Stéphane Guivarc'h, né le à Concarneau (Finistère), est un footballeur international français évoluant au poste d'attaquant entre 1989 et 2002.

Formé au Brest Armorique, il débute avec en première division en 1989. Deux ans plus tard, à la suite de la dissolution de l'équipe professionnelle, il rejoint l'En avant de Guingamp en division 2 où il se révèle en prouvant ses qualités de buteur. Après quatre saisons, il rejoint l'AJ Auxerre de Guy Roux où il est champion de France en 1996. Après une année difficile, il est prêté au Stade rennais avec lequel il termine meilleur buteur du championnat. Il retourne à Auxerre pour une année puis quitte la France pour Newcastle United, puis les Glasgow Rangers où il remporte en 1999, le championnat d'Écosse, la coupe d'Écosse et la coupe de la Ligue écossaise. Guivarc'h revient à l'AJA deux saisons puis termine sa carrière à Guingamp.

En 1998, Guivarc'h s'illustre pour avoir été le meilleur buteur du Championnat de France, de la Coupe de la Ligue, de la Coupe Intertoto et de la Coupe de l'UEFA avec notamment un total de 47 buts marqués sur l'ensemble de la saison et pour avoir remporté le Tournoi Hassan II et la Coupe du monde.

Depuis la fin de sa carrière sportive, il exerce des activités de commercial, entraîneur et consultant.

Biographie Stéphane Guivarc'h est né en 1970 à Concarneau dans le FinistèreSon nom vient du breton Win March qui signifie digne [de posséder] un cheval. Cf. .

Carrière de joueur Formation et débuts à Brest (1984-1991) redresse|vignette|gauche|Muslin offre ses premiers matchs professionnels à Guivarc'h.

Son père est aussi footballeur, il évolue comme attaquant en Promotion d'honneur (niveau régional). Il fait ses premières gammes footballistiques à l'US Trégunc, près de Concarneau, où il apprend à être décisif devant le but comme attaquant de pointe. À quatorze ans, il se fait remarquer par le Brest Armorique qui fait tout pour l'enrôler et il incorpore son centre de formationNicolas Carnec, « Guivarc'h : entre Brest et Rennes, son cœur balance », in Ouest-France.. Ensuite il gravit tous les échelons des équipes de jeunes jusqu'à ce que l'entraîneur de l'équipe première, Slavoljub Muslin, l’intègre au groupe professionnel à l'aube de la saison 1988-1989. Mais le jeune homme de 18 ans peine à engranger un temps de jeu conséquent du fait que son club formateur possède déjà des attaquants de qualité avec Roberto Cabañas, Dragiša Binić, Hervé Guégan, Joël Cloarec et Ronan Salaün. Il ne découvre pas pendant cette saison-là le monde professionnel où l'équipe est promue en première division.

Pour la saison 1989-1990, Guivarc'h est encore cantonné pour évoluer avec l'équipe réserve puisqu'en équipe première il y avait la concurrence de Cabañas, Mendoza, Cloarec, Salaün et des nouveaux venus Gérard Buscher et Bernard Ferrer. Mais l'entraîneur Muslin lui fait tout de même fouler une fois une pelouse de l'élite française ce qui lui vaut de prendre part au maintien de son équipe acquis grâce à sa dixième position finale. Pendant cette année-là aux côtés des Manac'h, Guégan et autres, il remporte la Coupe Gambardella en battant en finale le FC Grenoble sur le score de 3-1 avec un but à la clé.

Encore barré par la concurrence des Ferrer, Salaün, Cloarec et des deux recrues David Ginola et Michel Milojević, le natif de Concarneau ne se contente que de neuf apparitions toutes compétitions confondues durant la saison 1990-1991 dont huit en championnat où Brest assure son maintien en terminant onzième. Mais à cause d'un déficit financier trop important, le club finistérien est relégué par la DNCG en D2.

Même en seconde division le temps de jeu de Guivarc'h est dans la lignée des années précédentes car il ne totalise que six rencontres pour un but, son premier en professionnel, jusqu'en . À ce moment, le club perd son statut professionnel à cause de ses finances ce qui amène la dispersion de l'effectif.

