New Rochelle () ou La Nouvelle-Rochelle est une cité () de la banlieue nord de New York, située dans le comté de Westchester, dans l'État de New York, aux États-Unis. Elle est fondée en 1688 par des réfugiés huguenots (protestants français), fuyant les persécutions exercées en France. Beaucoup de ces colons sont des commerçants bourgeois originaires de La Rochelle, en France, suggérant ainsi le choix du nom de Nouvelle Rochelle, anglicisé en New Rochelle.

En 2007, la municipalité compte une population de , ce qui en fait la septième cité de l'État de New York. En , New Rochelle est reconnue par l (APMA) comme l'une des cent meilleures aux États-Unis, et la deuxième de l'État de New York, juste derrière New York. En le magazine BusinessWeek la classe la comme étant la meilleure cité dans l'État de New York et l'un des meilleurs endroits au niveau national pour le cadre de vie.

Géographie New Rochelle se situe à la pointe continentale sud-est de l'État de New York. La municipalité borde la Long Island Sound et est bordée à l'ouest par Pelham, Pelham Manor et Eastchester, au nord et à l'est par Scarsdale et à l'est par Larchmont et Mamaroneck. Elle est à du nord de la limite de la cité de New York (Pelham Bay Park dans le Bronx). Selon le Bureau de recensement des États-Unis, la municipalité a une superficie totale de . Elle a une forme triangulaire et mesure environ du nord au sud et de l'est à l'ouest dans sa plus grande largeur.

Histoire

Protestants en France En 1685, en apposant sa signature sur l'édit de Fontainebleau, le roi de France Louis XIV révoque l’édit de Nantes. Ce dernier, promulgué par Henri IV en 1598, avait mis fin aux guerres de religion et instauré une protection de la minorité protestante. Malgré le dynamisme économique des protestants, Louis XIV est déterminé à éliminer le protestantisme de France. Face à la menace d'une nouvelle guerre de religion, les plus entreprenants fuient le territoire et sont accueillis par les royaumes protestants d'Europe. John Pell, Lord de Pelham Manor, accorde, sous mandat du roi Guillaume III d'Angleterre, des terrains à des familles huguenotes dont la plupart étaient originaires de l’Aunis, ancienne province française dont la capitale est La Rochelle. Une partie de ces protestants venaient de l'île Saint-Christophe et de la Martinique, en 1686Jacques Petitjean-Roget, Les protestants à la Martinique sous l'ancien régime, dans Outre-Mers. Revue d'histoire, 1955, , (lire en ligne). Parmi ces émigrés huguenots, il y a Pierre Fleuriau, cousin d'Aimé-Benjamin Fleuriau (1709-1787)..

New Rochelle est l'une des villes jumelées avec La Rochelle.

Colonie Trente-trois familles sont à l'origine de la communauté de la Nouvelle-Rochelle. Un monument en reprenant les noms se dresse dans l'Hudson Park, point de débarquement des Huguenots en 1677. Trente-et-un ans plus tôt, les Indiens Siwanoy avaient vendu leurs terres à Thomas Pell. Son titre de propriété fut confirmé par son neveu, John Pell, qui est devenu seigneur de Pelham Manor, un domaine féodal jouissant de ses propres juridictions civiles et pénales. Ce fut donc à John Pell et à son épouse que Jacob Leisler, alors mandataire d'un groupe de huguenots, acheta un terrain pour la somme de . En 1689, Pell fit une donation de () à Leisler pour la création d'une communauté huguenote. En plus du prix d'achat, Jacob Leisler, ses héritiers et ayants droit se reconnurent une obligation féodale envers John Pell, ses héritiers et ayants droit (Lords de Manor Pelham) : la remise d'un veau gras par an.

Jacob Leisler est un personnage important des débuts de New Rochelle. Il arriva en Amérique en tant que mercenaire de l'armée britannique et devint plus tard un des plus importants marchands de New York. Il occupa les fonctions de maire de la municipalité de New York et fut ensuite nommé gouverneur de province. C'est à cette époque qu'il représenta les Huguenots.

Plusieurs autres personnalités peuvent également être citées pour leur rôle dans la création de New Rochelle : Jacques Flandreau, Gabriel Minvielle, Broussard Des Champs, Jean Bouteillier et Ambroise Sicard, auquel on attribue le nom de la cité. Jacques Flandreau y possédait de nombreux terrains, ainsi que le long de la Boston Post Road. Il subsiste encore quelques traces du cimetière familial : le cimetière Flandreau. Gabriel Minvielle arriva à New York en 1673 et prospéra à la fois en tant que commerçant et homme politique, jusqu'à en devenir maire en 1684. Broussard Des Champs s'établit à New York dès 1674 en tant que commerçant. Entre 1678 et 1683, il a été impliqué dans des prêts hypothécaires pour des terrains dans et autour de New York et à Long Island. Bouteillier était un commerçant installé en Martinique dès 1678, et, depuis son déménagement à New York, il aida activement les autres réfugiés lors de leur arrivée dans la localité.

Tous ces hommes, avec l'aide de Jacob Leisler, promurent la première colonie huguenote de New Rochelle. Un premier achat, dont Leisler avait assumé la plus grande part, comprenait le Davenport's Nec et l'île voisine, aujourd'hui connue sous le nom de Davids' Island. Ces premières parcelles se sont vite avérées trop petites pour absorber le grand nombre de réfugiés arrivés à New York. John Pell acheta donc plus de terre en 1687. Il n'y eut pas de cession de ces acquisitions avant 1689, lorsque John Pell les transmit au seul Jacob Leisler, ignorant les autres acquéreurs potentiels. L'explication serait que les réfugiés huguenots étaient déjà hostiles à Leisler et opposés à ses activités et ambitions politiques. Gabriel Minvielle lui était tellement hostile qu'il vota en 1681 pour l'exécution de Leisler au Conseil du gouverneur.

