Ribemont est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.
Géographie Description
Ribemont est un bourg rural picard du Vermandois situé dans la vallée de l'Oise.
Il se trouve à au sud-est de Saint-Quentin, au nord-ouest de Laon et au sud-ouest de Hirson. Desservi par la RD 13, il est facilement accessible depuis l'ancienne route nationale 29 à Origny-Sainte-Benoite.
La ligne du chemin de fer de Saint-Quentin à Guise traverse la commune mais n'accueille qu'un faible trafic de fret et occasionnellement un train touristique.
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le canal de la commune de Mézières-sur-Oise, le canal de la Sambre à l'Oise, l'Oise, le canal du Moulin, le cours d'eau 01 de la commune de Ribemont, l'Oise, divers bras de l'Oise.
Le canal de la commune de Mézières-sur-Oise est un canal, chenal non navigable de qui prend sa source dans la commune dedans la commune de Origny-Sainte-Benoite et se termines à Alaincourt, après avoir traversé .
L'Oise prend sa source en Belgique, à , dans l'ancienne commune de Forges et se jette dans la Seine à 20 mètres d'altitude, au Pointil en rive droite et en aval du centre de Conflans-Sainte-Honorine dans le département des Yvelines. D'une longueur , elle est presque entièrement navigable et bordée de canaux sur .
Le bras de Oise, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Châtillon-sur-Oise et se jette dans l'Oise (rive gauche) à Achery, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de RibemontLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : les Lèches ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Fontaine-lès-Clercs à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Ribemont est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Quentin, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (92,4 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (88,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (72,9 %), prairies (9,7 %), zones agricoles hétérogènes (7,6 %), zones urbanisées (5,8 %), cultures permanentes (2,2 %), forêts (0,9 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,9 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom du bourg apparaît pour la première fois en 1083, sous la dénomination de Ribaudimons puis Ribotmons, Ribelmont, In teritorium de Ribemont, Ribomont en 1183 dans un cartulaire de l'abbaye de Saint-Michel. Le nom variera ensuite en fonction des différents transcripteurs : Ribaudimont, Ribuaumont, Ribomont, Ribbemont, Ribeumont, Ribedimons, Rebemont, Riblemont et enfin l'orthographe actuelle Ribemont sur la carte de Cassini au milieu du ..
Plusieurs hypothèses sont avancées sur l'origine du nom de la commune. Parmi lesquelles : Ribemont aurait été au un établissement de Francs ripuaires (Francs rhénans) ; la topographie de la commune, dont le centre ancien est situé sur une colline au bord de l'Oise, d'où l'ancien nom Ripemons signifiant « mont au bord d'une rive »Charles Gomart, Histoire de Ribemont, éd. Res Universalis, .
Histoire Découvertes archéologiques La situation géographique stratégique de la ville laisse supposer que la ville dut être un oppidum gaulois. Aux , des vestiges ont pu retracer une partie de l'histoire de Ribemont : des haches celtiques dont une en silex blanc attestent le séjour des CeltesMusée de Picardie, pièce , catalogue de 1848. ; des sépultures franques trouvées à la ferme de la Grande Cense ; époque gallo-romaine : pièces de monnaie gauloises. Les cinq siècles d'occupation romaine sont certifiés par la découverte d'un vase de verre blanc (conservé au musée de Picardie) et un mur en petit appareil au niveau de l'ancien château de Ribemont.
Moyen Âge En 685, Constantin est le premier châtelain de RibemontDom Lelong, Histoire du diocèse de Laon, . Ce seigneur avec son épouse Francigène donnent naissance à saint Rigobert qui deviendra archevêque de Reims.
vignette|redresse|Reliquaire de saint Germain dans l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Les reliques de saint Germain de la Bresle sont abritées dans un premier temps dans l'église du château en 882 lors d'une incursion normande. Au siècle la chapelle Saint-Germain fut édifiée pour accueillir les reliques.
En 880, les rois carolingiens Louis le Jeune, et y signent le traité de Ribemont. Un second traité y sera signé en 1178 entre les fils du duc pour le partage de l'héritage.
