vignette|La colonne d'eau et ses différents étages d'espèces.

vignette|Représentation schématique du concept de l'halieute Daniel Pauly.

Le benthos (du grec ancien , « profondeur ») est l'ensemble des organismes aquatiques (marins ou dulcicoles), appelés benthontes, vivant sur le fond des mers et océans, des lacs et cours d'eau. Par opposition, on parle de pélagos (constitué du plancton et du necton) pour désigner l'ensemble des organismes qui occupent la tranche d'eau supérieure, allant du fond de l'eau à la surface.

L'adjectif benthique dérive de benthos et s'emploie pour préciser qu'une espèce vit au fond des eaux, soit à proximité du fond (organismes vagiles), soit directement sur le substratum (épibenthique), soit même dans celui-là (endobenthique), cette espèce pouvant être sessile (fixée) ou vagile (mobile).

Les écologues distinguent, selon la nature des organismes, le phytobenthos (flore aquatique, subdivisée en macrophytobenthos constitué d'algues et de phanérogames, et en microphytobenthos constitué de micro-algues) et le zoobenthos (faune aquatique subdivisé en plusieurs catégories : microbenthos, méiobenthos, macrobenthos et mégabenthos).

Vie benthique et nature du substrat Suivant la nature du substrat (sable, vase, roche compacte), le mode de vie des animaux va être : épibenthique libre (mobile, vagile) ; épibenthique fixé au substratum ; endobenthique (organisme fouisseur).

Vie benthique et profondeur La notion de benthos est indépendante de la profondeur. La vie benthique existe aux différentes profondeurs où se trouve le fond des océans. On peut distinguer quatre zones principales : la zone littorale (supratidale, intertidale, infratidale, circatidale) qui correspond à la zone photique, jusqu'à 20 ou de profondeur, et où la pénétration de la lumière permet l'existence d'une production primaire (algues, phanérogames) ; la zone bathyale ; la zone abyssale ; la zone hadale.

Taille des organismes benthiques En fonction de leur taille, de leur poids et de leur vitesse de reproduction, la biologiste marine a proposé en 1942 une classification des benthontes qui les regroupe en trois catégories : le macrobenthos, de taille supérieure à ; le meiobenthos, de taille comprise entre et 63 µm () ; le microbenthos, de taille inférieure à .

La littérature scientifique fait apparaître depuis le début du une nouvelle terminologie : le mégabenthos qui comprend des organismes de taille supérieure à ..

Macrobenthos Le macrobenthos comprend les espèces les plus grandes et visibles (de plus de de longueur). On y compte par exemple les vers polychètes, les coquillages bivalves, les échinodermes, les anémones de mer, les coraux, les éponges, les ascidies, les turbellariés et les plus grands des crustacés dont les crabes, langoustes, homards, araignées de mer, requin du Groenland (de 2,50 à )

Méiobenthos Le méiobenthos comprend de petits organismes de moins d'un millimètre mais plus grand que de long. Ce sont par exemple des nématodes, foraminifères, tardigrades, gastrotriches et de petits crustacés tels que des copépodes et ostracodes.

Microbenthos Le Microbenthos comprend les animaux benthiques microscopiques (d'une taille comprise entre et celle des plus petites bactéries). Ce sont des bactéries, diatomées, ciliés, amibes et des flagellés. Le microphytobenthos en est la partie constituée de microalgues benthiques.

Dégradation des fonds marins Fortement convoitées, la faune et la flore benthiques sont soumises à de multiples pressions anthropiques. Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), 80 % des pollutions marines sont d'origine terrestre et anthropiqueRachid Amara, Impact de l’anthropisation sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes marins. Exemple de la Manche-mer du nord, VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement, Hors-série 9, juillet 2011. Ces perturbations directes ou indirectes sont générées par les activités humaines, soit physiquement (effets du chalutage de fond, parfois comparés aux coupes rases en exploitation forestière, dragage pour l'extraction de granulats, aquaculture), soit résultant de pollutions chroniques (rejets urbains, et industriels) ou d'apports accidentels (pollutions pétrolières, introduction d'espèces envahissantes). Le chalutage profond détruit également une partie de la faune benthique, très lente à se reconstituer.

De plus, beaucoup d'organismes benthiques ont des larves qui sont planctoniques et qui pourraient être négativement affectées par l'acidification des océans, à des seuils de teneur en déjà atteints ou qui pourraient, selon les chercheurs, bientôt l'être.

Notes et références

Bibliographie Bajjouk T., Derrien S., Gentil f., Hily C., Grall J (2010) Typologie d’habitats marins benthiques : analyse de l’existant et propositions pour la cartographie. Habitats côtiers de la région Bretagne - Note de synthèse , Habitats du circalittoral. Projets REBENT-Bretagne et Natura 2000-Bretagne. RST/IFREMER/DYNECO/AG/11-03/TB, 24 p + Annexes. (lire en ligne) Ratsimbazafy, R., Boucher, G., & Dauvin, J. C. (1994). Mesures indirectes de la biomasse des nématodes du meiobenthos subtidal de la Manche. Cahiers de biologie marine, 35(4), 511-523 (résumé) Thouzeau, G., Chauvaud, L., Durand, G., Patris, T., & Glemarec, M. (2003). Impact des polluants d'origine anthropique sur les organismes benthiques marins: notions d'indicateurs biologiques de perturbation et de réseaux de surveillance. (résumé)

Voir aussi Articles connexes Écologie benthique Démersal Épifaune Pélagos Macroinvertébré benthique dulcicole Réseau ReBent

Liens externes

Benthos Rebent, le réseau benthique les invertébrés, proie des limicoles

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