L’université de Lille (en abrégé ULille, UDL ou univ-lille) est une université française publique située à Lille (Métropole européenne de Lille, Hauts-de-France). Avec près de . (dont de différentes), elle est l'une des plus grandes universités du pays. Étalée sur six principaux campus de la métropole lilloise, ses composantes (principalement facultés, UFR, écoles et instituts) proposent des formations réparties en quatre grands domaines : 1° arts, lettres, langues ; 2° droit, économie, gestion ; 3° sciences humaines et sociales ; 4° sciences, technologies, santé.
Elle tient ses origines dans l'université de Douai fondée en 1559 puis finalement officiellement transférée à Lille en 1896. En 1970, elle est structurée en trois universités indépendantes situées sur des campus distincts : (sciences et technologies ; campus Cité scientifique), (droit, gestion et santé ; campus Santé et Lille-Moulins), et (sciences humaines et sociales, lettres, langues et arts ; campus Pont-de-Bois). La fusion au de ces trois universités lilloises forme de nouveau une seule université pluridisciplinaire.
L'université de Lille ainsi créée emploie alors près de , ce qui en fait le principal employeur public du Nord avec le CHU, pour un budget annuel d'environ d'euros... Elle est située au cœur du étudiant de France que constitue la métropole lilloise (après Paris et Lyon)., et fait partie de l'académie de Lille qui compte près de dans l'enseignement supérieur. Elle est l'un des premiers opérateurs français en matière de formation continue et alternance, possède un taux d'insertion des diplômés de master de 94 %., et gère en moyenne chaque année plus de dont à l'étranger ( partenaires à l'étranger). Elle délivre plus de par an pour près de de formation. (principalement licences, masters et doctorats).. L'université possède également plusieurs équipements et bâtiments particuliers, à l'instar du Lilliad Learning Center Innovation.
Un collège doctoral comptant pour régionaux au sein de sept écoles doctorales graduées y est rattaché. Avec près de soutenues par an et plus de scientifiques chaque année, l'université de Lille est bien représentée dans le milieu de la recherche (membre de la CURIF). Associée à plusieurs organismes (institut Pasteur de Lille, CHU de Lille, CNRS, Inserm, Inrae, Inria) et partenaire avec de nombreuses écoles (École centrale de Lille, Institut Mines Télécom Nord Europe, Université Gustave-Eiffel)., elle possède de recherche, cinq laboratoires « Labex », et neuf équipements « Equipex ». Elle est classée dans les classements mondiaux d'universités (ARWU, THE, QS). L'université de Lille fait, par ailleurs, partie des alliances NeurotechEU, IMCC et Utrecht, est titulaire de la Charte Erasmus+, et est labellisée Bienvenue en France trois étoiles.
Labellisée initiative d'excellence en 2017 par le gouvernement, elle bénéficie d'une dotation spéciale de d'euros pour son projet visant à créer une université-cible européenne.. À ce titre, elle est devenue au un établissement public expérimental (EPE) et a intégré quatre établissements-composantes : Sciences Po Lille, l'ESJ Lille, l'ENSAPL et l'ENSAIT.
Histoire Les prémices de l'université : l'université de Douai (1559 à 1887) thumb|right|100px|Université de Douai (1559-1795).
L'essor du monachisme parallèle à la christianisation et urbanisation du Nord-Pas-de-Calais à partir du , puis les foyers intellectuels animés par des écolâtres et des clercs issus d'abbayes et prieurés du au furent un terreau propice à l'établissement d'une université, équidistante de l'université de Louvain et de l'université de Paris. Initialement autorisée en 1559 par les papes et dans la mouvance de la Contre-Réforme et du Concile de Trente, créée effectivement par en 1562 par l'installation des facultés de théologie et droit canon, droit civil, puis celle de médecine et des arts, l'organisation médiévale primitive rayonne à Douai jusqu'à la Révolution française qui fit disparaître universités et facultés. La faculté des lettres et la faculté des sciences de Douai sont restaurées sous le Premier Empire en 1808, quand est créée l'Université impériale ; cependant . Sous la Restauration, l'ordonnance du visant à remplacer l’Université impériale par dix-sept universités régionales, dont une université de Flandres, n'est pas appliquée en raison de l'interruption des Cent-Jours. Pire, l'arrêté de la Commission d'instruction publique du confirmée par l'ordonnance du roi du , supprime dix sept facultés de lettres et trois facultés de sciences, par mesure d'économie : les facultés de Douai disparaissent à nouveau.. La loi du et le décret du rétablissent la faculté de lettres à Douai. La faculté de droit est rétablie à Douai en 1865.
