vignette|gauche|Les zones tenues par les Bolcheviks en 1919 (en gris) et les interventions alliées pour soutenir les contre-révolutionnaires. 280px|vignette|Vue d'ensemble de la partie européenne:
vignette|gauche|La disposition des forces expéditionnaires alliées en 1919.
Le nom d’intervention alliée pendant la guerre civile russe désigne la campagne militaire internationale des Alliés de la Première Guerre mondiale menée en Russie, en 1918-1920, pendant la Guerre civile russe pour porter assistance aux Armées blanches dans leur lutte contre les Bolcheviks, qui pour leur part tenaient l'axe essentiel Petrograd-Moscou-Astrakhan.
Depuis le traité de Brest-Litovsk du signé par les Rouges, qui permit au Kaiser de transférer ses divisions d'Est en Ouest et ainsi de renforcer la combativité de ses troupes sur le front occidental, les dirigeants occidentaux considéraient Lénine comme un agent des « Boches », d'autant qu'il avait transité par l'Empire allemand pour rejoindre la Russie. L'intervention est conçue comme un prolongement de la lutte contre les empires centraux et leurs « complices » Bolcheviks, mais surtout, après la fin de la guerre, comme une tentative d'éradication du nouveau régime révolutionnaire et du risque de contagion qu'il représente, notamment en Europe centrale, avec la Révolution allemande de 1918-1919 et la République des Conseils de Hongrie en 1919 (qui est, elle aussi, combattue par une coalition alliée).
Historique des opérations
vignette|Des troupes américaines à Vladivostok défilant devant le bâtiment occupé par le personnel des Tchécoslovaques. Des marines japonais sont au garde-à-vous alors qu'ils passent. Sibérie, août 1918. Deux fronts furent principalement ouverts par les Alliés : celui de Sibérie (-) et celui de Russie septentrionale (-).
Les opérations impliquèrent les forces de 14 nations en vue de soutenir les Armées blanches tzaristes et les indépendantistes des nations non-russes de l'ex-Empire dans leur lutte contre les bolchéviques. Toutefois, les efforts des Alliés seront marqués par la lassitude de leurs troupes, le déficit de coordination et le manque de soutien de l'opinion publique dans les pays occidentaux (y compris parmi les soldats, dont beaucoup furent sympathisants de la cause bolchevique). Dans les dernières semaines de 1918, Clemenceau décide d'une importante intervention en mer Noire pour soutenir les armées blanches dans le sudMartine Acerra, Jean Meyer, Histoire de la marine française, éditions Ouest-France, 1994, p. 331-338.. Mais les moyens engagés fondent avec la démobilisation de l'armée française, et les troupes ne comprennent pas les motifs de cette guerre lointaine. Au printemps 1919, l'échec de l'expédition est consommé et la flotte française est secouée par une importante mutinerie. En , les Alliés se retirent de Russie. Seul l'empire du Japon qui, le premier, avait envoyé quelques forces en Sibérie dans les premiers jours d' continue de soutenir les Russes blancs jusqu'en , date du retrait de l'Armée impériale japonaise.
La Royal Navy, dans le cadre de la guerre d'indépendance de l'Estonie, mena une brève campagne contre la Flotte de la Baltique (basée à Kronstadt) dans la Baltique sans parvenir à assurer le contrôle de Petrograd par les Russes anti-bolchéviques, qui était l'un des principaux objectifs de cette campagne Robert Jackson, Battle of the Baltic. Barnsley: Pen & Sword Maritime, 2007 . Des attaques risquées sont conduites par les vedettes lance-torpilles côtières (HM Coastal Motor Boat 4) basées à Koivisto, en Finlande, à , soutenu par des raids de bombardement de la Royal Air Force, contre les navires amarrés dans le port intérieur de Petrograd après avoir passé l'écran de destroyers de la défense bolchevique. Les champs de mines bolcheviques provoquent la majorité des pertes britanniques.
De nombreux massacres ont émaillé les combats.
