Marie Germain Christian Bruneau, né le à La Rochelle, mort le à LyonArchives municipales de Lyon, arrondissement, année 1953, acte de décès , cote 2E3379, est un général français pendant la Seconde Guerre mondiale.
Biographie Enfance et formation Il est fils du lieutenant-colonel Auguste Bruneau (1836-1906), futur général de brigade d'infanterie, et de Louise-Élisabeth Berthelin. Venant de l'école Saint-Bernard (de Troyes), il passera son baccalauréat Lettres-Mathématiques devant la Faculté de Dijon avec la mention Bien Il est précisé dans l'article qu'il habitait alors à Courtenot.. Christian Bruneau fait partie de la promotion de l'école de Saint-Cyr "La Tour d'Auvergne" 1903-1905 et en sort sur 524 élèves. Il sera affecté comme sous-lieutenant au régiment de tirailleurs algériens Pour l'entrée à Saint-Cyr, il avait été classé 56e sur 330 élèves. Le journal mentionnera «M. Christian Bruneau est le fils du sympathique général Bruneau, en retraite à Courtenot.». En 1907, après avoir épousé Marguerite-Marie-Pauline-Eugénie Ducurtyl, il est nommé dans un bataillon de marche qui part au Maroc, récemment occupé par l'armée française. Il y combat à Sidi-Moumen et sa conduite lui vaut d'être promu au grade de lieutenant le octobre de la même année. Il combattra à nouveau au Maroc à Rfakha le .
De retour en France, il sera affecté en au régiment d'infanterie de ligne. Après un premier échec, il est reçu à l’École de Guerre en 1912 et se retrouve ensuite affecté au régiment d'infanterie pour des stages puis au régiment d'infanterie en 1913.
Première Guerre mondiale Avec l'entrée en guerre, il se retrouve affecté au de l'État-major du régiment d'infanterie. Il est rapidement nommé capitaine (provisoire en septembre puis définitif en ). Il s'illustre aux combats de Guinchy et affaires de Quennevières et se retrouve cité à l'ordre du corps armée. Ayant été officier de la promotion de l’École de Guerre au moment de l'entrée en guerre, il bénéficie de la loi du délivrant automatiquement le brevet d'État-major.
Le , c'est à l'ordre de la armée qu'il est cité après «son zèle inlassable... et son mépris absolu du danger» après la bataille de la Somme. Le , il est fait chevalier de la Légion d'honneur. Le , il devient chef du bureau des liaisons du Grand Quartier Général et passe ensuite au bureau en .
Entrée dans l'arme blindée
Le , le capitaine d'État-Major Christian Bruneau fait son entrée dans l'arme blindée en étant affecté au régiment de chars de combat comme adjoint tactique du chef de corps Clayeux. Ce régiment combattra à Villers-le-Sec et la conduite du capitaine Bruneau y sera remarquée avec une nouvelle citation à l'ordre de l'armée ( armée) décernée après la fin de la guerre, le , avec la mention qu'il « s'est particulièrement distingué à l'attaque de Villers-le-Sec ».
Entre Deux Guerres
19e bataillon de chars légers Un mois plus tard seulement, il est nommé à la tête du bataillon de chars légers. Il est noté à ce moment-là comme quelqu'un de très susceptible notamment de la part de ses subordonnés mais il «a su ramener la confiance chez ses subordonnés. Il n'a qu'un défaut, c'est celui d'être beaucoup trop susceptible vis-à-vis de ses inférieurs». Il découvre l'intérêt de cette arme et se fait remarquer par le général Estienne qui le fait nommer à l'État-major des chars le .
Le , il est nommé au régiment d'artillerie spéciale à Versailles comme professeur adjoint de tactique générale et d'infanterie au cours pratique d'artillerie d'assaut. Le , il se retrouve détaché au ministère de la Guerre à la sous-direction de l'artillerie spéciale. Il y sera chargé de la liquidation de l'artillerie d'assaut du Grand Quartier Général. Le , c'est à la section des chars de la direction de l'infanterie qu'il est affecté.
Chef de bataillon Peu après sa nomination au grade de chef de bataillon, le , il suit pendant un peu plus d'un an les cours de l'École Supérieure technique de l'artillerie. Il en sortira le sur 32 et deviendra un des premiers officiers doublement diplômé d'un brevet technique et d'un brevet d'État-major. Peu avant sa sortie, il est détaché de l'arme blindée pour suivre durant une année un stage à l'atelier de construction de Puteaux.
Le , il est nommé commandant d'un bataillon du régiment de chars de combat de Versailles.
Fin , il est impliqué dans un accident de la route mortel lorsqu'il renverse le courtier en bijoux Louis Legout, le tuant sur le coup À l'époque, le chef de bataillon demeurait 29 rue de l'Université à Paris.
Enseignant à l'École de guerre
Le , à la fin de son temps de commandement, il est nommé professeur stagiaire à l’École supérieur de guerre. Il y enseigne la tactique générale et d’État-major. Christian Bruneau obtient le grade de lieutenant-colonel le à l'âge de 46 ans. Il est instructeur à l'école supérieure de guerre de 1930 à 1934. Il est fait officier de la légion d'honneur le . De décembre 1934 à 1935, il travaille au Centre des hautes études militaires. Il y est très bien noté par le général Bineau qui voit en lui quelqu'un qui a l'étoffe pour prendre un commandement plus élevé.
Commandant d'un régiment de chars
Le , il devient colonel et prend le commandement du régiment de chars de combat jusqu'au mais reste tout de même maintenu en surnombre au régiment. Ce régiment devait recevoir les trente premiers chars B1. Il travaille ensuite à l'Institut des hautes études de Défense nationale jusqu'au .
Seconde Guerre mondiale
A la tête d'une brigade blindée Il dirige ensuite la brigade blindée du au en remplacement du général Delestraint qui part à la retraite. Il prend à cette date le commandement des unités blindées de la armée française jusqu'en avec sous ses ordres le RCC et le RCC du colonel de Gaulle. Les deux hommes partagent la même foi dans l'arme blindée, mais leur approche génère un antagonisme très net : l'aspect technicien et tacticien du général Bruneau s'oppose au caractère théoricien et peu intéressé des questions mécaniques du colonel de Gaulle. Entre-temps, il est promu général de brigade le ..
Chef de la 1re division cuirassée Le , le général Bruneau prend le commandement de la cuirassée nouvellement constituée, encore en formation lors du déclenchement de la bataille de France. Il manque l'occasion de participer à la contre-attaque contre la Panzerdivision de Rommel le lorsque celle-ci était vulnérable. L'ordre d'attaquer lui parvient avec retard et incomplet et dans une situation défavorable jugée comme intenable par le général Bruneau qui déjà savait avoir à sacrifier son unité, notamment par l'absence du soutien de l'infanterie. Puis, quand il fait mouvement, les routes sont encombrées et ralentissent la progression. L'hésitation du haut commandement dans le déploiement est confirmée par le général Dufieux . Le général Bruneau doit ensuite attendre pour ravitailler, car il a placé ses camions-citernes tout à l'arrière de sa division Julian Jackson, The Fall of France: The Nazi Invasion of 1940, Oxford University Press, 2004, .Dominique Lormier, La bataille de France au jour le jour, Le Cherche-midi, 2011. comme le prescrivait alors le règlement, malgré ses demandes de remorques permettant de transporter le carburant, ce qui s'est révélé être une erreur stratégique que l'on peut imputer à la doctrine militaire de l'époque.
Toutefois, l'origine de cette erreur peut être trouvée dans l'échange suivant : le , il donne au colonel Sandrier les ordres "de n'engager le 37e bataillon sur Saint Gérard que si la chose apparaît comme absolument nécessaire et de régler la mise en route des autres éléments de la division, 3ème brigade en tête". Il rajoute être "à peu près certain que cette dernière recommandation a été faite, au moins dans l'esprit, si ce n'est dans la forme indiquée, mais la chose ne peut être affirmée". De son côté, le colonel Sandrier indique " l'ordre donné à 13h30, que je n'ai jamais eu entre les mains, précisait, autant que mes souvenirs sont exacts, les conditions de mouvement du reste de la division et, en particulier, du ravitaillement en essence. J'ai assisté à la dictée de la fin de cet ordre, en ai pris très rapidement connaissance, et suis parti avec l'avant garde; je n'avais donc pas à intervenir dans la mise en route des autres éléments de la DCr au moins avant le premier bond". Le général Bruneau fait donc mouvement persuadé que ses éléments de ravitaillement vont le suivre et son adjoint fait mouvement également de son côté sans ces éléments.
Bataille de Flavion
Lors de la bataille de Flavion, le lendemain , la moitié de sa division ne peut pas manœuvrer, par manque d'essence. Il s'organise cependant en défense et réussit à mettre hors de combat mais les siens sont finalement anéantis, plus puissants mais moins bien dirigés à cause de la faiblesse des communications radio françaises et n'ayant pas de canons antiaériens. ni le soutien de l'aviation, et beaucoup d'entre eux se trouvant immobilisés, en panne d'essence. À l'issue de ses combats à Flavion, la division cuirassée a perdu environ 100 chars, le BCC est anéanti et il ne reste plus qu'une compagnie aux et BCC. De leur côté les Allemands ont perdu entre 60 et 100 chars, 20 automitrailleuses et 20 canons antichars. Sa division est anéantie André Beaufre, Le drame de 1940, Plon, 1965, ..
Prisonnier de guerre Le général Bruneau est fait prisonnier quelques jours plus tard., le . Il est transféré au camp Oflag IV-B situé dans la forteresse de Königstein d'où il réussit à s'échapper pour y être retourné toutefois après avoir été recapturé près de la frontière suisse. Dès son arrivée en prison, il récupère des fils de fer barbelés pour en faire des cordages et descendre les falaises de 40 mètres entourant la forteresse. Il réalise des faux papiers en imitant à la main des caractères de machine à écrire. Il transforme une couverture en manteau "prince-de-galles" et recouvre un uniforme démilitarisé de coups de stylo. Chaque jour, il économise une part de sa ration pour constituer des réserves. Il réussit également à se procurer les horaires de train entre Königstein et Bâle. Il s'évade le avec l'aide de deux camarades qui l'aident à descendre. Il prend le train à la gare et rejoint la frontière suisse 2 jours plus tard. Il cherche à se mêler aux travailleurs allemands passant la frontière. Le train a du retard, ce qui permet à la police de diffuser son signalement. Il est interpellé sur le quai et ramené à Königstein. Au soir du , lors d'une halte à Fribourg, il est logé dans un hôtel en ayant fait valoir son rang de général. Il profite d'un instant d'inattention des gardes pour fermer la porte de sa chambre, sauter par la fenêtre. Il chute de plusieurs mètres, traverse une verrière et se fracture le bassin, le bras et un talon. Après trois mois d'hospitalisation à Fribourg, il est renvoyé à la forteresse de Königstein.
Libéré par les Alliés à la fin de la guerre le , il rentre en France le . Il est placé dans le cadre de réserve le , après sa permission. Il quitte alors l'Armée et rejoint sa famille à Lyon.
1945 à 1953