L'opération Vitebsk-Orcha (en , Vitebsko-Orchanskaïa nastoupatelnaïa operatsia) est le premier choc de l'offensive stratégique en Biélorussie de l'Armée rouge, menée durant l'été 1944 contre les troupes de la Wehrmacht et dénommée opération Bagration.

Son objectif était de percer la ligne de défense allemande au nord d'Orcha, sur la Panzer Armee et le flanc nord de la allemande, en direction des villes de Vitebsk et d'Orcha. L'attaque fut l'œuvre du premier front de la Baltique et du troisième front biélorusse. Elle fut couronnée de succès sur la Bérésina.

Place dans l'opération générale

Il s'agissait de percer l'aile gauche du Groupe d'Armées Centre, dans le secteur de la Armée blindée allemande parallèlement au premier front de la Baltique et au troisième front biélorusseou selon Paul Carell, Front de Russie blanche. L'attaque portait sur Armée Blindée et le flanc nord de la armée allemande.

Plan d'opérations

Objectifs opérationnels Les objectifs immédiats de l'offensive soviétique étaient les suivants : percer à travers les défenses de la Armée Panzer allemande au nord et au sud de la ville de Vitebsk en vue de l'encercler et de réduire le saillant du front allemand dans les lignes soviétiques ; percer à travers la ligne lourdement fortifiée autour de la route principale Moscou-Minsk et libérer la ville d'Orcha ; engager une exploitation des forces motorisées / cavalerie à travers la brèche ouverte une fois la route contrôlée et nettoyée, ouvrant une voie à un encerclement majeur de la armée allemande dans l'offensive de Minsk.

Compréhension soviétique Les renseignements militaires russes avaient révélé la profondeur des défenses allemandes sur la route Moscou - Minsk près d'Orcha. Le résultat fut que l'attaque de Galitsky Armée de la Garde dans ce secteur fut précédée par l'action d'unités de génie spécialisées ; des du blindé du génie furent engagés tout au long de l'assaut avec des compagnies et régiments de fusiliers d'assaut en plusieurs vagues contre les positions de la 78e Sturm-Division fortifiées et lourdement minées.

Forces en présence Wehrmacht

Armée Panzer (général d'armée Georg-Hans Reinhardt) corps d'armée (général Rolf Wuthmann) LIII corps d'armée (général Friedrich Gollwitzer) corps d'armée (général Georg Pfeiffer) Flanc nord de la armée (général Kurt von Tippelskirch) d'armée (général Paul Völckers) Réserve : division d'infanterie, de sécurité

Les villes de Vitebsk et Orcha avaient été déclarées « places fortes » (Fester PlatzUne aberration d'Hitler qui relevait d'une ancienne stratégie de la Première Guerre mondiale.) à tenir à tout prix, sous commandement de Gollwitzer (Vitebsk) et du général Traut du d'armée Sturm-Division (Orcha).

Les unités ci-dessus étaient sous commandement général du Groupe d'armées Centre et du Feld-maréchal Ernst Busch.

Armée rouge Premier front de la Baltique (général Hovhannes Bagramian) de choc de la Garde

de l’Air Troisième front biélorusse (général Ivan Tcherniakhovski) armée de la Garde (général Kouzma Galitski)

blindée de la Garde (général Pavel Rotmistrov) de l’AirC'est à cette armée que fut rattaché l'escadron de chasse français 2/30 Normandie-Niemen sous l'autorité du général Zakharov.

Le maréchal Alexandre Vassilievski fut désigné pour coordonner les opérations des deux fronts concernés.

L'offensive vignette|Soldats du 881e régiment de fusiliers de la 158e division combattant dans le secteur de la gare de Vitebsk.