Essor des facultés à Lille (1854 à 1896)
À Lille, une école royale de chirurgie est créée en 1705 et est transformée en école préparatoire de médecine en 1805. À la suite de la disparition de la faculté des arts de l'université de Douai en 1795, une École centrale de Lille est ouverte le , rue des arts à Lille et ses enseignements sont assurés au travers de chaires municipales. Une chaire municipale de sciences est établie en 1817, suivie par une chaire de chimie en 1823. La loi du et le décret du conduisent à la création d'une faculté des sciences à Lille., à laquelle est juxtaposée une École des arts industriels et des mines pour les sciences appliquées. Le décret du institue l'école préparatoire de médecine et de pharmacie de Lille. L'école préparatoire de médecine et de pharmacie de Lille est transformée en faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille par décret du .
La faculté des sciences de Lille établie en 1854 a pour premier doyen Louis Pasteur, qui s'installe dans une aile du lycée, rue des Arts et rue des Fleurs (actuel boulevard Carnot). Mais de nombreux bâtiments sont ensuite construits dans le quartier Saint-Michel pour accueillir les étudiants entre le boulevard Jean-Baptiste-Lebas, la rue Jean Bart et la rue Jeanne-d'Arc, la rue Gauthier-de-Châtillon (actuelle rue Angellier) et la place Philippe Lebon.
En 1875, l'institut industriel du Nord quitte la rue du Lombard et s'installe rue Jeanne-d'Arc. Les locaux de la faculté des sciences de Lille place Philippe Lebon sont inaugurés par Géry Legrand en 1892. En 1894, l'institut de physique de la faculté des sciences de Lille quitte ses locaux rue des Fleurs utilisés depuis 1854 et s'installe rue Gauthier-de-Châtillon et rue Jeanne-d'Arc ; l'Institut de chimie de Lille s'installe rue Jeanne-d'Arc et rue Barthélémy-Delespaul. En 1895, l'institut des sciences naturelles de Lille s'installe rue Malus, rue Nouvelle et rue Brûle-Maison.
Les premiers bâtiments de la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille sont inaugurés par Jules Ferry le , prenant la suite de l'école de préparation à la médecine et à la pharmacie créée en 1805. Les principaux locaux de recherche de la faculté de médecine et de pharmacie sont construits à l’angle de la rue Jean-Bart et de la rue de Valmy, face à la place Philippe-Lebon. Les travaux, confiés à l’architecte Carlos Batteur, se sont déroulés de 1876 à 1892.
L'université de Lille (1896 à 1970) Par décret du , les facultés de lettres et de droit sont transférées de Douai à Lille.. En 1891, la faculté mixte de médecine et de pharmacie comprend , la faculté des sciences , la faculté de droit , la faculté de lettres . La faculté de droit de Lille est installée dans des locaux rue Angelier, inaugurés en 1895, à proximité de la faculté de lettres de Lille présente depuis 1887.
La loi du rétablit les universités en France, dont désormais l'université de Lille, qui regroupe maintenant officiellement toutes les facultés publiques.
L'institut Pasteur de Lille est inauguré boulevard Louis-XIV en 1899.
