L'offensive de Bobrouïsk (en , Bobrouïskaïa nastoupatelnaïa operatsiia) est une partie de l'offensive stratégique en Biélorussie de l'Armée rouge, menée en été 1944 contre la Wehrmacht et dénommée opération Bagration. Son objectif était dirigé contre la Armée sur le flanc sud du Groupe d'Armées centre. Elle fut lancée par le premier front biélorusse qui subit de lourdes pertes en tentant de percer les défenses allemandes. Rokossovski ordonna des bombardements et des préparations d'artillerie supplémentaires et relança une nouvelle attaque le jour suivant.
Rôle dans le conflit
Le secteur de Bobrouïsk allait être le centre de gravité de la bataille. Le général Rokossovski allait travailler sur le plan d'opérations.
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Plan d'opérations
Objectifs opérationnels Les objectifs opérationnels de l'offensive de Bobrouïsk dans le contexte de l'opération Bagration étaient doubles : Percer à travers des positions défensives de la Armée allemande et prendre la ville lourdement fortifiée de Bobrouïsk. Engager les force d'exploitation motorisée / cavalerie dans la brèche ouverte, ouvrant la voie à un encerclement majeur des restes du Groupe d'Armées centre rescapés de l'offensive de Minsk.
Perception allemande Le quartier général de la Armée fit valoir avec insistance qu'une attaque majeure contre le Groupe d'Armées centre était imminente et le général Jordan se plaignit très amèrement au sujet du refus du haut-commandement de sanctionner des retraits tactiques, mais le commandant du groupe d'Armées, le maréchal Ernst Busch avait balayé ces objectionsDunn, . Des patrouilles de la d'infanterie allemande avaient révélé une concentration dans le secteur du et du de fusiliers de la Garde. Chacun des trois régiments de la division allemande était face à une division de fusiliers à plein effectif de Dunn, ..
Le Armée était généralement constituée de divisions de qualité inférieures à celles de la armée située sur son côté nord ; ceci reflétait une croyance de l'OKH qui pensait que dans le secteur de la armée, le terrain était plus facile à défendreDunn, ..
Déploiements de forces Wehrmacht Armée allemande (General Hans Jordan au ; puis général Nikolaus von Vormann) Corps d'Armée allemande (lieutenant-général Kurt-Jürgen Freiherr von Lützow) Corps de blindés (Panzer) (lieutenant-général Edmund Hoffmeister) LV Corps d'Armée allemand (général Friedrich Herrlein) Réserve : Division blindée (Panzer), d'infanterie allemande
Armée rouge Premier front biélorusse (général Konstantin Rokossovski) (général Alexandre Gorbatov) de la Garde (lieutenant-général Vassili Tchouïkov)
(général Pavel Batov)
Groupe de Cavalerie mécanisée sous commandement du lieutenant-général Issa Pliev, incluant le mécanisé, le de Cavalerie de la Garde
Les unités ci-dessus étaient sous le commandement du représentant spécial de la Stavka, le maréchal Gueorgui Joukov.
L'offensive Dans le secteur sud de l'opération, là où le Premier front biélorusse sous commandement de Konstantin Rokossovsky faisait face à la armée allemande de Hans Jordan, le principal objectif était Bobrouïsk et les passages sud de la Bérézina. Ceux-ci devaient ouvrir la route à la branche sud de la tenaille de l'encerclement principal (Le flanc le plus au sud du Groupe d'Armées centre était couvert par la allemande dans les marais du Pripet mais avait été largement dépassé par l'offensive soviétique. Rokossovski avait mis en jeu sa réputation dans un plan basé sur un double encerclement des forces allemandes de Bobrouïsk, s'opposant au plan qui avait la faveur de Joseph Staline. Celui-ci consistait en une simple percée dans le secteurSebag-Montefiore, .. L'historien allemand Paul Carell dévoile cette dramatique confrontation d'idées où le double héros de l'Union soviétique met tout le poids de sa démission après avoir été sommé par trois fois de réfléchir : .
Paul Carell ajoute
L'attaque de Rokossovski, comme les autres opérations offensives initiales de l'opération Bagration fut précédée par une lourde préparation d'artillerie (pilonnage). Le premier assaut fut repoussé avec de lourdes pertes. Rokossovski ordonna une nouvelle préparation d'artillerie pour le , qui entraîna dans le nord du secteur l'effondrement de la d'infanterie allemande expulsée. La soviétique bouscula la 20e Panzerdivision qui commençait à contre-attaquer, mais Jordan lui ordonna de se tourner vers le sud et de confronter à la percée de la LXVe armée soviétique de BatovZaloga, ..
