vignette|upright=1.6|droite|alt=femmes assises sur le sol d'une maison avec des portes coulissantes.|Un rouleau illustré du Genji monogatari.
Le terme « trésor national » est utilisé au Japon depuis 1897 pour désigner les biens les plus précieux du patrimoine culturel du Japon bien que la définition et les critères ont changé depuis. Les peintures référencées dans cette liste correspondent à la définition actuelle et ont été désignées « trésors nationaux » quand la loi pour la protection des biens culturels est entrée en vigueur le . En tant que tels, leurs déplacements sont soumis à des limitations et ils ne peuvent être exportés. Les propriétaires sont tenus d'annoncer au trésor national toute modification survenue telle qu'un dommage ou une perte et doivent obtenir un permis pour un changement d'emplacement, un transfert de propriété ou des réparations envisagées. Les pièces sont choisies par le ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie sur le fondement de leur « valeur artistique ou historique particulièrement élevée ».
Cette liste présente cent cinquante-huit entrées pour des peintures provenant de l'époque de Nara classique au au début de l'époque d'Edo moderne du . En fait, le nombre de tableaux présentés est supérieur à cent cinquante-huit parce que, dans certains cas, des groupes de peintures liées entre elles sont réunis pour former une seule entrée. Les peintures recensées montrent des thèmes bouddhistes, des paysages, des portraits et des scènes de cour. Quelques-unes de ces peintures sont importées directement de Chine. Les titres des œuvres sont de nature plus descriptive que ne le sont ceux des artistes et il est donc possible de trouver d'autres noms dans la littérature pour une œuvre donnée.
À partir du milieu du , quand le Bouddhisme arrive au Japon en provenance du royaume de Baekje, l'art religieux venant du continent est introduit dans la culture japonaise. Les premières peintures religieuses au Japon ont été copiés en utilisant des styles et des techniques continentale et sont semblables à celles produites dans la Chine de la dynastie Sui (581–618) ou de la fin des Seize Royaumes vers le début du . En font partie les plus anciennes peintures non primitives du Japon encore existantes. Au début du milieu de l'époque de Nara (ca. 750), les peintures japonaises montrent les influences de la Chine de la dynastie Tang (618–907) et au , le début de l'époque de Heian évolue vers le genre « Kara-e ». Les peintures murales du Kofun de Takamatsuzuka et le portrait de Kichijōten à Yakushi-ji illustrent le style Kara-e. En règle générale, les peintures de l'époque de Nara montrent des sujets religieux et les artistes ne sont pas connus. Pendant cette période, les sculptures sont plus fréquentes que les peintures.
Les mandalas deviennent prédominants dans les peintures du début de l'époque de Heian tandis que le Bouddhisme vajrayāna apparaît avec les sectes Shingon et Tendai aux . L'évolution du Bouddhisme de la Terre pure amène le raigō-zu à se développer en tant que genre dont la caractéristique est de représenter Amida accueillant les âmes des fidèles dans son Paradis de l'Ouest comme le montre une peinture de 1053 exposée dans le bâtiment du Phénix de Byōdō-in. Au milieu de la période de Heian, la peinture chinoise du style kara-e est remplacée par le style japonais classique yamato-e, dans lequel les images sont peintes principalement sur des écrans coulissants et des paravents (byōbu). La pratique consistant à orner les rouleaux portatifs (emakimono) avec des peintures yamato-e prospère à la fin de la période Heian vers 1185. Les exemples de rouleaux portatifs illustrés comptent des romans tels que les « rouleaux illustrés du Dit du Genji », des récits historiques comme le « rouleau enluminé du grand conseiller Tomo no Yoshio » ou des œuvres religieuses telle que « le rouleau des esprits affamés ». Ces genres continuent à être produits durant l'époque de Kamakura de 1185 à 1333. Comme pendant l'époque de Nara, la sculpture reste la forme d'art préférée de l'époque de Kamakura.
Influencée par les dynasties chinoises Song et Yuan, la peinture japonaise monochrome à l'encre appelée « suibokuga » remplace largement les rouleaux peint polychromes. À la fin du , les peintures monochromes de paysages (« sansuiga ») deviennent le genre préféré des peintres zen, évoluant à partir des origines chinoises vers un genre japonais unique. Shūbun, qui a créé « Lecture dans un bosquet de bambous » (1446), et son élève Sesshū, auteur du « Paysage des quatre saisons », sont les prêtres peintres les plus connus de cette période. Comme avec la plupart des premières peintures japonaises, ces œuvres sont créées pour les temples bouddhistes. À la fin de l'époque de Muromachi vers 1573, la peinture à l'encre est sortie des monastères zen pour être pratiquée par les artistes de l'école Kanō.
Contrairement à la période précédente, les peintures de l'époque Azuchi Momoyama (1568–1603) se caractérisent par un style polychrome grandiose faisant largement appel à la feuille d'or ou d'argent. Les peintures à grande échelle sont commandées pour orner les châteaux et les palais des chefs militaires. L'école Kanō, patronnée par la classe dirigeante, est l'école la plus influente de la période et, avec trois cents ans de domination, occupe la plus longue période dans l'histoire de la peinture japonaise. Les tendances des grandes peintures polychromes se prolongent dans l'époque d'Edo (1603–1868). L'école Rimpa, dont les meilleurs représentants sont Tawaraya Sōtatsu et Ogata Kōrin, utilise des couleurs vives pour illustrer des thèmes classiques de la littérature japonaise et de la poésie de l'époque de Heian. Au , les peintures des peintres-érudit amateurs de la dynastie Yuan sont importées au Japon et imitées, entraînant l'apparition du style « Bunjin-ga » ou (« Nanga»). Deux des peintres les plus éminents de cette école sont Ike no Taiga et Yosa Buson.
