La seigneurie de Châteauvillain était une institution médiévale centrée sur le château de Châteauvillain en Haute-Marne, Grand-Est.
Les origines L'origine de Châteauvillain est inconnue mais sa première trace remonte à 852 comme l'atteste la découverte en 1836, lors du démantèlement de la cour du château, de pièces de monnaie frappées de l'inscription « Karolus II, imperator » et portant la date de 852. Une autre preuve indirecte de l'existence de Châteauvillain est donnée dans une charte datée de 949 d'Achard, évêque de Langres, à l'intention de Dagobert, seigneur de Fontettes et d'Essey, localités situées près de Châteauvillain, qui l'autorisait à donner des terres à une abbaye proche :
La « Décade historique » de Vignier donne une origine pittoresque au nom de la ville ; il y explique qu'elle s'appelait anciennement « Château-Gentil à l'Arbre d'or » et qu'on trouvait une représentation en peinture et relief des armoiries de la ville accolées à la représentation d'un arbre doré dont les branches portaient la devise « l'Arbre-d'Or ». Un seigneur de Château-Gentil avait enlevé une princesse de force ; son forfait l'ayant obligé à se réfugier en Espagne, sa seigneurie fut confisquée et en punition le nom fut changé en « Château-Villain ». Pour garder le souvenir de ce crime un poteau de fer fut planté au milieu de la place du château et il y resta jusqu'en 1566.
Hôpitaux, religion et foires Avant 1260, date de l'affranchissement des habitants par Jean de Châteauvillain, la ville comptait cinq hôpitaux dont l'un, nommé « les Bons-Hommes » ou « Macherets », fondé en 1184, se situait à l'écart de la ville et était destiné à recueillir les voyageurs et les pèlerins. Les quatre autres établissements hospitaliers se nommaient « l'Hôtel-Dieu », « la Maison-Dieu », tous deux à l'intérieur de la ville, et « l'hôpital des lépreux » situé au lieu-dit « la Trinité » où se trouve maintenant la « chapelle de la Trinité » et « la Maison du Saint-Esprit ». En plus de ces édifices, la ville comptait un chapitre de chanoines, une communauté de religieuses de Sainte-Élisabeth et un couvent d'hommes. Dès 1190, une chapelle fondée par Hugues III de Broyes, existait au château ; en 1260 elle était érigée en collégiale.
Depuis le des foires et des marchés existaient à Châteauvillain, comme le prouve une charte stipulant que « Adelinette de Criancei, damoiselle à la noble fame Jehanne, dame de Chatiauvilain et Lusey, donne au chapitre deus souls de provens, fors de Champaigne, à panre chascun touz jourz mais en la foire de Saint-Berchaire és deniers que le sire de Chatiauvilain lui doit ». Un autre document daté de 1270 cite la « 'foire de Chastiauvillain » lors de laquelle Jean de Chateauvillain devait cinquante sous au curé Renaut. Enfin, à la même époque il existait une rue du marché, située « derrière les halles ». Trois autres foires sont obtenues par la ville en 1625 et fixées au , et .
Fortification de la ville
Du fait de sa position sur la frontière entre deux États, la ville de Châteauvillain dut très tôt se fortifier. En 1351, les seigneurs avaient organisé une compagnie d'arbalétriers composée d'hommes volontaires, dispensés pour leur peine des corvées envers la ville. En 1364, ces soldats s'organisèrent en une confrérie ayant pour patron saint Thomas de Canterbury, et firent ériger une chapelle en son honneur dans l'église Notre-Dame.
Cette petite armée venait en complément du dispositif défensif construit dès 1251 et décrit dans la charte d'affranchissement, où il est dit que la ville comporte des forteresses et une double enceinte : « Nous voulons pour nous et nos hoirs que toutes laes maisuns, les appendices et les places, li meis, li cortis et li jardin qui sont dedenz Chastiau-Villain et de forz joignant à nos murs et à nos foussés... ils (les habitants) sont tenus au relevé et au mond lou leu à lou constanges ; et tuil li postiés de nos fourtereces ou qu'il se demorront...et se nous avons guerre ouverte ils sont tenus au murer à lour propres depens touz les diz postiz toutes les fois qu'il en seront requis... ».
Le mur d'enceinte de la ville était percé de plusieurs portes avec pont-levis « tuit cil ou toutes celles de la franchise... seront quittes et de toutes autres corvées fors de la refection des pons de Châtiau-Vilain, lesquex ils doivent faire au tour et soutenir et nous leur devons bailler marrien et bois suffisant ».
