, la localité de Grand-Bassam est le chef-lieu du département de Grand-Bassam dans la région du Sud-Comoé. Le nom de la ville vient de l'expression Abouré «Alsam» qui veut dire «Il fait nuit» et de l'expression appolonienne «Ba-souan» qui signifie «viens me charger»Raymond Borremans, Le grand dictionnaire encyclopédique de la Côte d'Ivoire, Tome 3 : E-F-G-H, Abidjan, NEA, 1987, 269 p. , p. 154. Le maire de ladite ville est Jean Louis Moulot, réélu le pour son deuxième mandat.
Le , le quartier France de Grand-Bassam, considéré comme le cœur historique de la ville, est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO..
En , l’UNESCO a renforcé les mesures de conservation de la ville historique de Grand-Bassam, notamment face aux risques côtiers et à la pression urbaine. Par ailleurs, la ministre de la Culture et de la Francophonie a annoncé l’inscription prochaine de l’Abissa de Grand-Bassam sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.. Géographie
Situation thumb|Plage de Grand-Bassam La ville est située sur le littoral et comprend de ce fait une façade sur l'océan Atlantique, et une autre sur la lagune Ébrié à l’embouchure du fleuve Comoé. Elle est située à d'Abidjan..
Climat et végétation
Le climat de la Côte d'Ivoire comporte deux zones bioclimatiques distinctes. Le sud est très humide et connaît quatre saisons (d'avril à la mi-juillet: grande saison des pluies; de la mi-juillet à septembre: petite saison sèche; de septembre à novembre: petite saison des pluies; de décembre à mars: grande saison sèche). Les températures varient de 21 à 35°Le climat de la Côte d'Ivoire sur Côte d'Ivoire Tourisme..
Histoire
vignette|gauche|« Le commandant E. Bouët-Willaumez attaque et châtie les peuplades insurgées de Grand-Bassam » (gravure de 1890). thumb|Le Wharf de Grand-Bassam en 1905 La ville est fondée au milieu du par les Nzema.
Le premier Européen à explorer la région de Grand-Bassam est le Portugais Soeiro da Costa en 1469. Il nomme l'actuel fleuve Comoé Rio de Mayo et baptise la rivière d'Assinie de son nom, Rio Soeiro da Costa.
À cette époque, les escarmouches avec les britanniques étaient fréquentes, et les moyens ne permettaient pas d'exploiter l'intérieur du pays. C'est à l'intérieur de ces forts que les premiers comptoirs commerciaux seront installés les années qui suivirent.
La ville est, de 1893 à 1899, la première capitale coloniale, portuaire, économique et juridique de la Côte d'Ivoire. La ville de Grand-Bassam a accueilli, dès 1893, le centre de télégraphie sous-marine reliant le «territoire de la Côte d'Ivoire» à Conakry, «territoire de Guinée» d'une part, et à Cotonou «territoire du Dahomey» qui était la seule liaison ouverte sur l'extérieur, de l'autre.
En 1899, la capitale est transférée à Bingerville à la suite d'une épidémie de fièvre jaune: sur les 60 Européens présents dans la ville, 45 décèdent. De nouvelles épidémies éclateront entre 1900 et 1903. vignette|La jetée.
Grand-Bassam continue, toutefois, de jouer un rôle important au sein de la colonie, notamment avec la mise en service de son wharf maritime (177 m de long), et de son phare en 1901. La ville reste un port important jusque dans les années 1930, avant de passer le relais à Abidjan, alors en plein essor.
Le , des femmes ont manifesté contre la puissance coloniale pour demander la libération de leurs époux, frères ou fils, militants anti-colonialistes, qui avaient été arbitrairement emprisonnés. Elles marchèrent ainsi d’Abidjan à Bassam, jusqu’à la prison pour réclamer justice, avant que le mouvement ne soit brutalement réprimé à Bassam. Cet épisode est rentré dans l'histoire sous le nom de Marche des Femmes de 1949 et les participantes sont considérées comme des pionnières de la lutte pour l’indépendance du pays. Le pont qui relie le quartier France à la ville à Grand-Bassam a été rebaptisé Pont de la Victoire en leur mémoire.