Statistiques Les cent soixante-sept entrées de la liste comprennent les éléments suivants : quatre-vingt-douze sont des rouleaux suspendus; quarante-et-un des rouleaux portatifs ou emakimono; vingt-quatre des byōbu (paravent) ou peintures sur fusuma (portes coulissantes); cinq sont des peintures murales et trois sont des albums. Deux œuvres, le portrait de Kichijōten et la biographie illustrée du prince Shōtoku, n'entrent dans aucune de ces catégories. Les peintures sont conservées dans des musées, des temples bouddhistes, des sanctuaires shinto, des collections privées, une université et deux se trouvent dans des tombes (Kofun de Takamatsuzuka et Kofun de Kitora). Une grande partie des peintures est exposée dans les musées nationaux de Tokyo, Kyoto et Nara. Les villes abritant le plus grand nombre de peintures désignées « Trésor national » sont Kyoto avec cinquante-et-une d'entre elles, et Tokyo, avec cinquante-et-une d'entre elles dont vingt-huit sont abritées au musée national de Tokyo qui est l'endroit où est réuni le plus grand nombre de peintures classées Trésor national.
Préfecture Ville Trésors nationaux Aichi Nagoya 1 Tokoname 1 Fukuoka Dazaifu 1 Kurume 1 Hiroshima Hatsukaichi 1 Onomichi 1 Hyōgo Kasai 1 Kobe 1 Iwate Hiraizumi 1 Kanagawa Fujisawa 1 Kamakura 4 Yokohama 1 Kyoto Kyoto 51 Uji 1 Maizuru 1 Nara Asuka 2 Heguri 1 Nara 15 Uda 1 Okayama Kurashiki 2OsakaKawachinagano1 Osaka 6 Shimamoto 1 Shiga Hikone 1 Ōtsu 3 Shizuoka Atami 1 Tokyo Tokyo 51 Tottori Chizu 1 Wakayama Kinokawa 1 Mont Kōya 8 Yamagata Yonezawa 1 Yamaguchi Hōfu 1 Yamanashi Kōshū 1 Minobu 1 vignette|300px|alt=La plupart des Trésors nationaux se trouvent dans la région du Kansai et la région de Tokyo, bien que certains soient dans les villes du sud-ouest du Honshū, au nord de Honshū et à Kyushu.|Carte montrant l'emplacement des peintures enregistrées comme trésors nationaux au Japon
Époque Trésors nationaux Dynastie Tang 1Les « Portraits des Sept Patriarches Shingon » (dynastie Tang et époque de Heian), les « Cinq Abhisambodhi » (dynastie Tang et époque de Heian), les rouleaux des « Animaux et humains gambadant » (époques Heian et Kamakura), l'« avènement du Bouddha Amida et des Saints de la Terre Pure » (époques Heian et Kamakura). Tous ces éléments sont comptés deux fois dans ce tableau. Le Trésor national « Portraits des Sept Patriarches Shingon » par exemple apparaît deux fois dans la liste : sous « dynastie Tang » et sous « époque de Heian ». Époque de Nara 5 Époque de Heian 52 Song du nord 3 Song du sud 17 Époque de Kamakura 44 Époque Nanboku-chō 3 Dynastie Yuan 6 Époque de Muromachi 15 Époque Azuchi Momoyama 7 Époque d'Edo 17
Usage Le tableau suivant donne un aperçu de ce qui est inclus dans la liste et comment sont classées les œuvres : Nom : le nom tel qu'il est enregistré dans la base de données des Propriétés Culturelles Nationales. Auteur : nom de l'artiste et - le cas échéant - nom de la personne qui a ajouté une inscription. Remarque : informations sur l'emplacement, la provenance et autres remarques d'ordre général. Date : époque et année; la colonne trie les entrées par année. Si une période seulement est connue, le tri se fait par l'année de début de cette période. Format : principal type de peinture, de technique et dimensions; la colonne trie les entrées par le type principal et, dans certains cas, va plus loin en sous-catégories : album; byōbu (2 section → paire ou simple, 6 section → paire ou simple, 8 section → paire ou simple); rouleau portatif (emakimono ou autre); rouleau suspendu (mandala, portrait, déité, paysage, autre); peinture murale; autre. Emplacement actuel : « nom de bâtiment temple/musée/nom de sanctuaire, nom de ville, nom de préfecture »; le tri des entrées de la colonne se fait par « nom de préfecture, nom de ville, nom de bâtiment (temple/musée/nom de sanctuaire) ». Image : image de la peinture, ou d'une peinture caractéristique dans un groupe de peintures.
Trésors (cette liste est complète à la date du 3 novembre 2025) Nom Auteur Remarques Date Format Emplacement actuel Image 0794Époque de Heian hanging scroll mandalaDix rouleaux suspendus (mandalas), peinture dorée sur papier bleu indigo, Iwate Hiraizumi ChusonjiChūson-ji, Hiraizumi, Iwate alt=A painting in portrait format on blue background. The center is occupied by an 11 storied pagoda. An image of a buddha is seen in the lowest story. The pagoda is surrounded by images of people, deities and landscape.|360x360px Kanō Eitoku 1568Époque Azuchi Momoyama, pas plus tard que 1574 byobu 6sect pUne paire de paravents (byōbu) à six panneaux, encre et couleur sur papier avec fond doré à la feuille d'or, 160.5 cm × 364.5 cm Yamagata Yonezawa Yonezawa Uesugi Museum, Yonezawa, préfecture de Yamagata 150px|alt=A six section folding screen depicting a large number of buildings, people and trees on a gold background. The various elements are disconnected by the gold background which covers the scene like fog.