René Greusard, né le à Coligny dans l'Ain et mort dans un accident de la circulation le à Bourg-en-Bresse, est un directeur de journaux, syndicaliste, militant politique et résistant français sous le nom de Dupleix..

Biographie

Les jeunes années René François Maurice Greusard naît à Coligny ; il est le fils de Maurice Greusard (brigadier de gendarmerie) et de Marie Chanel (femme au foyer).

Après ses études à l’École primaire supérieure de Dole (Jura), René Greusard entre en 1926 aux PTT de Lyon comme « surnuméraire ». Sa première activité politique connue est la participation aux manifestations de soutien à Sacco et Vanzetti en 1927.

En 1928, il interrompt son activité professionnelle pour effectuer son service militaire à Besançon, où il rencontre Renée Scalabrino, fille de commerçants, qu’il épouse en 1930.

Le syndicaliste De retour à Bourg-en-Bresse à cette date, il est titularisé aux PTT comme commis. Proche de la SFIO, il entre alors à la CGT où il devient secrétaire de la section des PTT de Bourg de la CGT réunifiée (1935-1938), puis trésorier de l’Union départementale CGT de l’Ain et du Jura (1938-1940).

Il vit l’essentiel des événements de 1936 à Paris, lors d’un stage qui lui permet d’intégrer le Service de la radiodiffusion naissant au sein des PTT, et qui en sera séparé en pour devenir la Radiodiffusion nationale.

Il adhère formellement à la SFIO en 1938 où il défend des positions proches de la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert, sans toutefois suivre celui-ci dans la scission du Parti socialiste ouvrier et paysan.

Le résistant Il est mobilisé en aux transmissions de l’État-major du Général Billotte à Chauny (Aisne), évacué de Dunkerque à Plymouth le et démobilisé en juillet à Lannemezan.

En août de la même année, René Greusard s’oppose à la fusion des différents syndicats ouvriers et patronaux dans le « Comité de coordination » vichyste, mise en œuvre par René BelinSyndicats nous voilà !, Jean-Pierre le Crom, Éditions de l'Atelier/Éditions Ouvrières, Paris, 1995. : il recommande la constitution d’une Union Départementale clandestine, et il est exclu de la CGT. À partir de la fin de 1940, il organise des groupes syndicaux clandestins qui s’inscriront dans la mouvance du MOF (Mouvement ouvrier français), en liaison étroite avec son voisin de Buellas, Yvon Morandat.

Fin 1941, il monte des groupes paramilitaires en liaison avec l’État-major de CannesEnquête auprès de Monsieur Greusard, Marcelle Appleton - CARAN 72 AJ/60/III, ., ou Réseau Carte, créé par le peintre antibois André Girard.

Au printemps 1942, il rejoint, sous le pseudonyme de Dupleix, le réseau Libération-Sud et devient membre de l’Armée secrète de l’Ain en juillet.

Après la fusion des mouvements Libération, Franc-Tireur et Combat en , il devient président du Directoire départemental des Mouvements unis de la Résistance.

. Il tente, en vain, de s’opposer au défilé des maquisards dans les rues d’Oyonnax le 11 novembre 1943, action qu'il juge trop dangereuse pour la population.

Il est ; . Il est également démis du Comité départemental de Libération (CDL) de l'Ain. Après l'arrestation de Romans-Petit, il est rappelé en , ce qui vise aussi à faire pièce aux visées hégémoniques du PCF au CDL, et reprend alors ses fonctions de président départemental des MUR qui deviennent le MLN, et de vice-président du CDL.

Il est alors détaché au CDL, puis regagne un an plus tard la Radiodiffusion française qui a remplacé la Radiodiffusion Nationale en . Il accomplira tout le reste de sa carrière comme Inspecteur départemental de la redevance de l’Ain, dans ce qui deviendra plus tard la Radiodiffusion-télévision française (1949), puis l’Office de Radiodiffusion-Télévision Française (1964).

L'homme de presse Avec l’échec prévisible du MLN, dans lequel il voyait la possibilité d’une refondation politique démocratique et unitaire, d’une façon très proche d’un Pierre Brossolette, il reprend en 1945 sa place à la SFIO, dont il devient secrétaire de la section de Bourg-en-Bresse.