Caractère français De toutes les colonies huguenotes qui furent fondées avec une identité française marquée, New Rochelle fut clairement la plus conforme aux plans de ses fondateurs. La colonie française continua d'attirer les réfugiés jusqu'en 1760. Le choix du nom de la cité témoigne de l'importance de la commune de La Rochelle, du rôle de la nouvelle colonie de peuplement dans l'histoire des huguenots et du caractère français de la communauté. Le français y était répandu, et il était courant pour les personnes des environs d'envoyer leurs enfants à New Rochelle pour apprendre la langue française. Le juge en chef de la Cour suprême John Jay et l'auteur Washington Irving entre autres, firent leurs études dans un pensionnat privé au Trinity Church.

Les huguenots français sont des protestants européens. Ils sont donc rapidement intégrés dans la colonie anglaise. Bien que la plupart des mariages se conclurent encore entre familles huguenotes au cours des deux premières générations, les colons perdirent l'usage du français et de leurs coutumes, s'intégrant ainsi de plus en plus à la société anglophone. C'est en 1738 que la dernière inscription en français fut faite dans les livres officiels de la municipalité.

Guerre d'indépendance vignette|Monument en mémoire de Thomas Paine, North Avenue à New Rochelle.

En 1775, le général George Washington s'arrêta à New Rochelle alors qu'il était en route pour prendre le commandement de l'Armée des Treize Colonies dans le Massachusetts. Il y rapporta : L'armée britannique occupa brièvement New Rochelle et Larchmont en 1776. Après la victoire britannique à la bataille de White Plains, New Rochelle est devenue une partie d'un Neutral Ground utilisé par le général Washington pour regrouper ses troupes.

Après la fin de la guerre d'indépendance en 1784, le patriote Thomas Paine reçut pour service rendu une ferme à New Rochelle. La ferme, d'une superficie d'environ 300 acres (), avait été confisquée à son propriétaire par l’État de New York en raison de ses activités au Gouvernement. Aujourd'hui situé dans une petite rue de New Rochelle, le Thomas Paine Cottage est un petit musée consacré à la guerre d'indépendance. De nombreuses reconstitutions y sont organisées.

Le premier recensement national de 1790 (six ans après la guerre) montre que New Rochelle comptait 692 habitants, dont 136 afro-américains.

Économie du début du siècle Tout le long du , New Rochelle resta un modeste village, disposant de nombreuses terres agricoles. Au cours du , New Rochelle crût rapidement en raison de l'immigration, surtout en provenance d'Irlande et d'Allemagne. De plus en plus de familles américaines quittèrent New York et emménagèrent dans la région. Bien que la population d'origine huguenote ait diminué rapidement en taille, ils conservèrent une forte emprise sur la vie politique et sociale de la locale par le biais de la propriété des terres, des entreprises, des banques, et des petites manufactures. Un péage fut construit en 1802 dans le comté de Westchester Turnpike (maintenant connu sous le nom de Main Street). Quatre cents devaient être payés pour chaque cheval et cavalier et dix cents furent facturés pour chaque chariot tiré par des chevaux. Le péage resta en activité jusqu'à la suppression générale des péages en 1867.

La famille Mott construisit le Premium Mill en 1801. Considéré comme le plus grand moulin à farine du pays, il était haut de quatre étages. La plus grande partie de la farine était exportée vers l'Europe. Toute l'économie, et celle du moulin lui-même, marcha au ralenti avec le blocus du port pendant la guerre de 1812 et l'ouverture du canal Érié. Le recensement de 1820 a montré que 150 Afro-Américains résidaient à New Rochelle, dont six étaient des esclaves. Lucretia Mott, dont la famille est propriétaire de l'usine, forma une société anti-esclavagiste en 1833 et, plus tard, participa au mouvement des suffragettes. La maison de la famille Mott à New Rochelle a sans doute été utilisée comme étape pour l'"Underground Railroad" (train souterrain), nom donné à la filière d'aide aux esclaves fugitifs.

L'industriel Adrian Iselin acheta des terres sur le col de Davenport en 1858. La famille Iselin fonda la New Rochelle Water Company ainsi que la première caisse d'épargne de la cité. C. Oliver Iselin, et les six autres enfants de Adrian Iselin, s'engagèrent dans de nombreuses causes philanthropiques à New Rochelle, faisant des dons financiers substantiels au College de New Rochelle, au New Rochelle Hospital et au comité du Mémorial de la Seconde Guerre Mondiale.

Début du tourisme L'hôtelier Simeon Leland termina sa résidence de soixante chambres, Castleview en 1855. Parmi les hôtes de Castleview, on peut citer le prince de Galles et Charles Dickens. En 1892, Rose Hill Gardens, l'un des plus importants jardins botaniques du pays de l'époque, lança la première culture d'orchidées des États-Unis. La même année, l'artiste Frederic Remington s'installa à New Rochelle, et acheta un terrain de sur la Webster Avenue.

John H. Starin, un ancien membre du Congrès des États-Unis et descendant des huguenots, acheta cinq îles au large de Davenport Neck en 1879. Ce domaine allait bientôt constituer le Glen Island Park, l'un des premiers parcs à thème ouvert au public. Glen Island contenait un musée d'histoire naturelle, une volière, un chemin de fer, une plage, un Biergarten allemand et une pagode chinoise. Un bac transportait les visiteurs entre l'île et un quai. Une flotte de bateaux à vapeur permettait à des milliers de New-Yorkais de visiter le parc, créant une affluence d'un million de visiteurs par saison à partir de 1882.

Municipalité