Cash Investigation est une émission de télévision française d'investigation diffusée sur France 2 depuis le . Elle est présentée par Élise Lucet (ancienne présentatrice du journal de 13 heures sur la même chaîne et de Pièces à Conviction, émission similaire sur France 3).

Elle s'attache à enquêter dans le « monde merveilleux des affaires », selon la formule ironiquement prononcée par la présentatrice à chaque début d'émission. Les enquêtes abordent les dérives des grandes entreprises, de la finance, du marketing ( verdissage, neuromarketing, travail des enfants), elles s'attaquent aussi au détournement d'argent public, à l'évasion fiscale, à l'influence des lobbies, aux conflits d'intérêts et à la manipulation de l'information par les spin doctors (conseillers en communication).

L'émission produite par Premières Lignes, l'agence de presse du grand reporter Paul Moreira et de Luc Hermann, s'inscrit dans la lignée des programmes d'investigation télévisés comme 60 Minutes, Panorama, Frontline et Enquête.

Ambitions de l'émission En 2012 à l'occasion d'une entrevue avec Télérama, Élise Lucet indique .

Elle déclare d'ailleurs au sujet de l'émission :

Lors de la saison 2 (2013), l'émission s'est dotée d'un site web (un blog) animé par sa rédaction.. Il expose les documents exclusifs révélés par l'émission et prolonge les enquêtes. Sa mise à jour a cessé fin 2013.

Le , Cash Investigation annonce dans une vidéo qu'une émission tournée dans le plus grand secret sera diffusée le mardi . Le surlendemain, Élise Lucet annonce un premier indice pour cette enquête pour 20 heures. Selon elle, cette « enquête secrète va faire du bruit partout dans le monde ». Il s'agit des « Panama Papers », une enquête internationale à partir d'une fuite massive d'informations sur des sociétés-écrans hébergées au PanamaMaxime Vaudano, « « Panama Papers » : une plongée inédite dans la « boîte noire » des paradis fiscaux », Le Monde, 3 avril 2016... L'enquête est réalisée en collaboration avec des journalistes de l'ICIJ (consortium international des journalistes d'investigation) membres de 109 autres rédactions dans 76 pays, dont Le Monde, Médiapart, Le Nouvel Obs, Les Jours, Premières Lignes télévision, et indépendants pour la France.

Rédacteurs en chef Les rédacteurs en chef sont« Fiche de l'émission », sur Premières Lignes (consulté le 8 novembre 2014). : Saison 2012-2013 : Élise Lucet, Laurent Richard et Jean-Pierre Canet ; Saison 2013-2014 : Élise Lucet et Jean-Pierre Canet ; Saison 2014-2015 : Élise Lucet et Benoît Bringer ; Saison 2016 : Élise Lucet et Emmanuel Gagnier.

Diffusion Chaque émission de la saison 1 (année 2012) propose également, en seconde partie, le portrait d'un lanceur d'alerte.

La chaîne a doté la première saison de huit éditions, avant d'en tirer le bilan et de reconduire le programme en 2013.

Face aux menaces de déprogrammation de l'émission., des téléspectateurs ont mis en ligne une pétition pour réclamer la reconduite du programme.. L'émission est finalement de retour en ..

La saison 2 propose cinq numéros. Le reportage sur l'évasion fiscale, diffusé en prime time à la suite de l'affaire Cahuzac, est un succès d'audience et critique.

La saison 3 marque le passage régulier de l'émission en prime time le mardi soir même si certains numéros continuent d'être programmés en deuxième partie de soirée le lundi.

En , Premières Lignes décide de mettre en ligne toutes les enquêtes de l'émission sur YouTube.

À l'occasion de la saison 3, les équipes de l'émission réalisent pour la première fois une enquête spécialement pour Internet. Diffusé sur Francetvinfo.fr, ce reportage intitulé « Ces entreprises qui vendent des systèmes de sécurité aux pires dictatures de la planète » complète l'enquête sur le « business de la peur » diffusé le .

