vignette|Paulin d'Aquilée.
Ubi caritas est un chant dont le Missel romain de la messe de Paul VI prévoit l'utilisation facultative comme chant d'offertoire lors de la messe de la Cène du Seigneur (in Cœna Domini) dans la soirée du Jeudi saintIncipiente liturgia eucharistica, instrui potest processio fidelium, in qua cum pane et vino praesentari possunt dona pro pauperibus. Interim cantatur sequens, vel alius cantus aptus. (Missale romanum, p. 303Abbaye Saint-Martin de Mondaye.
Dans les éditions antérieures au concile Vatican II, on la chantait vers la fin du lavement des piedsPar exemple, pdf/ missale62.pdf Missel romain de 1962, pages 155–157.
L'origine de l'hymne est attribuée à Paulin d'Aquilée. Le texte inspire de nombreux compositeurs modernes.
Texte Texte latin et traduction en français On le peut chanter : antienne - quatre versets - antienne, en manière d'antienne en duplex, pour la célébration des fêtes importantesAntiphonale Synopticum (université de Ratisbonne). L'actuel Missel romain et le graduel en usage au Vatican gardent cette manière, en rendant hommage aux douze Apôtres : antienne - versets I II III IV - antienne - versets V VI VII VIII - antienne - versets IX X XI XII - antienne (voir aussi Partition au-dessous). antienne latin françaisMissel romain, troisième édition typique, Paris, 2021, p. 178(Paulin d'Aquilée)Ubi caritas est vera, Deus ibi estLiturgie latine - Mélodies grégoriennes, , Abbaye Saint-Pierre de Solesmes 2005.Où l'amour est vrai, Dieu est présent. verset latin français
Traductions anglaise, italienne, allemande et slovaque
Texte latin Traduction anglaise Traduction italienne Traduction allemande Traduction slovaque
Partition
thumb|upright=1.5|center|Partition de Ubi caritas et amor, Deus ibi est du Voir aussi, version officielle du Vatican (2020) : brochure de la messe du Jeudi saint, le : Écouter en ligne avec partition : par Schola Sancte Scolasticæ (Royaume-Uni)
Historique Origine Auteur de texte D'après l'étude de Dom Edmond Mœller, l'origine de l'hymne Ubi caritas peut être attribuée à Paulin d'Aquilée († 802)Pascal et Francis (base de données) du CNRS . L'attribution fut proposée, pour la première fois, par Dag Norberg en 1954, note . alors que Jacques Chailley préférait, en 1960, l'école de Saint-Martial en Limousin - 34. En fait, Paulin d'Aquilée avait composé une hymne religieuse De caritate en tant que fruit de la Renaissance carolingienne, mais également inspiré par le Liber regulæ pastoralis de saint Grégoire le GrandRonald G. Witt, The Two Latin Cultures and the Foudantion of Renaissance Humanisme in Medieval Italy, - 21, Cambridge University Press 2012 .
Dans cette œuvre, le verset Ubi caritas fonctionne comme ritournelle pour toutes les strophes..
Il faut remarquer qu'il était un moine bénédictin italien avant de servir Charlemagne qui aurait encouragé la composition. On suppose, comme le motif de composition, un lien avec le synode de Frioul tenu en 796, que Paulin d'Aquilée présidaitKarl Joseph von Hefele, Histoire des conciles d'après les documents originaux (755 - 870), , 1870 .. L'œuvre fut publiée par, d'abord, Karl Strecker en 1923, puis Dag Norberg en 1979..
Manuscrits anciens Deux manuscrits les plus anciens de texte datent du . Il s'agit du manuscrit Augiensis Caroluensis CXCV de l'abbaye de Reichenau et du manuscrit Veronensis XC de Vérone..