Encerclement du corps allemand Le , les forces soviétiques convergeaient vers Bobrouïsk, piégeant les cinq divisions du d'arméede la allemande, commandé par von Lützow et situé le plus au nord, à l'est de la Bérézina. Des éléments centraux du XXXXI corps de blindés allemand furent aussi pris au piège accompagnés de la division de Panzers. Ceci désorganisa les divisions allemandes, qui entreprirent des tentatives désespérées pour s'échapper de la poche, chacune tendue sur plusieurs kilomètres de berges de rivière à l'est. Les Soviétiques rapportent de grands feux le , les Allemands détruisant leurs équipements lourds et tentant de percer, mais les attaques aériennes soviétiques et l'artillerie infligèrent d'énormes pertes aux forces encercléesGlantz, ; les analyses soviétiques prétendent que Von Lützow, réalisant le sérieux de la situation, donna à ses chefs d'unités toute autorité pour des actions indépendantes, dans une tentative de percer vers le nord ou vers Bobrouïsk. Il est dit que de nombreux hommes tentèrent de traverser à la nage la Bérézina dans un effort pour s'échapper.. Dans le même temps, Hitler avait relevé Jordan de son commandement, à cause de ses instructions confuses données à la panzer de HesseCeci est magnifiquement expliqué dans l'ouvrage de Paul Carell (1968), ..
La Panzer fut "gaspillée" :
Les hésitations du général Jordan ont été probablement la cause de la première défaite du Groupe d'Armées centreSans couverture aérienne, il hésita au lieu de foncer avec , ce que fit le commandant Paul Schulze, sans ordres..
La armée dut faire face à un nouveau coup lorsque les communications principales de son QG furent détruites par un bombardement. Le lendemain, des renforts arrivèrent derrière les lignes allemandes sous la forme du allemande dont le commandant avait été accueilli avec ces mots : « Content de vous voir - La armée n'existe plus »Adair, ..
L'évasion du Corps blindé allemand Face à l'effondrement de la Armée, l'OKH autorisa un retrait. Le lieutenant-général Adolf Hamann, commandant de la place de Bobrouïsk reçut l'ordre de tenir la ville avec une division, celle du lieutenant-général Edmund Hoffmeister, la division d'infanterie allemande. Des milliers de blessés furent abandonnés dans la citadelle. Les restes de la 20e Panzerdivision, avec une poignée de chars et de canons d'assaut formèrent une « pointe d'épée » au Corps blindé (panzer) dans sa tentative. Elle fut placée sous le commandement général de Hoffmeister tandis que la Panzer attaquait la rivière Svislach pour rejoindre les troupes en retraite. Quoi qu'une percée fut faite à travers les positions tenues par les troupes de la , les forces allemandes furent à nouveau soumises à un bombardement d'artillerie et à des attaques aériennes dans leurs tentatives de s'éloigner le long des routes menant à Minsk.
La prise de Bobrouïsk par la soviétique La de Batov combattait maintenant dans les rues de Bobrouïsk face à une résistance acharnée des arrière-gardes allemandes. Bobrouïsk, en ruines, avec la majorité de sa population tuée pendant l’occupation allemande, fut libérée le , la d'infanterie allemande commença sa retraite vers l'est de la Bérézina. La retraite allemande avait permis à de s'échapper de la poche à l'est de Bobrouïsk, mais les Soviétiques déclarèrent avoir fait . Au moins furent tués. Les comptes soviétiques parlent d'une zone tapissée de corps et de matériel abandonné. L'écrivain soviétique Vasili Grossmann entra dans Bobrouïsk peu après la bataille : .
La armée a été définitivement défaite et la route du sud, vers Minsk, est ouverte.
Comptes et futurs écrits En plus des écrits de Vassili GrossmanVoir Grossman (2007), ., l'écrivain et futur dissident Alexandre Soljenitsyne était présent à Bobrouïsk comme officier d'artillerie. Son expérience est mentionnée dans lArchipel du Goulag.
Gers Niepold, le premier officier d'état-major de la Panzerdivision allemande écrivit plus tard le récit de l'opération Bagration, Mittlere Ostfront Juni 1944. Paul CarellVoir 1968, ., sans se référer au nom officiel, décrit aussi l'opération avec ses objectifs.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Vassili Grossman, « La poche de Bobrouïsk » in Années de guerre, Moscou, Éditions en langues étrangères, 1946.
Beevor, Antony and Vinogradova, Luba (eds), A Writer at War: Vasily Grossman with the Red Army, Pimlico, 2006, Dunn, W. Soviet Blitzkrieg: The Battle for White Russia, 1944, Lynne Riener, 2000, Sebag Montefiore, S. Stalin: The Court of the Red Tsar, Phoenix, London, 2004, Glantz, D.M. Byelorussia 1944—The Soviet General Staff Study Mitcham, S. German Defeat in the East, 1944-5, Stackpole, 2007. Niepold, G., translated by Simpkin, R., Battle for White Russia: The destruction of Army Group Centre June 1944, Brassey's, London, 1987, Zaloga, S. Bagration 1944: The Destruction of Army Group Centre, Osprey Publishing, 1996,
Articles connexes Opérations militaires soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale
Composantes de l'opération Bagration : phase Offensive de Vitebsk–Orsha offensive Mohilev Offensive Bobrouïsk phase Offensive Minsk Offensive Polotsk phase Offensive Siauliai Offensive de Vilnius Offensive Bialystock Offensive Lublin-Brest Offensive Kaunas Offensive Osovets
Bataille de Brody (1944) et/ou offensive Lvov–Sandomierz en Ukraine
Catégorie:Opération Bagration Catégorie:Bataille de 1944 Catégorie:Juin 1944