La famille de Grandson est une maison noble qui tenait le château de Grandson, dont elle tient son nom, dans le canton de Vaud en Suisse. Elle a une influence dans la région attestée depuis le et joue un rôle majeur jusqu'à la fin du quand s'éteint la branche aînée, la famille s'éteignant au début du . Leurs biens sont dès lors confisqués par les princes de Savoie.
Histoire Origines L'origine familiale remonterait , des personnages que l'on trouve aux côtés du roi des Deux Bourgognes (Bourgogne transjurane et Bourgogne cisjurane), Rodolphe III ().. Ces deux frères Adalbert et Lambert sont mentionnés dans les plaids d'Orbe (1001), au nord-ouest du pays de Vaud, et d'Eysins (), au comté équestre.. Ils pourraient être de très proches parents du comte palatin, Adalbert (Demotz, 2001).
Il semble (Demotz, 2008).. La possession de titres comtaux et l'accession au siège épiscopal de Lausanne permet à Maxime Reymond (1931) de souligner la puissance de cette famille.
Le nom de Grandson (Granzio, Grantionensis) apparaît pour la première fois dans un acte de l'année 1049 (Cartulaire de Romainmotier).. Il s'agit d'une supplique des moines de Romainmôtier contre Adalbert [II] (Adalbertus), senior et princeps du château de Grandson (), qui a fait construire une tour sur des terres de l'abbaye.
En raison de l'enchevêtrement de biens et de droits, entre les Grandson, les Gruyère et les Corbières, certains historiens considèrent que ces familles auraient une origine commune..
Une tradition anthroponymique s'installe avec la diffusion des prénoms Adalbert et Lambert dans les premiers degrés de la famille. Cet usage des prénoms a donné naissance à une tradition, non prouvée, selon laquelle il y aurait une continuité généalogique avec les rois d'Italie et les marquis d'Ivrée.
Domination jurassienne Les Grandson sembles perdre un titre comtal au début du , tout en maintenant leur rang et en restant l'un des principaux lignages en pays de Vaud.. Sous la fin du règne des Rodolphiens, l'historien Castelnuovo (2001) observe, en effet, le recul du pouvoir de cette dynastie au profit de , qui s'affirment principes à partir .. Dans ce contexte, les propriétaires du château de Grandson renforce leur puissance, puisque Adalbert [II] est mentionné comme , en 1049.
Au siècle suivant, vers 1100, deux seigneurs, dont Conon de Grandson, sont mentionnés aux côtés de Gaucher de Salins, sont tous deux qualifiés, dans un document concernant un plaid, de (« princes de la province »), soit les deux versants du Jura..
L'implantation familiale des Grandson leur permet de contrôler les principales routes entre le pays de Vaud et la France, passant par le Jura ().. La famille possède non seulement le versant suisse du Jura, mais également du côté de la Franche-Comté, notamment avec Bannans.
Ils contrôlent ainsi quatre des six châteaux sur les trois principales routes médiévales..
Sur l'antique voie romaine reliant Lausanne à Besançon, la route principale passe par le col de Jougne, puis le bourg de Pontarlier, une route secondaire emprunte le col des Étroits, en passant par le bourg de Sainte-Croix. L'accès à ces routes, versant suisse, est en partie sous leur contrôle notamment à partir des châteaux de Grandson, sur le lac de Neuchâtel, de Champvent et, plus au sud, La Sarraz. Les deux autres châteaux leur échappent, celui des Clées relève des comtes de Genève et celui d'Orbe est une possession bourguignonne. L'édification de La Sarraz est d'ailleurs sources, à une période, de tensions avec l'abbaye de Romainmôtier.
La route du sud, moins importante, par les cols du Mollendruz et du Marchairuz, passant par la vallée de Joux, est sous leur domination avec le château de Montricher. Les Grandson sont d'ailleurs à l'origine de la fondation de l'abbaye du Lac de Joux (1126-1134). L'abbaye est le lieu de sépulture de la famille jusqu'au début du .
Les Grandson contrôlent non seulement les débouchés de ces routes médiévales mais également .
