Chevresis-Monceau est une commune française située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France. Géographie Description

Chevresis-Monceau est un village rural de la Thiérache, dans l'Aisne, situé à au sud-est de Saint-Quentin, au nord de Laon et au sud-ouest de Vervins.

Il est desservi par la RD 967 qui le relie à Guise et à Laon, et est aisément accessible par la sortie 12 de l'Autoroute A26.

Communes limitrophes

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Peron et le cours d'eau 01 de la commune de Chevresis-Monceau.

Le Péron, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Monceau-le-Neuf-et-Faucouzy et se jette dans la Serre en limite de Nouvion-et-Catillon et de Mesbrecourt-Richecourt, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Chevresis-MonceauLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Aulnois-sous-Laon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Chevresis-Monceau est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (92,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (92,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (90,1 %), forêts (5,2 %), zones urbanisées (2,7 %), zones agricoles hétérogènes (2,1 %)..

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Chevresis : le nom du village apparaît pour la première fois en l'an 1405, sous l'appellation de Chievresiz-le-Merdeux puis Chevrezy-le-Meldeux, et Chevresis-le-Meldeux sur la carte de Cassini vers 1750.. Monceau-le-Vieil était un hameau qui apparaît pour la première fois en 1083 sous l'appellation de Moncelli, puis Vetera Moncella, Monchiaux-le-Vies, Montceaulx-le-Vieil et enfin Monceaux-le-Vieux sur la carte de Cassini.. Monceau est une formation toponymique médiévale qui consiste en un appellatif employé de manière absolue, à savoir l'ancien français Moncel au sens de « colline »Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, 1979, p. 463b, voire « élévation ». L'ancien français moncel est issu d'un hypothétique bas latin *monticellum.

Chevresis-le-Meldeux et Monceau-le-Vieux sont réunis par ordonnance royale du sous le nom de Chevresis-Monceau.

Histoire

Carte de Cassini La carte de Cassini montre qu'au XVIIIE siècle, Chevresis-le-Meldeux est une paroisse avec un château sur la rive droite du ruisseau le Peron. Au nord-est, Monceau-le-Vieux est un hameau dont Cour le Moine est une ferme qui en fait partie.

Époque contemporaine En 1819, Chevresis-le-Meldeux absorbe Monceau-le-Vieil et prend le nom actuel de Chevresis-Monceau.

Le village est détruit en grande partie le par un grave incendie. Sa reconstruction est facilitée par l'action de Frédéric Viefville, notaire de Napoléon III et originaire de la commune..La municipalité, qui avait décidé la construction d'une nouvelle église en 1858, inaugure le nouvel édifice en 1862, et l'ancienne église, située dans le cimetière, est démolie quelques années après.

En 1874 est signalé l'existence de la sucrerie des établissements Viéville, Decroix et , ., qui a contribué à la prospérité du village.

Chevresis-Monceau a été desservie par une gare sur la ligne de Laon au Cateau de 1888 à 1937, facilitant le déplacement des habitants et le transport des marchandises.

La commune a été concernée par les combats de la Première Guerre mondiale, et a été largement détruit pendant celle-ciCarte spéciale des régions dévastées, document mentionné en liens externes, 1920.. Passé ferroviaire du village vignette|Vestiges de la ligne de chemin de fer en 2021 à l'endroit où était située la gare. vignette|centre|Dernier vestige de la gar: une pierre au milieu de la végétation.vignette|Tracé de la ligne qui passait au sud-est du village. La gare, dont il ne reste aucun vestige en 2021, était située à l'extérieur du village, sur la rive gauche du Péron.

À partie de 1888, Chevresis-Monceau a été traversé par la ligne de chemin de fer de Laon au Cateau, qui , venant de La Ferté-Chevresis, passait au sud-est du village et se dirigeait vers Monceau-le-Neuf et Faucouzy. Chaque jour, cinq trains s'arrêtaient dans chaque sens devant la gare pour prendre les passagers qui se rendaient soit à Laon, soit à Guise. À une époque où le chemin de fer était le moyen de déplacement le plus pratique, cette ligne connaissait un important trafic de passagers et de marchandises. À partir de 1950, avec l'amélioration des routes et le développement du transport automobile, le trafic ferroviaire a périclité et la ligne a été fermée vers 1970 au trafic passagers. Les derniers trains de marchandises sur le tronçon Laon - Sains-Richaumont ont cessé de circuler en juillet 2006. Les rails sont toujours en place en 2021 et la ligne est envahie par la végétation.

