La longévité potentielle d'un être vivant est la durée de vie pour laquelle il est programmé en tant qu'espèce biologique. Certains records de longévité atteints par des individus ayant bénéficié d'une durée de vie exceptionnellement longue peuvent même dépasser cette évaluation. La longévité moyenne correspond à l'espérance de vie, notion très variable selon les populations et les générations concernées au sein d'une même espèce.
Par exemple, la longévité potentielle d'un chat (Felis silvestris catus) est estimée à 20 ans. Pour cet animal, le record de longévité attesté est de 38 ans et 3 jours (il s'agissait d'un chat de compagnie), tandis que les chats errants, exposés aux dangers extérieurs, ont une longévité moyenne de trois ansÉducation de votre chat… sur le site de la Ligue Valaisanne pour la Protection des Animauxédition 2007 du livre Guinness des recordsLe chat de race sur le site de l'Amicale européenne des persans, consulté en novembre 2011. Chez l'être humain contemporain, après la mort d'Inah Canabarro Lucas (brésilienne, , morte le ), le titre de « doyenne de l'humanité » est passé à Ethel Caterham (britannique, née le ), et le record féminin enregistré est celui de la Française Jeanne Calment ( et ) ; le record masculin est attribué au japonais Jirōemon Kimura (mort à et ) selon Statista, fin ..
Le vieillissement semble dû en grande partie à la méthylation de l'ADN, une modification épigénétique dynamique du génome des eucaryotes, notamment des plantes, des animaux et des champignons. Chez les mammifères et notamment les humains, elle est un biomarqueur majeur de l'âge biologique, mais les mécanismes moléculaires sous-jacents restent mal compris. Les plantes présentent de nombreuses similitudes quant à la méthylation de l'ADN, mais la relation entre leur vieillissement et la dynamique épigénétique est encore mal connue..
Définitions Longévité potentielle La longévité potentielle correspond à la durée de vie maximale que pourraient atteindre les individus d'une espèce donnée s'ils bénéficiaient des meilleurs paramètres, c'est-à-dire vivre dans des conditions idéales et en l'absence de maladie ou d'accident..
On ne connaît pas vraiment la longévité potentielle d'une espèce. Celle-ci est liée aux caractéristiques biologiques et vraisemblablement dépendante du patrimoine génétique hérité. En pratique, on ne peut enregistrer précisément que la longévité réelle et en déduire l'espérance de vie pour une génération ou une population donnée. Il est très difficile de déterminer l'influence du patrimoine génétique, dans les cas où les conditions de vie semblent prépondérantes sur la mortalité. Même la différence de longévité entre les sexes peut s'inverser quand les facteurs sociaux ou d'hygiène de vie sont modifiésJ. Vallin, F. Meslé, J. N. Biraben. Séminaire sur les aspects biologiques et sociaux de la mortalité. Fiuggi, 11-18 mai 1980, Population, 1980, vol. 35, , ..
Certains individus donnés, d'une espèce donnée, dépassent largement les estimations de durée de vie potentielle. On dit alors qu'ils battent un record de longévité. Ce sont des individus qui ont à la fois échappé aux accidents mortels, bénéficié de bonnes conditions de vie et d'un héritage génétique favorable à une bonne santé durable.
Longévité estimée par l'espérance de vie C'est la durée de vie moyenne des individus d'une espèce donnée, soumis à des taux de mortalité par tranche d'âge donnée. En l'absence de précision, il s'agit de l'espérance de vie à la naissance.
Chez les humains, la notion d'espérance de vie se double de celle d'espérance de vie en bonne santé. L'une comme l'autre varient en fonction du lieu de vie, des conditions environnementales ou socio-culturelles et de l'hygiène de vieA. ly et al. Mécanismes et pathologies du vieillissement, 2013 Lire en ligne, page 2.
Chez les humains thumb|Un couple âgé dans le nord du Portugal.
Le nombre de centenaires et même de supercentenaires (personnes âgées d'au moins ) n'a cessé d'augmenter depuis qu'ils sont recensés. On situait autrefois la longévité humaine théorique aux alentours de , et il est probable que peu de personnes dépassaient cet âge avant le .
En 2000, la longévité humaine potentielle était estimée à , mais le record de longévité pour une personne décédée, reconnu et légalement prouvé (par des actes d'état civil), est à ce jour toujours détenu par la Française Jeanne Calment, qui a atteint l'âge de .
De nombreux autres records existent, mais ne reposent pas sur des documents vérifiables. Ainsi, un « almanach universel », de l'année 1825, édité par « Brée l'ainé, imprimeur du Roi », décrit la longévité remarquable d'un nommé Étienne Baqué, qui serait né à Engomer (Ariège) le , et serait mort le à Estadens (Haute-Garonne), âgé donc de . Une de ses activités consistait à cueillir des plantes médicinales, dans les Pyrénées, qu'il revendait aux pharmaciens.. En 1834, le Constitutionnel et plusieurs autres journaux européens rapportent la mort d'une habitante du Tennessee née en Allemagne en 1680, Betty Frantham, à 154 ans..
Un certain nombre de scientifiques, comme le britannique Aubrey de Grey, promoteur du projet SENS, pensent que le record de Jeanne Calment pourra largement être dépassé par un effectif croissant d'individus en bonne santé, si l'on donne à la recherche les moyens nécessaires.
En 2008, la longévité moyenne (espérance de vie) des Italiens était la plus forte d'Europe et une des plus élevées au monde : pour les hommes, pour les femmesElles sont dépassées légèrement par les Françaises, avec 85,4 ans, mais la moyenne globale est favorable aux Italiens, tous sexes confondus. The Lancet, 18 novembre 2008.