Époque moderne vignette|gauche| Carte de Cassini du secteur (vers 1750).
La carte de Cassini montre qu'au , Ribemont est un bourg fortifié situé sur la rive gauche de l'Oise. Un moulin à eau est symbolisé par une roue dentée. Le bourg était relié aux villages des environs par cinq routes empierrées.
Au sud, Saint-Denis était un hameau dont le nom est rappelé de nos jours par le lieu-dit Vallée Saint-Denis ; la Tuilerie est évoquée par la rue de la Briqueterie. Le pont Basillot était un pont en pierre sur l'Oise.
Au nord, la chapelle Saint-Germain est intégrée actuellement à l'agglomération.
L'abbaye de Saint-Nicolas-des-Prés est une ancienne abbaye bénédictine fondée à la fin du ; son appellation latine est citée en 1141 : Sanctus-Nicholaus-de-Prato.. Après la Révolution et jusqu'au , elle fut transformée en filature de laine.
Le hameau de Lucy est cité en 1083 sous le nom de Luciacus..Le château de Tournoison (écrit Fournoison) fut construit au début de . ; on l'appelle de nos jours château de Lucy.
Époque contemporaine
Passé ferroviaire de la commune De 1874 à 1968, Ribemont a été desservie en trafic voyageur par la ligne de chemin de fer de Saint-Quentin à Guise qui contournait la ville par l'ouest près de l'Oise qu'elle franchit par deux fois tout en se préservant de ses crues hivernales par des remblais et de nombreux ponceaux.
Le hameau de Lucy possédait également une gare, à proximité d'divers bras de l'Oise, du château de Tournoison, et du Moulin de Lucy.
À une époque où le chemin de fer était le moyen de déplacement le plus pratique, cette ligne connaissait un important trafic de passagers et de marchandises, qui a constitué jusqu'en 1892 le seul débouché des industries de Guise vers le grand réseau de la Compagnie des Chemins de fer du Nord.
De 1900 à 1958, une seconde ligne de chemin de fer, la Ligne de Ribemont à La Ferté-Chevresis partait de la gare en direction de Villers-le-Sec jusque La Ferté-Chevresis (voir les horaires en 1923 et 1956) dont certains trains assuraient une liaison directe entre Saint-Quentin et Laon.
Avant la Grande Guerre huit aller-retours quotidiens desservaient cette gare pour les passagers qui se rendaient vers Saint-Quentin ou Guise mais aussi 3 aller-retours quotidiens vers Laon. Cette desserte assurée après la Grande Guerre par la Compagnie des Chemins de fer Secondaires du Nord-Est se réduira progressivement avec le développement du trafic routier dès la Reconstruction (voir les horaires de 1923 avec 5 aller-retours quotidiens qui seront renforcés à partir de 1925 pour retrouver une desserte proche de l'avant guerre jusqu'en 1956 avant un déclin fatal).
Le bâtiment voyageurs de la gare à un seul étage à colombages de bois date de l'origine de la ligne en 1874, et a été complété en 1900 pour l'ouverture de la ligne de La Ferté-Chevresis par un bâtiment transversal en brique dans le style architectural des gares départementales de l'Aisne. Ces bâtiments n'ont pas été détruits par la Grande Guerre et sont les seuls témoins, avec la gare de Longchamps-Bohéries, de l'origine de la ligne qui n'est pas sans rappeler le style architectural caractéristique de la Compagnie du chemin de fer d'Orléans à Châlons. La gare de Lucy a été reconstruite en 1921 dans le style départemental, et reste bien en place de nos jours.
À partir de 1950, avec l'amélioration des routes et le développement du transport automobile, le trafic ferroviaire a décru progressivement et la desserte voyageurs entre Saint-Quentin et Origny-Sainte-Benoîte a été abandonnée le .
Le trafic fret persiste encore à traverser la gare pour desservir les industries d'Origny-Sainte-Benoîte, mais les voies d'évitement et de desserte de la gare de Ribemont ont été déposées à partir de 1982.