La bataille de l’Ourcq, appelée parfois bataille du Multien est une bataille de la Première Guerre mondiale se déroulant du 5 au qui marque le commencement de la première bataille de la Marne. Elle oppose la allemande du général von Kluck à la française du général Maunoury et une partie de l'armée britannique du maréchal French.
La française attaque le flanc de l'armée allemande, tente de la déborder par le nord tout en conservant sa liaison avec l'armée britannique. La allemande initialement surprise réorganise son dispositif en déplaçant plusieurs corps d'armée du sud de la Marne vers les combats. Après quatre jours de combats violents favorables aux Allemands, les troupes britanniques parviennent à franchir la Marne et menacer les arrières de l'armée allemande. Cette dernière est alors contrainte de rompre le combat et de se replier en direction de Soissons.
Contexte stratégique thumb|left|upright=2|Zone de localisation arrière des forces allemandes entre l'Ourcq et la Marne. Avec l'application du plan Schlieffen, les Allemands avec leur aile droite renforcée formée des , et tentent de déborder et détruire l'aile gauche des armées alliées comprenant la française et le BEF. Au cours d'affrontements violents du 21 au , les troupes allemandes parviennent à repousser les troupes alliées lors de la bataille de Charleroi pour la française et lors de la bataille de Mons pour le BEF.
Durant les jours suivants, les troupes françaises et britanniques se replient vers le Sud sous la pression allemande. Cette retraite est ponctuée de combat de freinage le au Cateau entre les Britanniques et la allemande et de bataille d'arrêt le à Guise entre la française et la allemande.
Alors que la allemande du général von Kluck devait se diriger conformément au plan Schlieffen vers la basse Seine et contourner Paris, elle change de direction afin de soutenir la engagée dans la bataille de Guise. Ce changement de direction la faisant passer à l'Est de Paris est validé par le Grand Quartier Général allemand le .
À partir du , le général Joffre réorganise son dispositif et par un mouvement de rocade transfère l'état-major du d'armée et les et de réserve de l'armée d'Alsace, ainsi que les et de réserve de l'armée de Lorraine dans la région d'Amiens afin de constituer une nouvelle armée sous les ordres du général Maunoury pour couvrir Paris.
L'état-major allemand conscient du danger représenté par l'accumulation de forces sur son aile droite demande le aux et de se positionner face à Paris entre l'Oise et la Marne pour la et entre la Marne et la Seine pour la . Von Kluck informe le grand état-major qu'il ne laissera qu'un corps d'armée face à Paris pour poursuivre l'avancée offensive de ses troupes.
vignette|left|Michel Maunoury, commandant de la française en 1914. vignette|gauche|Carte postale montrant neuf soldats français avec souliers, clairons, cartouchières et fusils Lebel.
Le , le capitaine Charles Lepic, commandant d’un escadron de cavalerie du , en route vers Saint-Maur, commune de Gournay-sur-Aronde, au nord de Compiègne, signale vers la fourche de la nationale 17 (actuelle D 1017) avec la nationale 35 (actuelle D 935) (sur carte : ), neuf escadrons de cavalerie allemande, puis deux sections de mitrailleuses, des canons, et, à quinze minutes d’intervalle, une colonne d’infanterie et enfin une masse d’infanterie à perte de vue. À , Lepic note sur son rapport : . Le , la tête des armées allemandes franchit la Marne vers Trilport. L'avance vers Paris a complètement cessé. La route entre Paris et Senlis est vide d’Allemands.
Les jours suivants plusieurs rapports de cavalerie et d'observation aérienne concordants confirment le changement de direction de la allemande. Le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, prend la décision de faire déplacer la , chargée de couvrir Paris, vers l'Est pour pouvoir intervenir sur le flanc de l'armée allemande.
Descriptif du champ de bataille L'Ourcq représente une barrière naturelle orientée Nord-Sud dans la partie du champ de bataille. Elle est précédée en venant de Paris de plusieurs lignes de crêtes. La première est formée par la colline de Dammartin-en-Goële et de la colline de Montgé-en-Goële dominant la plaine de plus de 50m. Cette première ligne de colline est prolongée par les collines de Monthyon, Chambry et Penchard.
