Paul Gavarni dit Gavarni, pseudonyme de Sulpice-Guillaume Chevallier, né à Paris le Au rue des Haudriettes (Jacques Hillairet, Évocation du Vieux Paris, , Les Éditions de Minuit, Paris, 1960, )., et mort à Paris ( arrondissement) le , est un dessinateur, aquarelliste et lithographe français.
Il est le père du peintre Pierre Gavarni (1846-1932)« Pierre Gavarni (1846-1932) », notice sur data.bnf.fr..
Biographie Sulpice-Guillaume Chevallier est le fils d'un agriculteur nommé Sulpice Chevallier, monté à Paris, et de Monique Thiémet, sœur du grimacier, ventriloque et caricaturiste Guillaume Thiémet, célèbre au temps du Directoire et sous le Premier Empire pour ses représentations, entre autres, de moines gourmandsJohn Grand-Carteret, Les Mœurs et la caricature en France, Paris, À la Librairie illustrée, s.d., [hors-texte]..
C'est à la suite de séjours qu'il fait dans les Pyrénées, et notamment à Gavarnie, qu'il choisit son pseudonyme Gavarni. Ce pseudonyme est couramment, mais à tort, associé au prénom Paul. Ni les Goncourt qui ont très bien connu cet artiste et ont publié sa biographie, ni les auteurs du catalogue de son œuvre gravé, ni le Nouveau Larousse illustré - Dictionnaire universel encyclopédique de la fin du Nouveau Larousse illustré - Dictionnaire universel encyclopédique, tome 4, . ne mentionnent ce prénom : la forme fautive semble apparaître dans les dictionnaires d'artistes au début du .
Remarqué par l’abbé de La Mésangère, qui publie plusieurs de ses œuvres dans le Journal des dames et des modes, sq., puis par Émile de Girardin, il collabore à La Mode. Ses dessins sont aussi publiés dans d’autres journaux tels que L'Artiste et L'Illustration avec notamment sa série des fumeurs de pipe. Vers 1835, il devient un collaborateur régulier du Charivari, quotidien satirique d'opposition républicaineTirant à en moyenne à l'époque.. Ses lithographies pleine page y sont les plus connues avec celles d'Honoré Daumier et sont, à juste titre, considérées comme des originaux de l'artiste.
Dans les années 1840, il participe à l'illustration de l'ouvrage de Léon Curmer, Les Français peints par eux-mêmes.. Il participe aussi avec Grandville aux publications de Pierre-Jules Hetzel, Le Diable à Paris, ouvrages collectifs qui réunissent contes et articles de Balzac, George Sand, Charles Nodier. Il est également l'auteur d'un unique recueil de textes littéraires, Les Douze mois, publié en 1869Francis Lacassin, note bio-bibliographique sur Paul Gavarni, dans Les maîtres de l'étrange et de la peur, Robert Laffon, Bouquins, avril 2000, ..
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1852Base Léonore, cote LH/522/60 : il y est inscrit sous les prénoms « Sulpice-Paul »..
Sa femme est sous-directrice du pensionnat israélite Kahn, situé hameau Boileau ( arrondissement de Paris)Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Hameau Boileau », ..
Au cours de sa vie, il réside à de nombreux endroits de la capitale : 27 rue Saint-Lazare (1829), Montmartre (1829-1835), prison pour dettes de la rue de Clichy (1835-1836), 43 rue Blanche (1836-1837), 1 rue Fontaine (1837-1846), 49 route de Versailles (1846-1865) puis 29 rue Chardon-Lagache (1865-1866), dans une maison qui donne à l'arrière sur la villa de la Réunion, où il meurtJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Rue Chardon-Lagache », ..
vignette|Tombe au cimetière d'Auteuil. Paul Gavarni disparaît le dans le arrondissement de Paris et est enterré au cimetière d'AuteuilJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Rue Claude-Lorrain », ., quelques mois après le décès de son plus jeune fils Jean, âgé de 10 ans.
