La Compagnie de Marie-Notre-Dame (en latin Ordo societatis Mariae Dominae Nostrae) est une congrégation religieuse féminine enseignante de droit pontifical créée à Bordeaux en 1607 par Jeanne de Lestonnac et présente dans une vingtaine de pays de par le monde.

Comme les jésuites dont elles constituent une branche féminine, les religieuses ont pour mission dès l'origine l'enseignement aux jeunes filles de toutes les classes de la société, et ce gratuitement..

En 2017, la congrégation compte dans 165 « maisons » à travers le monde.. Éprouvé par la Révolution française puis la loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État, son réseau éducatif rassemble désormais en France 13 établissements scolaires (chiffre 2021), après l'intégration des écoles Chevreul liées à Jane Rousset.

Histoire

Sous l'Ancien Régime Éprouvée par de multiples deuils, la fervente catholique Jeanne de Lestonnac (1556-1640), nièce de Montaigne et veuve de Gaston de Montferrand, baron de Landiras, entre dans les ordres au monastère cistercien des Feuillantines à Toulouse, mais sa santé n'y résiste pas.. Marquée par cet échec, elle réalise que pour suivre Jésus, il faut tendre la main aux autres. Naît dans son cœur le projet d'une nouvelle forme de vie religieuse consacrée à l'éducation des jeunes filles..

Sur la suggestion des jésuites François Raymond et Jean de Bordes, elle présente le au cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, le projet de fondation d'un institut féminin inspiré des Constitutions jésuites et consacré à l’enseignement et l’éducation des jeunes filles, dans un contexte de Contre-Réforme :

L'archevêque de Bordeaux, qui pense déjà à introduire des Ursulines dans le diocèse, approuve officiellement l'initiative le . L'approbation est demandée au Saint-Siège. Le pape Paul V confirme l'Institut de l'Ordre de Notre-Dame par une Bulle expédiée le (Bref « Salvatoris Domini et nostri »). La congrégation prend donc le nom d'Ordre de Notre-Dame, ses religieuses le nom de Filles de Notre-Dame, et elle s'agrège à l'Ordre de Saint Benoit le . alt=Frontispice de l’édition de 1697 de l'Histoire de l’Ordre des Religieuses Filles de Notre-Dame.|vignette|Frontispice et première page de l’édition de 1697 de l'Histoire de l’Ordre des Religieuses Filles de Notre-Dame. Traduction de l’inscription : « Regarde et fais d’après le modèle » Exode chapitre 25. Le , Jeanne de Lestonnac, âgée de 55 ans, et quatre compagnes (Serène Coqueau, Madeleine de Landrevie, Isabeau de Maisonneuve et Marguerite de Poyferré) prennent l’habit religieux, . Comme les jésuites dont elles constituent une branche féminine, les religieuses de Notre-Dame ont pour mission l’instruction gratuite des filles pauvres et l’éducation des jeunes demoiselles (art. 1 des statuts).. L'ouverture de leur collège, , rencontre un grand succès.

L’année suivante, en 1609, le roi Henri IV donne également son approbation, ce qui permet à la congrégation de se développer et de se répandre rapidement dans le Sud-Ouest de la France. Les Constitutions de l'Ordre sont approuvées par l'archevêque en 1614. En 1616, la congrégation s'installe dans une maison plus vaste rue du Hâ à Bordeaux, un quartier plus calme.

À la mort de la fondatrice et première supérieure générale, en 1640, la congrégation compte une trentaine d'institutions d’enseignement en France, fondées par différentes religieuses : après Bordeaux, il y aura notamment Béziers (1616), Poitiers (1618), Le Puy (1618), Périgueux (1621), Agen (1621), Riom (1622), Pau (1626), Saintes (1626), Toulouse (1630), Pons (1631), Agde (1631), La Flèche, Tournon, Aurillac, Rodez (1626), Brioude, Alençon, Annonay, Fontenay, Saint-Flour, la Ferté, Limoges (1634), Issoire (1634), Avignon, Sarlat (1637). Leur nombre atteindra 51 en 1697 et ne bougera pas jusqu'à la Révolution française.

La maison de Barcelone, ouverte en 1650, est la première institution créée hors de France et marque une nouvelle étape. Au , la congrégation se développe rapidement en Espagne et dans son empire colonial d’Amérique latine, à commencer par Mexico (1750)..

Révolution française et suites À la Révolution française, les maisons sont fermées et les religieuses expulsées. Sur les 52 communautés chassées par la Révolution, seulement 15 seront remises en route au début du : Poitiers, La Flèche, Tournon, Rodez, Toulouse, Saint-Flour, Limoges, Bordeaux, Narbonne, Pradelles, Lamothe (ex-Brioude), Le Puy, Langogne, Salers, Saint-Léonard-de-Noblat. Vingt nouvelles maisons sont fondées entre 1807 et 1896, dont neuf à l'initiative de Marie-Thérèse Couret du Terrail (1759-1834) qui en crée une également à Rome en 1834.

En France, les créations de nouvelles institutions se font généralement par une déclaration d'association approuvée par l'évêque du lieu et accompagnée de statuts propres sur le modèle de ceux de Bordeaux. (article premier du statut de Bordeaux, ).

Entre 1804 et 1899, les fondations d’institutions se multiplient en Espagne, et, dans une moindre mesure, en Italie, en Angleterre, au Mexique, au Chili et en Colombie.

