Les élections parlementaires italiennes de 2013 (, en italien) se sont déroulées les 24 et . Elles se sont tenues à la suite de la dissolution du Parlement du , afin de désigner les de la Chambre des députés et les élus du Sénat de la République, selon la loi électorale de 2005 pour la législature, d'une durée normale de ... Elles sont légèrement anticipées puisque l'échéance naturelle de la législature correspond à fin mars, début avril. Trois élections régionales anticipées, en Lombardie, Latium et Molise, se déroulent en même temps.
Contexte vignette|redresse|Le président du Conseil, Mario Monti.
Lors des élections parlementaires anticipées des 13 et 14 avril 2008, le Peuple de la liberté (PDL), un parti alors en voie de formation qui se déclare de centre droit, dirigé par Silvio Berlusconi, et son allié populiste de la Ligue du Nord (LN) remportent une majorité absolue à la Chambre et au Sénat. Le Parti démocrate (PD), de l'ancien maire de Rome Walter Veltroni, devient alors le premier parti d'opposition, avec son allié de l'Italie des valeurs (IDV). Environ un mois plus tard, le président de la République, Giorgio Napolitano, nomme Silvio Berlusconi, pour la troisième fois, président du Conseil des ministres. Le gouvernement Berlusconi IV, constitué de vingt-et-un ministres, prenait alors ses fonctions.
La coalition au pouvoir connaît sa première crise en , lorsque le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, ancien dirigeant de l'Alliance nationale, fait scission du PDL et fonde Futur et liberté pour l'Italie (FLI), mettant en péril la majorité de Berlusconi dans les deux chambres. Le , le gouvernement Berlusconi remporte de justesse la confiance à la Chambre, en suscitant la création d'un nouveau groupe parlementaire Peuple et territoire (nom actuel). En , alors que la crise au sein de la zone euro se fait de plus en plus profonde, Silvio Berlusconi, sous la pression des marchés financiers et du président de la République Giorgio Napolitano, présente la démission de son gouvernement. Quelques jours plus tard, Mario Monti, un ancien commissaire européen, indépendant de toute étiquette politique, est nommé par le chef de l'État dans le but de former un gouvernement « technique », permettant à l'Italie de retrouver une situation économique apaisée.
Très largement soutenu par les principales forces politiques parlementaires, à l'exception notable du parti populiste Ligue du Nord, puis de l'Italie des valeurs, le gouvernement Monti mène plusieurs réformes structurelles importantes, notamment en adaptant le droit du travail et en diminuant les dépenses publiques.
Dissolution des chambres Le , après l'abstention du PDL lors de deux votes de confiance à la Chambre des députés, Mario Monti annonce qu'il remettra sa démission irrévocable une fois voté le budget de l'État. Conformément à cet engagement, il se présente, le 21 décembre, devant le président de la République, Giorgio Napolitano, qui le charge d'expédier les affaires courantes. Le lendemain, après de brèves discussions avec les représentants des partis, le chef de l'État prononce la dissolution du Parlement italien et convoque les élections pour les 24 et . Mario Monti assume la gestion des affaires courantes.
Italiens à l'étranger Sont également concernés les Italiens résidant à l'étranger, de manière permanente, au , selon le décompte suivant : Europe, y compris Russie et Turquie asiatiques : qui élisent cinq députés et deux sénateurs, Amérique du Sud : qui élisent quatre députés et deux sénateurs, Amérique du Nord et centrale : qui élisent deux députés et un sénateur, Afrique, Asie, Océanie et Antarctique : qui élisent un député et un sénateur.
Forces en présence Peuple de la liberté vignette|gauche|Silvio Berlusconi.
Officiellement fondé lors du congrès du , le Peuple de la liberté (Il Popolo della Libertà, PDL) est un parti politique de droite, qui réunit également d'anciens éléments libéraux-conservateurs et chrétiens démocrates. Il est présidé par Silvio Berlusconi, son secrétaire politique national étant Angelino Alfano, ancien ministre de la Justice, depuis le .
Depuis les élections de 2008, le groupe parlementaire du PdL s'est réduit, passant de , soit seulement un de plus que son adversaire démocrate, à la veille de la dissolution, en . Alfano, considéré comme le dauphin de Berlusconi, est une personnalité politique connue des Italiens, puisque, en sa qualité de ministre de la Justice, il a rédigé et défendu au Parlement la loi d'immunité pour le président de la République, du Conseil des ministres, de la Chambre des députés et du Sénat, censée protéger le chef du gouvernement des poursuites dont il faisait l'objet.
Après avoir fait planer le doute, Silvio Berlusconi a annoncé, en , qu'il ne souhaitait pas concourir aux élections de 2013 et son successeur serait choisi à l'occasion de primaires ouvertes. Cependant, au début du mois de décembre, affirmant avoir reçu de nombreuses sollicitations, il déclare finalement sa candidature, ce qui entraîne l'annulation des primaires.
Au , le PdL n'est allié qu'avec La Droite à laquelle Berlusconi apporte son soutien pour la présidence du Latium à Francesco Storace, Frères d'Italie - Centre droit national qui aura sa propre liste ainsi que Grande Sud dirigé par Gianfranco Miccichè. Le , un accord de coalition est signé avec la Ligue du Nord pourvu que Berlusconi ne se porte pas candidat à la présidence du Conseil, mais soit uniquement le chef de la coalition commune. Le PdL soutient alors Roberto Maroni à la présidence de la région Lombardie. Le nom du candidat de la coalition au gouvernement reste peu clair (Alfano, Tremonti ?) tandis que Berlusconi, dans l'une des nombreuses déclarations contradictoires, dont il est coutumier, déclare qu'il se contenterait du ministère des Finances si sa coalition venait à remporter les élections. Finalement, lors du dépôt des symboles électoraux, c'est le nom de Berlusconi président qui figure sur celui du PdL (mais pas pour la circonscription de l'étranger) tandis que ceux de Maroni et de Tremonti figurent sur celui de la Ligue du Nord.