Formation d'un groupe parental vaudois puissant La domination de ces châteaux (Grandson, Belmont, La Sarraz, Montricher), permet la constitution d'un groupe parental puissant.
Les Grandson vont fonder la lignée des seigneurs de La Sarraz lorsque Adalbert II de Grandson installera à cet endroit les premiers colons. Au Ebald IV de Grandson va faire de La Sarraz la résidence familiale, c'est pourquoi Girard, son fils aîné et donc le chef de la famille, recevra l'hommage de ses frères Henri et Pierre, le premier comme seigneur de Champvent et le second comme seigneur de Grandson, ainsi que celui des seigneurs de Belmont et Montricher.
Dimension internationale Au début du , les enfants de Pierre , seigneur de Grandson, consolident la puissance de cette famille. L'aîné, Othon (), fait une carrière en Angleterre et récupère une partie des biens des autres branches, éteintes en lignée masculine. Deux frères montent successivement sur le trône épiscopal de Verdun, Gérard (1275-1278), puis Henri (1278-1286). Un troisième, Guillaume (), a suivi son frère en Angleterre où il devient Lord, en 1299, sous le nom de William Grandison, et fait souche avec la branche des Grandisson. Enfin, leur sœur Guillemette épouse Pierre de Gruyère, dit le Jeune, fils héritier du comte Pierre II. Pierre le Jeune meurt avant son père et Guillemette devient comtesse tout en assurant la régence du comté de Gruyère.
Othon , sans épouse ni postérité, institue son neveu Pierre II (), chevalier, seigneur de Belmont, comme héritier de l'ensemble des possessions vaudoises.
Les comtes de Savoie, au cours du , dans la quête du contrôle de la route du Grand-Saint-Bernard, s'implantent en pays de Vaud. Dès le début du siècle, ils s'imposent à Moudon et puis Villeneuve. Côté jurassien, en 1250, ils deviennent les maîtres des Clées, dépossédant les comtes de Genève, et fondent en 1259 Yverdon, venant concurrencer le bourg d'Orbe. Les Grandson optent dans les premiers temps pour face à ces puissants seigneurs. Puis, leur entrée dans la mouvance savoyarde se fait progressivement, notamment à partir de l'union, en 1303, entre Pierre II et Blanche de Savoie-Vaud, fille du baron Louis de Vaud. Leur fils, Guillaume devient notamment un favoris du comte de Savoie Amédée VI. Othon III de Grandson, fils du précédent, est remplace son père à la cour de Savoie, plus tard il sera accusé d'avoir empoisonné le comte Amédée VII.
Le mariage de Guillaume () avec Sybille de Trégoz se poursuit notamment par l'alliance avec les comtes de Salisbury.
Lignée des seigneurs de Pesmes Othon II, fils de Jacques, est fiancé, en 1324, à Jeanne (Jeannette) de Pesmes, . Cette dernière est la fille unique et l'héritière universelle de Guillaume [VII], seigneur de Pesmes, en Franche-Comté.. Othon est un personnage important de cette période du duché de Bourgogne, il est notamment l'un des principaux conseillers du duc. Leur fils, Jacques, hérite des biens de sa mèreLe testament de "Johanna domina de Grandisono", daté du 7 septembre 1349, désignait comme son héritier universel "filium meum Jacobum de Grandisono filamentaire de la dominance Otthonis domni de Grandisono militis, domicellum" (lire en ligne).. Othon a un autre fils, Hugues, avec sa seconde épouse, Blanche de Châtillon, qui héritera de Grandson et de Belmont.
Jacques () épouse Marguerite de Vergy (/98), fille du comte Guillaume de Vergy et d'Agnès de Durnes, dont sont issus quatre fils et trois filles. La carrière de Jacques est jugée moins glorieuse que celle de son père, les auteurs retenant notamment le pillage du trésor de Vergy, ainsi que d'avoir été fait prisonnier par les Grandes compagnies.