La ville est inscrite, le , au Patrimoine mondial de l'UNESCOUnesco : 5 nouveaux sites africains, Le Figaro, juillet 2012..
Attentat de mars 2016 Le , la ville de Grand-Bassam subit le premier attentat perpétré sur le territoire ivoirien. C'est en pleine journée qu'une fusillade sanglante frappe un quartier touristique de la ville faisant au moins 18 morts, dont trois soldats des forces spéciales ivoiriennes et au moins 15 civils, parmi lesquels quatre Français et une Allemande. Dans l'assaut des forces spéciales, trois assaillants ont été neutralisés.. Dans la soirée, Al-Qaïda au Maghreb islamique revendique l'attaque par le biais de son agence de presse.. Un mémorial a été érigé à la mémoire de l'attentat de 2016.
Administration
Érigée en commune mixte par un arrêté du , Grand-Bassam est la première commune de Côte d'Ivoire. La nouvelle entité administrative est née de la scission de l'ancien cercle du même nom. En octobre 1955, Grand-Bassam devient une commune de plein exercice avec un Conseil municipal, et un maire élus.
En janvier 1960, une délégation spéciale de trois membres remplace le conseil municipal.
En 1965, la réorganisation du territoire donne naissance à la sous-préfecture de Grand-Bassam qui comprend l'agglomération urbaine de Grand-Bassam, les villages de Moossou et Dépendance, Azuretti, Ebrah, Vitré 1, Vitré 2, Modeste, Mafiblé, Gbamié, Yakassé 1 Yakassé 2 et Mondoukou. Le chef du village d'Azuretti est Nanan Bognan V.
Une loi de 1978Loi n° 78-07 du 9 janvier 1978, portant institution de communes de plein exercice en Côte d'Ivoire, J.O. n° 9 du 23 février 1978, p.348 institue 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays. Au nombre de celles-ci, figure Grand-Bassam. Date d'élection Identité Parti Qualité Statut 1980 PDCI-RDAHomme politique élu 1985 Ablé Attékeblé Frédéric PDCI-RDAHomme politique élu 1990 Ablé Attékeblé Frédéric PDCI-RDAHomme politique élu 1995 Ablé Attékeblé Frédéric PDCI-RDA Homme politique élu 2001 Jean-Michel Moulod PDCI-RDAHomme politique élu 2011 Martin Ackah Anokoï (Intérim) PDCI-RDA Premier adjoint 2013 Georges Philippe Ezaley PDCI-RDAHomme politique élu 2019 Jean Louis MoulotRHDPHomme politique élu 2023Jean Louis MoulotRHDPHomme politiqueréélu
Banques La localité de Grand-Bassam, compte à ce jour de nombreuses institutions financières privées comme publiques. Au niveau public, le trésor y est installé permettant ainsi de recueillir l'impôt collecté pour le compte de l'État, et pouvoir payer les salaires des fonctionnaires. Les institutions financières privées sont aussi représentées, on peut citer des agences des grandes banques comme la SGBCI, la BACI, la BICICI, EcoBank, sans oublier les microfinances telles que la CMEC (...).
Tourisme thumb|Musée national du costume. En tant que station balnéaire, Grand-Bassam a mis l'accent sur un élément clé pour attirer davantage les touristes ainsi que les rencontres internationales pour les colloques et les séminaires. Elle compte donc un bon nombre d'hôtels et de restaurants. Grand-Bassam regorge aussi de lieux touristiques qui permettent d'en savoir plus sur le passé historique de cette ville.
Le musée national du costume ; Le centre de céramique ; Le phare ; L'ancienne maison de la poste.
