Les élections fédérales canadiennes de 2015 ont lieu le afin d'élire la du Parlement du Canada.
Le scrutin voit le Parti libéral de Justin Trudeau, fils de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, remporter une majorité des sièges de la Chambre des communes. Les libéraux ont gagné en popularité tout au long de la campagne électorale en concurrençant notamment le Nouveau Parti démocratique de Tom Mulcair, qui formait l'opposition officielle depuis 2011 et a commencé la campagne en tête des intentions de vote. Le premier ministre conservateur Stephen Harper, qui tentait de remporter un quatrième mandat consécutif malgré une popularité affectée par un ralentissement de l'économie et plusieurs scandales pendant son mandat, est défait après plus de neuf années au pouvoir. Son parti forme l'opposition officielle.
Contexte Parlement sortant +PartiChefSièges2011Diss.Parti conservateurStephen Harper166159Nouveau Parti démocratiqueThomas Mulcair10395Parti libéralJustin Trudeau3436Indépendant08Bloc québécoisGilles Duceppe42Parti vertElizabeth May12Forces et DémocratieJean-François Fortin—2Vacants—4Total308308
Calendrier électoral En 2006, le Parlement a adopté un amendement à la Loi électorale qui oblige les élections à avoir lieu le troisième lundi d'octobre dans la quatrième année civile qui suit les précédentes élections. En vertu de cette disposition, les élections sont normalement prévues le . Toutefois, la loi prévoit deux exceptions : si la date prévue entre en conflit avec des élections provinciales, territoriales ou municipales ou bien une fête culturelle ou religieuse, le directeur général des élections peut recommander au gouverneur général de reporter la date d'un jour ou d'une semaine ; dans ce cas, le gouverneur général en conseil doit le faire au plus tard le la loi ne restreint pas le pouvoir du gouverneur général de dissoudre la Chambre lorsqu'il le juge opportun ; ainsi, des élections anticipées peuvent donc toujours être déclenchées à la demande du premier ministre, soit de sa seule volonté (par exemple pour les élections de 2008) soit parce qu'il a perdu la confiance de la Chambre (par exemple pour les élections de 2011). Ainsi, en 2014, des rumeurs circulent disant que le premier ministre s'apprêterait à déclencher des élections anticipées au printemps 2015.. Finalement, Stephen Harper convoque bien des élections pour le mais choisit de demander au gouverneur général David Johnston de dissoudre le Parlement dès le , provoquant une campagne électorale de 78 jours, soit la plus longue jamais organisée.
La date limite pour le dépôt des candidatures est le Service d'information à l'électeur, Élections Canada..
Le vote par anticipation a lieu du au . Le jour du vote est le et les bureaux de vote sont ouverts : de à dans les fuseaux horaires de Terre-Neuve, de l’Atlantique ou du Centre ; de à dans le fuseau horaire de l’Est ; de à dans le fuseau horaire des Rocheuses ; de à dans le fuseau horaire du Pacifique.
Redécoupage électoral
La Loi sur la représentation équitable adoptée en 2011 a augmenté le nombre de sièges de la Chambre des communes à 338 (30 sièges de plus que précédemment)..
Ces 30 nouveaux sièges ont été attribués afin de tenir compte des changements de population. Ainsi, 15 nouveaux sièges ont été attribués à l'Ontario (principalement autour de Toronto), 6 à l'Alberta, 6 à la Colombie-Britannique et 3 au Québec (dans la grande région de Montréal).
En plus des sièges créés, les limites de 87 % des circonscriptions ont été modifiées, y compris dans les provinces qui n'ont pas de nouveaux sièges. Ainsi, l'ensemble des 14 circonscriptions de la Saskatchewan ont été modifiées.