Révélation à Guingamp (1991-1995) À la mi-saison 1991-1992, Stéphane Guivarc'h rejoint alors un autre club breton de D2 : l'EA Guingamp. Sur la phase retour de l'exercice, l'entraîneur guingampais Alain De Martigny l'utilise l'ancien brestois à douze reprises ce qui l'amène à inscrire trois buts. Il prend part à la sixième position de l'En Avant acquise dans le groupe A, manquant de deux points le podium synonyme de barrages d'accession à l'élite. Il marque également trois buts en trois matchs de Coupe de France. En six mois de présence à Guingamp, il joue pratiquement autant de matchs qu'en trois ans et demi en équipe première à Brest.

La saison 1992-1993 est la première que Guivarc'h dispute comme titulaire à part entière depuis le début de sa carrière. Il ne rate qu'une seule journée de tout le championnat mais surtout inscrit quatorze buts. Collectivement, les Guingampais finissent treizième du groupe B mais sont relégués en National 1, suite du passage de la D2 de deux poules de 18 clubs à une seule de 22.

Guivarc'h reste fidèle à l'EAG malgré le fait d'évoluer au troisième échelon du football français et il effectue une saison 1993-1994 en inscrivant 25 buts en 33 rencontres. Cela fait de lui l'un des grands artisans de la remontée immédiate de son club en D2. Guingamp termine premier du groupe A avec neuf points d'avance sur Amiens tout en ayant les meilleures attaques et défenses. Mais Guivarc'h et ses coéquipiers s'inclineront contre l'autre premier, Châteauroux, pour le titre de champion de France du National 1. Le buteur finistérien ajoute trois autres buts marqués en trois matchs de coupe de France.

En retrouvant la seconde division, l'ancien Brestois reste sur la lignée de son année précédente en trouvant à 23 reprises le chemin des filets adverses en 41 rencontres de jouées, ce qui lui vaut de finir troisième meilleur buteur du championnat ex æquo à huit unités de Tony Cascarino. Ses excellentes statistiques lui permettent d'être élu meilleur joueur de D2 par le magazine France Football. Guivarc'h marque aussi quatre buts en quatre rencontres de Coupe de France où Guingamp est éliminé aux tirs au but par Bastia en quarts de finale. Collectivement la saison 1994-1995 est tout aussi éblouissante puisque Guivarc'h et ses coéquipiers tiennent tête à l'Olympique de Marseille jusqu'à la dernière journée du championnat au point que les deux équipes finissent avec le même nombre de points, départagés à la différence de buts. Guingamp accède ainsi à la première division vivant sa seconde montée d'affilée.

Champion de France avec Auxerre (1995-1996)

redresse|vignette|gauche|À Auxerre, Guivarc'h convainc Guy Roux après des débuts difficiles.

Quelques clubs de D1 sont alors très intéressés par les caractéristiques de ce buteur. Finalement après réflexions il jette son dévolu sur l'AJ Auxerre pour son entraîneur Guy Roux, révélateur de joueurs comme Gérald Baticle et Lilian Laslandes, provenant des divisions inférieures. Et Roux le recrute afin de compenser le départ de Baticle pour Strasbourg. L'ancien guingampais fait de bons débuts sous sa nouvelle tunique en marquant deux buts lors des trois premières journées mais une blessure l'empêche de s'installer comme un véritable titulaire. Ensuite il est barré par Laslandes et est cantonné dans le rôle du remplaçant de l'avant-centre. Il réussit tout de même à accumuler 31 apparitions avec seulement quatre buts d'inscrits toutes compétitions confondues. Ses statistiques lui permettent d'être considéré comme Champion de France. N'ayant pas joué la finale de Coupe de France, il ne se voit pas attribuer la victoire du trophée. Cette année-là, Guivarc'h découvre l'Europe en disputant deux matchs en coupe UEFA où l'équipe bourguignonne va jusqu'en seizièmes de finale, perdu contre Nottingham Forest.

