Sherlock Holmes est une pièce de théâtre en quatre actes écrite par William Gillette et créée en 1899 à New York. La pièce raconte une nouvelle enquête du détective Sherlock Holmes, dont certaines séquences sont inspirées d'aventures du canon holmésien, notamment Un scandale en Bohême, Le Dernier Problème et Une étude en rouge. Le détective Sherlock Holmes est joué par William Gillette lors des premières représentations.

L'accueil critique de Sherlock Holmes est très favorable et la pièce est représentée à de nombreuses reprises dans différents pays pendant plusieurs décennies. L'œuvre a par la suite été adaptée au cinéma, à la radio, à la télévision et en bande dessinée.

Traduite par Pierre Decourcelle, la pièce est publiée en français en 1907 aux éditions Pierre Lafitte. Cette traduction diffère sensiblement de la version originale : certains personnages changent de nom, la pièce est redécoupée en cinq actes et propose une fin différente de celle d'origine, s'inspirant de La Maison vide.

Cette pièce de théâtre n'étant pas écrite par Arthur Conan Doyle, elle n'est pas considérée comme faisant partie du canon holmésien. Néanmoins, elle y est rattachée de manière étroite, puisque le créateur de Sherlock Holmes en a impulsé le projet, en a validé la qualité finale, et se trouve mentionné pour cette raison comme coauteur de la pièce. Selon Jean-Pierre Croquet : .

Trame Personnages , utilisant le faux nom « » (version française : James Orlebar, utilisant le faux nom « Murray ») : maître de maison et petit malfaiteur. Décrit comme un homme grand aux cheveux noirs, bien bâti, au visage sévère, habillé avec une certaine élégance. (version française : Madge Orlebar) : femme de James Larrabee. Décrite comme une belle femme aux cheveux noirs et à la tenue recherchée, mais au visage sévère. (version française : Benjamin Forman) : maître d'hôtel des Larrabee. Tenue irréprochable. (version française : Alice Brent) : jeune fille habitant chez les Larrabee. Belle jeune fille portant des marques de mauvais traitements physiques sur les bras. (version française : Mistress Brent) : mère d'Alice, habitant chez les Larrabee. Cheveux blancs, robe noire en lambeaux. : femme de chambre d'Alice. Joli visage, française. (version française : John Bribb) : bricoleur et petit criminel, connaissance des Larrabee. Homme de petite taille, désinvolte et alerte, portant plusieurs bagues voyantes. : détective privé. Porte une robe de chambre à son domicile. : groom du détective. : ami du détective. (version française : John) : valet de chambre de Watson. : ennemi de Sherlock Holmes. Apparence semblable à la description dressée dans Le Dernier Problème. : bras droit du professeur Moriarty. Homme âgé d'une quarantaine d'années, cheveux noirs, bien bâti, alerte, regard « sinistre ». , et (version française : Fletcher, Jarvis et Fitton) : hommes de main de Moriarty. et (version française : comte Stalhberg et baron d'Altenheim) : aristocrates. Attitude guindée et tenue irréprochable.

Intrigue thumb|upright=0.8|alt=Affiche couleur James Larrabee présente Sherlock Holmes à sa femme.|James Larrabee présente Sherlock Holmes à sa femme. Contexte : James et Madge Larrabee sont un couple de petits malfaiteurs. En voyageant sur le continent, ils ont rencontré Alice Faulkner, une jeune fille de bonne famille très affectée par le récent suicide de sa sœur. La sœur d'Alice s'est suicidée de détresse à la suite d'une liaison cachée et brutalement terminée avec un homme de la très haute noblesse allemande ayant refusé le mariage. Des lettres d'amour ont été échangées entre les amants pendant leur liaison, et Alice a récupéré la correspondance compromettante. Le souhait d'Alice est de venger sa sœur en envoyant ces lettres à la future femme du dignitaire allemand pour créer un scandale. Le couple Larrabee, mis dans la confidence, a préféré élaborer un plan pour s'emparer des lettres et les revendre à un prix élevé à la famille du dignitaire. Ils ont ainsi offert l'hospitalité à Alice dans leur domicile londonien en simulant la compassion, de manière à disposer facilement des lettres. Acte I : Lorsque le rideau se lève, les Larrabee essaient de reprendre les lettres enfermées dans le coffre du salon, mais la combinaison a été changée par Alice. Sidney Prince, une connaissance de James Larrabee, parvient à ouvrir le coffre, mais celui-ci est vide : Alice a déjà récupéré les lettres. James Larrabee menace sans résultat la jeune fille pour qu'elle révèle sa cachette. Sherlock Holmes, contacté par la famille du dignitaire allemand pour racheter les lettres, arrive alors au domicile des Larrabee. Le détective fait croire à un départ d'incendie dans la maison, engendrant chez Alice un mouvement instinctif vers une chaise du salon. Holmes inspecte l'étoffe de la chaise en question et y trouve les lettres cachées par la jeune fille. Cependant, conscient qu'Alice pourrait l'attaquer en justice pour vol, le détective préfère rendre les lettres à la jeune fille, gagnant ainsi la confiance de cette dernière avant de repartir. James Larrabee se rend compte qu'il lui est inutile d'essayer de s'emparer des lettres d'Alice pour les revendre lui-même : la vente avec la famille du dignitaire doit forcément se faire par l'intermédiaire de Holmes. Acte II (version française) / Acte II, scène 1 (version originale) : L'action se déroule dans le cabinet du professeur Moriarty. Ce dernier s'entretient avec Alfred Bassik, son bras droit, et remarque que Sherlock Holmes vient fréquemment contrecarrer ses projets criminels. Sidney Prince et le couple Larrabee viennent au cabinet pour informer Bassik et Moriarty que Sherlock Holmes est intervenu dans leur demeure pour l'affaire des lettres. Moriarty décide de s'intéresser à son tour à cette affaire pour s'approcher de Sherlock Holmes et le tuer. Il ordonne à Madge Larrabee de rédiger de fausses lettres semblables à celles d'Alice, et ordonne à James Larrabee de confectionner une invitation destinée à Sherlock Holmes pour le faire venir le soir même dans un lieu où on lui tendra une embuscade. Une fois les ordres donnés, Moriarty décide de se diriger vers le domicile de Sherlock Holmes à Baker Street pour essayer de l'éliminer dès l'après-midi.