Le texte se trouve aussi dans le graduel de Brescia (), utilisé à la cathédrale de Brescia.Bibliothèque Bodléienne . À la fin de ce siècle en Italie, l'usage de lUbi caritas était établi. Un ordoCalendrier liturgique annuel pour une congrégation ou un diocèse de l'abbaye territoriale du Mont-Cassin (centre de l'ordre de saint Benoît où Paulin d'Aquilée avait commencé sa carrière comme religieux ; au ce poète y était très connu.) contenait ce chant qui était exécuté lors du lavement des pieds du Jeudi saint : « et cantent versum Ubi caritas et amor Thomas Forrest Kelly, The Ordinal of Montecassino and Benevento : Breviarium Sive Ordo Officiorum, Century, , 2008 ». Des copies de cet ordo (1099 - 1105) se trouvent tant à la bibliothèque apostolique vaticane (manuscrit Urbinas latinus 585) qu'à la bibliothèque Mazarine à Paris (manuscrit 364) de sorte qu'à cette époque-là, grâce à ce livre liturgique dont l'on faisait de nombreuses copies, l'hymne était bien diffusée - 51. Il semble que la pratique pour le jeudi saint, ad Mandatum, remonte à cet ordo.
L'une des partitions les plus anciennes de ce texte était celle de la Bibliotheca vaticana universalis, qui conserve les manuscrits les plus anciens de chant liturgique au sein du Vatican. C'est le manuscrit Processionale, réservé à la procession ainsi que copié au France Commission des missions scientifiques et littéraires, Archives des missions scientifiques et littéraires, tome I, numéro 1, par Félix Danjou, Imprimerie Nationale, Paris 1801 . Il s'agit d'une notation en deux lignes, très ancienne (indiquant les deux demi-tons), Ubi caritas et amor, ibi Deus, en faveur du Jeudi saint, au moment de MandatumCongrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Commentaire au Décret In missa in Cena Domini N. Cloet, De la restauration du chant liturgique, ou ce qui est à faire pour arriver à posséder le meilleur chant romain possible, , 1852 . Ce geste Mandatum, lavement des pieds, était inscrit dans le rite romain à ce , ce que le célébrant effectuait après les vêpres du jeudi saint. En ce qui concerne le genre musical, il s'agit d'une prose (séquence), chant syllabique, dont le texte est proche du texte actuel de l'antienne et des versetsRevue de la musique religieuse, populaire et classique, tome III, - 269, 1847 . Mais il s'agirait d'un chant vieux-romainLe Vatican continuait à faire chanter celui-ci jusqu'à ce que Innocent III ordonne d'adopter le chant grégorien. : (Les mots en italique emploient leur orthographe différente du texte actuel.) Vatican Latin Paulin d'Aquilée (origine) Graduel de Saint-Yrieix (antienne) À cette époque-là, rien n'était fixé. Le graduel de Saint-Yrieix (), qui se remarque des chants néo-grégoriensUniversité du Texas à Austin , contient d'une antienne ad Mandatum..
Un autre manuscrit remarquable est une notation en quatre lignes. Il s'agit d'un manuscrit conservé à la bibliothèque nationale de France, manuscrit Latin 1339 (). De même, cette partition était réservée au MandatumArchives BnF . Ni le texte ni la mélodie n'est identique à la version qui est actuellement utilisé. Or, cette mélodie, qui se commence avec l'élan ascendante, est commune dans le synopsis établi par Giampaolo Ropa. C'est une comparaison de huit notations les plus anciennes en neumes (du au ) : trois notations sans ligne ; une avec une ligne ; trois avec deux lignes ; une en quatre lignes. Au Moyen Âge, on chantait cette mélodie différente tandis que le chant officiel de nos jours serait issu d'une autre tradition, synopsis de 8 manuscrits en neumes.
Évolution de texte et changement de mélodie Il existe donc assez de variations. Ce qui est significatif est le texte de l'antienne (premier verset) : Ubi caritas et amor et Ubi caritas est vera. Quoique l'Édition Vaticane (1908) adoptât le premier texte et amorGraduale romanum 1908, , l'édition après le concile Vatican II préfère le deuxième est vera. En effet, Karl Strecker publia en 1923, sans connaître l'auteur, ce verset en tant que texte critiqueAnnibale Bugnini et le reste, La réforme de la liturgie (1948 - 1975), , note , 2015 . Si l'ancien texte est toujours diffusé grâce à de nouvelles compositions du , le Saint-Siège décida d'adopter le texte authentique de Paulin d'Aquilée.