Facteurs Actuellement, dans les sociétés développées, l'espérance de vie progresse ou stagne, tandis que l'espérance de vie en bonne santé diminue...
Une étude anglaise a dressé une liste de facteurs de longévité sur lesquels on peut agir... Ce sont l'arrêt du tabac, une consommation modérée d'alcool, l'activité physique régulière, et la consommation de cinq fruits et légumes par jour. Ces quatre facteurs respectés permettraient une espérance de vie de 14 années supplémentaires par rapport au non-respect des quatre facteurs.
La qualité de l'air, dans certaines régions occidentales, combinée à l'alimentation et d'autres facteurs, favoriserait la longévité, comme en Sardaigne, où existe un « musée des centenaires » dans la région des villages où vivent cinq fois plus de centenaires que la moyenne européenne, bénéficiant de l'une des zones bleues mondiales.
D'une manière générale, les longévités exceptionnelles observées dans des communautés identifiables concernent de petites populations, souvent insulaires ou éloignées des grandes villes, ou bien appartenant à une communauté religieuse : habitants d'Okinawa..BBC: a high-carb diet may explain why Okinawans live so long, de SardaigneLifestyle and nutrition related to male longevity in Sardinia: An ecological study, d'une région du Costa Rica appelée le Guanascate., de l'île grecque d'Ikaria., adventistes.. américains, éventuellement le sud de la Nouvelle-Écosse (est du Canada).. Dénommées zones bleuesSite d'étude des Blue Zones (de l'anglais blue zone)Michel Poulain, Anne Herm, et Gianni Pes, « Blue Zones : aires de longévité exceptionnelle de par le monde », Gérontologie et société, vol. vol. 38 / 151, no. 3, 2016, pp. 55-70., certaines de ces populations sont étudiées de manière scientifique.
D'autres études menées sur les japonais ayant émigré aux Etats-Unis et au Brésil montrent que les paramètres de meilleure santé sont perdus au fur et à mesure de l'acculturation au modes de vie américain et brésilienWhat Japanese Immigrants’ Health Indicators and Mortality Rates can Teach Us? - A Review.
Dans les principales maladies conduisant à la mort, il peut y avoir des différences très importantes de prévalence d'une zone géographique à l'autre. Par exemple, les populations asiatiques et indiennes connaissent une prévalence très faible de maladie d'AlzheimerUCLA-VA study names India dietary staple as potential Alzheimer's weaponThis particular village in northern India has unusually low levels of Alzheimer's disease.
Les facteurs communs que l'on retrouve dans les zones bleues peuvent se classer en facteurs alimentaires et facteurs environnementaux, ces derniers semblant prépondérants.
Génétique Au , les travaux scientifiques lient le vieillissement des cellules à la modification désordonnée de l'expression des gènes de leur ADN.. Des facteurs épigénétiques, qui modulent l'expression des gènes, se dégradent progressivement.. D'autres travaux s'intéressent à la relation entre inflammation et vieillissement.. Plusieurs de ces études concluent que l'influence du patrimoine génétique sur la longévité n'est que de 10 à 25 %., et que la longévité dépend surtout du mode de vie.. D'après ces recherches, il semble que l'on puisse ralentir le vieillissement par la restriction calorique, certains nutriments ou médicaments comme le resvératrol ou la metformine, et en diminuant les facteurs d'inflammation (notamment, en pratiquant une activité physique).. En 2026, l'étude de trois cohortes de jumeaux scandinaves sur plus d'un siècle met en lumière les biais des études antérieures ne distinguant pas les causes de décès intrinsèques et extrinsèques : la mortalité extrinsèque a diminué au long du siècle et l'héritabilité de la durée de vie a augmenté, atteignant 50-55 %..
Alimentation Plusieurs expériences sur les souris montrent que la restriction calorique favorise la longévité... Une étude du (NIA) portant sur des singes Rhésus soumis à restriction calorique ne met pas en évidence un effet sur la longévité, mais montre que l'espérance de vie en bonne santé est significativement allongéeImpact of caloric restriction on health and survival in rhesus monkeys: the NIA study, mais une autre étude de l'Université du Wisconsin à Madison (UW) dont les résultats sont plus récents indique que la restriction calorique augmentait également la longévité, en plus de l'amélioration de la santé généraleCaloric restriction improves health and survival of rhesus monkeys. En 2018 sont publiés les résultats d'une étude sur la restriction calorique chez des petits primates, les microcèbes, menée par plusieurs équipes françaises dont notamment des chercheurs du CNRS et du Muséum national d'Histoire naturelle. 34 microcèbes adultes ont été séparés en deux groupes, l'un recevant une alimentation comportant 30 % en moins de calories par rapport à l'autre. Les animaux en restriction calorique ont une durée de vie augmentée de près de 50 %. Plus précisément, au bout de 10 ans d'expérience, leur survie médiane est de 9,6 ans, tandis que la survie médiane du groupe témoin est de 6,4 ans.. Ces primates, des lémuriens, ont de nombreuses similitudes physiologiques avec l'homme, mais il n'est pas garanti que les résultats de l'expérience soient transposables à l'homme..
L'étude CALERIE., publiée en 2015 et portant sur l'effet de la restriction calorique sur les humains, n'apporte que 2 années de recul, mais montre une amélioration des facteurs physiologiques de santé et de longévitéA 2-Year Randomized Controlled Trial of Human Caloric Restriction: Feasibility and Effects on Predictors of Health Span and Longevity. Selon cette étude, la restriction permettrait des améliorations en ce qui concerne les maladies liées à l'âge, comme Alzheimer ou Parkinson.. Dans le régime Okinawa, on retrouve le principe du hara hachi bu: à la fin de chaque repas, l'estomac n'est rassasié qu'à 80 %..