Jeanne de Lestonnac est béatifiée le .

En 1904, après les limitations apportées à la loi de 1901., les congrégations ne sont plus autorisées à enseigner en France, qui compte alors 34 maisons de Notre-Dame. Dans plusieurs cas, les bâtiments pris par l'État sont mis en vente ; des particuliers se regroupent et les rachètent, les remettant plus ou moins rapidement à la disposition des religieuses, qui doivent désormais exercer un autre travail pour vivre. Dès que cela leur est possible, les religieuses sécularisées se consacrent à l'enseignement, soit dans des familles, soit dans des écoles libres dirigées par des laïcs. Certaines préfèrent quitter la France pour pouvoir maintenir leur régime communautaire dans toute sa régularité ; des maisons s'ouvrent alors en Hollande, en Belgique.

Vingt-deux communautés sont peu à peu reconstituées en France. La persécution survenue au Mexique en 1926 entraîne l'extension à Cuba et aux États-Unis.

Les Constitutions de l’institut précisaient que les religieuses étaient moniales à vœux solennels avec clôture papale et organisées en maisons autonomes, sur le modèle de monastères bénédictins. En 1920 cependant, 63 des 90 monastères de l’ordre décident de renoncer aux vœux solennels et à la clôture papale, et reçoivent l’approbation de Benoit XV le pour devenir une congrégation religieuse à vœux simples.

Le , par le Bref Providentis Dei, le pape Pie XII réunit à la congrégation les derniers monastères, sanctionnant la réunion définitive de l’institut qui s’appelle désormais Compagnie de Marie-Notre-Dame. La congrégation compte alors 122 maisons, dont 22 en France, et 3 180 membres de par le monde.

La première maison en Afrique (Éthiopie) est ouverte en 1948, et la première en Asie, à Tokyo, en 1959.

Jeanne de Lestonnac est canonisée le .

Vatican II Le concile Vatican II (1963-1965) ordonne la rénovation de la vie religieuse. Cela entraîne pour la Compagnie de Marie-Notre-Dame l'abolition des classes religieuses de choristes et de coadjudicatrices, et l'abaissement des barrières entre les communautés et le milieu apostolique. L'exercice de l'autorité accorde plus de place à la participation.

Après une période d'expérimentation, des Constitutions rénovées sont élaborées en 1979 et approuvées le . Elle mettent en évidence l'essentiel des Règles de 1638 et les accompagnent de formules actualisant leur contenu.

En 1984, la congrégation compte 256 maisons de par le monde, dont 18 en France, et 2337 religieuses, dont 178 en France.

En 2004, la Compagnie de Marie-Notre-Dame accueille en son sein la Société de Jésus-Christ fondée en 1923 à Lyon par Jane Rousset, créatrice de l'école Chevreul. L'Union générale des écoles de Chevreul (UGEC) fusionne en 2011 avec les Associations des Communautés éducatives Lestonnac (ACEL), qui avaient jusqu'alors la tutelle des établissements de la Compagnie de Marie-Notre-Dame, pour devenir le « Réseau éducatif de la Compagnie de Marie-Notre-Dame »..

En 2016, la Compagnie s'implante en Haïti et en 2022 au Timor oriental.

Activités et diffusion Les religieuses se consacrent principalement à l'éducation de la jeunesse.

Elles sont présentes en :

Europe : Albanie, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni. Amérique : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Cuba, États-Unis, Haïti, Mexique, Nicaragua, Paraguay, Pérou. Afrique : Cameroun République démocratique du Congo, Égypte, Kenya, Tanzanie. Asie : Japon, Liban, Philippines.

La maison généralice est à Rome.

Le Réseau éducatif de la Compagnie de Marie-Notre-Dame En France, les établissements scolaires sous la tutelle de la Compagnie de Marie-Notre-Dame depuis 2011 et l'intégration des établissements de la Société de Jésus-Christ sont les suivants. :

Beaumont-de-Lomagne : LEAP de Beaumont (lycée agricole) Bordeaux : Institution Notre-Dame (école, collège, lycée d'enseignement général) Limoges : Institution Beaupeyrat (école, collège, lycée d'enseignement général et technologique) Lyon : Chevreul Lestonnac (2 écoles, 2 collèges, 2 lycées d'enseignement général et technologique) Lyon : Chevreul Sainte-Croix (école) Marseille : Chevreul Blancarde (école, collège, lycée d'enseignement général) Marseille : Chevreul Champavier (école, collège) Narbonne : Institution Sévigné (école, collège) Pamiers : Institution Notre-Dame (école, collège, lycée d'enseignement général) Paris 15e : École Normale Catholique dite lycée Blomet (école, collège, lycée d'enseignement général, classes prépa) Saint-Didier-au-Mont-d’Or : Groupe scolaire Chevreul Fromente (école, collège) Saint-Sorlin-en-Bugey : LEAP de Saint-Sorlin (lycée agricole) Toulouse : École Notre-Dame (école)

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . .

Sites externes

Marie-Notre-Dame Catégorie:Congrégation enseignante catholique Catégorie:Histoire de Bordeaux Catégorie:Lauréat de la Creu de Sant Jordi 2000 Catégorie:Fondation en 1607 Catégorie:Famille ignatienne