À cette époque la ville comptait douze cents feux « et lors, ladite ville de Chastelvillain estoit et a esté jusques aux guerres de ce royaume tréffort peuplée et habundant, et y avoit de huit à douze feuz ou mesnages... ». Malgré ces fortifications, la ville fut presque entièrement détruite en 1425 et en 1562 et pour finir la peste décima les derniers habitants en 1578.
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Généalogie des sires de Châteauvillain Armes : Un écusson de gueules à un lion d'or semé de billettes du même..
Simon de Châteauvillain, dit « le Jeune » (? - 1259/60), seigneur de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois, Baye, Neelle et Villenose. Il est le fils Hugues III de Broyes et d'Isabelle de Dreux, dame de BaudementLa chronique d'Albéric de Trois-Fontaine confirme sa filiation : (Isabelle dame de Baudement, mère de Simon de Châteauvillain), une charte de 1200 précise : (Hugues III seigneur de Broyes) « donne des biens situés à Clairvaux avec le consentement d' (Élisabeth/Isabelle mon épouse et Simon junior mon fils et Emeline ma fille dame de Champlitte) » ; une autre charte de 1208 stipule : (Simon seigneur de Châteauvillain) enregistre un accord avec (le comte Thibaut Ier de Navarre, nommant (« Simon II de Broyes-Commercy mon frère aîné ». Enfin en 1219 un document signé de « Simon seigneur de Châteauvillain chevalier » confirme les donations de son père Hugues III de Broyes à l'abbaye Notre-Dame-d'Andecy (Simon de Châteauvillain, Médiéval Généalogie., fille de Robert Ier de Dreux. Le duc Hugues IV de Bourgogne lui confie la maison-forte de Courcelles ainsi que quarante pieds de terre, à charge de la « fermer et y faire des fossés » ().
Mariage et succession : Il épouse Alix de Semur, avec qui il a : Jean , qui suit ; Agnès (? - vers 1256), dame de Villenauxe ; épouse Guillaume III, comte de JoignyAgnès épouse de Guillaume III est citée dans le contrat de mariage du 8 novembre 1257 de (Guillaume comte de Joigny) et sa seconde épouse (Isabelle fille de feu Guillaume de Mello) par lequel Guillaume renonce à ses droits de succession en faveur de ses enfants nés de son ex-épouse Agnès de Châteauvillain (voir Simon de Châteauvillain, Médiéval Généalogie. ; Jeanne, épouse Guillaume de Loisy ; Marie, épouse Thiébaud [II/III] de Neuchâtel-Bourgogne.
vignette|Jean dit l'aveugle. Jean de ChâteauvillainJean de Châteauvillain est cité dans le contrat de mariage de juin 1276 entre son fils Guyot et Isabelle de Jaligny : « Jehans sires de Chatiauvillain et de Luzi… Guiot sun fil » et « Guillaumes de Geligneys Chantres d´Auceurre… Ysabel fille jadis Huguon seigneur de Geligney et nièce dudit Chantre » (voir Simon de Châteauvillain, Médiéval Généalogie. (? - 1313), chevalier, seigneur de Châteauvillain, Arc-en-Barrois, Baye, Pleurs, Luzy, Semur-en-Brionnais, Uchon et Bourbon-Lancy.
Mariages et succession : Il épouse en premières noces Jeanne, fille de Gui de Milly et d'Agnès de Reynel, puis en secondes noces Jeanne (1245 - ?), dame de Semur-en-Brionnais, de Luzy, de Bourbon-Lancy et d'Uchon, fille de Simon de Semur et d'Isabelle de Beaujeu. Du premier mariage il a : Simon II, qui suit ; Guyot/Guy (? - 1288), fonde la branche de Luzy (voir plus bas) ; Jean (? - /13), seigneur de Pleurs, évêque de Châlons de 1284 à 1313, comte de Châlons et pair de France ; Alix (? - ), dame de Troisseres, religieuse à Montigny-dessous-Til. Marguerite (? - ), qui épouse Jean Ier de Montfaucon, seigneur de Montfaucon, d'Orbe et d'Échallens. Sans postérité.