thumb|left|upright=0.8|alt=Affiche couleur Le groom Billy avec les vêtements déchirés.|Ses vêtements déchirés, le groom Billy échappe aux hommes de main de Moriarty. Acte III (version française) / Acte II, scène 2 (version originale) : L'action se situe au 221B Baker Street, résidence de Sherlock Holmes. Le détective révèle au docteur Watson qu'il est conscient d'être la nouvelle cible du professeur Moriarty. Forman (maître d'hôtel des Larrabee travaillant pour Holmes) arrive au 221B pour informer le détective que Madge Larrabee a commencé à confectionner un paquet de fausses lettres, preuve qu'un piège va lui être tendu. Le groom Billy apporte à cet instant à Holmes la missive de James Larrabee lui proposant un rendez-vous le soir même pour procéder à la vente des lettres. Holmes sait pertinemment qu'il s'agit d'un piège mais décide néanmoins de jouer le jeu et répond en acceptant le rendez-vous. Tous les personnages sont appelés individuellement au-dehors et quittent l'appartement de Holmes. Le détective comprend un peu tard qu'il s'agit d'une manœuvre de Moriarty pour dégager l'accès du 221B. Moriarty entre effectivement au 221B armé d'un pistolet, mais Holmes (lui-même armé) parvient à lui faire poser son arme sur la table. Le détective appelle son groom Billy (revenu de l'extérieur après avoir souffert des hommes de main de Moriarty) pour que celui-ci s'empare d'un second pistolet dissimulé par Moriarty. Ce dernier parvient néanmoins à récupérer son arme posée sur la table et tire à plusieurs reprises sur Holmes. Les coups partent à blanc car Holmes avait déchargé le pistolet de son ennemi. Entièrement désarmé, Moriarty repart du 221B en sachant qu'une autre occasion d'éliminer le détective se présentera le soir même.

thumb|upright=0.8|alt=Affiche couleur Sherlock Holmes fumant un cigare dans la Chambre du Sommeil.|Sherlock Holmes fumant un cigare dans la « Chambre du Sommeil ». Acte IV (version française) / Acte III (version originale) : L'action se déroule à la « Chambre du Sommeil » (), une bâtisse donnée comme lieu de rendez-vous à Holmes. Trois hommes de main de Moriarty attendent l'arrivée du détective. Moriarty vient inspecter le lieu et laisse comprendre que Sherlock Holmes devra être enfermé dans la pièce, puis intoxiqué au gaz. Avant cela, une discussion doit avoir lieu entre James Larrabee et Holmes pour lui faire acheter le paquet de fausses lettres réalisées par Madge Larrabee. Les hommes de main de Moriarty se cachent dans la pièce et Larrabee attend Holmes. À la stupéfaction générale, c'est Alice qui arrive dans la pièce : celle-ci a suivi James Larrabee en fiacre. La jeune femme est immédiatement maîtrisée par les hommes de main qui l'enferment brutalement dans un placard du fond de la pièce. Une fois la situation maîtrisée, Sherlock Holmes entre à son tour. Le détective remarque immédiatement qu'une intoxication au gaz est prévue étant donné le calfeutrage du lieu. Néanmoins, Holmes joue le jeu de ses adversaires en marchandant le prix des lettres qui s'échangent contre . Holmes laisse alors entendre que le placard du fond est suspect, et libère Alice. Cette libération déclenche l'arrivée des hommes de main qui s'apprêtent à saisir Holmes. Alice affirme qu'elle est prête à mourir avec Holmes plutôt que de l'abandonner. Holmes fait alors tomber la seule lampe qui éclaire la scène, désormais plongée dans l'obscurité. Dans la confusion créée, et en faisant une diversion grâce à la lumière d'un cigare, Holmes parvient à s'échapper avec Alice en enfermant dans la pièce leurs quatre adversaires. Acte V, premier tableau (version française) / Acte IV (version originale) : Le dernier acte se déroule au cabinet du docteur Watson et la version originale diffère fortement de la version française. Les deux versions commencent de la même manière : Watson reçoit la visite de Sidney Prince, qui lui fait croire à un mal de gorge pour avoir le temps de vérifier si Holmes se trouve chez le docteur. Watson se rend compte du jeu de Sidney Prince et lui ordonne de quitter son cabinet.