Ar-Ra'd (arabe : , français : Le Tonnerre) est le nom traditionnellement donné à la sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte . Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période médinoise.

Origine du nom Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coraniqueA. Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, ., la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Le Tonnerre, en rapport avec une phrase du verset 13 : « Le tonnerre louange sa désirance ».

Historique

Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq () et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-AzharG.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, p.477-502.R. Blachère, Introduction au Coran, p.244., cette sourate occupe la place. Elle aurait été proclamée pendant la période médinoise, c'est-à-dire schématiquement durant la seconde partie de la vie de Mahomet, après avoir quitté La MecqueR. Blachère, Le Coran, 1966, .. Contestée dès le par des recherches universitaires, cette chronologie a été revue par NöldekeG. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus , 2011, p. 247-270.E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, p.13., pour qui cette sourate est la .

Bell considère que cette sourate est essentiellement composée d’éléments édités ensemble. La sourate contient, en effet, des rimes différentes, ce qui pourrait suggérer l’abandon d’une tentative ultérieure d’imposer une rimeT. Tesei, "Sourate 13", Le Coran des historiens, t.2a, 2019, et suiv..

Interprétations

Verset 1-17 : La grandeur de la création et la résurrection Cette sourate commence par des lettres dites déconnectées dites muqaṭṭaʾāt. Al-Ṭabarī cite plusieurs hypothèses quant à leur présence. Divers auteurs, religieux et scientifiques, ont fait d'autres hypothèses. Pour Luxenberg, ces lettres sont des abréviations en usage dans la liturgie syriaque. Pour lui, les lettres alif, lām, mīm et rāʾ sont une abréviation de emar lī Māryā rabb, c'est-à-dire "Le tout puissant Seigneur m'a parlé".

Le verset 5 est un exemple de « contre-discours coranique », habitude du Coran à citer les discours qui le contredisent. Ce contre-discours se retrouve dans le Talmud. Pour Dye, ce passage en donnant les arguments aux questions le contredisantM. Azaiez (Ed.), G.S. Reynolds (Ed.), T. Tesei (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. partie QS 16 Q 13:1–17. Pour Pregill, il pourrait s'inscrire dans un contexte de réponse au manichéisme et au zoroastrisme arrivant en Arabie. Pour Reynolds, cette sourate peut être une réponse au christianisme. L'insistance de ce texte est moins sur la reconnaissance de Dieu que sur celle d'Allah, qui doit être ici compris comme un nom propre. Le V.15 pourrait être une réponse à l'Épître aux PhilippiensPhil 2, 9-11..

La description cosmologique du début de la sourate correspond à celle présente dans les mentalités de l’Antiquité tardive et présente, par exemple, dans des textes syriaques. Un lien peut aussi être fait avec le livre d’Isaïe. Cet écho se retrouve dans les polémiques consacrée à la Résurrection dans les versets suivants. Pour Pregill, le mode d'énonciation de ce passage se rapproche de celui des Psaumes.

Pour Younes, le verset 2 est, dans sa traduction traditionnelle, mal traduit. De même, cette sourate contient des hapax difficilement traduisibles.

Versets 27-43 Pour Grodzki, la mention du mouvement des montagnes est une erreur de compréhension. Le sens est plutôt celui de la destruction des montagnesM. Azaiez (Ed.), G.S. Reynolds (Ed.), T. Tesei (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. partie QS 17 Q 13:27–43.

Pour Madigan, le terme umm al-kitāb, souvent traduit par « mère du Livre »Geoffroy, E. and Daftary, F., “Umm al-Kitāb”, in: Encyclopédie de l’Islam., est plus complexe qu'il semble au premier abord. Pickthall le traduit par « source des ordonnances » / « source des décrets ».

Ces versets présentent les punitions divines qui touchent ceux qui ne suivent pas les prophètes. Le verset 36 déclare que les "gens du Livre" supporteront le message de Mahomet. Certains y voient une évocation de l'accueil de Mahomet par la communauté juive et chrétienne d'Arabie. Pour Marshall, ce passage évoque le comportement que le Coran espère pour les chrétiens et les juifs.

Voir aussi

Articles connexes

Islam, troisième religion abrahamique Coran, livre sacré de l'Islam Mahomet, prophète majeur de l'Islam Sourate, nom donné pour les chapitres du Coran Ayat, nom donné pour les versets du Coran

Bibliographie

T. Tesei, "Sourate 13", Le Coran des historiens, t.2a, 2019, et suiv. R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit du Commentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et du Coran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux de Blachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avec apparat critique. Voir : Sourate. G.S. Reynolds, The Quran and its biblical Subtext, 2010.

Liens externes

Texte de la sourate 13 en français, d'après la traduction de Claude-Étienne Savary de 1783.

Notes et références Notes

Références

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