La Blanche Hermine est une chanson de Gilles Servat composée en 1970. Elle est la chanson éponyme d'un album sorti en 1971.
Le texte de la chanson évoque la lutte des Bretons face aux Francs.
Elle sort en single en 1972 et connaît un succès commercial en étant disque d'or.
Présentation
Caractéristiques Techniquement, le texte est un heptasyllabeLa régularité du nombre de syllabes n’est pas complète si la chanson est prononcée en suivant exactement les règles classiques, qui occultent les e caducs..
Thèmes abordés Lors d'une expédition guerrière, le roi Conan Mériadec aurait aperçu une hermine blanche hésitant à franchir un ruisseau boueux et poussant des cris plaintifs. Le roi s'arrêta pour la regarder, la croyant blessée. Un de ses officiers lui dit : « Seigneur, cette petite bête est une hermine. Elle n'est pas blessée. Sa seule douleur, c'est qu'elle ne peut pas traverser sans tacher sa belle robe blanche, car l'hermine préfère la mort à la moindre souillure ». Bien que terrorisée, l'hermine se laissa prendre par le roi. On dit qu'en souvenir de cette scène, Conan fit broder sur ses bannières une hermine avec cette devise : « Plutôt la mort que la souillure ».. L'hermine est utilisée en raison de cet évènement comme symbole de puretéD'où la devise latine qui lui est associée : « Potius mori quam foedari » (« Plutôt la mort que la souillure » ou « Plutôt la mort que faillir »), en breton « Kentoc'h mervel eget bezañ saotre ». Cette devise liée à l'hermine, emblème héraldique adopté par les ducs de Bretagne, est associée à une légende qui raconte qu'une hermine acculée au bord d'une mare boueuse par un renard ou par les chasseurs d'Anne de Bretagne (selon les légendes, le personnage cité peut aussi bien être Konan Meriadeg, le roi Nominoë ou Barbe-Torte), préféra se retourner et lui faire face plutôt que de salir sa fourrure immaculée en traversant la mare..
Création Contexte La chanson est écrite par Gilles Servat en 1970, qui en a eu l'idée après avoir entendu une chanson irlandaise racontant le départ d'un partisan avec une balle dans sa poche.
Le soir même, il l'interprète pour la première fois au Ti Jos, un restaurant breton à Montparnasse où il faisait la manche, âgé de 25 ans.
Gilles Servat écrit des paroles guerrières car il souhaite une prise de conscience de l'état de la Bretagne et une révolte des Bretons : Bretons, n°80, octobre-novembre 2012, « Une chanson de lutte ».
Réception
Controverses autour de la chanson En 1975, le recueil Gilles Servat, poésie et chansons, réalisé par Guy Millière, rend compte du dialogue avec Servat qui Guy Millière, Gilles Servat, poésie et chansons, .
En 1976, Daniel Chatelain et Pierre Tafini, dans Qu'est ce qui fait courir les autonomistes ? exposent aussi que .
Le texte, avec la mention qui y est faite des forteresses de Fougères et Clisson, renvoie apparemment au souvenir de guerres féodales ayant opposé des Bretons et des Français sur la frontière du duché comme lors de la guerre de Bretagne au . Toutefois, l'évocation de guerilleros insurgés partant en embuscade « avec des fusils chargés » suggère un passé moins éloigné, laissant comme seul cadre temporel plausible les guerres de la Chouannerie, époque magnifiée par La Villemarqué dans le Barzaz BreizAvec par exemple les chants Ar re c'hlaz (Les Bleus) ou Ar chouanted (Les Chouans). Voir également : François Cadic, Chants de Chouans, éd. Slatkine, 1949..
À partir de 1998, la chanson est utilisé lors de meetings par des militants d’extrême-droite (du Front national notamment). Gilles Servat déclare à ce propos :« Qu'est-ce que j'apprends ? Il paraît que dans les arrières-cuisines du parti des aveugles que domine un führer borgneGilles Servat fait ici référence à Jean-Marie le Pen, alors pilier du Front National et président d'honneur de ce parti., on beugle La Blanche Hermine ? Qu'est-ce qui vous prend, les fafs ? Je ne vois pas comment on peut chanter ça sous vot' flamme tricolore ! Ou alors vous ne chantez pas tous les couplets ! Ou si vous les chantez tous, c'est qu'en plus d'être aveugles, vous êtes sourds ! ».Gilles Servat décide alors de compose une diatribe contre l'extrême droite intitulée Touche pas à la blanche hermine.
Accueil commercial La chanson devient disque d'or.
Reprises En 2010, le groupe punk Les Ramoneurs de menhirs adapte et enregistre le morceau sur l'album Amzer an dispac'h !, avec des arrangements issus du guitariste Loran Béru (ex-Bérurier noir) et inspirés de morceaux des « Bérus » comme Mineurs en danger. Gilles Servat reprend les premiers couplets et la moitié du refrain à la fin du chant.
En 2017, le chœur Montjoie Saint-Denis a repris le titre dans son album Chants d'Europe.
En 2018, le groupe de chanteurs d'opéra Les Stentors reprend le titre pour son album Un Tour en France.
En 2021, la chanteuse Erga fait une reprise de la chanson.
Divers Un certain passage de la chanson lui ayant été signalés comme misogynes, notamment par les ouvrières du Joint français en grève à Saint-Brieuc, Gilles Servat en interprète une version modifiée en 1975, qu'il nomme « Le Départ du Partisan », en dialogue avec Nancy Davis, dans l'album Le Pouvoir des mots.
Un exemple de modification : l'extrait de la version originale ci-dessous —
— devient, de la part de Nancy Davis :
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Guy Millière, Gilles Servat, poésie et chansons, Seghers, 1975 Daniel Chatelain et Pierre Tafini, Qu'est-ce qui fait courir les autonomistes ?, Stock, 1976 Erwan Chartier, Gilles Servat. Portrait, Blanc Silex, 2004
Liens externes Site officiel de Gilles Servat
Catégorie:Chanson interprétée par Gilles Servat Catégorie:Chanson de 1972