Michel Henri Marie Joseph Wibault (né à Douai le et mort dans le de Paris le ) est un ingénieur aéronautique français. Il est un pionnier de la construction métallique en aéronautique et des avions à décollage et atterrissage verticaux ou ADAV.
Biographie Jeunesse et formation Michel Wibault naît le à Douai (Nord)Archives départementales du Nord, état-civil numérisé de Douai, naissances de l'année 1897, acte N336 et sa mention marginale de décès, vue 332/471 de la numérisation. d'Achille Wibault, négociant et de Madeleine de Bailliencourt dit CourcolYves Blanc et Jacques Cottereau, Une grande figure douaisienne, Michel Wibault, pionnier de l'aviation, Mémoires de la société nationale d'agriculture, sciences et arts de Douai, , t. XV, 2009-2010, . Il est gravement handicapé à l'âge de quatre ans par une poliomyélite affectant ses membres inférieurs et supérieurs.
Il s'initie à l'aéronautique à travers le modélisme aérien, la fréquentation des ateliers de Louis Charles Breguet à Douai et du champ d'aviation de la Brayelle, où se déroule le premier meeting d'aviation du monde en 1909Yves Blanc et Jacques Cottereau, Une grande figure douaisienne, Michel Wibault, pionnier de l'aviation, Mémoires de la société nationale d'agriculture, sciences et arts de Douai, , t. XV, 2009-2010, .
Après la prise de la ville de Douai en par l'armée allemande, Michel Wibault peut observer l'aviation allemande installée sur le terrain de la Brayelle. Sa bonne pratique de la langue allemande et le peu de méfiance que suscite le jeune handicapé lui permettent de prendre de nombreuses notes. Par ailleurs, des amis de la famille Wibault reçoivent l'obligation de loger Anthony Fokker, de passage à Douai pour effectuer des démonstrations devant les aviateurs allemands. Le jeune passionné d'aviation en retire de précieux renseignementsYves Blanc et Jacques Cottereau, Une grande figure douaisienne, Michel Wibault, pionnier de l'aviation, Mémoires de la société nationale d'agriculture, sciences et arts de Douai, , t. XV, 2009-2010, . Il décide de rejoindre la zone non-occupée de la France par la Suisse, pour mettre en pratique ce qu'il a appris.
Il arrive à Paris en et convainc le colonel Émile Dorand d'appuyer son projet d'avion de chasse, avec l'aide financière de son oncle maternel, accordée en . Une maquette testée dans le laboratoire aérodynamique Eiffel montre son potentiel. Il conçoit avec l’ingénieur français (École des Mines Paris) Paul Boccaccio le Wibault-Boccaccio & Cie C.1, un avion de chasse, doté d'un moteur Hispano-Suiza de . L'avion réalise de brillants essais en 1918, avec une vitesse de pointe de et un plafond de . Ces réalisations assoient sa réputation mais la fin de la guerre interrompt les efforts sur ce prototypeYves Blanc et Jacques Cottereau, Une grande figure douaisienne, Michel Wibault, pionnier de l'aviation, Mémoires de la société nationale d'agriculture, sciences et arts de Douai, , t. XV, 2009-2010, .
Un pionnier de la construction métallique Il fonde en 1919 son bureau d'études, la Société des avions Michel Wibault. Des ateliers sont installés à Billancourt, où sont construits à partir de 1920 divers types d’avions monoplaces et biplaces de reconnaissance, de chasse et de bombardement.
Michel Wibault est un des promoteurs de la construction métallique intégrale en alliage léger à haute résistanceMichel Wibault, Les Avions de chasse intégralement métalliques, 1925. Ces innovations sont appliquées en 1924 sur le Wibault 7C-1, chasseur monoplan à aile haute et haubans rigides. Vickers Ltd Aviation Department adopte les brevets Wibault de construction métallique dès 1925, utilisés sous la marque .
En 1924, il conçoit le 7C 1, un chasseur monoplace doté d'un moteur Gnome et Rhône de , dont une centaine d'exemplaires seront réalisés en plusieurs versions (72, 73, 74, 75) y compris pour l'exportation.