Dès , il avait créé Le Libérateur, hebdomadaire départemental du MLN. En , il le transforme avec Charles Béraudier en quotidien, sous le nom de La Dépêche de l’Ain, mais celle-ci cessera de paraître fin pour des raisons financières.

Il fait en même temps partie du conseil d’administration et du conseil de surveillance de La République Nouvelle, quotidien remplaçant en 1944 le Journal de l’Ain (confisqué pour collaboration et confié par la Société Nationale des Entreprises de Presse au CDL, en même temps que l’Imprimerie Bressane, et repris par d’anciens résistants à la dissolution de celui-ci)L'imprimerie et les journaux sont situés Hôtel de Bohan, place de l’Hôtel-de-Ville.. Il signe d'ailleurs dans La Rep, entre autres, un billet d'humeur régulier sous le nom de Candide. Il fonde également en 1948 les Éditions Bressanes pour permettre la parution d’un nouveau Libérateur, proche de la SFIO.

Le Libérateur et La République Nouvelle, en crise financière récurrente, sont portés à bout de bras par les travaux commerciaux des Éditions Bressanes, par ses deniers personnels et par ceux d’autres militants. En 1962, le quotidien est mis en liquidation judiciaire.

Le militant Il affirme des positions critiques à la ligne de Guy Mollet au sein de la SFIO : condamnation de l’atlantisme et de la politique d'alliance à droite de la Troisième force. Cette orientation, accompagnée de différends financiers sur les impressions du matériel et de conflits personnels aboutissent à son exclusion en 1952..

Dès lors, René Greusard participera, avec Claude Bourdet, Gilles Martinet, Jean Arthuys, Jean Calmejane, etc., aux organisations successives de « l’autre gauche » : celle qui refuse tant les compromis et l’alignement sur Washington de la SFIO, que la dictature du prolétariat et l’alignement sur Moscou du PCF. Ce sera le CAGI en 1953 puis, à la suite d’une fusion, la Nouvelle gauche en 1955, puis l'UGS après une nouvelle fusion en 1958, enfin le PSU en 1960 après la fusion entre l'UGS et le PSA .

Durant cette période, Le Libérateur est mis à la disposition et devient l'organe national d'abord du CAGI, ensuite de la Nouvelle gauche . Éditorialiste régulier du journal, René Greusard y défend notamment l'idée d'une gestion tripartite des entreprises, dont le conseil d'administration devrait représenter les actionnaires, les salariés et les usagersLe Libérateur, Archives de l'Ain, 1944-1962.

Comme l'indique le Maitron, .

dans ce parti quelques années plus tard, il fondera encore l'Amicale des inspecteurs de l'ORTF, tentant notamment de s'opposer (en vain) à l'éclatement de l'ORTF et à la perte du statut de ses employés en 1974.

Famille René Greusard est le père de l'auteur Michel Greusard et le grand-père de la journaliste et écrivaine Renée Greusard.

Hommages Il était chevalier de la Légion d’honneur et médaillé de la Résistance avec rosette.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Le Libérateur, collection complète, Archives départementales de l'Ain. La Dépêche de l’Ain, collection partielle, Archives départementales de l'Ain. La République Nouvelle, collection partielle, Archives départementales de l'Ain. Débats stratégiques autour des maquis de l’Ain, Georges Le Goupil, in La Résistance et les Français : Lutte armée et maquis. Actes du colloque international de Besançon, 15-, dir. François Marcot. Histoire de la Résistance armée dans l’Ain, Patrick Veyret, Ed. La Taillanderie, Châtillon-sur-Chalaronne, 1999.

Catégorie:Naissance en mai 1908 Catégorie:Naissance à Coligny (Ain) Catégorie:Syndicaliste français des PTT Catégorie:Syndicaliste de la CGT Catégorie:Personnalité de la Section française de l'Internationale ouvrière Catégorie:Personnalité politique liée à l'Ain Catégorie:Décès en novembre 1974 Catégorie:Mort dans un accident de la route en France Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette Catégorie:Décès à Bourg-en-Bresse Catégorie:Décès à 66 ans