Aléxis Tsípras (en grec : , Prononciation en grec moderne retranscrite selon la norme API.), né le à Athènes, est un homme d'État grec, membre de SYRIZA. Il est Premier ministre de janvier à et de à .
Président de Synaspismós à partir de 2008 puis de SYRIZA à partir de 2012, son parti progresse fortement aux élections législatives de mai 2012. Il voit cette progression confortée de manière déterminante aux élections anticipées de juin 2012, et devient chef de l'opposition officielle. Il est nommé Premier ministre le , au lendemain des élections législatives anticipées remportées par son parti. Critique envers l’Union européenne, il organise notamment un référendum sur la dette publique grecque, puis signe un accord avec les créanciers de la Grèce. Contesté par une partie de sa majorité, il démissionne le , puis est de nouveau nommé le suivant, à la suite d'élections législatives anticipées.
À la suite des défaites de son parti aux élections européennes et locales de 2019, il provoque de nouvelles élections législatives anticipées, lors desquelles son parti est battu par la Nouvelle Démocratie de Kyriákos Mitsotákis, qui lui succède comme Premier ministre le , tandis que Tsípras redevient chef de l'opposition. Après les défaites électorales successives aux législatives de mai et juin 2023, il annonce sa décision de quitter la direction de son parti et démissionne le .
Biographie Origines, études et famille Aléxis Tsípras naît et grandit à Athènes.. Son père est un petit entrepreneur de construction..
Il poursuit des études d'ingénierie civile à l'université polytechnique nationale d'Athènes (UPNA). Après avoir obtenu son diplôme d'ingénieur en 2000, il continue ses études en aménagement du territoire dans le cadre d'un programme inter-départemental de l'UPNA, tout en travaillant comme ingénieur civil dans l'industrie du bâtiment. Il est l'auteur de plusieurs études et projets sur la ville d'Athènes....
La compagne d'Aléxis Tsípras est , docteure en ingénierie électrique et informatique avec une thèse portant sur les architectures de contrôle et techniques de transmission pour l'optimisation des réseaux des performances des réseaux à multiplexage optique par répartition en longueur d'onde.. Ils se sont rencontrés en 1987 au lycée d'Ambelokipi et ont rejoint ensemble les . Ils ont deux fils, Phívos Pávlos, né en 2010. et Orphéas Ernésto, né en 2013.. Ils se revendiquent athées.. Le couple n'est pas marié, alors que cette démarche est généralement obligatoire dans un pays marqué par une forte influence de l'Église orthodoxe. Peristéra Baziána n'apparaît guère en public et ne participe pas aux déplacements officiels avec son compagnon, mis à part celui d' à MoscouMarie-Pierre Gröndahl, « Betty, la dame de fer de Tsipras », Paris Match, semaine du 23 au 29 juillet 2016, pages 38-41..
Débuts en politique Dès la fin des années 1980, il s'engage dans les (KNE). Au début des années 1990, en tant qu'élève du lycée d'Ambelókipi, il est politiquement actif dans le contre la loi controversée du ministre de l'Éducation et des Affaires religieuses du moment, . Il devient un membre influent du mouvement lycéen après avoir été invité par la journaliste à une émission télévisée.
En tant qu'étudiant à l'université, il rejoint le mouvement de rénovation de la gauche et devient membre du bureau exécutif du syndicat des étudiants de l'École polytechnique d'Athènes (NTUA) et représentant des étudiants au Sénat de l'Université. De 1995 à 1997, il est membre élu du comité central de l'Union nationale des étudiants de Grèce (EFEE).
Aléxis Tsípras demeure au Synaspismós après le départ de la coalition du Parti communiste grec (KKE). Il devient le premier secrétaire politique de la section de la (Neolaia Syn), de à , avant de laisser la place à Tassos Koronakis. Il parvient de façon très efficace à maintenir la ligne politique du parti, en s'imposant face à ses rivaux politiques de gauche comme de droite. Il prend une part active à la création du « Forum social grec » et participe à toutes les manifestations internationales contre la mondialisation néolibérale. En , lors du du Synaspismós, il est élu membre du comité central du parti, puis au secrétariat politique, où il devient responsable des questions de la jeunesse et de l'éducation.