Audiences En 2013, cette émission, diffusée en deuxième partie de soirée, affichait en moyenne sur l'année, 10,6 % d'audience.

En 2018, le magazine a fédéré en audience veille 3,1 millions de téléspectateurs en moyenne, soit 14,1 % du public.. Date de diffusion / Saison SujetAudience moyenne Références Nombre de téléspectateurs Saison 2 Évasion fiscale 14,7 % . Saison 2 Foot-business 10,6 % . Saison 3 « Industrie du tabac : la grande manipulation » 10 % . Saison 3 « Les secrets inavouables de nos téléphones portables » 14,7 % . Saison 3 « Quand les actionnaires s'en prennent à vos emplois » 13,8 % ( partie de soirée)Saison 4 « Mon président est en voyage d'affaires » 15,1 % .Saison 6« Travail, ton univers impitoyable »3 812 00017,7 %.Saison 11« 10 ans de révélations »1 855 0009,8 %.

Critiques et controverses Critiques positives En 2012, l'émission a reçu des critiques positives dans la presse : Le Monde évoque et indique que . ; Télérama salue le d'Élise Lucet, estimant l'émission « redoutable et salutaire ». ; Le Nouvel Observateur apprécie quant à lui le ton . ; Marianne indique Esclavage, croissance, capitalisme... Le changement, c'est pour quand ?, 22 mai 2012..

En 2013, le sérieux des enquêtes est à nouveau souligné par la critique : Pascal Riché, le cofondateur de Rue89, indique que , en ajoutant que . ; le magazine Challenges souligne que « la qualité journalistique des investigations, le ton malicieux du montage et du commentaire qui les accompagnent et la scénarisation des films n'y sont pas pour rien »..

Controverses

Guidée par l'objectif supérieur d'« enrayer ce système de communication et découvrir la vérité qui se cache derrière le discours publicitaire » (des entreprises), l'émission a été accusée dans La Tribune de recherche de sensationnel et de « mise en scène de la recherche de la vérité »..

Pour le magazine Challenges, la proposition centrale de l'émission est que « l'entreprise trompe les gens », ce qui selon ce journal peut, parfois, revêtir un aspect caricatural et réducteur.. L'Express parle pour sa part de « la mise en scène de l'information »..

Quelques sujets d'enquêtes ont suscité des critiques ou des procédures judiciaires, perdues par les détracteurs de l'émission : En juin 2012, le WWF (Fonds mondial pour la nature) a poursuivi France 2 en justice, afin d'interdire la diffusion d'une interview de la direction de l'ONG. La justice a tranché en faveur de France 2.. Le , l'émission révèle que l'État français a sanctionné, en , le centre de formation de la société Jardiland à hauteur de 3,2 millions d'euros pour une manœuvre frauduleuse concernant des centaines de fausses formations entre 2007 et 2011, en vue de percevoir en toute illégalité des subventions des organismes collecteurs de la formation professionnelle.. La société Jardiland a annoncé qu'elle allait porter plainte en diffamation contre France Télévisions., accusant publiquement l'enquête de Cash Investigation d'être « fantaisiste ». En , plus d'un an après la diffusion, à la suite du dépôt de preuves des équipes de Cash Investigation en justice, Jardiland s'est désisté mettant fin aux poursuites.. En 2015, Rachida Dati critique l'émission à cause des questions posées sur un lien éventuel entre Rachida Dati et la société Engie (ex GDF-Suez).. En 2015, Élise Lucet manifeste au sein du collectif « Informer n'est pas un délit » contre le projet de loi française concernant le droit du secret des affaires (un amendement dont l'inclusion est prévue dans la Loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, dite « Loi Macron »), parce qu'il aura pour conséquence d'entraver la réalisation d'émissions telles que Cash Investigation.. Fin 2015 doit sortir un livre : Avec Élise Lucet, l'indépendance défendue sans relâche (interview). L'Humanité 7 septembre 2015..

