L église Notre-Dame-de-la-Nativité est une église catholique paroissiale située à La Neuville-en-Hez dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France en France. Sa partie la plus ancienne est le clocher roman, qui date de 1140 environ. Les grandes arcades de la nef et au nord et au sud de la base du clocher ne sont pas beaucoup plus récentes, mais déjà de style gothique. C'est toutefois le style gothique flamboyant qui domine à l'intérieur de l'église. Le chœur avec son abside à pans coupés et ses deux bas-côtés ont été construits dans ce style à la limite du et du , et puis la base du clocher a été remanié dans le même style. Plus que deux siècles plus tard, alors que l'architecture classique règne en maîtresse, la nef et les bas-côtés sont rebâtis dans le style flamboyant, sauf la façade occidentale, qui seule affiche le style classique. L'église a été inscrite monument historique par arrêté du .. Elle possède un intéressant mobilier qui est en grande partie antérieure à la Révolution française.

Historique

D'après Louis Graves, qui s'appuie sur l'Histoire de la ville de Beauvais et des antiquités du pays de Beauvoisis publiée par Pierre Louvet en 1614, l'église aurait été fondée par le comte Raoul de Clermont, et bâtie en 1187 en même temps que les premières maisons du village. En analysant l'architecture du clocher qui est manifestement romane, Eugène Müller est parvenu à la conclusion que cette date est trop tardive, et propose la date de 1140. L'église se situe sur la paroisse de Courlieu, villages ayant fusionné par la suite avec La Rue-Saint-Pierre et dont le nom est tombé en désuétude. Le prêtre desservant l'église est donc un vicaire dépendant du curé de Courlieu. Mais sous l'impulsion des comtes de Clermont, la cure est transférée à la nouvelle église, tandis que Courlieu devint un vicariat de La Neuville-en-Hez. Des bulles de 1249, 1250 et 1269 sanctionnent ces modifications. À cette époque, la cure est à la nomination du chapitre de Gerberoy, qui perçoit la moitié des dîmes, la moitié des chandelles présentées le jour de la Purification et tout le pain que l'on donnait au curé le lendemain de Noël. Par son testament de 1251, Jeanne, veuve de Gaucher de Châtillon, fille de la comtesse Mahaut, donne à perpétuité au curé l'usage du vert bois dans la forêt de Hez-Froidmont, tant pour le chauffage que pour les constructions. Saint-Louis confirme et réglemente cet usage en 1259. Ce droit fut restreint dans la suite à quatre cordes de bois par an. Les chanoines de Gerberoy s'installent provisoirement à La Neuville en 1419, où ils célèbrent le service divin dans l'église paroissiale, dédiée alors à Saint-Mathieu. Ils avaient dû quitter leur église et leurs maisons brûlées ou ruinées par les gens de guerre. Ils ne demeurent qu'un peu plus d'un an à La Neuville. Ne s'y sentant pas encore suffisamment en sûreté, ils se retirent à Beauvais et ne rentrent à Gerberoy qu'en 1423... thumb|left|Vue générale intérieure.

L'église du milieu du comporte une nef non voûtée de trois travées, un clocher faisant suite à la nef et s'élevant vraisemblablement au-dessus de la croisée du transept, et un chœur dont l'on ignore tout. D'après Germain Montier, la nef n'aurait initialement pas possédé de bas-côtés, et les grandes arcades auraient été percées à la fin du seulement. Eugène Müller situe ces remaniements plutôt au début du , mais il les attribue à Raoul de Neuville qui est alors évêque d'Arras : or, cet évêque ne semble avoir aucun rapport avec La Neuville-en-Hez, et n'est sûrement pour rien dans la reconstruction. Elle remonte en tout cas à la période gothique primitive, comme l'indiquent les chapiteaux des piliers des arcades, et concerne aussi les arcades faisant communiquer la base du clocher avec les croisillons. Les tailloirs des chapiteaux ne sont pas saillants, et ne pouvaient donc pas recevoir d'éventuelles nervures des voûtes : nef et bas-côtés n'étaient donc toujours pas voûtés. Les bas-côtés étaient recouverts de voûtes en berceau de bois, dont des morceaux de l'ossature subsistent au-dessus des voûtes actuelles. La nef était recouverte d'une voûte de bois de section trapézoïdale, dont les poutres subsistent également dans les combles. On peut également y voir que la nef était initialement éclairée par des fenêtres situées très haut : ses murs gouttereaux étaient donc visibles depuis l'extérieur. Ils se terminent par une corniche formé d'un boudin, qui repose sur des modillons sculptés très simplement. Un second remaniement intervient au , et porte sur la reconstruction gothique des croisillons, avec toujours des pignons au nord et au sud, et des fenêtres pourvues d'un remplage gothique rayonnant. Mais sauf ces fenêtres, rien de cette époque ne subsiste à l'intérieur. Les croisillons ont en effet été revoûtés lors de la construction du chœur actuel, à la fin du et au début du , dans le style gothique flamboyant. Le nouveau chœur comporte deux travées droites accompagnées de bas-côtés, qui se terminent par un chevet plat, alors que le vaisseau central se termine par une abside à cinq pans. L'église n'a pas encore trouvé son aspect actuel, car la nef et les bas-côtés sont voûtés dans le style flamboyant à partir de 1740. En cette année, les habitants, les marguilliers et le curé s'étaient adressés au roi pour obtenir l'arbitrage d'un litige qui les opposait à l'administration des Eaux et Forêts. Le roi avait tranché à la faveur des Neuvillois, et ils touchent des dommages et intérêts qui leur permettent de réparer l'église, le presbytère, l'hôtel-Dieu et la maison du maître d'école. Les murs gouttereaux des bas-côtés sont également rebâtis, et la façade occidentale est remplacée peu avant la Révolution française par une nouvelle façade de style jésuite, achevée en 1790 comme l'indique une inscription. Depuis lors, l'étage de beffroi du clocher est l'unique élément roman de l'église encore visible... L'église a été inscrite monument historique par arrêté du .