Une seconde ligne de crêtes est présente à plus faible altitude entre Saint-Pathus et Oissery, elle se prolonge ensuite par Forfry, Marcilly, Étrépilly pour tomber sur la Marne aux environs de Lizy-sur-Ourcq.
La dernière ligne est celle du Multien qui commence au rocher de Bouillancy, passe le long de la Gergogne, un affluent de l'Ourcq par Acy-en-Multien, Rosoy-en-Multien, May-en-Multien pour se terminer dans le lit de l'Ourcq vers Crouy-sur-Ourcq.
Forces en présence Organisation des troupes alliées Le d'armée forme au nord l'aile gauche de la française. Le , il occupe avec la les lisières sud du massif forestier d'Ermenonville depuis Mortefontaine jusqu'à Ève et avec la Dammartin-en-Goële, Rouvres et le château de Saint-Thibault.
Le de divisions de réserve forme au sud l'aile droite de la française. Il occupe, avec la , Montgé-en-Goële et Cuisy ; avec la , Le Plessis-l'Évêque et Iverny ; avec la brigade marocaine ou brigade Ditte, Villeroy et Charny.
En arrière, la division provisoire de cavalerie cantonne aux bords de la Marne à Fresnes-sur-Marne et Annet-sur-Marne. La est en réserve d'armée à Chennevières, Mauregard, Le Mesnil-Amelot. La est située dans la presqu'île de Gennevilliers. Quant au corps de cavalerie Sordet, il est stationné dans les régions de Saint-Cyr et Chevreuse au sud-ouest de Paris.
Les troupes britanniques sont situées entre Tournan-en-Brie et Ormeaux.
Organisation des troupes allemandes Le , le de réserve est positionné en flanc garde du nord au sud entre Nanteuil-le-Haudouin et Meaux avec à sa droite la de cavalerie. Le est localisé vers Trilport et Germigny-l'Évêque pour partie et vers Pierre-Levée et Isles-les-Meldeuses. Le est stationné dans la région de La Ferté-Gaucher. Quant au , il est présent vers Esternay.
La Bataille 5 septembre thumb|Ligne de front au 5 septembre. Après s'être concerté avec les différents généraux responsables des armées françaises, Joffre, le , décide de stopper les mouvements de repli des troupes françaises afin qu'elles prennent leurs dispositions en vue d'un retour offensif pour le . Ainsi, les troupes de la française doivent se tenir prêtes à franchir l'Ourcq le . Le général Maunoury prescrit alors à ses unités d'atteindre le dans la journée la ligne Meaux, Saint-Soupplets et Ver.
À partir du milieu de l'après-midi, cette marche est bloquée par la présence de troupes allemandes. L'artillerie allemande tire des hauteurs de Monthyon sur les troupes françaises en mouvement. Sur l'aile droite du dispositif français, au sud, la brigade marocaine refoule les Allemands mais ne parvient pas à s'emparer de la colline de Penchard. Elle subit de grosses pertes dans une plaine découverte, sous le feu de troupes allemandes qui occupent une position dominante. Au centre, la de réserve (à laquelle appartenait le 276e régiment d'infanterie qui subit ce jour-là de lourdes pertes, dont lieutenant Charles Péguy) se lance à l’assaut des hauteurs de Monthyon en partant de Iverny et VilleroyMort au combat du lieutenant Charles Péguy, chef d'une section de la du . Au nord, des combats se déroulent à Saint-Soupplets, où les Français ne parviennent pas à s’emparer de la localité.
À la fin de la journée, la occupe la ligne Saint-Soupplets, Monthyon et Penchard.
6 septembre thumb|left|Ligne de front au 6 septembre. vignette|Soldats allemands en septembre 1914 Le , à , le général von Kluck est averti de l'offensive française. Il donne l'ordre au d'armée de remonter vers le nord. Au matin, la française relance l'offensive. Sur l'aile gauche le d'armée attaque les crêtes du Multien, la progresse en direction de Silly-le-Long et vers les Ormes de d'Hurtuby (??). Les deux flancs gardes de la division formées chacune de 6 compagnies d'infanterie, 1 batterie et un demi escadron de cavalerie prennent Nanteuil-le-Haudouin et Betz. La division, à la mi-journée, se dirige vers Bouillancy. La repousse les troupes allemandes et occupe le village de Brégy et progresse en direction de Fosse-Martin.