Michel Wibault s'associe en 1931 avec les Chantiers de Penhoët de Saint-Nazaire, dans la société Wibault-Penhoët. Il conçoit des trimoteurs de transport, peu coûteux et destinés à l’aviation commerciale française. Les Wibault 282T et Wibault 283T transportent douze passagers et sont mis en ligne par la compagnie Air France.
En 1937, le ministère de l'Air confie à Michel Wibault, dans le cadre de l'Arsenal de l'aéronautique, un marché de construction d'un quadrimoteur commercial, l'Air-WibaultMichel Wibault, L'avion de transport géant Air-Wibault, l'Aéronautique, , plans, vues générales et détaillées, gallica.bnf.fr. Cet avion doit transporter sur deux ponts, à la vitesse de . La construction du prototype est suspendue faute de moteur.
Les États-Unis et la France libre Michel Wibault part aux États-Unis en 1940. Il participe à l'organisation de la France libre, à la demande de Charles de Gaulle. Il travaille avec son ancien collaborateur et ingénieur en chef de la Republic Aviation Company, Alexander KartveliAssociation française des ingénieurs et techniciens de l'aéronautique de l'espace, Technique et sciences aéronautiques et spatiales, L'Association, 1963. , à la création des XF-12 Rainbow et Republic RC-3 Seabee.
L'après-guerre et le décollage vertical Il crée après guerre un bureau d'études avec l'aide financière de la famille Rockefeller. Il dépose en 1954 un brevet de tuyère orientable pour un avion à décollage vertical Résumé de . Le décollage est assuré par quatre soufflantes orientables placées autour du centre de gravité de l'avion. La puissance est délivrée par un turbopropulseur Bristol Orion. Ce dernier est développé pour motoriser les projets du Breguet Br.1010 Aptérion et du Gyroptère. Il ne convainc pas les services officiels français mais soulève l'intérêt du Mutual Weapons Development Programme (MWDP) de l'OTAN, basé à Paris. Un rapport est transmis à Bristol Aero Engines. Avec un ingénieur de cette firme, , ils adaptent ce concept et déposent un brevet de réacteur à poussée vectorielle en 1957. À partir du Bristol BE.53 dérivé du brevet, Sydney Camm et son bureau d'études conçoivent le prototype du turbofan à buses orientables Bristol Pegasus, futur Rolls-Royce Pegasus, qui propulse le prototype Hawker Siddeley P.1127 dès ses débuts en 1960.
Michel Wibault peut observer les progrès du concept qu'il a imaginé et meurt le dans le de Paris, avant la mise en service du Hawker Siddeley Harrier.
Distinctions Michel Wibault est chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur.
Voir aussi
Bibliographie . Michel Wibault, Les Avions de chasse intégralement métalliques, Éd. Impr. de Vaugirard, publications "le Génie civil", 1925, 24 p. Collectif d'auteurs, Michel Wibault, Pionniers , ed. Revue aéronautique trimestrielle des Vieilles Tiges, Paris, 1974, 48 p.
Liens externes
Parmentier Bruno, Liste des avions Wibault, aviafrance Portrait de Michel Wibault : Douai, berceau de l'aviation Travaux de Michel Wibault sur les aéronefs à décollage vertical : Rob Arndt S.A. Wibault French-German Soucoupe “Gyroter”? Avions Wibault : Wibault Aircraft Dépôt de brevet américain (1948) : Googlebooks Dépôt de brevet canadien sur un avion à rotor enfermé (1958) : Description, Illustration Dépôt de brevet canadien sur un avion à vol vertical et horizontal (1960) : Description, Illustration
Notes et références
Catégorie:Ingénieur aéronautique français Catégorie:Pionnier de l'aviation Catégorie:Inventeur français du XXe siècle Catégorie:Entrepreneur français Catégorie:Industriel français du XXe siècle Catégorie:Naissance à Douai Catégorie:Naissance en juin 1897 Catégorie:Décès en janvier 1963 Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Personnalité liée à Douai Catégorie:Décès à 65 ans Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur