Eugène Janvier (Laval, à Paris - ), est un homme politique français.
Biographie
Eugène Janvier étudia le droit, s'inscrit au barreau de Paris et devient, sous , le familier et le confident de |Napoléon Joseph Léon Duchâtel. Il se rend célèbre pour sa plaidoirie de défense de Félicité de La Mennais, Henri Lacordaire et Charles de Montalembert dans le procès du Journal L'Avenir.
Insurrection de 1832 Bien que d'opinion libérale, il écritLettre du , publiée dans La Gazette de France, et reproduite dans Le Journal de Maine-et-Loire du . à la Duchesse du Berry, après son arrestation, lui offrant de plaider pour elle, si elle était poursuivieSociété d'archéologie et d'histoire de la Mayenne, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne. Imprimerie de L. Moreau (Laval), 1922. p. 133. Article d'E. Queruau-Lamerie..
Suite à la Guerre de Vendée et Chouannerie de 1832 , des Conseils de guerre spéciaux effectuaient des condamnations. Eugène Janvier est alors le principal défenseur des chefs Carlistes poursuivi dans les Cours d'Assise de Blois et d'Orléans, encouragé dit-on par la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles.
Il publie en 1832 une brochure De l'Illégalité des conseils de guerre spéciaux établis dans l'OuestDe l'Illégalité des conseils de guerre spéciaux établis dans l'Ouest. Il y dénonce l’usage abusif de l’état de siège sous la monarchie de Juillet (1830), qu’il compare au despotisme du Directoire et de Napoléon. Il souligne que la Charte de 1830, en restreignant les prérogatives royales, interdit explicitement la création de tribunaux extraordinaires (art. 54), y compris les commissions militaires. Pourtant, des ordonnances ministérielles ont rétabli ces tribunaux, notamment dans l’Ouest de la France, en s’appuyant sur des décrets impériaux ou révolutionnaires, jugés obsolètes ou illégaux. L’auteur accuse les ministres de la Monarchie de Juillet d’avoir violé la Charte et les principes de justice, en recourant à des mesures d’exception pour réprimer les opposants. Il rappelle que ces pratiques, déjà critiquées sous la Restauration et l’Empire, sapent la légitimité du régime et risquent de nourrir la révolte plutôt que de la prévenir. Il plaide pour un retour strict à la légalité, seul moyen, selon lui, de préserver l’ordre et la confiance dans les institutions.
Il s’appuie sur la jurisprudence et les textes constitutionnels pour démontrer l’illégalité des commissions militaires : La Charte de 1830, comme celle de 1814, interdit toute juridiction d’exception, y compris en temps de crise. Les conseils de guerre permanents, bien que maintenus, ne peuvent juger que des délits militaires, et non des crimes politiques ou civils. Les lois révolutionnaires invoquées (comme celle du 14 fructidor an 7) sont soit abrogées, soit liées à des pratiques condamnées (comme la loi des otages). La Cour de cassation et la doctrine juridique ont régulièrement confirmé l’illégalité des tribunaux militaires pour les civils, même en état de siège.
Cette théorie sera combattue par Eliacin Lachèse Le Journal de Maine-et-Loire du ., mais la Cour de cassation donne raison à Janvier le dans un arrêt rendu sur la plaidoirie d'Odilon Barrot dans l'affaire concernant Edmond Geffroy (Voir l'article Insurrection républicaine à Paris en juin 1832) déclarant illégal et inconstitutionnel le renvoi devant des Conseils de guerre d'individus non militaires prévenus de complot. Cette décision annulait tous les jugements rendus par les Conseils de guerre.
Chambre des députés (Monarchie de Juillet) Le , Janvier est élu député à la Chambre des députés par le de Tarn-et-Garonne (Montauban), avec (, ), contre 144 à Antoine Debia.
Proche de Lamartine et de son Parti social, il appartient à la majorité conservatrice, déclara () que la loi sur la presse proposée après l'attentat de Fieschi, , se prononça pour les lois de septembre 1835, et obtient sa réélection : le , avec (, ), puis, le , avec ().
Nommé conseiller d'État, il doit solliciter la confirmation de son mandat législatif ; elle lui est accordée, le , par (), contre 151 à .
Partisan zélé de la politique de Guizot, Eugène Janvier, réélu encore : le , par (, ), puis, le , par (, ), contre 175 à M. Bouis. Il repousse toutes les motions émanées de l'opposition, se déclare contre la réforme électorale, et vote pour l'indemnité Pritchard.
Assemblée législative (1848-1849) Rentré dans la vie privée à la révolution de Février 1848, il est élu à l'Assemblée législative, par les électeurs monarchistes du Tarn-et-Garonne, représentant de ce département, le sur 5, avec (, ).
Janvier siège à droite, vota pour l'expédition de Rome, pour la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement, etc., et meurt en 1852.
Ascendance & postérité
Notes et références
Bibliographie
Articles connexes
Élections législatives françaises de 1834 ; Élections législatives françaises de 1837 ; Élections législatives françaises de 1839 ; Élections législatives françaises de 1842 ; Élections législatives françaises de 1846 ; Élections législatives françaises de 1849 ;
Liens externes
Eugène Catégorie:Avocat français du XIXe siècle Catégorie:Député de Tarn-et-Garonne Catégorie:Député de la monarchie de Juillet Catégorie:Député de la Deuxième République française Catégorie:Conseiller d'État français Catégorie:Naissance en avril 1800 Catégorie:Naissance à Laval (Mayenne) Catégorie:Décès en mars 1852 Catégorie:Décès dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 51 ans