L'usage actuel de l'antienne se caractérise de trois strophes, en douze versets. Un graduel de Brescia, manuscrit 5D (1471) folios 193r - 203v, contient une Ubi caritas à la base de Paulin d'Aquilée, avec neuf strophes. L'origine des trois strophes actuelles se trouvent, dans ce manuscrit en tant que variantes, les I, III et IX - 49 avec fac-simile. Or, on constate que la pratique n'était pas encore fixée, car il existait à nouveau une diversité de strophes parmi les manuscrits. Le manuscrit Veronensis XC (85) de Vérone () contient quasiment la totalité des douze strophes de Paulin d'Aquilée et 14 : Veronensis XC : strophes I - XI (sauf XII) ; Toutefois, d'autres manuscrits manquent de quelques strophes et/ou avec un ordre différent. : manuscrit Augiensis Caroluensis CXCV (, abbaye de Reichenau) : I - VIII, X et XI ; manuscrit Bruxellensis 8860 - 8867 () : I, II, VI, V, IV, III, VII, X, VIII, XI et XII ; manuscrit Bernensis 277 () : I, II, VI, V, IV, III, VII, X, VIII et XI ; Ces deux derniers étaient issus de l'abbaye de Saint-Gall en Suisse et il est possible que la dernière strophe du manuscrit de Berne ait été perdue.. En ce qui concerne le manuscrit Vatican 4750 déjà mentionné, il y a plus d'omission et d'irrégularité. Cette composition est celle du manuscrit 606 de la bibliothèque publique de Lucques du : manuscrit Vatican latin 4750 / manuscrit Lucca 606 : I, II, III, IV, VI, V (versets 1 et 2) + VII (3 et 4), VII (1 et 2) + X (3 et 4), VIII et XI.
right|B molle dans une partition. En ce qui concerne la mélodie, le chant actuel ne ressemble à aucune mélodie trouvée dans les manuscrits les plus anciens, y compris celui de Mont-Cassinp. 45 ; 3 mélodies anciennes du début Ubi caritas dans des manuscrits. La mélodie actuelle se commence avec l'un des codes mères grégorien - do 2½ ré 2½ Mi - et se caractérise de nombreuses répétitions. Cette composition se trouve dans le graduel de Brescia (folio 193r, 1471), conservé à Oxford.. Or, les degrés de l'élan du verset III Timeamus et du IV Et excorde ne sont pas identiques.. La modification aurait pour but de commencer chaque verset avec le même son, ce qui facilite l'exécution en alternance entre l'antienne Ubi caritas et le verset. En outre, il n'est pas certain que l'on chantât cette partition avec la bémolisationp. 52 ; la notation manque de bémol ; toutefois, il était souvent que la partition ne notait pas le bémol, notamment dans les manuscrits italiens (voir Daniel Saulnier, Session de chant grégorien 2005 p. 47 ).
Réforme liturgique selon le concile de Trente Le Missale romanum peroptime ordinatu, publié en 1507, indique qu'avant la réforme liturgique selon le concile de Trente, le rite romain faisait déjà la pratique de l'hymne Ubi caritas, à la fin de la célébration du Jeudi saint Folio LXXIII (73), voir page suivante en ligne.. Cette version comptait neuf strophes avec le refrain Ubi caritas et amor, Deus ibi est.
Le premier missel romain tridentin, sorti en 1570 sous le pontificat de Pie V, aussi précisait le mandatum pendant lequel les antiennes se succédaient. La dernière était Ubi caritas. Ce chant était réservé, comme auparavant, au lavement des pieds.
Il semble que la mélodie actuelle ait été fixée lors de cette réforme liturgique. Par ailleurs, peu de composition en polyphonie est connue avec ce texte. On continuait à chanter en grégorien. Costanzo Antegnati composa néanmoins un motet à la base du texte de Paulin d'Aquilée et en publia en 1581..
Musique classique