Aléxis Tsípras est candidat Synaspismós aux élections législatives grecques de 2004, sans être élu..
Aléxis Tsípras fait son apparition sur le devant de la scène politique grecque lors des lorsqu'il se présente à la mairie d'Athènes à la tête de la liste « Anichti Poli » (grec : , « Ville ouverte ») SYRIZA, qui obtient 10,51 % des voix et se classe Nikítas Kaklamánis (ND) et Konstantínos Skandalídis (PASOK) mais devant le candidat du KKE .. Il ne se présente pas aux élections pour le Parlement grec, la Vouli, lors des élections législatives de 2007, préférant poursuivre son mandat de conseiller municipal d'Athènes.
Ascension politique et chef de l'opposition officielle thumb|left|Aléxis Tsípras tenant un discours au de Synaspismos en tant que candidat à la présidence du parti.
Élection à la tête de Synaspismós puis SYRIZA Il est élu président du Synaspismós lors du du parti, le , après que le président sortant, Alékos Alavános, a décidé de ne pas se représenter pour raisons personnelles .. Il est alors âgé de et devient le plus jeune responsable jamais élu à la tête d'un parti politique parlementaire en Grèce.
Lors des élections législatives d', il est élu député de la première circonscription d'Athènes et est élu à l'unanimité président de son groupe parlementaire par le secrétariat de Synaspismós...
Élections législatives de mai 2012 Lors des élections législatives anticipées du 6 mai 2012, SYRIZA, parti créée à partir de la fusion de plusieurs partis politiques de gauche dont Synaspismós, enregistre le meilleur résultat de son histoire, avec 16,78 % des suffrages, obtenant 52 sièges de députés dont Aléxis Tsípras, largement réélu dans sa circonscription athénienne. Son parti devenant la deuxième force politique au Parlement, il se voit chargé deux jours plus tard par le président Papoúlias de former un gouvernement de coalition dans les 72 heures« Grèce : Tsipras reçu par le président », Le Figaro, 8 mai 2012., tâche qu'il ne réussit pas à remplir« Grèce : Aléxis Tsípras, entre Chavez et Hollande », Le Figaro, 9 mai 2012..
En l'absence de majorité, de nouvelles élections sont convoquées pour le . Au cours du mois de mai, SYRIZA est donné favori par la plupart des sondages d'opinion pour ces nouvelles élections.
Le , Aléxis Tsípras effectue une visite en France. Il rencontre des dirigeants du Front de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, tient une conférence de presse à l'Assemblée nationale, avant de participer à un meeting commun..., mais n'est reçu par aucun ministre du nouveau gouvernement Ayrault, ni par aucun responsable du Parti socialiste, alors que dans le même temps François Hollande reçoit Evángelos Venizélos, le représentant du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK)« Hollande a reçu le leader socialiste grec Vénizélos », L'Express, 22 mai 2012.. Le , il se rend en Allemagne, où il rencontre le représentant de Die Linke, Oskar Lafontaine.. Ce même jour, SYRIZA se transforme officiellement en parti politique, abandonnant son statut de coalition. Il en prend alors la présidence.
Élections législatives anticipées de juin 2012 et chef de l'opposition officielle Les élections législatives anticipées du 17 juin 2012 confirment la domination de SYRIZA à gauche. Avec voix, le parti progresse de 60 %, remportant 26,9 % des suffrages et 71 parlementaires. Il talonne la Nouvelle démocratie (ND) de voix seulement et devance le PASOK de suffrages. Tsípras devient ainsi le chef de l'opposition officielle à partir du .
Lors des élections européennes de 2014, il est le candidat à la présidence de la Commission européenne du Parti de la gauche européenne. Pour le politologue grec Anreas Drimiotis Alexia Kefalas, « Aléxis Tsípras : l'espoir de la gauche radicale », Le Figaro, samedi 24 / dimanche 25 mai 2014, page 8..
