Charles-Ernest Lullier, né le à Mirecourt et mort le au Panama, est un militaire, journaliste, écrivain et homme politique français.
Personnalité excentrique et violente, Chares Lullier commence sa carrière comme marin avant de s'engager en politique contre le Second Empire dans les rangs républicains. En 1871, il rejoint la Commune de Paris durant laquelle son comportements a été sujet à de vives polémiques. Condamné au bagne, il revient en France et s'investit de nouveau en politique notamment dans le mouvement boulangiste auquel il participe.
Biographie
Origines et premières années dans la marine D’origine bourgeoise, il est admis à l'École navale à Brest en 1854 et devient officier de marine. Il y parcourt une carrière chaotique, marquée par des fautes professionnelles et des désordres du comportement qui lui valent d'être mis en non-activité par retrait d’emploi à deux reprises et finalement réformé « pour faute grave contre la discipline » en 1869 au grade de lieutenant de vaisseau. Il en garde une vive rancœur contre le ministre de la Marine, l'amiral Charles Rigault de Genouilly, qu'il insulte violemmentPierre-Henri Zaidman, « Charles Lullier, le général fou de la Garde nationale de Paris le 18 mars 1871 », Gavroche , septembre-octobre 2005, texte intégral.. Il profite de l'une de ses mises à pied pour publier un Essai sur l'histoire de la tactique navale et des évolutions de mer : la marine du passé et la marine contemporaine (1867).
Sa conduite privée est tout aussi perturbée et marque une personnalité excentrique et peu équilibrée. Les témoignages de ses proches convergent dans l'évocation d'un individu à la fois pittoresque et excessif. Victor Du Bled le présente comme une . Il le perçoit comme Victor Du Bled, La Société Française depuis cent ans : Quelques salons du Second Empire, Paris, Bloud et Gay, 1923, .. Un autre ami de Lullier est Arthur Ranc, qui en brosse un portrait tout aussi haut en couleur : Arthur Ranc, « Petits mémoires », Le Matin, du 12 octobre 1897, ..
Plusieurs fois incarcéré pour troubles à l'ordre public (ivresse, tapage, injures, etc.), Lullier est même brièvement interné à l'asile de Charenton pour une évaluation psychiatrique.
Provocateur au tempérament belliqueux, il est condamné à deux mois de prison par le tribunal de la Seine pour s’être battu en duel contre un clerc de notaire à Bagatelle le Journal du Loiret , 22 novembre 1868, .. Il défie aussi un des plus redoutables bretteurs de l'époque sur un motif extravagant, .
Le « général fou de la Garde nationale » Engagé politiquement dans le milieu républicain, Charles Lullier fraye avec Gustave Flourens et Henri Rochefort, qui lui apportent leur soutien lorsque, depuis sa prison, il se présente aux élections législatives de 1869 comme candidat « révolutionnaire socialiste » dans la de la Seine.
Devenu colonel dans la Garde nationale lors de la Guerre franco-allemande de 1870, il sert à Tours au sein de l’armée de la Loire, et y défraye la chronique par un scandale public contre des officiers évadés de Metz, qui lui vaut d’être mis aux arrêts, et par ses prétentions excessives, en réclamant successivement en vain à Gambetta le commandement d’une division puis d’un corps d’armée. Il y est aussi l'auteur d'un plan d'opérations qui n'est pas retenu par le Gouvernement de la Défense nationale.
Rentré à Paris, Lullier est nommé commandant en chef de la Garde Nationale par le Comité central au lendemain du Soulèvement du 18 mars 1871. Mais, jugé incapable, il est relevé de ses fonctions cinq jours plus tard. D'abord écroué à la prison de Mazas, il conserve des amitiés parmi les gardes nationaux ce qui lui permet d'obtenir un régime de semi-liberté pendant la Commune. Le il est arrêté par les Versaillais. Condamné à mort, sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité qu'il subit au bagne de Nouméa.
De retour en France : bagarres, journalisme et boulangisme Il bénéficie de la loi d'amnistie de 1880 et rentre en France le . Il célèbre son retour en publiant à compte d'auteur un livre de souvenirs intitulé Mes cachots et en présentant sa candidature aux élections législatives de 1881 dans le arrondissement de Paris où il écrasé par Camille Pelletan. Sa réputation auprès de ses anciens compagnons de captivité est controversée : il est rapporte Victor Du Bled. Il s'agit en fait d'un jury d'honneur où son attitude pendant la Commune et au bagne est flétrie publiquement.
Lullier reste cependant engagé à l'extrême-gauche et continue à militer en écrivant dans la presse progressiste. Il dirige un journal républicain en Corse, La République de Bastia. Candidat à la députation dans la circonscription de Toulon lors des élections législatives de 1889, il s'y fait remarquer par son comportement excentrique et exalté : Victor Méric, À travers la jungle politique littéraire, Première série, Librairie Valois, 1930, ..
Sa vie agitée trouva son terme aux antipodes. Recruté comme agent à Panama de la Compagnie Générale Transatlantique en , il meurt à ce poste l'année suivante.
Publications Essai sur l'histoire de la tactique navale et des évolutions de mer : la marine du passé et la marine contemporaine, Paris, Tanera, 1867, 447 p. Mes cachots, Paris, Chez l'auteur, 1881, 454 p.
Notes et références
Liens externes
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