« Opposer des faits aux affirmations des politiques est assurément un des grands défis dans l'interview politique. À condition que les journalistes n'empruntent pas aux politiques leur rouerie et leur vilaine manie de piocher dans un rapport le seul chiffre qui les arrange. » Après la diffusion le du numéro « Produits chimiques, nos enfants en danger », l'Association française pour l'information scientifique publie un communiqué dans lequel elle souligne que le documentaire induit en erreur le téléspectateur en proférant des contrevérités factuelles comme la transformation du titre de la synthèse de l'EFSA de , soit 3% dépassent les limites, en « Cash Investigation et les pesticides : quand des contrevérités sont diffusées en prime time… », communiqué de l'AFIS, 9 février 2016.. Le , Le Monde met en cause le rapport de l'EFSA en affirmant notamment que « la communication de l'EFSA relève donc au mieux de l'erreur, au pire de la supercherie. (…) L'EFSA précisait aussi que « 54,6 % des échantillons » ne contiennent « aucun résidu détectable ». Il faut le dire sans barguigner : cette affirmation de l'EFSA est fausse. Le terme qui aurait dû être utilisé est « quantifiable » et non « détectable ». car cela correspond à deux notions de chimie différentes. L'AFIS revient quelques semaines plus tard sur le sujet en publiant un article plus détaillé intitulé « Comment les téléspectateurs ont été abusés par Cash Investigation ».. Le reportage fait pourtant référence. à une page de l'EFSA indiquant comme titre « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides dans les limites légales », mais les journalistes n'ont pas tenu compte du résumé précisant « dont presque 55 % sans aucune trace détectable de ces produits chimiques »., cette partie étant d'ailleurs masquée dans le reportage. Le , le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), saisi par des parlementaires, a publié une décision relative au dossier de Cash Investigation sur les pesticides. Le conseil « a regretté que les journalistes aient indiqué de manière erronée qu'une étude de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire avait révélé que 97 % des denrées alimentaires contenaient des résidus de pesticides » et a demandé à France Télévisions de « respecter, à l'avenir, leurs obligations en matière de rigueur dans la présentation et le traitement de l'information.. » Le , l'EFSA publie son nouveau rapport annuel sur les résidus de pesticides dans les aliments.. À la suite de la polémique, l'EFSA a changé les termes techniques de son rapport : il n'est cette fois plus question de limite de détection (LOD) dans les résidus de pesticides mais bien de limite de quantification des résidus de pesticides (LOQ).. En , le premier adjoint de la ville de Nice apporte, en direct, des éléments contradictoires aux affirmations de l'émission, relatives au coût et à l'utilisation d'un stade de la ville.. L'élu apporte des informations en sens contraire, diffusées publiquement via un site internet dédié., auxquelles les responsables de l'émission de France 2 apportent quelques précisions.. À l'occasion de la diffusion de l'émission du sur les actes de pédophilie dans l'Église catholique, la Conférence des évêques de France souligne et dénonce les méthodes qu'elle juge accusatoires pratiquées par les journalistes de l'émission.. Le , certains des salariés de Hoist Finance avaient lancé une procédure d'urgence en référé pour empêcher la diffusion de l'émission du , le tribunal de grande instance de Paris donnera raison aux journalistes le matin du juste avant la diffusion de l'émission.

Reporters sans frontières (RSF) dénonce une campagne de cyberharcèlement visant Marine Jankowski et Justine Zambrano, deux journalistes ayant participé à l'émission sur la famille Mulliez « Auchan, Décathlon, les secrets d’une famille en or », diffusée le où une jeune chinoise de 12 ans indique travailler dans une usine de textile, prestataire de Decathlon, alors que le travail des enfants de moins de 16 ans est interdit en Chine, et prouvant aussi que cette marque a recours au travail forcé de Ouighours.

Liste des émissions Saison 1 (2012 - 2013)