Simon II de Châteauvillain (? - ), seigneur de Châteauvillain et d'Arc-en-Barrois dès 1282, de Bremur, de Valbruant, de Courcelles, de Giey, de Cour-l'Evêque, de Montribourg et de Créancey. vignette|Margerite abbesse d'Argensolles. Mariage et succession : Il épouse en 1285 Marie de Dampierre« Symons ainnez fils Monseignour de Chasteau-vilein... » et « ma...feme Marie fille le Conte de Flandres » - voir Simon II de Châteauvillain, Médiéval généalogie. (? - 1297), fille de Gui de Dampierre et de Mahaut de Béthune, avec qui il a : Jean II, qui suit ; Hugues (? - après 1314), seigneur de Pleurs et de Baye : branche de Pleurs et de Baye (voir plus bas) ; Guy, clerc ; Simon (? - ), évêque de Châlons de 1328 à 1335], comte de Châlons et pair de France ; Guillaume, seigneur de Boissy ; Robert, religieux ; Jeanne (? - 1313) ; Marguerite (? - 1351) abbesse d'Argensolles.
Jean II de Châteauvillain (? - 1312), seigneur de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois et de Giey.
Mariage et succession : Il épouse Marie, fille de Jean II de Pierrepont et de Jeanne de Dreux, avec qui il a : Jean III, qui suit ; Guillaume (? - ), seigneur de Pleurs et de Courcelles. Il épouse Blanche (? - 1372), dame de Puits, fille de Girard de Châtillon-en-Bazois et de Guillemette de Couches ; tige des seigneurs d'Arc-en-Barrois de la Maison de Vienne-Listenois au par leur fille Marie, femme de Jean de Ray, † 1394. (cf. les articles Cusance-branche de Flagy et amiral de Vienne > Postérité, Guillaume II-III)
Jean III de Châteauvillain (1300/01 - 1355), seigneur de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois, de Pleurs et de Neuilly.
Mariage et succession : Il épouse en 1321 Marguerite (? - avant 1353), dame de Villeneuve, fille de Miles de Noyers et de Jeanne de Dampierre, avec qui il a : Jean IV (? - Poitiers ) ; Jeanne, qui suit ; Marie (? - ), dame d'Arc-en-Barrois et de Nully, épouse Jean II de Bourgogne (1350 - ), seigneur de Montaigu ; sans postérité survivante.
Jeanne de Châteauvillain (? - 1389), dame de Châteauvillain, de Thil-en-Auxois, de Marigny et de Saint-Georges.
Mariages et succession : Elle épouse en premières noces en 1345 Jean de Thil, seigneur de Thil ; en secondes noces vers 1355/1358 Guillaume de Chalon-Auxerre (? - 1360), seigneur de Chavannes et Dramelay ; en troisièmes noces en 1360 Hugues de Vienne de Saint-Georges (1330 - 1361/62 ; en quatrièmes noces en 1362 Arnaud de Cervole dit « l'Archiprêtre » (1300 - 1366) ; en cinquièmes noces Enguerrand d'Eudin chevalier, seigneur de Châteauvillain (? - ). Elle a : De Jean de Thil-en-Auxois : Jean II de Thil (1346-1420), qui suit ; D'Hugues de Vienne : Éléonore, épouse Hugonin de Marmont ; Guillaume de Vienne (1361/1362 - 1437), seigneur de Saint-Georges et Sainte-Croix. Il épouse en premières noces Louise, fille d'Humbert VII de Thoire, puis en secondes noces le Marie (? - 1360), dame de Bussy, fille de Béraud II dauphin d'Auvergne et de Marguerite de Blois-Champagne, comtesse de Sancerre ; tige des seigneurs d'Arc-en-Barrois de la Maison de Vienne au ;
D'Arnaud de Cervole : Philippe de Cervole Marguerite, épouse de Jacques de Jaucourt de Dinteville « le Jeune », petit-fils de Jean III de Dinteville et oncle de Bénigne de Dinteville dame de Commarin
D'Enguerrand d'Eudin : Jeanne d'Eudin, qui épouse Louis d'Abbeville de Boubers et Jean II de Menon.
Jean IV de Châteauvillain, nommé aussi « Jean II de Châteauvillain » (1350 - 1419), seigneur de Châteauvillain et de Thil-en-Auxois.
Mariage et succession : Il épouse Jeanne (1350 - 1423), dame de Louvois, fille d'Eudes VII de Grancey et de Yolande de Bar-Pierrepont, avec qui il a : Guillaume, qui suit ; Bernard, qui suit ; Marie (? - 1449), dame de Louvois, épouse le Amé Ier de Sarrebruck-Commercy ; Yolande, épouse le Jean IV d'Aumont, seigneur de Chappes ; Isabelle, épouse en premières noces Jean d'Aumont et de Chappes, puis en secondes noces Guy de Barbara.