Depuis une époque indéterminé, le premier titre de l'église, Saint-Mathieu, s'est effacé, et l'église est aujourd'hui placée sous le seul vocable de la Nativité de Notre-Dame, qui est célébrée le . Sous l'Ancien Régime, la paroisse de La Neuville-en-Hez entre dans le doyenné et l'archidiaconé de Clermont, du diocèse de Beauvais.. Au moment du concordat de 1801, le diocèse de Beauvais est supprimé et rattaché au diocèse d'Amiens, puis il est rétabli en 1822. Sauf pendant cette période, la paroisse de La Neuville-en-Hez a toujours dépendu du diocèse de Beauvais. Elle est aujourd'hui intégrée dans la paroisse Saint-Louis de Bresles, et il n'y a plus de prêtre résident. Le curé a quatorze églises à sa charge, et l'église Notre-Dame-de-la-Nativité n'accueille plus de célébrations eucharistiques régulières.

Description Aperçu général thumb|Plan schématique de l'église.

L'église est entièrement dégagée d'autres édifices. La façade occidentale donne sur l'avenue du général Leclerc, et l'élévation méridionale est alignée sur la rue Eugène-Corbillon ; le carrefour avec la rue du 8 mai 1945 se situe au sud du clocher. L'élévation septentrionale et le chevet donnent sur la place Verte, qui est une vaste place publique engazonnée et bordée d'une allée d'arbres. Régulièrement orientée, l'église suit un plan cruciforme, mais s'inscrit dans un rectangle, dont déborde l'abside du chœur à l'est. Le transept n'est donc pas saillant, et n'est reconnaissable que par ses deux pignons au sud et au nord du clocher. Ce n'est par ailleurs plus un transept proprement dit, car les croisillons ne sont pas voûtés plus hauts que les bas-côtés. On peut donc considérer que l'église se compose d'un vaisseau central de six travées barlongues se terminant par une abside à cinq pans, accompagnée de deux bas-côtés de six travées se terminant par des chevets plats. Les trois premières travées correspondent à la nef et ses bas-côtés. La quatrième travée du vaisseau central est la croisée du transept, en même temps base du clocher, et abrite aujourd'hui le maître-autel. Le chœur proprement dit correspond à la cinquième et la sixième travée du vaisseau central et à l'abside, et n'est plus utilisé pour la liturgie. En effet, la cinquième et la sixième travée sont en grande partie vides et seulement occupés par les stalles installées en 1856.. Les bas-côtés du chœur sont aménagés comme des chapelles et contiennent des bancs de fidèles. Des offices y pouvaient être célébrées. L'extrémité du bas-côté méridional est la chapelle Saint-Nicolas, qui formait jadis un bénéfice particulier à la nomination de l'évêque. Le chapelain y était tenu d'y dire une messe par mois. — L'ensemble de l'église est voûté d'ogives dans le style flamboyant, mais dans la nef et ses bas-côtés, ces voûtes ne datent que du milieu du . L'homogénéité stylistique est grande, et seuls les arcades gothiques de la nef et de la base du clocher ainsi que les trois types de fenêtres indiquent que l'église a connu de différentes campagnes de construction. Les piles du clocher et leurs contreforts rompent l'unicité de l'espace. Les deux piles occidentales ont des contreforts vers le nord et vers le sud, dont ceux regardant vers l'intérieur du vaisseau central servent d'appui à des autels secondaires, et les deux piles orientales ont des contreforts respectivement vers le nord et vers le sud, qui servent d'appui à deux autres autels.

Intérieur Nef et bas-côtés thumb|Bas-côté sud et nef, vue vers l'ouest.