Élections législatives de janvier 2015 Principal artisan de la chute du gouvernement de coalition d'Antónis Samarás lors de l'élection présidentielle anticipée de 2014, Alexis Tsípras permet à SYRIZA de partir favori dans les sondages pour les élections législatives de janvier 2015.
Lors de ce scrutin, sa formation totalise 36,3 % des suffrages exprimés et 149 députés sur 300. Première force politique grecque, SYRIZA rate de deux sièges la majorité absolue au Parlement. Tsípras réussit néanmoins à former une coalition avec le parti de droite souverainiste des Grecs indépendants (ANEL) et à être nommé Premier ministre dès le lendemain des élections, le , afin de pouvoir former un nouveau gouvernement.
Premier mandat de Premier ministre thumb|Comme premier acte officiel, Aléxis Tsípras rend hommage aux victimes de la Wehrmacht au mémorial de Kaisariani« Alexis Tsipras pays homage to Greek communists at site of Nazi atrocity », The Guardian, 26 janvier 2015.. Aléxis Tsípras prête serment devant le président de la République, Károlos Papoúlias, le au cours d'une cérémonie civile, un événement inédit dans l'histoire de la République hellénique, où la prestation de serment d'un Premier ministre grec se déroule habituellement au cours d'une cérémonie religieuse orthodoxe.
Il forme son gouvernement dès le lendemain, le , après avoir constitué une coalition parlementaire en ralliant les Grecs indépendants (ANEL), un parti de droite souverainiste. Son gouvernement se compose en majorité de personnalités inédites, dont des universitaires. Le conservateur et nationaliste Pános Kamménos, représentant des Grecs indépendants, est nommé ministre de la Défense nationale. L'exécutif ne comprend que douze ministres de plein exercice. Il est le premier chef de gouvernement dans l'histoire de la Grèce à ne pas jurer sur la Bible et devant un pope..
Après un premier semestre marqué par des négociations tumultueuses avec les créanciers de la Grèce, Tsipras annonce le un référendum pour le où les citoyens grecs doivent décider s'ils acceptent ou non les propositions faites par ceux-ci« Grèce : Tsipras annonce un référendum pour le dimanche 5 juillet », Libération.. Il appelle personnellement à voter « Tsipras appelle à voter non au référendum pour « vivre avec dignité en Europe » », Libération., appel suivi par plus de 60 % des votants (malgré un taux d'abstention de 41 %)« Référendum grec : le non l'emporte avec 61,31%, selon des résultats quasi-définitifs », Francetv info.. Le lendemain, le ministre des finances Yanis Varoufakis démissionne. Les versions sur les plans du gouvernement diffèrent. Yanis Varoufakis affirme qu'Alexis Tsipras ne l'a pas écouté. Dans une longue série consacrée à cette période, Eric Toussaint démontre l'état d'impréparation de Yanis Varoufakis.. Dans la biographie d'Alexis Tsipras, le journaliste Fabien Perrier analyse le rapport de forces en Europe. Il estime notamment que quand Syriza arrive au pouvoir, "le parti suscite une peur obsessionnelle chez les dirigeants européens qui n’attendent que sa chute – Alexis Tsipras ne deviendra fréquentable qu’après avoir signé le troisième mémorandum, couteau sous la gorge".
Le au matin, la Grèce et ses créanciers signent un accord comportant de nombreuses mesures d'austérité et de privatisations en Grèce, mais devant ouvrir à des crédits nouveaux pour le pays dans les mois suivants. Bien que s'affirmant en désaccord avec l'esprit des mesures proposées, le Premier ministre .. Selon des informations publiées par la presse grecque et confirmées par Tsipras, le gouvernement avait prévu, en cas d'exclusion de la Grèce de la zone euro, un « plan d'urgence » économique comprenant des nationalisations et une politique virulente de lutte contre la corruption des entreprises étrangères implantées dans le pays.. Le parti Syriza se divise sur le vote à accorder..