Économie Développement des TIC Désirant se développer, une joint venture est créée entre l’État de Côte d’Ivoire et des partenaires financiers dont Exim Bank (Inde), la Banque ouest africaine de développement (BOAD) et la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao. Elle construit un Village des technologies de l’information et de la biotechnologie (Vitib). Sous la direction de Philippe Pango, et situé à la lisière nord de Grand-Bassam, il a été inauguré en . Cette zone franche de 624 hectares a reçu un investissement de plus de 65 millions de dollars, et héberge des start-up locales ainsi que des entreprises internationales comme Orange. En , 29 entreprises spécialisées dans les Technologies de l'Information et de la Communication y étaient présentes dont des sociétés d’assemblage d’ordinateurs, d’assemblage d’armoires électriques, et des datacenters (dont celui d'Orange qui est le plus gros d'Afrique de l'Ouest). En , 180 hectares de cette zone étaient en cours d'aménagement..
Économie culturelle Depuis quelques années, Grand-Bassam attire aussi différents professionnels des métiers artistiques tels les peintres, les photographes, les designers ou sculpteurs venus chercher plus de sérénité qu'à Abidjan..
Société
Démographie
Évolution démographique 1963 Rec. 1975 Rec. 1988 Est. 2010 Est. 2011 Est. 20122021 17 780 27 273 41 825 83 576 85 473 88 118124 567
Éducation
Grand-Bassam compte 2 lycées, 5 collèges et 28 écoles primaires publiques. Les autorités locales estiment le taux de scolarisation à 80 %.
Écoles de formation professionnelle Public Centre de formation artisanale de vannerie Centre éducatif professionnel ABEL Centre d'animation de formation pédagogique (CAFOP) Institut Industriel de l'Afrique de l'Ouest École de poterie Institut de Formation et d'Education FéminineEnseignement secondaire Lycée Public Lycée moderne Lycée privé Lycée Robert Léon Collège public Collège moderne Collège privé Collège patronage Monseigneur René Kouassi Cours secondaire Edoukou Miézan Collège Saint Jean Baptiste Institution Raggi Anne-Marie (IRMA) Enseignement Supérieur Université Internationale de Grand-Bassam (IUGB)
Langues thumb|« Jeunes Filles de Grand-Bassam », dessin d'Émile Bayard, d'après une photographie. Gravure de 1869.
Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. Les langues usuelles, parlées et comprises par la majeure partie de la population du département de Grand-Bassam, sont le N'zima, l'Abouré et l'Ehotilé. Le français effectivement parlé dans la région, comme à Abidjan, est communément appelé le « français populaire ivoirien » ou « français de Moussa »Si, à Abidjan et dans le nord, on parle de « français de Moussa », dans l'ouest du pays, on parle de « français de Dago », qui se distingue du français standard par la prononciation, et qui le rend quasi inintelligible pour un francophone non ivoirien. Une autre forme de français parlé est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes, et qui est aussi la langue dans laquelle sont écrits deux magazines satiriques, Gbich! et Y a fohi. Le département de Grand-Bassam accueillant de nombreux Ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées.
Religion
Grand-Bassam est le siège d'un évêché catholique créé le . S'y trouve la cathédrale Sacré-Cœur fondée par les Révérends Pères Emile Bonhomme et Alexandre Hamard. L'évêque du diocèse de Grand-Bassam . est monseigneur Raymond Ahoua.
Multiculturelle, la ville compte également une grande communauté musulmane et plusieurs mosquées disséminées à travers la ville. La mosquée Sylla est l'une des plus importantes de la ville.
Dans sa diversité de communauté, Grand-Bassam compte aussi une grande communauté des Eglises protestantes et évangéliques, d'où les églises des Assemblées de Dieu à l'Impérial et à Moossou ; les églises méthodistes unies et une forte présence des églises évangéliques dont l'une des plus jeunes est la Mission évangélique du salut et de la vie abondante, dite Eglise MESVA.
Urbanisme thumb|La Maison des Artistes La lagune Ouladine divise la ville en deux parties reliées par un pont. On y trouve le quartier France qui est le Grand-Bassam historique. Classée au patrimoine de l'UNESCO, au sud, au nord les villages de Petit-Paris, d'Impérial, de Moossou.