thumb|upright|Uniforme du carabinier à cheval vers 1809 par Hippolyte Bellangé.

L'uniforme des carabiniers français est le costume militaire et réglementaire porté par les carabiniers à cheval de la cavalerie lourde de l'armée napoléonienne entre 1804 et 1815. L'uniforme a connu une évolution radicale en 1809 quand Napoléon en confie le commandement à son frère Louis, qui change cette unité en cavalerie cuirassée.

Historique En 1791, un décret du institue la séparation définitive des carabiniers en deux régiments. Décidée dès 1788, cette séparation se maintient jusqu'à la suppression des carabiniers après le Second Empire. Comme pour les cuirassiers, les régiments de carabiniers sont considérés comme des régiments d'élite et n'ont pas de compagnie d'élite. C'est pour cette raison que toutes les compagnies portent le plumet rouge, et, plus tard, la chenille rouge.

Comme la plupart des régiments dit de cavalerie qui correspondent eux aussi à de la cavalerie lourde qui donneront en partie des régiments de cuirassiers en 1803, ils n'étaient pas dotés de la cuirasse à la fin de l'Ancien Régime. Ils seront cuirassés, après les cuirassiers, tous munis de cuirasse en 1803, à la suite de la bataille de Wagram où le nouvel uniforme avec casque et cuirasse sera décidé.

Équipements de l'uniforme

Couvre-chefs

Bonnets à poils En 1791, le tricorne est abandonné pour le bonnet à poils. Le modèle des carabiniers est identique à ceux des grenadiers à cheval de la Garde impériale, et ne comprend pas de plaque contrairement à ceux des grenadier d'infanterie. Le bonnet est en peau d'ours noir, le fond est rouge décoré d'une croix blanche. Sur le côté gauche, se trouve la cocarde bleu-blanc-rouge ; l'ordre des couleurs n'est pas immédiatement arrêté, il sera plus tard uniformisé dans l'ordre suivant en partant du centre bleu-rouge-blanc. C'est au niveau de la cocarde que s'attache le plumet, rouge pour les cavaliers, les trompettes et les officiers, blanc pour le colonel. Sur le bonnet à poils, est porté un cordon raquette à droite, avec le cordon passant de la droite à la gauche par l'avant du bonnet d'ourson ou par le dessus. Le cordon et la raquette sont de couleur rouge pour les cavaliers et les trompettes, rouge et argent pour les sous-officiers, et argent pour les officiers. À partir de 1804, le cordon et la raquette deviennent couleur argent d'après Rousselot. À partir de 1804, les sous-officiers portent des cordons et raquettes en rouge et argent d'après Begnini qui les représente toujours ainsi. Le bonnet à poils portait aussi un cordon argent, nommé dragonne, qui partait du sommet de bonnet descendait par derrière, passait par l'épaulette gauche et s'attachait aux boutons de la veste pour ne pas perdre le bonnet à poils. D'après Begnini et Rousselot, les sous-officiers en avaient une rouge argent. Noter que l'on retrouve certaines variantes : il est possible que certains bonnets à poils, à l'instar de ceux de la gendarmerie d'élite de la Garde impériale, aient eu une visière, d'après Hoffmann. Roméo Vézina et François Labelle indique que les trompettes du premier régiment portaient un bonnet à visière dans leur uniforme réglementaire de 1791 à 1803, il semble qu'avant l'empire la visière est supprimée et le fourreau du bonnet est modifié au moment de la modification de l'uniforme entre 1800 et 1803. Cette particularité semble avoir totalement disparu avant le consulat. D'après Begnini lors de la campagne d'Allemagne et d'Autriche en 1809, les sous-officiers portaient un plumet blanc comme, a priori, les officiers, et d'après Rousselot, les trompettes en grand uniforme avaient un plumet rouge avec un sommet blanc. On peut noter aussi que, d'après Begnini, en 1795, les carabiniers ou quelques cavaliers portaient une plaque comme les grenadiers de l'infanterie, présentant un faisceau de licteur. D'après Berka, ils portaient aussi sur leur bonnet à poils des jugulaires dorées. Il semble selon Yves Martin qu'avant la bataille de Wagram ait été décidé par improvisation de doter les bonnets à poils qui avaient vu leur taille augmenter depuis le début de l'Empire par effet de mode, et étaient devenus instables, de jugulaires de métal blanc mais aussi de métal jaune. Comme en témoigne l'autoportrait du lieutenant Bassigny à Wagram qui se trouve dans les collections du musée de l'armée, porte un bonnet à poils avec des jugulaires de métal jaune. Cette instabilité des bonnets à poils mais aussi les pertes dues à des blessures à la tête ont décidé l'état major à supprimer le bonnet à poils et à le remplacer.thumb|Uniforme de colonel du régiment de carabiniers à cheval de 1810 à 1812 par Carle Vernet.|286x286px