Œuvre Ses séries lithographiques (Les Enfants terribles, Fourberies de femmes) et ses dessins en font un observateur moqueur, parfois amer, de la société parisienne sous Louis-Philippe et le Second Empire. Il rejoint en cela les Goncourt, qui l'admirent, et avec lesquels il est très lié.
Gavarni se fait une spécialité de l'illustration du Carnaval de Paris, à tel point que, parlant de cette fête, un journal écrit, plus de vingt ans après la disparition de l'artiste : , .
Au nombre de ses œuvres, Gavarni publie en 1848 un recueil de gravures intitulé : Les Débardeurs. Dans sa préface, P. J. Stahl (pseudonyme de Pierre-Jules Hetzel) écrit : Le débardeur est un personnage typique du Carnaval de Paris : une femme ou une jeune fille vêtue d'un débardeur ou pantalon de préférence très moulantDu temps de Gavarni, une femme voulant sortir en public, en pantalon, en dehors de la période du Carnaval, avait besoin d'une autorisation spéciale délivrée par la police..
Gavarni a aussi été illustrateur, comme dans l'ouvrage de Leprince de Beaumont, Les contes de fées (Librairie Centrale, Paris, 1865).
Œuvres dans les collections publiques
Évreux, musée d'Évreux : Scène de bal masqué : pierrots et colombines, dessin mine de plomb sur papier calque collé sur carton, . Restaurant, Le Rocher de Cancale, Paris : L'œuvre de Paul Gavarni est également présente par une belle série de fresques située au étage du très original restaurant/brasserie Le Rocher de Cancale, au 78 de la rue Montorgueil dans le arrondissement de Paris. Ce site fait d'ailleurs l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .
Galerie
Hommage vignette|Monument à Gavarni, place Saint-Georges à Paris. Un monument est élevé à sa mémoire, place Saint-Georges dans le (Gavarni a habité le quartier de 1837 à 1846). Il se compose d'un buste de Gavarni supporté par un socle orné d'un bas-relief illustrant le Carnaval de Paris. Y figure notamment « un débardeur ».
Dans le , la rue Gavarni porte son nom.
Critique par Baudelaire Gavarni est critiqué par Charles BaudelaireMasculin/féminin dans la poésie et les poétiques du , Marie-Pierre Chabanne, publié par Christine Planté, Presses Universitaires Lyon, 2002, qui le cite dans son poème L'Idéal paru en 1857 dans Les Fleurs du mal :
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Edmond et Jules de Goncourt, Gavarni, l'homme et l’œuvre, éditions Plon, Paris, 1873. . Charles Yriarte, Gavarni, Manières de voir et façons de penser, précédé d'une étude sur Gavarni par Charles Yriarte, Paris : E.Dentu, Paris, 1869, 249 p. Jeanne Landre, Gavarni, Paris : Louis-Michaud, Paris, s. d. [1912 ?], 192 p., 45 gravures et portraits. André Warnod, Gavarni, Paris : Rieder, Paris, 1926, 64 p., 40 planches hors texte en héliogravure. Jean Adhémar, Inventaire du fonds français après 1800, tome huitième, Bibliothèque nationale, 1954 (consulter en ligne, ). Pierre Mac Orlan, « Les Visiteurs de Gavarni », texte inédit de Mac Orlan, in Gavarni / Images de Gavarni, édité et réalisé par l'Association des anciens élèves d'H.E.C. pour la Nuit H.E.C.-1955, édition limitée à numérotés, couverture cartonnée gaufrée, décor médaillon au monogramme de Gavarni, les œuvres de Gavarni sont reproduites en photogravure, sous emboîtage. Emmanuel Fougerat, Gavarni, Paris : Chantereau, s. d., 12 p., illustrations en noir et blanc et une en couleurs. Florian Balduc (éd.), Fantaisies Hoffmaniennes, Éditions Otrante, 2016. Jean Robiquet, L'Œuvre inédit de Gavarni, planches rares et lithographies posthumes, cent-vingt reproductions en héliotypie par Léon Marotte. Henri Floury éditeur, Paris, 1912, 344 pages, tirage limité : 300 exemplaires.
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