L', aussi appelé , est un affrontement qui opposa l'Armée impériale japonaise, alliée aux seigneurs de guerre du Nord de la Chine, à l'armée du Sud du Kuomintang à Jinan, la capitale du Shandong, en durant l'expédition du Nord.

Contexte Durant l'expédition du Nord, les troupes de l'Armée nationale révolutionnaire chinoise attaquent plusieurs consulats étrangers en dans un élan anti-impérialiste (ce qu'on appelle maintenant l'incident de Nankin). Tchang Kaï-chek cherche alors à éviter que de tels incidents se reproduisent et, en , il rencontre Tanaka Giichi, devenu Premier ministre du Japon en avril de la même année (et aussi ministre des Affaires étrangères), pour discuter des promesses de son prédécesseur de prendre des mesures plus agressives pour protéger les citoyens, les biens et les intérêts économiques japonais en Chine, alors sous occupation japonaise. Tchang ne tient alors qu'une partie de la Chine mais s’appuie sur sa promesse d'en finir avec la domination étrangère et de réunifier la Chine pour affirmer sa légitimité sur le pouvoirIriye, After Imperialism, 193-195..

Tanaka comprend que l'usage de la force n'est pas le moyen le plus efficace pour protéger les intérêts japonais en Chine, et veut, comme Tchang, garder les troupes japonaises loin de Jinan et d'un coûteux et inutile affrontement. En l'absence de la garantie que l'Armée nationale révolutionnaire chinoise contournerait Jinan, du fait des engagements politiques pris antérieurement et sur l'insistance de l'Armée impériale japonaise, Tanaka renforce les troupes japonaises dans le territoire du Shandong. Entre mai et , supplémentaires sont déployés à Qingdao et Jinan durant ce qui est aujourd'hui appelé au Japon la . Le gouvernement de Beiyang de Pékin et le gouvernement du Kuomintang de Nankin protestent vigoureusement contre cette violation de la souveraineté chinoise et les troupes japonaises se replient lorsque Tchang les arrête temporairement dans leur route vers le nordIriye, After Imperialism, 195-200..

Hostilités thumb|200px|droite|Ancien ministère des affaires étrangères à Jinan, lieu de l'exécution de Cai Gongshi.

Lorsque l'expédition du Nord reprend le , le commandant japonais , contrairement aux ordres reçus de Tokyo, déplace ses troupes de Tianjin à Jinan et Qingdao le long de la . Cela est appelé au Japon la . Les troupes de la Chine du nord commandées par Zhang Zongchang quittent les deux villes le et les troupes du Kuomintang, agissant aussi contrairement aux ordres de Tchang Kaï-chek, prennent alors la route de ces cités. Les troupes japonaises prennent position au consulat japonais et dans plusieurs entreprises et écoles contrôlées par des ressortissants japonais et ne s'inquiètent pas de la situation jusqu'au où a lieu un petit affrontement près de la maison d'une famille japonaise causant la mort de 12 Japonais. Le consul britannique rapporte avoir vu les corps des victimes masculines qui avaient été castrées. Les Japonais accusent les troupes du général He Yaozu (賀耀祖) de leur avoir tiré dessus tandis que les Chinois accusent les Japonais de les avoir attaqués. Les commandants des deux côtés acceptent alors une trêve et un cessez-le-feu, et le consul japonais de la ville travailla pour signer une paix. Le général Fukuda et ses officiers, voulant agir, annoncent cependant qu'ils ne laisseront pas impunie l'"insulte" faite à l'honneur japonais mais qu'ils ne bougeront pas tant que leurs réserves de nourriture et de munitions ne sont pas restauréesIriye, After Imperialism, 199-201..

Tchang Kaï-chek juge plus important pour ses troupes de rejoindre Pékin que de combattre à Jinan et envoie une équipe d'officiers pour négocier. Le , le général Fukuda transmet cinq revendications de réparation aux Chinois, avec un délai de réflexion de douze heures, si onéreuses qu'ils n'ont d'autres choix que de refuser. Il refuse de relâcher les 17 négociateurs, dont un certain Cai Gongshi (蔡公時). Lorsque Cai demanda que les demandes soient officiellement annoncées pour les présenter à ses supérieurs et que les négociateurs soient publiquement libérés, les Japonais lui cassèrent sa jambe, brisèrent ses dents, coupèrent sa langue et l’abattirent. Ayant reçu des renforts et du ravitaillement le , les Japonais, après un combat intense, forcèrent les Chinois à s'enfuir et leur infligèrent des milliers de mortsC. Martin Wilbur, "The Nationalist Revolution: from Canton to Nanking, 1923-1928," Cambridge History of China, Volume 12 Republican China, 1912-1949 Pt I (Cambridge: Cambridge University Press, 1983), 702-706..

Tchang s'excuse alors publiquement aux Japonais et limoge le commandant chinois ; dans son journal intime, il déclare que le Japon est maintenant pour lui le plus grand ennemi de la Chine, devant les puissances occidentales. Mais « avant de régler les comptes » écrit-il, « il faut devenir fort » Jay Taylor, The Generalissimo: Chiang Kai-Shek and the Struggle for Modern China (Cambridge, MA: Belknap Press of Harvard University Press, 2009), 82-83..

Suites Si l'incident avait été un exemple isolé de l'agressivité japonaise et de la résistance chinoise, il aurait pu être généralement compris. Cependant, les troupes de Tchang étendirent leur contrôle sur tout le nord de la Chine et l'armée japonaise continua de se méfier des forces nationalistes chinoisesIriye, After Imperialism, 205.. Les chefs de l'armée japonaise avaient peur que Tchang réponde au climat patriotique et menace leurs intérêts en Mandchourie du sud. Le , Zhang Zuolin, le chef militaire de la Mandchourie qui parlait de rejoindre les forces de Tchang, fut tué dans le dynamitage de son train personnel par des officiers de l'armée japonaise au cours de I'« incident » de Huanggutun, utilisant une série d'événements qui menèrent à la prise de contrôle total de la Mandchourie et à la création du Mandchoukouo. Quand Tchang enseigna à un groupe de cadets de l'armée chinoise, il les encouragea à venger la honte de l'incident de Jinan mais à cacher leur haine le plus longtemps possibleTaylor, The Generalissimo, .. Le gouvernement du Kuomintang décréta plus tard que le serait « journée nationale en mémoire de l'humiliation ».

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Incident Taminato Incident de Nankin Liste des incidents politiques et militaires japonais

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