Financement électoral
La Loi électorale du Canada impose des limites aux sommes que peuvent dépenser un parti politique et ses candidats lors des campagnes électorales. Ce plafond ne s'impose qu'à partir du moment où la campagne est ouverte (dissolution du Parlement) et est calculé par circonscription proportionnellement à la population et à la durée de la campagne. Ainsi, pour les élections de 2015 un parti politique qui présente des candidats dans les 338 circonscriptions ne peut dépenser plus de et l'ensemble de ses candidats pas plus de . Les dépenses des candidats qui obtiennent au moins 10 % dans leur circonscription sont remboursées à 60 % et les dépenses des partis qui obtiennent au moins 2 % des voix nationalement (ou 5 % des voix dans les seules circonscriptions où ils se présentent) sont remboursées à 50 %.
La durée particulièrement longue de la campagne laisse présager que les élections de 2015 sont parmi les plus chères de l'histoire du Canada.
Dans le trimestre précédent le déclenchement de l'élection, le Parti conservateur a reçu de dons, le NPD et le Parti libéral .
Partis politiques
Parti conservateur Parti conservateur du CanadaChefStephen HarperDéputés en 2011 166Candidats338Slogans RésultatsDéputés élus 99Voix Pourcentage 31,9 % Le Parti conservateur, sous la conduite du premier ministre Stephen Harper, a remporté un mandat minoritaire en 2006 et 2008 puis majoritaire en 2011.
Pour remporter un nouveau mandat, les conservateurs comptent sur leur base, perçue comme plus fidèle que celle des autres partis, et tentent de mobiliser leurs électeurs de 2011, notamment sur les questions d'équilibre budgétaire et de sécurité. Stephen Harper met également en avant la conclusion d'une entente sur le partenariat transpacifique et s'attaque à la position du NPD et des libéraux concernant le port du niqab.
Toutefois, les conservateurs ont été confrontés à plusieurs scandales au cours de leur dernier mandat alors que l'économie canadienne ralentit et ils sont moins populaires dans les sondages d'opinion. alors que de nombreux électeurs souhaitent voir un changement à la tête du pays après plus de neuf années de pouvoir conservateur.
Finalement, les conservateurs ne remportent que 99 sièges et sont largement devancés par le Parti libéral. À la suite de l'élection, Stephen Harper démissionne de la direction du Parti conservateur..
Nouveau Parti démocratique Nouveau Parti démocratiqueChef Thomas MulcairDéputés en 2011 103Candidats338Slogans RésultatsDéputés élus 44Voix Pourcentage 19,7 % Face aux conservateurs, le Nouveau Parti démocratique (NPD) forme l'opposition officielle depuis les élections de 2011. C'est la première fois que le NPD occupe cette position à la Chambre des communes, après avoir été constamment troisième ou quatrième parti depuis sa création.
Le chef néo-démocrate, Thomas (Tom) Mulcair, a été élu à la tête du parti en 2012 à la suite de la mort de Jack Layton.
Après la victoire surprise du NPD aux élections provinciales albertaines de , le NPD est régulièrement en tête des sondages au niveau fédéral ce qui fait des élections de 2015 les premières où le parti — le plus à gauche des trois grands partis nationaux — pourrait remporter la victoire.
Le NPD fait ainsi campagne sur le thème du changement tout en tentant de démontrer qu'il est crédible pour former un gouvernement fédéral.. Ce positionnement modéré permet cependant au Parti libéral de se positionner comme le par des propositions plus audacieuses. Le NPD est par ailleurs bousculé dans sa position dominante au Québec, où il est attaqué par les conservateurs et le Bloc québécois sur sa position sur le port du niqab lors des cérémonies de naturalisation..
En fin de campagne, les néo-démocrates mettent en avant leur opposition au partenariat transpacifique mais cela ne suffit pas à enrayer la baisse des soutiens. Au soir du scrutin, le NPD ne fait élire que 44 députés, ramenant le parti à la troisième position, alors que de nombreuses têtes d'affiche sont défaites.
Malgré ce mauvais résultat, Thomas Mulcair souhaite se maintenir à la tête du parti. mais il perd en le soutien du congrès du NPD.
Parti libéral Parti libéral du CanadaChef Justin TrudeauDéputés en 2011 34Candidats338Slogans RésultatsDéputés élus 184Voix Pourcentage 39,5 % Depuis la défaite de Paul Martin en 2006, le score du Parti libéral a constamment baissé aux élections fédérales, jusqu'à terminer pour la première fois troisième derrière le NPD en 2011.