Devant le de divisions de réserve, les troupes allemandes profitent de la nuit pour évacuer les villages au contact avec les troupes françaises. Le mouvement offensif des et reprend. Les villages de Saint-Soupplets et Monthyon sont libérés. Les deux divisions se dirigent vers l'Ourcq entre Vernelle et Ocquerre via Étrépilly pour la et entre Ocquerre et Lizy-sur-Ourcq via Tresmes pour la . Un accrochage a lieu à Barcy mais les troupes allemandes se replient.
La brigade marocaine s'empare des collines de Penchard, abandonnées par les Allemands, et se dirige vers ChambryBataille de l’Ourcq (5 - ) sur sambre-marne-yser.be Deux cartes sur les journées de la bataille de la Marne, 6, 7, 8 et sur gallica.bnf. La en réserve d'armée est scindée, la se positionne à Moussy-le-Neuf à la disposition du général Maunoury. La renforce l'aile droite de la française en suivant la brigade marocaine. La division provisoire de cavalerie chargée de faire la liaison entre la droite de l'armée française et l'armée anglaise se dirige vers Lizy-sur-Ourcq. Elle est arrêtée entre Penchard et la Marne par des tirs d'artillerie en milieu de journée, première manifestation de la réaction allemande.
Au d'armée, dans l'après-midi, la après avoir atteint Bouillancy, se dirige vers Acy-en-Multien et Étavigny. Après de violents combats et des pertes sérieuses, la division perd notamment deux batteries d'artillerie, les troupes françaises sont refoulées sur Bouillancy. La division ne dispose plus de réserve, elle est renforcée par les , et de chasseurs provenant de la réserve du corps d'armée. La , renforcée par l'artillerie du corps d'armée, devait atteindre l'Ourcq dans la soirée, elle ne peut atteindre que Fosse-Martin gênée dans sa progression par la violence des tirs de l'artillerie allemande. Elle arrive également à se maintenir vers Doucy-la-Ramée, elle est renforcée par l'arrivée des et de chasseurs et du d'infanterie.
Au de réserve, la sur le plateau de Gesvres devait se diriger vers l'Ourcq, l'artillerie allemande de plus en plus active ralentit puis bloque sa progression. La doit s'emparer des hauteurs de Varreddes. Après avoir progressé, les troupes françaises sont bloquées par la défense allemande soutenue par des mitrailleuses et de l'artillerie. Les troupes françaises subissent également des tirs fratricides de l'artillerie française. La division est positionnée en soirée vers Barcy.
La brigade marocaine est très diminuée, elle est soutenue par la . Cette dernière progresse et atteint Chambry. La division provisoire de cavalerie occupe l'espace entre Penchard et la Marne et soutient de son artillerie le mouvement offensif de la de la .
Les Allemands ont de leur côté très vite réagi, les deux divisions de réserve du d'armée sont renforcées par l'artillerie du d'armée qui se positionne sur Trocy. La s'engage entre Varredes et Etrepilly, quant à la , elle prolonge son déplacement pour être engagée au nord du dispositif allemand.
7 septembre thumb|left|Ligne de front au 7 septembre. Le au matin, le d'armée renouvelle ses actions offensives avec au nord, sur sa gauche, la sur un front compris entre Bas-Bouillancy, Varinfroy et Vincy-Manœuvre, May-en-Multien ; la quant à elle est dans le prolongement de la . Son front s'étend jusqu'au Plessis-Placy ; elle est renforcée par toute l'artillerie du corps d'armée. Les deux divisions tentent de progresser mais sont rapidement bloquées devant Étavigny et ne peuvent déboucher de Fosse-Martin. Devant la résistance allemande, les troupes françaises se protègent attendant la montée en ligne de la au cours de l'après-midi.