En direction de Vitebsk Situation initiale Le flanc nord du Groupe d'Armées centre était défendu par la Panzer Armee sous le commandement de Georg-Hans Reinhardt. Les lignes couraient à travers un terrain marécageux, à travers un saillant, des redans et des poches autour de la ville de Vitebsk, dans le secteur nord de l'autoroute Moscou–Minsk, tenues par la allemande. Il était opposé au premier front de la Baltique d'Hovhannes Bagramian et au troisième front biélorusse de Tcherniakhovski, à qui avait été confiée la tâche de percer les défenses au nord et au sud de Vitebsk et de réduire le saillant.

C'est dans ce secteur que les forces soviétiques avaient leurs plus grands gains initiaux. La soviétique brisa les défenses du d'armée allemand au nord de Vitebsk, dans les quelques heures, poussant en avant vers la rivière Duna. Au sud de la ville, le d'armée, la et la d'infanterie allemandes disparurent devant un assaut soviétique impossible à contenir, avec une rupture effective mené par la soviétique à la jonction des secteurs des et d'infanterie. Le , les positions allemandes sur Vitebsk même, tenues par les quatre divisions centrales du d'armée allemand étaient sérieusement menacées car les forces soviétiques tentaient clairement d'encercler la ville et qu'aunes réserves n'étaient disponibles pour remettre à flot les défenses effondrées. Les demandes pour retirer des forces allemandes des secondes lignes de défense (la ligne Tigre) étaient refusées par l'Oberkommando des Heeres (OKH).

L'attaque

La percée est obtenue dès le , au moyen d'une coordination interarmes soviétique inédite dans les dispositifs offensifs de l'Armée rouge et propice à la désintégration du front allemand.

Le , la Panzer Armee fut désintégrée. Dans le nord, le corps d'armée allemand était brisé et jeté hors de la rivière Duna, faisant sauter les ponts pendant sa retraite. Dans le sud, le gros du corps avait été anhihilé et ses divisions au sud (la d'infanterie et la d'infanterie allemandes) avaient été isolées du reste de la Panzer Armee par les attaques lourdes autour de Bogouchevsk., où ils tentèrent de marquer le pas sur la ligne Hessen, la troisième ligne de défense. Les 43 et s soviétiques convergeaient derrière Vitebsk, emprisonnant la totalité du LIII Corps. Son commandant, Friedrich Gollwitzer, avait transféré la de terrain de la Luftwaffe au sud-est de la ville de façon à être le fer de lance d'une percée, tandis que le d'infanterie (Volskgrenadiers) tentait de tenir ouverts les ponts de la Dvina. Cependant, l'Oberkommando des Heeres (OKH) refusa toutes les demandes d'une évacuation totale : la d'infanterie allemande se vit intimer l'ordre de tenir la ville et de combattre jusqu'au dernier homme.

Les plans soviétiques dans ce secteur rejoignirent le succès triomphal. la de terrain de la Luftwaffe fut morcelée et détruite par la dans la soirée du . Dans les derniers jours, le d'infanterie et le de terrain de la Luftwaffe combattirent leur chemin le long de la route de Vitebsk, étaient également encerclés. Hitler insista sur le fait qu'un officier d'état-major avait été parachuté dans Vitebsk pour rappeler à Gollvitzer qu'il ne devait pas se replier. Le commandant de la Armée Panzer, Reinhardt, n'était pas capable de faire revenir Hitler sur cette décision en étant parachuté chez lui si Hitler maintenait cet ordre. Dans la soirée les forces soviétiques poursuisaient leur route en combattant dans la ville et Gollwitzer finalement ordonna à la garnison de se replier, défiant les ordres de l'OKH.

Recul allemand Le , les du LIII Corps ont été en majorité tués ou faits prisonniers. Un groupe de plusieurs centaines d'hommes de la de terrain de la Luftwaffe tenta une percée mais fut liquidé dans les forêts à l'ouest de VitebskLes notes soviétiques données par Glantz () disent que ce groupe fut intercepté d'abord par la de fusiliers au lac Sarro le 26 juin et fut finalement détruit près de Iakoubovchina le 27 juin.. Les restes du corps firent retraite à l'ouest, tombant ensuite à Polotsk sur la Armée de la Garde en poursuite : le fut aussi largement détruit.

Succès soviétique

La ville de Vitebsk, saillant allemand, est rapidement encerclée, dès le , au terme d'une manœuvre d'encerclement, qui est menée en dépit des contre-attaques allemandes. À l'intérieur de la poche, les unités allemandes sont gênées par les attaques aériennes soviétiques, dans leurs déplacements, dans leur concentration comme dans leur tentatives de percée le .

La réduction de la poche a causé la mort de allemands et la reddition de , dont le commandant de la poche, le général Gollwitzer.

La Panzer Armée avait été éparpillée en quelques jours et Vitebsk libérée : plus significativement, une grande brèche avait été creusée dans les lignes allemandes au nord de la dans le précédent du secteur du corps.

Autour d'Orcha Situation initiale Le secteur central des opérations soviétiques était contre le long front de la allemande qui était sous le commandement général de Kurt von Tippelskirch. Les plans soviétiques visaient le gros de ces forces, le corps de blindés et le d'arméeallemands, encerclés selon ce qui était prévu après avoir été cloués au sol par les attaques du Front biélorusse en parallèle avec l'offensive Mohilev. De loin, le plus important des objectifs soviétiques était immédiatement le nord. La route principale Moscou–Minsk et la ville d'Orcha, que l'aile gauche du Front biélorusse de Tcherniakhovski avait reçu l'ordre de prendre. Une percée dans cette zone contre le Général Paul Völckers, d'armée allemand formerait la branche nord de la pince de l'encerclement prévu pour détruire la armée allemande. La route de Minsk était protégée par des travaux de défense étendus défendus pas la LXXVIII division d'infanterie allemande, une unité spécialement renforcée par de l'artillerie supplémentaire et des canons d'assaut. Orcha même était désignée comme une place forte (Fester Platz) ou point fortifié sous le commandement de la LXXVIII division d'infanterie, avec la Divisionde Panzergrenadier allemande qui tenait les lignes au sud. Le résultat des fortes défenses installées dans ce secteur était que les plans soviétiques inclurent l'engagement d'unités du génie lourdement armées (chars rouleurs de mines) pour assistance à une percée.

L'attaque La Armée de la Garde soviétique de Galitsky attaque vers Orcha le mais son avance est réduite à une profondeur , en raison des contre-attaques et des tirs d'artillerie allemands. Le jour suivant, les Soviétiques ( de fusiliers de la Garde) furent capables de percer à travers les lignes allemandes dans une région marécageuse faiblement tenue au nord de la Sturm Division, qui reçoit l'ordre de reculer sur la ligne "Hessen", la troisième ligne de défense. Elle était en train de combattre pour garder le contact avec la Division de Panzergrenadiers allemande au sud.

Tcherniakhovski, encouragé par les progrès de la des fusiliers de la Garde, poussa des forces d'exploitation mixtes cavalerie / mécanisées dans la brèche des lignes allemandes. Le , les défenses commencèrent à céder. Une contre-attaque à Orekhovsk échoua.

Recul allemand La position de Volcker fut affaiblie par le quasi-effondrement du Corps de la Panzer Armée, immédiatement au nord. À le , le Corps qui avait été coupé de sa formation mère, fut réaffecté à le Armée. Une partie des réserves, la division d'infanterie allemande, fut amenée pour tenter de ralentir l'avance soviétique au nord d'Orcha Vers minuit, cependant, la Armée de la Garde soviétique avait brisé les restes du Corps sur la ligne 'Hessen' et la situation de la Sturm Division devenait intenable. Le vit les forces allemandes en retraite. Les forces soviétiques du Corps blindé de la Garde soviétique, appuyées par une aviation puissante purent pousser sur la route au-delà de Minsk rapidement, avec une force auxiliaire qui perça pour encercler Orcha, défendue par un bataillon de cyclistes,qui fut libérée dans la soirée du .