Jean () s'allie, en 1390, à Catherine de Neuchâtel(-Bourgogne) (), dame de Pesmes et de Valay, fille du seigneur Thiébaud VI de Neuchâtel-Bourgogne et de Marguerite de Bourgogne, dame de Montaigu. Il participe, alors qu'il n'a que 25 ans, à la croisade lancée en 1396, par le roi Sigismond de Hongrie, pour contrer la progression des Ottomans. Il meurt au cours du désastre de Nicopolis, au cours de laquelle les croisés sont vaincus par le sultan . Jean a deux fils mineurs, Guillaume et Antoine,, au moment de sa mort. Catherine de Neuchâtel assure la régence. Antoine est gouverneur de Mâcon et il meurt sans postérité.
Guillaume () épouse Jeanne de Vienne, fille d'Henri de Vienne, seigneur de Neublans, dont il a six enfantsUne charte datée du enregistre "Catherine de Neufchâtel dame de Pesmes, ayant le droit de caution de Jean, Hélyon, Simon, Jeanne, Marguerite et Louise de Grandson, enfants de Guillaume de Grandson et de Jeanne de Vienne" donnant un bien à Bretigny. (lire en ligne).. Chevalier, il participe aux conflits opposant les Bourguignons aux Armagnacs. Sur la fin de sa vie, il sera conseiller du duc de Bedford, qui gouverne à cette période la partie nord du royaume de France. Afin de lutter contre la dépopulation du bourg de Pesmes, en partie en ruine après des années de guerres, il affranchit les habitants de la mainmorte et leur accorde le droit de s'administrer eux-mêmes le .
Jean II, fils du précédent, succède vers 1428 à son père comme seigneur de Pesmes, toutefois la tutelle revient à sa grand-mère Catherine de Neuchâtel(-Bourgogne). Malgré son jeune âge, il participe en 1429 à une expédition militaire, pour aider le prince d'Orange, Louis II de Chalon-Arlay, contre les agents français, afin de maintenir le contrôle bourguignon en Dauphiné. L'intervention se solde par la défaite des Bourguignons lors de la bataille d'Anthon, en . Jean participe à plusieurs expéditions auprès du duc Philippe le Bon. À la mort de Catherine de Neuchâtel (), il remet la gestion de Pesmes à sa mère lors de ses absences.
Pour assurer son train de vie, il engage, en 1429, une partie de ses forteresses, villages et terres auprès de Jeanne de Vienne sa mère, issue d'une famille puissante et fortunée. Les années qui suivirent entrainent encore des engagements de Jean II cette fois auprès de Thiébaut VIII de Neufchâtel et de son épouse Guillemette de Vienne, veuve d'Antoine de Vergy, d'autres fiefs échappent des mains du seigneur de Pesmes en 1449 : Balançon, Rupt et Bar-les-Pesmes. Il devient faux-monnayeur et participe même à un complot contre son duc, arrêté, il est condamné à mort. N'ayant pas à payer sa dette auprès du seigneur de Neuchâtel, ses frères et héritiers, Simon et Heylion, doivent à leur tour confirmer cet engagement pour une durée de trente ans, c'est ainsi que la maison de Neuchâtel-Bourgogne se parait du titre de seigneur de Pesmes. À la mort de Thiébaud VIII, sa veuve Guillemette de Vienne hérite des seigneuries de Pesmes et de Valay et en fait don à son fils Antoine. Décédé sans enfants, Antoine de Neuchâtel-Bourgogne nomme sa sœur Bonne son héritière. Par son mariage avec Jean III de la Baume-Montrevel, la seigneurie de Pesmes passe à cette famille.
Helyon II (), hérite de son père Simon, des derniers biens de la famille, les Puits, Vuillafans et Durnes. De ces deux unions, il n'a qu'une fille, Bénigne (), dame de Puits, qui épouse, en 1513, le seigneur François de Vienne, sénéchal et maréchal de Bourgogne. Il a un bâtard, légitimé en 1530, Jean, qui hérite à son tour de la terre de Puits, et avec qui s'éteint la lignée de Grandson-Pesmes.
Les principaux lignages issus des Grandson Le lignage (groupe parental) des Grandson a donné naissance à plusieurs familles vaudoises, dont les principales sont : Montricher, semble vraisemblablement issue de la branche aînée des Grandson, notamment en raison de la présence des coquilles sur les armoiries. La famille s'éteint dans la première partie du . La Sarra(z), issue de la branche aînée des Grandson au début du .