Les libéraux ont largement élu Justin Trudeau (le fils de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau) à leur tête en 2013. Après son élection, le Parti libéral a connu un regain de popularité, arrivant régulièrement en tête des sondages mais, à partir du printemps 2015 il est surpassé de nouveau par les conservateurs et le NPD.
Face à cette situation, Trudeau, présenté comme jeune et inexpérimenté par ses concurrents, réussit une performance convaincante lors des débats. Les libéraux font, comme le NPD, campagne sur le thème du changement et tentent de se positionner comme le parti le plus opposé à Stephen Harper, quitte à apparaitre à la gauche des néo-démocrates. Trudeau promet ainsi de financer des infrastructures par un déficit, de taxer plus les riches ou d'annuler l'achat d'avions de chasse.
Ces positions permettent au Parti libéral de progresser tout au long de la campagne. Profitant de la dynamique, le parti réussit le jour du vote à remporter 184 sièges, soit 150 sièges de plus qu'en 2011, lui permettant de passer de la troisième position à un gouvernement majoritaire.
Autres partis Après avoir dominé le Québec lors de chaque élection fédérale de 1993 à 2008, le parti souverainiste du Bloc québécois a été balayé par le NPD en 2011, ne remportant que 4 sièges. Depuis, le Bloc québécois a perdu 2 députés et connu deux chefs différents (Daniel Paillé et Mario Beaulieu) avant que, face aux mauvais sondages, Gilles Duceppe qui avait démissionné en 2011 ne reprenne la tête du parti en . Le Bloc québécois espère ainsi durant la campagne reprendre le terrain perdu face au NPD en se positionnant comme seul capable de et jugeant la possible défaite du gouvernement conservateur comme .. Duceppe fait ainsi de l'interdiction du port du niqab dans les cérémonies de naturalisation et les services publics une priorité de son parti en attaquant la position du NPD à ce sujet. Le parti remporte six sièges de plus — en profitant de la baisse du NPD — mais réalise un score en voix encore plus faible qu'en 2011.. Gilles Duceppe lui-même est de nouveau battu dans Laurier—Sainte-Marie par le NPD. Duceppe démissionne quelques jours plus tard du poste de chef du Bloc québécois, pour la seconde fois.
Le Parti vert avait remporté son premier siège lors d'élections générales en 2011 : celui de sa chef Elizabeth May à Saanich—Gulf Islands. Le parti a gagné un second député en 2013, lorsqu'il a été rejoint par Bruce Hyer, précédemment élu sous la bannière du NPD en 2011. Celui-ci n'est toutefois pas réélu dans Thunder Bay—Superior-Nord et May demeure la seule députée du parti.
Enfin, Forces et Démocratie dispose au moment de la dissolution de la chambre de deux sièges, ceux de Jean-François Fortin et de Jean-François Larose, respectivement élus sous la bannière du Bloc québécois et du NPD et qui ont fondé un nouveau parti en 2014. Ils ne présentent toutefois que 17 candidats qui sont tous battus.
Bloc québécois Parti vert du Canada Forces et DémocratieChef Gilles Duceppe Elizabeth May Jean-François FortinDéputés en 2011 4 1 0Candidats7833617Slogans RésultatsDéputés élus 10 1 0Voix Pourcentage 4,7 % 3,4 % 0,0 % En tout, 18 partis sont enregistrés auprès d'Élections Canada.
Candidats
Députés qui ne se représentent pas Environ un cinquième des députés sortants ne se représentant pas, soit plus que dans toutes les élections fédérales depuis 2004. Des députés conservateurs particulièrement connus, comme James Moore, John Baird ou Peter MacKay, ont notamment choisi de ne pas être de nouveaux candidats.
Conservateurs Diane Ablonczy, Calgary Nose Hill, Alberta Mike Allen, Tobique—Mactaquac, Nouveau-Brunswick Rob Anders, Calgary-Ouest, Alberta Leon Benoit, Vegreville—Wainwright, Alberta Ray Boughen, Palliser, Saskatchewan