Prêt à Rennes (1996-1997) Voulant se relancer, il demande pendant l'été 1996 à quitter Auxerre malgré les titres remportés mais l'entraîneur Roux a confiance en lui et préfère le prêter une saison. Il est supposé aller à Bordeaux mais l'entraîneur Rolland Courbis veut lui faire signer une feuille blanche comme contrat, ce qu'il refuse. Finalement il est preté au Stade rennais. Alors Guivarc'h débarque chez les Rouges et Noirs où il est aligné avec Sylvain Wiltord et Pierre Yves André et retrouve ses sensations de buteur au point de réaliser une saison 1996-1997 avec trente buts en 45 matchs toutes compétitions confondues, dont 22 en championnat, qui font de lui le meilleur buteur de l'élite. Durant la saison, l'Inter Milan l'approche et les dirigeants auxerrois sont d'accord pour le laisser partir, mais Rennes refuse de mettre fin au prêtEntrevue Stéphane GUIVARC'H, www.rougememoire.com. En plus de ses statistiques en D1, il rajoute quatre buts en cinq rencontres de coupes nationales sans oublier ses quatre premiers inscrits en coupe d'Europe en disputant quatre matchs d'Intertoto. Collectivement, le championnat est laborieux au point que les Rouges et Noirs n'assurent leur maintien que lors de l'avant-dernière journée. Les Rennais retrouvent un peu le sourire en coupe de la Ligue en atteignant les quarts de finale perdus 2-1 contre Montpellier. À la fin de la saison, il ne souhaite pas retourner à l'AJA. Mais après des discussions avec Guy Roux et le départ de Laslandes, les deux hommes se mettent d'accord.

Retour à Auxerre (1997-1998) Pendant l'été 1997, à la suite du départ de Laslandes pour Bordeaux, Roux réintègre Guivarc'h au sein de l'effectif d'Auxerre. En , Guy Roux résume la concurrence avec Laslandes : . Il est élu « meilleur sportif breton » de l'année 1997 par le Télégramme de Brest. Le Finistérien est en totale confiance au point de réaliser une nouvelle grande saison en 1997-1998 en conservant sa couronne de meilleur buteur de D1 avec 21 buts tout en étant le meilleur buteur de l'Intertoto avec dix buts, de la coupe UEFA avec sept buts et de la coupe de la Ligue avec sept buts pour un total de 46 buts en 53 matchs joués. Collectivement l'année de l'AJA est plus que correcte avec une septième place acquise en championnat, une demi-finale en coupe de la Ligue perdue aux tirs au but contre Bordeaux, une victoire en Intertoto 1997 contre le MSV Duisbourg et un parcours en coupe UEFA jusqu'en quarts de finale perdu 3-2 score cumulé contre le futur finaliste, Lazio Rome.

Échec à Newcastle (1998) redresse|vignette|gauche|Dalglish fait venir Guivarc'h avant de démissionner.

Sa fabuleuse saison 1997-1998 lui vaut des regards de nombreux clubs européens dont quelques-uns d'Angleterre, championnat qui l'attire. C'est ainsi qu'il signe le avec Newcastle pour une durée de quatre ansXavier Barret, « Guivarc'h un Frenchie chez les Magpies » in France Football, n°2730, mardi 4 août 1998, page 38.. Le transfert est de trente cinq millions de francs (environ ), un montant très important à l'époque. Son recrutement fait l'objet d'une vive polémique dans la presse britannique autour du thème : pourquoi payer si cher un attaquant qui n'a pas marqué un but en Coupe du monde ? Son entraîneur, Kenny Dalglish, monte au créneau pour le défendre : « Pouvez-vous me dire depuis quand ce club n'a plus de champion du monde dans ses rangs ? Quand il a recruté un joueur qui a marqué 60 buts en deux saisons ? Moi, je ne me suis pas contenté de suivre Guivarc'h lors de la finale du Mondial, mais je l'ai supervisé en bien d'autres occasions auparavant et je ne me fais aucun souci pour lui. »

Malgré la polémique, Stéphane Guivarc'h se montre optimiste et ambitieux, notamment sur sa future association avec Alan Shearer : « L'objectif c'est de faire le mieux possible, de rivaliser avec Arsenal et Chelsea. Je ne sais pas comment nous allons combiner avec Shearer, mais je ne m'en fais pas. J'imagine qu'il restera en pointe et que tournerai autour, comme je le faisais à Rennes. De toute façon, je n'ai aucune inquiétude : s'ils m'ont engagé, c'est évidemment pour me faire jouer. »