Casques Par décret du , les carabiniers abandonnent leurs bonnets à poils pour un casque de cuivre (doré, de cuivre jaune, pour les cavaliers et les trompettes, cuivré, de cuivre rouge, pour les officiers) à chenille rouge dit casque « à la romaine » ou grecque. Ce nouvel uniforme est reçu par les deux régiments après leur retour en France, dans leur caserne de Lunéville, entre le 25 et le , après avoir quitté Hanovre le . La chenille de crin de cheval pour les trompettes est de couleur blanche mais, entre 1810 et 1812, certaines étaient bleu clair. Même chose pour les timbaliers, qui semblent n'avoir eu que des chenilles bleu clair entre 1810 et 1812. Avant le nouvel uniforme, une tenue d'essai, début 1810, ne donnait pas de casque aux trompettes mais un bonnet à poils blancs avec un plumet rouge au sommet blanc, d'après Rousselot. Il semble aussi, d'après Rousselot, que certaines chenilles de trompettes aient été rouges entre 1810 et 1812. Le général Chouard porte sur son casque une chenille noire. À noter que lors des Cent-Jours les trompettes avaient des chenilles rouges, conformément aux dispositions prises sous la Première Restauration pour le corps des carabiniers de Monsieur. Sur le casque, se fixe une plaque argentée qui présente en doré un « N » pour Napoléon Ier surmonté d'une couronne. Ses symboles sont enlevés sous la première Restauration, le , un nouveau casque est adopté qui au lieu d'arborer un « N », arbore les armes du comte d'Artois futur Charles X entouré de l'ordre du Saint-Esprit et de la Toison d'or, lors des Cent-Jours les armes du comte d'Artois sont retirées en vue de la campagne de Belgique, les anciennes plaques arborant le « N » ne sont portées que par les officiers. Lors de la campagne de Belgique il est possible que des officiers ait conservé une couronne royale sur leur casque, on retrouve un casque ayant cette configuration au sein de la collection Raoul et Jean Brunon aujourd'hui propriété du musée de l'Armée exposé au château de l'Empéri à Salon-de-Provence. Sur le casque, s'attachent aussi des jugulaires couleur argent. En fonction du grade, un plumet ou un pompon sont portés à gauche de la bombe du casque ; pour les cavaliers, trompettes et officiers jusqu'au grade de capitaine, c'est le pompon qui est porté : rouge pour la compagnie, bleu céleste pour la compagnie, aurore pour la compagnie, rouge et blanc pour la compagnie, bleu céleste et blanc pour la compagnie et aurore et blanc pour la compagnie, les et compagnies, généralement absentes dans les régiments de cavalerie, portaient un pompon violet pour la et violet et blanc pour la . Le plumet est porté par les officiers supérieurs et est généralement rouge, il est blanc pour le colonel et pour les majors blanc avec un sommet rouge, à noter que le plumet n'est pas forcément porté en campagne. D'après Patrice Courcelle, certains officiers supérieurs pouvaient porter une crinière en crin de cheval de couleur rouge au bout de leur chenille qui tombait dans le dos, ceci est visible sur le portrait posthume de Ferdinand de Lariboisière exposé au musée de l'Armée.

Bonnet de police et pokalem Le bonnet de police est apparu au sein du régiment sous l'Ancien Régime. Jusqu'au changement d'uniforme décidé en 1809 et effectué en 1810, il est de couleur bleue, avec une grenade blanche à l'avant, un passepoil blanc ; le bonnet se termine par un pompon blanc, des variantes sur le passepoil indiquent le grade de son porteur. Avec la réforme de l'uniforme, le bonnet de police devient blanc avec passepoil et pompon bleu ciel. Le bonnet de police est utilisé généralement comme coiffure pour la tenue de casernement, pour la tenue d'écurie ou pour la pratique d'exercice à cheval comme l'équitation. Il peut aussi être porté en dehors de la caserne en tenue de société mais plus rarement. Il existe des variantes chez les officiers ; on peut remarquer que les bonnets de police sont plus blancs, le pompon est blanc, seul les contours du bonnet possèdent un passepoil bleu ciel, comme la grenade à l'avant blanche avec contours bleu ciel. Le bonnet de police, comme le pokalem, est utilisé comme coiffure pour la tenue d'instruction à pied. La réforme de 1812 introduit dans toute l'armée française le pokalem, un bonnet qui possède deux rabats pour protéger les oreilles en cas de grand froid. Celui des carabiniers est de couleur blanche, avec les distinctifs de couleur bleu ciel ; il était initialement prévu pour remplacer le bonnet de police, et donnera le calot par la suite. Il va cohabiter avec ce dernier jusqu'à la fin de l'Empire, va disparaître avec la Restauration, qui ne conservera que le bonnet de police. Il est relégué à l'instruction au casernement et à l'écurie et il est surtout porté par les soldats, les officiers préférant porter l'ancien bonnet de police. Son introduction dans l'armée faisait partie des préparatifs à la campagne de Russie. Bicorne Les sous-officiers et officiers portaient le bicorne en tenue de société, en ville, et parfois en campagne pour certains officiers supérieurs. Le bicorne est en feutre noir, possède une ganse argentée tenant la cocarde réglementaire. Il est généralement porté en bataille, c'est-à-dire dans le même sens que sous Napoléon, mais peut aussi être porté en colonne, c'est-à-dire dans l'autre sens. Pour les officiers, aux extrémités s'attachent deux pompons argentés, d'après Bousquet ; les sous-officiers pouvaient en avoir aussi de couleur rouge. Le bicorne peut avoir un liseré argenté, plus souvent chez les officiers supérieurs. D'après Bousquet, les sous-officiers pouvaient porter un plumet rouge, qui se fixait au niveau de la cocarde. Cuirasse