Par exemple, à Odessa en , en Ukraine, alors que les Armées blanches se regroupaient et en appelaient aux Alliés pour lutter contre le Milrevkom bolchévik, le président de la république soviétique d'Odessa, ordonna de déchaîner la terreur rouge contre quatre cents officiers de marine, exécutés à bord du croiseur Almaz, Трагедия русского офицерства: Офицерский корпус России в революции, Гражданской войне и на чужбине, , , Moscou, 2002 ., transformés en blocs de glace sur le pont à force de jets d'eau, ou jetés vivants dans la chaudière М. А. Elizarov, Левый экстремизм на флоте в период революции 1917 года и гражданской войны: февраль 1917 — март 1921 гг. - thèse de doctorat, Faculté d’histoire de l'université d’État, Saint-Pétersbourg, 2007. ; en ville, leurs quatre cents familles, accusées d'être « bourgeoises », furent aussi massacrées par une foule en colère rassemblée par le Milrevkom.
Deux ans plus tard, à Nikolaïevsk-sur-l'Amour dans l'Extrême-Orient russe, entre février et , plusieurs centaines d'expatriés civils japonais, de militaires japonais et la plupart des habitants russes de la ville furent également massacrésThe destruction of Nikolayevks-on-Amur: An episode in the Russian civil war in the Far East, book review in the Cambridge University Press. par une troupe dirigée par le leader bolchevik local Yakov Triapitsyne. Les protestations japonaises amenèrent la Russie soviétique à renier, condamner et exécuter celui-ci en Anatoly Gutman, Ella Lury Wiswell (trd.), Richard A. Pierce (dir.), The Destruction of Nikolaevsk-on-Amur, An Episode in the Russian Civil War in the Far East, 1920, Limestone Press 1993, ..
Forces alliées déployées en Russie : hommes dans les Légions tchéco-slovaques en Russie le long du Transsibérien Robert L. Willett, Russian Sideshow: America's Undeclared War, 1918–1920. Washington D.C: Brassey's, . . : hommes dans les régions d'Arkhangelsk et de Vladivostok Japon : hommes puis (dans la région de Vladivostok A History of Russia, Edition, Nichlas V. Riasanovsky & Mark D. Steinberg, Oxford University Press, 2005 Guarding the Railroad, Taming the Cossacks The U.S. Army in Russia, 1918 - 1920, consulté le 2 mai 2012) Grèce : hommes (partie du d'armée, composée des , et , commandée par le général ) en Crimée, à Odessa et Kherson Pologne : hommes en Sibérie et à Mourmansk qui s'ajoutent aux effectifs engagés durant la guerre soviéto-polonaise soit hommes : hommes dans les régions d'Arkhangelsk et de Vladivostok : hommes dans les régions d'Arkhangelsk, d'Odessa, de Sébastopol et en Sibérie : hommes en Estonie même et dans le nord de la Russie Jaan Maide, Ülevaade Eesti vabadussõjast. Estonian Defence League, Tallinn, 1933) : hommes dans les régions d'Arkhangelsk, Mourmansk et Vladivostok Royaume des Serbes, Croates et Slovènes : hommes dans la région d'Arkhangelsk Roumanie : hommes en soutien à la république démocratique moldave en lutte contre la république socialiste soviétique de Bessarabie et autres dans le , dans la région d'Arkhangelsk Italie : hommes dans la région de Mourmansk et en Sibérie : hommes dans la région de Vladivostok Joana Breidenbach, Pál Nyíri, Joana Breidenbach. ed. China inside out: contemporary Chinese nationalism and transnationalism, Central European University Press. . . : 950 hommes dans la région d'Achgabat : 150 hommes dans la région d'Arkhangelsk
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Révolution russe - Guerre civile russe Intervention en Sibérie Intervention en Russie septentrionale Guerre d'indépendance de l'Estonie Mutineries de la mer Noire
Bibliographie Jean-David Avenel, Interventions alliées pendant la guerre civile russe (1918-1920), Économica, 2010, 230 p. .
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