La stèle de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec est une stèle de l'Âge du fer installée depuis 1948 dans l'enclos paroissial de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec, en Bretagne, en France, et ornée d'un calvaire en pierre sculptée. Trouvée en bordure d'une ancienne voie romaine, il est parfois envisagé qu'elle ait été remployée comme borne milliaire à l'époque gallo-romaine.
Localisation La stèle est située dans le département français du Finistère, sur la commune de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec.
Elle aurait été trouvée au lieu-dit KerarganLocalisé aux coordonnées suivantes . Mais la Carte archéologique de la Gaule indique, comme lieu-dit original, « Peulven » (introuvable sur la carte)., renversée dans un fossé sur la route venant de Plounéour-Ménez, soit à environ au sud-est de son emplacement actuel.
En 1948, elle a été déplacée dans le cimetière nord de l'enclos paroissial de l'église Saint-Eguiner, dans le bourg.
vignette|redresse=1.4|Vue du nord de l'église Saint-Eguiner
Description La pierre est un monolithe de granite à gros grains, tronconique, à quatre faces et pans coupés, haut de Carte archéologique de la Gaule (2010)Louis Pape, dans La civitas des Osismes à l'époque gallo-romaine (1978), indique qu'elle aurait un périmètre, à sa base, de , mais cela ne semble pas possible. On remarque aussi que Jean-Marie Abgrall et Louis Le Guennec (en 1911) reportent une hauteur très inférieure : ..
Sa surface possédait treize cannelures sculptées, estompées aujourd'hui.
Aucune inscription n'y a été relevée.
Histoire La pierre a été signalée avant 1911 par un habitant de Morlaix, M. Livinec, à Jean-Marie Abgrall et Louis Le Guennec (« ce qui parait être une borne romaine »), mais ces derniers ne semblent pas l'avoir observée in situ cette année-là.
La stèle Depuis la publication en 1989 de Marie-Yvane Daire et Pierre-Roland Giot, qui se basent sur la forme et le façonnage de cette pierre, il est admis qu'elle a été dressée lors de l'Âge du fer (soit au ).
En général peu documentés, surtout pour ceux n'ayant aucune décoration, ces monuments sont parfois associés au domaine funéraire. Ils n'ont pas la forme irrégulière des mégalithes néolithiques (plus anciens) et ont été l'objet d'un travail de sculpture, avec débitage, taille et parfois polissage de la surface. On remarque souvent que la partie inférieure, appelée embase, destinée à être sous terre, est brute de tailleVoir, par exemple, les propos de Dominique Frère à propos de La stèle de Rudesse..
Une colonne itinéraire ? Du fait de sa proximité avec la voie romaine attestéeDes fragments de tegulae, des morceaux de briques longeant les voies romaines, ont été observés près de la fontaine, derrière l'église. Cf. Carte archéologique de la Gaule (2010), allant de Carhaix (probable Vorgium) à l'Aber-Wrac'h via Kerilien en Plounéventer (Vorganium ?) en suivant le tracé de la route départementale 111, plusieurs archéologues antiquisants ont supposé que la stèle ait pu être réutilisée à l'époque romaine comme borne milliaireVoir, entre autres, Louis Pape, La civitas des Osismes à l'époque gallo-romaine (1978), p. 58. La borne serait alors devenue anépigraphe avec le temps.
Cette hypothèse n'est toutefois envisagée qu'avec une certaine prudence par la Carte archéologique de la Gaule et est critiquée par certains historiensVoir une critique de ces hypothèses de réemploi antique des stèles protohistoriques, dans Romanisation und Resistenz : in Plastik, Architektur und Inschriften der Provinzen des Imperium Romanum. Akten des VII. internationalen Colloquiums über Probleme des provinzialrömischen Kunstschaffens Köln, 2. bis 6. Mai 2001, sous la dir. de Peter Noelke, Friederike Naumann-Steckner et Beate Schneider, Mainz am Rhein, Ph. von Zabern, 2003, p. 119 (extrait en ligne)..
Le fut d'un calvaire La pierre a été déplacée en 1948, surmontée d'un crucifix et d'un Christ aux liens, ornée de fleurons-boules, pour en faire le fut d'une croix de missionYves-Pascal Castel et al., Atlas des croix et calvaires du Finistère, Quimper, Société archéologique du Finistère, 1980, croix n° 1174 (en ligne)..
Une plaque sur la stèle, portant la mention « Mission 1948 », commémore cette christianisation récente. Si cette dernière a été plus ancienne, rien ne l'indiqueComme supposé, sans référence ou argument, par Le Patrimoine des communes du Finistère (1998)..
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
Patrick Galliou, avec la collab. d'Eric Philippe, Le Finistère, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 2010 ( éd. 1989), (Carte archéologique de la Gaule [Pré-inventaire archéologique], 29)
Marie-Yvane Daire et Pierre-Roland Giot, Les stèles de l'Âge du Fer dans le Léon (Finistère), Rennes, Association des travaux du Laboratoire d'anthropologie-préhistoire, 1989, , (Patrimoine archéologique de Bretagne) .
Louis Pape, La civitas des Osismes à l'époque gallo-romaine [Thèse de doctorat : Lettres : Rennes 2 : 1976], Paris, Klincksieck, 1978, et A-120-A-121 (Institut armoricain de recherches historiques de Rennes, 26) .
Pierre Merlat et Louis Pape, « Bornes milliaires osismiennes », dans Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 36, Rennes, 1956, et planche.
Jean-Marie Abgrall et Louis Le Guennec, « Etude de la Voie romaine et du chemin de pèlerinage des Sept Saints de Bretagne, entre Quimper et Saint-Pol-de-Léon », dans Bulletin archéologique et agricole de l'Association bretonne, 30, Saint-Brieuc, Association bretonne, 1912, , n. 1 (en ligne).
Guide Le Patrimoine des communes du Finistère, sous la dir. d'Anita Six, avec la collab. de Jérôme Le Bel, Charenton-le-Pont, Flohic éd., 1998, 2 vol. (Le patrimoine des communes de France, 29) (en ligne).
Voir aussi Articles connexes Liste des monuments historiques du Finistère Liste des bornes milliaires de France protégées aux monuments historiques
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