Politique et administration Découpage territorial La commune de Chevresis-Monceau est membre de la communauté de communes du Val de l'Oise, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Mézières-sur-Oise. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux..

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Saint-Quentin, au département de l'Aisne et à la région Hauts-de-France. Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Ribemont pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015, et de la troisième circonscription de l'Aisne pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010..

Administration municipale

Démographie

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Église Notre-Dame de Chevresis, consacrée en 1862, dotée d'un clocher élancé. Napoléon III lui a offert un tableau, « Le Christ en croix », L'église compte également quatre grandes compositions peintes par Georges Grandin, originaire de la commune et ancien élève de Meissonier et de Cabanel à l'École nationale des Beaux-Arts. Le château de Chevresis-Monceau - visible sur la départementale 64. Chapelle Saint-Frédéric, chapelle funéraire sur le cimetière, de style néo-byzantin comprenant un dôme ainsi qu'une magnifique rosace, et orné de vitraux historiés sur lesquels sont représentés les membres de la famille Viefville, ainsi des par des peintures murales, rénovée en 2013.. Monument aux morts.. Au cimetière, la tombe de guerre du soldat Louis Hamelin (1894-1917). Calvaire.

Personnalités liées à la commune L'un des derniers seigneurs de Monceau-le-Vieil est « Antoine-Gabriel Demonceaux, chevalier, seigneur de Monceau-le-Vieil et le Neuf, Chevresy, Gerny, etc., comte de Saint-Lot et autres lieux », mort à Monceau-le-Vieil le Acte de décès d'Antoine-Gabriel Demonceaux, cité par Mauclaire, art. cit. en Bibliographie, .. Étienne Cardot né le , à Chevresis-Monceau (02), dans une humble famille d'ouvriers agricoles. Il est l'aîné de plusieurs enfants. Ses sœurs sont restées au village et s'y sont mariées. Écolier doué, il apprend à lire et à écrire, et entre au service de Claude Nicolas Gaudry trésorier dans la Généralité de Soissons, oncle maternel de Condorcet. Celui-ci était ami de Turgot qui le fait nommer Inspecteur des Monnaies en 1775. Il logeait à l'hôtel des Monnaies au premier étage où il accueille sa mère et son oncle. Etienne Cardot le suit à Paris. Antoine Cardot frère d'Etienne vient les rejoindre et entre au service de la famille.

Étienne Cardot travaille le soir pour Condorcet qui le fait nommer commis aux écritures à l'Académie des Sciences, dont Condorcet est Secrétaire perpétuel et correspond avec l'Europe entière. Il devient ensuite chef du secrétariat de l'Académie et le reste jusqu'à sa mort en 1847. En 1793, lors de la Terreur Condorcet est mis hors la loi et se cache chez Madame Vernet. Il part déguisé à Bourg-la-Reine et y meurt en 1794 sous le nom de Pierre Simon.

Les deux frères Cardot ont reconnu l'écriture de Condorcet et ont corrigé l'acte de décès à la mairie de Bourg-la-Reine, devenu Bourg-Égalité. Sophie de Grougy, veuve de Condorcet, est alors sans ressources. Elle monte une boutique de lingerie à l'enseigne « à la fidélité »près de la place Vendôme, rue Saint-Honoré, avec l'aide des Cardot.

Après la Terreur, Etienne Cardot redevient chef du secrétariat de l'Académie. À ce titre, il connait toutes les célébrités du monde scientifique et littéraire : Antoine Lavoisier, Pierre Daunou, Pierre Jean Georges Cabanis, François Arago, Jean le Rond D'Alembert, La Fayette, Benjamin Franklin etc. En 1840, il demande sa retraite. La famille de Condorcet lui verse alors une rente. Cet homme discret, resté célibataire et travailleur acharné, est toute sa vie au service des autresLaffitte-Larnaudie (Anne-Marie), « Le secrétaire de Condorcet : Etienne Cardot », dans Condorcet. Homme des Lumières et de la Révolution, Fontenay-aux-Roses, ENS éditions, 1997, p. 37s..