La Servante () est un film sud-coréen écrit et réalisé par Kim Ki-young, sorti en 1960.

Ce film a fait l'objet d'une nouvelle version intitulée , réalisée par Im Sang-soo et sortie en 2010.

Synopsis Professeur de piano, Kim Dong-sik enseigne la musique aux jeunes ouvrières d'un atelier de tissage. Avec sa petite famille, celui-ci ne va pas tarder à emménager dans une plus grande maison, et, pour soulager sa femme des travaux domestiques, cherche à employer une servante. Une de ses élèves lui présente alors Myeong-sook, jeune fille un peu simplette mais courageuse, qui ne tarde pas à montrer un comportement trouble et ambigu une fois intégrée dans la maison. Folle amoureuse de Kim Donk-sik, cette dernière va alors s'adonner à un petit jeu démoniaque promis à détruire cette famille banale et sans histoire…

Fiche technique

Titre original : , Titre du film : La Servante Réalisation et scénario : Kim Ki-young Musique : Han Sang-gi Directeur artistique : Park Seok-in Photographie : Kim Deok-jin Montage : Oh Young-keun Production : Kim Young-cheol Société de production : Korean Munye Films Co. Ltd. Société de distribution : n/a Pays de production : Langue originale : coréen Format : noir et blanc - 35 mm - 1.66 Genre : Drame psychologique Durée : Dates de sortie : Corée du Sud : France : (reprise, version restaurée inédite)

Distribution Lee Eun-shim : Myeong-sook, la servante Kim Jin-kyu : Kim Dong-sik, le professeur de piano Joo Jung-nyeo : la femme de Kim Dong-sik Eom Aeng-ran : Cho Gyeong-hee, l'ouvrière et élève de Kim Ahn Sung-ki : Chang-soon, le fils Ko Seon-ae : Ae-soon, la fille

Production Le tournage a lieu à Séoul (consulté le 15 juillet 2022)..

Accueil Critique Pour le quotidien Le Monde, le film est d'une .

Le magazine Première dit que « au-delà de son contexte historique, le film conserve une force intemporelle qui justifie à la fois sa réputation et la restauration dont il a été l'objet », point sur lequel il est rejoint par le critique d'Excessif : Rarissime, ce joyau a été restauré et sa découverte peut inciter à découvrir la filmographie d'un cinéaste méconnu qui a payé sa prise de risque et osait un mélange des genres très surprenant et audacieux pour l'époque.

Selon Les Fiches du cinéma, "le film est à l'Asie ce que Psychose est à l'Occident : la pierre fondatrice du cinéma d'épouvante.

Enfin, pour Charlie Hebdo, il s'agit là d'un « huis clos étouffant dominé par une femme perverse qui, avec sa longue chevelure ébène, préfigure ces fantômes asiatiques popularisés par Ring ».

La Servante est le meilleur film coréen de tous les temps selon une liste établie en 2014 par la Korea Film Archive.. C'est aussi l'un des films qui ont le plus influencé le cinéaste Bong Joon-ho.., qui a notamment repris dans le thème de l'infiltration des serviteurs dans une famille plus riche ainsi que celui de l'escalier..

Restauration Le négatif original est découvert en 1982, mais les bobines 5 et 8 sont manquantes. En 1990, une copie originale comportant des sous-titres anglais écrits à la main est retrouvée et utilisée pour compléter la copie originale. En 2008, la World Cinema Foundation décide de restaurer le film. Pour restaurer le film, il a fallu travailler à partir de bobines sous-titrées en anglais. Le travail a consisté à éliminer les sous-titres et reconstituer l'image cachée par les sous-titres The Housemaid sur le site de la World Cinema Foundation..

Analyse Contexte Pour le critique Hubert Niogret, le film doit absolument être replacé dans le contexte politique de son époque. Peu avant sa sortie, le dictateur Park Chung-Hee arrive au pouvoir en Corée du Sud à la suite d'un coup d'État, et installe un régime militaire qui, au prétexte de moraliser la vie publique, met en place une politique de répression.. C'est lors de la seule et unique année de liberté d'expression ayant eu lieu dans le pays entre 1948 (date de sa création) et 1987 (date des premières élections libres.) que La Servante parut dans les salles.

Selon Thomas Sotinel, critique, .

Scénario Clément Graminiès, critique sur le site Critikat.com, remarque que le scénario est très classique : Un étranger, la servante, est introduit dans le quotidien d'une famille apparemment structurée et y introduit ou y révèle le désordre..

Mise en scène Clément Graminiès souligne que Kim Ki-young multiplie les zooms suivis de fondus enchaînés pour précipiter la fin de chaque plan et montrer ainsi le caractère inéluctable de la destinée des personnages. Par ailleurs, il remarque que le réalisateur choisit souvent des plans en contreplongée pour les personnages et rendre le cadre .

La narration est rythmée par les scènes d'orage, qui font ruisseler l'eau sur les vitres, par les mouvements des portes à glissière, par le bruit de la machine à coudre de la maitresse de maison et le son du piano.

Interprétations , écrit-il plus loin.

La Servante peut, aussi, être envisagé comme l'illustration d'un triple conflit : entre tradition et modernité, entre ville et campagne, ou plus encore entre classes plébéiennes et petite-bourgeoisie. et ne peuvent guère qu'être servantes, prostituées ou occuper - au mieux - des emplois de service, fait remarquer Hubert Niogret.

Kim Ki-young rassemble les éléments d'un mélodrame qu'il

Autre point de vue exprimé par Kim Dong-ho, responsable du Festival international du film de Pusan (Corée du Sud) : Le film se concentre sur le conflit entre trois femmes - la servante, l'épouse et l'ouvrière qui étudie le piano auprès du maître de maison. in : 100e Prise : le cinéma de demain, Éditions Phaidon, Paris, 2011..

Autour du film The Housemaid réalisé par Im Sang-soo en 2010 est un remake de La Servante.

Notes et références

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