Colligis-Crandelain est une commune française située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France.

Jouxtant le Chemin des Dames, elle est détruite durant la bataille du Chemin des Dames de 1917, une des grandes batailles de la Première Guerre mondiale.

Géographie Localisation Colligis-Crandelain est une commune rurale du Laonnois dont l'urbanisation se trouve sur la rive droite de l'Ailette.

Elle est située à vol d'oiseau à une dizaine de kilomètres au sud de Laon, à à l'ouest de Rethel, à au nord-ouest de Reims, et à au nord-est de Soissons.

La commune se trouve dans l'aire d'attraction de Laon, ainsi que dans la zone d'emploi et dans le bassin de vie de cette ville.

Communes limitrophes

Géologie et relief

La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Hydrographie vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Colligis-CrandelainLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Ailette, la rigole d'alimentation de l'Ailette, le canal 01 des Tourbières, le canal 03 des Tourbières, le cours d'eau 01 de la Vallée du Tambour, le cours d'eau 01 du Moulin d'Ecouffeaux, le fossé 01 de la commune de Colligis-Craindelain, le ruisseau du Moulin Deduits et le ruisseau du Pre Berton.

L'Ailette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sainte-Croix et se jette dans l'Oise (rive gauche) à Quierzy, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Ailette sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 02/03/2024 à 03:06 TU à partir des 172 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1988 au 01/07/2002.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le plan d'eau de la commune de Pancy-Courtecon, d'une superficie totale de ( sur la commune)..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Martigny-Courpierre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Milieux naturels et biodiversité Les Carrière de Colligis sont un sitre d'habitat de chauves-souris, dont certaines sont très rares, comme les grand et petit rhinolophes et le vespertilion à oreilles échancrées. Il est géré par le conservatoire d'espaces naturels des Hauts-de-France..

Urbanisme Typologie Au , Colligis-Crandelain est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Laon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (55,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (59,3 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (40 %), forêts (36,9 %), zones agricoles hétérogènes (15,7 %), zones urbanisées (7,5 %)..

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Morphologie de la commune Les deux villages de Colligis et de Crandelain, géographiquement distincts, présentent depuis leur reconstruction dans les années 1920, un habitat aéré, les habitations n'étant plus mitoyennes.

Lieux-dits, hameaux et écarts Outre le chef-lieu, Colligis, la commune compte un hameau, Crandelain, reconstruit après la Première Guerre mondiale.

Celui de Malval, situé littéralement sur la ligne de front de la bataille du chemin des Dames, n'est plus qu'une ferme isolée.

Habitat et logement En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 90, alors qu'il était de 98 en 2016 et de 82 en 2011..

Parmi ces logements, 90 % étaient des résidences principales, 5,5 % des résidences secondaires et 4,4 % des logements vacants. Ces logements étaient tous des maisons individuelles.

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Colligis-Crandelain en 2022 en comparaison avec celle de l'Aisne et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (5,5 %) supérieure à celle du département (3,3 %) mais inférieure à celle de la France entière (9,7 %).

+ Le logement à Colligis-Crandelain en 2022. Typologie Colligis-Crandelain. Aisne. France entière. Résidences principales (en %)9086,782,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)5,53,39,7 Logements vacants (en %)4,4108

Voies de communication et transports vignette Le territoire communal, aisément accessible depuis la route nationale 2 (RN 2), est limité au sud par la RD 18CD, plus connu sous son appellation historique de chemin des Dames.

Les villages de Colligis et de Crandelain sont desservis par la RD 19 qui les relie aux villages avoisinants ainsi qu'à la RN 2.

La véloroute V30, constituée localement par la voie verte de l'Ailette, longe l'Ailette et parcourt d'est en ouest le territoire communal.

Toponymie Colligis est attesté sous les formes Curlegis (1136) ; Corlegis (1196) ; Corlegis-in-Laudunesio, Coullegis (1233) ; Territorium de Courlegis (1242) ; Corliegis (1243) ; Courliegis (1261) ; Collegis (1393) ; Coulliegis (1405) ; Coilliegis (1411) ; Couliegis (1413) ; Coulliegy (1519) ; Colliegis (1554) ; Coulligis (1617) ; Coulliegis (1630) ; Coilegis (1675) ; Coilligis (1690) ; Couïllegis (1709)..

Crandelain est attesté sous les formes Cruandelen, Cruandelein (1136) ; Parrochia de Crandelain (1145) ; Communia Crandelanii (XIIIe siècle) ; Crandelein (1261) ; Grandelayn (1263) ; Communia de Croandelain (1285) ; Crandelin (XIIIe siècle) ; Grandelaing (1405) ; Crandelain-en-Laonnois (1470) ; Grandelain (1579) ; Crendelain..

Histoire Moyen Âge La seigneurie de Crandelain appartient dès le début du jusqu'à la Révolution française à l'abbaye Saint-Jean de Laon. Ses religieuses sont chassées de l'abbaye en 1128 par l'évêque Barthélemy de Jur, qui fait bâtir un cloitre et une église à Crandelain, future église paroissiale pour les y accueillir..

D´origine plus récente que Crandelain, Colligis n´est qu´un hameau au , dépourvu de chapelle ; il est rattaché à la paroisse de Crandelain en 1196. Sa position sur les pentes du plateau favorise la culture de la vigne, permettant d'y accueillir une population importante, sur Gallica..

En 1196, l'abbé Nicolas, supérieur de l'abbaye Saint-Jean de Laon, accorde aux habitants de Crandelain de Colligis et d'autres lieux des chartes communales, inspirée de celle de Crécy-sur-Serre, dérivant elle-même de celle de Laon, franchises confirmées par le roi la même année sous la condition qu'il y exercerait les droits d'ost et de chevauchée.

Au , Crandelain est un village fortifié doté de deux portes.

Malval est alors une paroisse indépendante et un fief seigneurial.

Temps modernes Durant les Guerres de Religion, les ligueurs tentent à deux reprises en 1589 d'investir le château-fort de Crandelain. Ils y parviennent peu après, mais s'en étant rapidement retirés , les royalistes le réoccupèrent alors. Un nouveau siège victorieux des ligueurs intervient en 1591, capturent l'abbé de Saint-Jean qui s'y trouvait et renversent les murailles.

L'église de Colligis est reconstruite après 1757.

À la fin de l'Ancien Régime Colligis relevait de la généralité de Soissons, des bailliage, élection et diocèse de Laon.

Les carrières de Colligis étaient les plus anciennes du secteur et produisaient un calcaire grossier pour la construction et considéré comme une excellente pierre tendre.

Les deux villages ont subi des invasions ennemies successives.

Révolution française et Empire La commune de Grandelain, instituée par la Révolution française, absorbe dès les années 1790 et 1794, celle de Malval, et prend le nom de Crandelain-et-Malval.

Époque contemporaine En 1864, une vaste mairie-école est construite à Colligis sur la place à gauche de l'église, comprenant la classe mixte au rez-de-chaussée, la salle de la mairie au premier étage, et le logement de l'instituteur. L'édifice est détruit durant les combats de la Première Guerre mondiale..

Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, l'église de Colligis subit des dégradations. La nef, qui datait de 1787, est restaurée en 1876 et l'église dotée d'une nouvelle cloche en 1872.

Au tout début du , les villages de Colligis et de Crandelain présentaient des maisons bourgeoises appelées vendangeoirs. Les 49 habitations, dont l´orientation divergeait selon leur emplacement, donnant au village un aspect désordonné.

Première Guerre mondiale vignette|redresse=1.4|Les lignes de front durant la bataille du Chemin des Dames.