Les élections législatives se déroulent le pour renouveler la Chambre des représentants de Belgique, le Sénat.

Contexte

Elles se déroulent dans un climat politique tendu, marqué par l'usure du gouvernement d'union nationale dirigé par le socialiste Paul-Henri Spaak, regroupant dans un équilibre instable les trois partis démocratiques traditionnels (catholiques, socialistes et libéraux). Le gouvernement tombe après plusieurs mois de polémique autour de l'"affaire Martens" (la nomination officielle d', ancien activiste flamingant et collaborateur avec l'Allemagne durant la première guerre mondiale, au sein de la nouvelle académie flamande de médecine.). Peu avant les élections, l'occupation par l'Allemagne nazie des débris de la Tchécoslovaquie et l'instauration d'un protectorat de Bohème-Moravie inféodé à Berlin augmente les angoisses du corps électoral.

Campagne

La campagne électorale est aussi brève qu'ardente. Le parti libéral, très unitariste (et à colonne vertébrale francophone) fait campagne sous le slogan : "Parti Libéral, parti national", tandis que les nationalistes-flamands du VNV appuient à fond l'idée du maintien du Dr Martens à l'Académie flamande de médecine, tout en soutenant la stricte application de la législation linguistique favorisant le néerlandais au nord du pays. Les socialistes du parti ouvrier belge, qui ont entériné la nomination de Martens et ont dû mettre beaucoup d'eau dans leur vin socio-économique pour obtenir le poste de premier ministre, défendent maladroitement leur politique. L'ensemble des partis démocratiques traditionnels s'en prennent au mouvement rexiste de Léon Degrelle, accusant celui-ci d'être vendu à l'Allemagne nazie : les slogans "Rex=Berlin" et "Rex=Hitler" sont repris par les adversaires des rexistes..

Scrutin et résultats

Le jour des élections, le docteur Marteens annonce sa démission de l'académie.

Au soir du scrutin, le bloc catholique arrive en tête, enlevant douze sièges supplémentaires, réduisant ainsi la saignée qu'elle avait connue lors du "dimanche noir" du . Le parti libéral progresse aussi de dix sièges. Si les socialistes perdent six sièges, sanction de leur participation et de leur gestion gouvernementales, les rexistes reculent fortement : ils perdent 17 sièges sur 21 à la chambre des représentants, malgré l'élection de leur chef, Léon Degrelle, comme député à Bruxelles. Un peu dans l'ombre, les nationalistes-flamands améliorent légèrement leurs scores précédents et gagnent un siège à la chambre par rapport à 1936. Quant aux communistes, ils connaissent un statu-quo, conservant leurs neuf élus à la chambre. Les listes déposées par les autonomistes wallons de l'abbé Mahieu n'ont pas rencontré la faveur du public et n'ont aucun élu. A la veille de la seconde guerre mondiale, l'opinion publique belge vote majoritairement pour les trois partis traditionnels qui ont gouverné le pays dans différentes alliances depuis vingt ans.

Chambre des représentants centré|sans_cadre|345x345px PartiVoix%Sièges +/–Bloc catholique belge32,773 +12Parti ouvrier belge30,264 -6Parti libéral17,233 +10Ligue nationale flamande8,317 +1Parti communiste de Belgique5,490Front populaire de Rex4,44 -17Autres partis1,820Blancs et non valides–––Total2 488 879 1002020Source : Nohlen & Stöver

Sénat centré|sans_cadre|345x345px PartiVoix%Sièges +/–Bloc catholique belge30,735 +1Parti ouvrier belge30,635 -4Parti libéral17,616 +5Ligue nationale flamande7,88 +3Parti communiste de Belgique5,03 -1Front populaire de Rex4,11 -7Parti populaire catholique flamand2,63 +3Autres partis1,400Blancs et non valides–––Total2 289 830 1001010Source : Nohlen & Stöver

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Élections belges

*1939 Belgique Election Catégorie:Avril 1939