La coalition comprend finalement neuf partis tandis que le centre gauche en compte sept : en plus du PdL, de Frères d'Italie et de la LN, Grande Sud soutenu par le Mouvement pour les autonomies (qui se présente cependant séparément au Sénat), La Droite, les Parti des retraités, Intesa popolare (de Giampiero Catone et de la Droite libertaire) ainsi que MIR (Moderati Italiani in Rivoluzione-Gianpiero Samorí), mais aussi uniquement au Sénat le Chantier populaire (Cantiere popolare) (en Sicile), une liste contre Equitalia (Liberi da Equitalia, devenue Liberi per una Italia equa), tandis que Francesco Saverio Romano obtient des places éligibles pour son PID sur les listes du PdL. Lors de la présentation des listes, particulièrement mouvementée en Campanie, le PdL exclut les candidatures de Nicola Cosentino, Marcello Dell'Utri, Claudio Scajola et d'autres personnalités mises en examen, comme Marco Milanese et Alfonso Papa, mais compte néanmoins trois condamnés définitifs et une vingtaine de personnalités condamnés en premier ressort ou mis en examen, dont son leader Silvio Berlusconi, Raffaele Fitto et Denis Verdini qui a été le chargé d'établir les listes. Antonio Razzi et Domenico Scilipoti sont deux autres parlementaires controversés qui finissent sur les listes en position éligible.
Ligue du Nord vignette|gauche|Roberto Maroni.
Sous le nom officiel de Ligue du Nord pour l'indépendance de la Padanie (), ce parti populiste, régionaliste et xénophobe est le plus ancien de ceux qui se présentent, puisque constitué en 1989. Jusqu'en 2012, le parti était dirigé par son leader charismatique et fondateur, Umberto Bossi. Bien qu'il ait été victime, en 2004, d'une hémorragie cérébrale, celui que l'on surnomme , du fait de son élection au Sénat de la République en 1987, est resté le dirigeant incontesté du parti jusqu'en 2012, lorsque la justice met au jour un vaste réseau de détournement de fonds publics à son profit, ainsi qu'à celui de sa famille et de ses proches. Ces révélations ont mis à mal le discours de la LN, qui aime à se présenter comme un parti propre luttant contre les corrompus de Rome. Une ultérieure dénonciation de la secrétaire du groupe sénatorial de la LN révélée par La Repubblica le ternit ultérieurement la réputation d'intégrité du mouvement.
Bossi est propulsé au poste de président fédéral de la Ligue, une fonction purement honorifique, et une direction collégiale est mise en place, avant que l'ancien ministre de l'Intérieur Roberto Maroni ne prenne la tête du parti. Le , la Ligue du Nord demande à Silvio Berlusconi de renoncer à être chef de la coalition, si son parti, le Peuple de la liberté veut envisager de s'allier avec lui. Il avance le nom de Flavio Tosi comme chef de file pour les élections, étant lui-même candidat à la région Lombardie. Finalement un accord de coalition est signé avec le PdL le , mais aucun candidat n'est clairement choisi, par la coalition, pour devenir président du Conseil, tandis que sur le symbole électoral apparait la mention « TreMonti » (pour Giulio Tremonti) que le ministère de l'Intérieur rejette. Finalement ce sont les noms de « Maroni » et de « Tremonti » (sans M majuscule) qui figureront sur le symbole définitivement approuvé.
Grande Sud Grande Sud est le nom de différents mouvements politiques du Mezzogiorno qui se sont fédérés surtout en Sicile pour faire pendant à la Ligue du Nord au sein de la coalition conservatrice. Son leader est Gianfranco Miccichè, ancien président de l'Assemblée régionale sicilienne. Le , Grande Sud annonce le soutien à Berlusconi, sur la base d'une union des présidents de régions méridionales de droite (Calabre, Campanie, Molise, qui eux ne se présenteront pas aux élections parlementaires). Ces listes auraient dû permettre de recycler des personnalités comme Marcello Dell'Utri que le PdL ne souhaite pas présenter dans ses propres listes, en raison de ses condamnations antérieures, mais avec l'exception notable de Raffaele Lombardo au Sénat, aucun ex-PdL condamné n'est présent sur les listes de ce mouvement. Le Mouvement pour les autonomies en perte de vitesse et qui se déchire sur ce retournement d'alliance avec le PdL, en perdant ses principaux dirigeants, décide de présenter des listes communes avec Grande Sud et séparément au Sénat (uniquement en Sicile).
Centre gauche droite|upright=1.0|vignette|Pier Luigi Bersani.
Pour ce scrutin, trois forces du centre gauche, le Parti démocrate (Partito Democratico, PD), Gauche, écologie et liberté (Sinistra Ecologia Libertà, SEL), le petit Parti socialiste italien (Partito Socialista Italiano, PSI) et une formation centriste, le Centre démocrate (Centro Democratico, CD), ont décidé de tenir des élections primaires ouvertes afin de désigner un candidat commun à la présidence du Conseil des ministres. Les trois formations issues de la gauche ont ensuite formé une alliance.