La faculté d'odontologie est d'abord liée à l'histoire de la faculté de médecine, au sein de laquelle est autorisé l'enseignement dentaire, le . Lille devient ainsi la seconde ville, après Nancy, à posséder un tel enseignement. L'Institut de stomatologie, finalement ouvert en 1935, boulevard Paul-Painlevé, et détruit en 1944, est reconstruit en 1965 à son emplacement actuel, place de Verdun (proche du centre hospitalier).
À partir de 1913, l'université apporte son soutien à l'Institut français du Royaume-Uni, y envoyant des professeurs et accueillant des étudiants.
L'institut d'électrotechnique s'installe rue des Fleurs en 1912. En 1930 a lieu l'inauguration de l'Institut de mécanique des fluides de Lille.
En 1949, la faculté de droit déménage rue Paul-Duez (siège actuel de l'université).
La faculté de médecine déménage partiellement à la cité hospitalière (aujourd'hui le CHU), achevée en 1953 à l'est de Lille.
À la suite de travaux débutés en 1962, la faculté des sciences de Lille est transférée à partir de 1967 du centre de Lille vers un campus scientifique construit dans l'est de la communauté urbaine de Lille, dans le quartier de la cité scientifique où est créée la technopole de Villeneuve-d'Ascq (anciennement Annapes).
La délocalisation de laboratoires de la faculté des sciences conduit à la création en 1968 de l'université de Valenciennes.
Trois universités indépendantes (1970 à 2017)
thumb|right|Cité scientifique. La mise en œuvre de la loi Faure du conduit à la subdivision de l'université de Lille en trois entités autonomes fin 1970. La faculté des sciences de Lille devient l'université (ou université des sciences et technologies de Lille - USTL); la faculté de droit et les facultés de médecine et pharmacie deviennent l'université (ou université du droit et de la santé); les facultés de lettres et sciences humaines deviennent l'université (ou université Charles-de-Gaulle, sciences humaines et sociales).
À la suite d'une décision en 1966; la faculté de lettres et sciences humaines de Lille (devenue l'université ) est transférée en 1974 du centre de Lille vers un campus dédié à Villeneuve-d'Ascq, quartier Pont-de-Bois; et la faculté de droit de Lille (intégrée dans l'université ) est transférée en 1974 du centre de Lille vers le campus quartier Pont-de-Bois. En 1995, cette dernière est finalement déménagée dans le quartier Moulins, place Déliot. En 1971, un autre campus de l'université (enseignement du sport) est créé à Ronchin, au sud de Lille. Plusieurs antennes sont par la suite créées en dehors de ces campus, notamment à Roubaix et Tourcoing.
Des antennes régionales des universités lilloises sont créées dans le Nord de la France entre 1988 et 1992 ; elles prennent leur autonomie entre 1991 et 1992 pour former l'université du Littoral et l'université d'Artois. Les universités de Lille et leurs trois consœurs du Nord de la France (avec d'autres écoles de la région) coopèrent au sein du « pôle universitaire Lille Nord Pas de Calais ». créé en 1992 et remplacé en 2009 par le PRES « Lille - Nord-de-France » puis par la COMUE du même nom.
La réunification (2008 à 2018) Les trois universités envisageaient en 2008 une fusion devant intervenir avant 2013, dans le contexte du plan Campus français. Si en 2010 le principe semblait s’éloigner (rapport de l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche); p 67, le processus de réunion des trois établissements au sein d'une fédération « Université de Lille » a cependant été amorcé dès le à la suite d'un conseil d'administration simultané dans les universités concernées.. L'objectif était, à terme, d'intégrer également six écoles de la métropole lilloise (Centrale Lille, l'École nationale supérieure de chimie de Lille, Télécom Lille, l'ENSAIT (textile) de Roubaix, l'Institut d'études politiques de Lille et l'École supérieure de journalisme de Lille).. Il s'agit alors principalement de mutualiser un certain nombre de compétences communes, notamment en matière de recherche et de formation tout au long de la vie, afin d'améliorer l'attractivité et la visibilité des établissements fondateurs.