Le tunnel Annie Cordy (anciennement tunnel Léopold II) est le plus long tunnel routier de Belgique avec une longueur de . Situé à Bruxelles, il passe sous le boulevard Léopold II et relie la place de l'Yser à la basilique de Koekelberg.
Sous la responsabilité de la secrétaire d'Ètat pour Bruxelles, Cécile Goor-Eyben, qui prend soin que la surface ne redevienne pas une deuxième autoroute urbaine, ce tunnel est venu remplacer le viaduc « provisoire » du boulevard Léopold II construit à l'occasion de l'Exposition universelle de 1958. Les travaux de construction ont débuté en 1982 et se sont achevés en 1986.
Rénové entre 2018 et 2021, il a pris le nom de tunnel Annie Cordy à sa réouverture en ., à la suite d'une consultation populaire en 2020, à l'occasion de la journée des droits des femmes, lors de laquelle le nom d'Annie Cordy a été choisi par vote sur une liste de quatorze personnalités féminineshttps://www.francetvinfo.fr/replay-radio/on-ne-pouvait-pas-le-rater/belgique-le-plus-long-tunnel-du-pays-va-bientot-prendre-le-nom-d-annie-cordy_4308801.html..
Circonstances menant à la construction d’un tunnel Boulevard Léopold II
Le boulevard Léopold II a été tracé en 1866 à la demande du roi Léopold II par l’architecte-urbaniste Victor Besme en vue de prolonger le boulevard d’Anvers vers Koekelberg..
Terminé en 1891, le boulevard Léopold II devient un des principaux axes d’entrée à l’ouest de Bruxelles.. Dans un premier temps, il accueille une circulation relativement modeste. Après la Première Guerre mondiale et avec la motorisation croissante, cet axe devient une autoroute urbaine..
Viaduc de l’Exposition universelle de 1958 En 1958, le boulevard Léopold II est doté d’un viaduc. Il a pour but d’acheminer plus facilement les visiteurs de l’Exposition universelle de 1958 au Heysel ainsi que de moderniser les avenues de la Petite Ceinture à l’occasion de cet événement. Le choix s’est porté sur un viaduc car la construction d’un passage souterrain sous le canal de Charleroi n’était à cette époque pas réalisable d’un point de vue technique..
Le viaduc débutait à la rue de Ribaucourt à Molenbeek-Saint-Jean et allait jusqu'à la place de l'Yser, un peu après l'ancien garage Citroën.
Ce viaduc est composé de trois bandes de circulation.. Le matin deux bandes sont ouvertes dans le sens périphérie - centre-ville et une dans l’autre sens. Inversement, le soir une bande va dans le sens périphérie - centre-ville et deux en direction de la périphérie..
À l’origine construit de façon provisoire, il reste en place jusqu'en 1986, à la fin des travaux du tunnel Léopold II. Ce viaduc cause de nombreuses nuisances pour les riverains à savoir le manque d’esthétisme, la taudisation progressive des immeubles et les nuisances sonores..
Construction du métro Le , un permis de bâtir pour le tunnel Simonis aurait été octroyé. Cependant, le ministre de la Région bruxelloise, Albert Demuyter, signale l’absence de ce permis. Deux jours plus tard, le , le permis de bâtir pour le métro de la place Simonis est obtenu. Les plans annexés à ce permis dessinent un passage souterrain de sans lien au projet de métro. Les autorités sont alors mises sur le fait accompli de la construction d'un début de tunnel..
Construction du tunnel
Raisons de la construction d’un tunnel Après l’achèvement des travaux du métro de la place Simonis en 1979, les riverains du boulevard Léopold II décident de réagir. Ils se rassemblent au sein de comités de défense afin de lutter contre la dégradation de leur quartier causée par le viaduc.
Les nombreux points négatifs du viaduc engendrent une décision unanime quant à la nécessité de sa disparition. En plus de son manque d’esthétisme et de ses nuisances sonores, il entraîne une dégradation de la valeur des bâtiments. Plus personne n’investit dans l’immobilier autour du viaduc depuis 1956. L’ouvrage opère une véritable scission entre les habitants de part et d’autre de celui-ci.
Dans l'idée d’un réaménagement du boulevard Léopold II, deux camps s’affrontent en matière d’urbanisme. D'un côté, les pouvoirs publics (sauf Agglomération bruxelloise) et certains comités de quartiers sont partisans d'un tunnel proposé par l'administration des routes. De l’autre côté, des comités de quartiers, l'ARAU, Inter-Environnement et agglomération sont pour un aménagement en surface.
L'aménagement en surface est un projet moins coûteux et permettrait de rendre le quartier plus accueillant pour les habitants. Le tunnel est, quant à lui, plus coûteux mais permettrait une meilleure liaison entre les quartiers. Il serait accompagné d'un aménagement en surface améliorant l'environnement. Les pouvoirs publics garantissent dans ce projet la fluidité du trafic.et une amélioration des conditions de vie des habitants..
L'exécutif composé d'Albert Demuyter, ministre de la Région de Bruxelles-Capitale, et des secrétaires d’État, Cécile Goor-Eyben et Annemie Neyts-Uyttebroeck, s'est réuni le pour approuver le projet de construction du tunnel. Celui-ci est donc la continuité du projet du tunnel Simonis entrepris le . Le tunnel débutera à la basilique de Koekelberg et passera sous la place Simonis. Il se prolongera tout le long du boulevard Léopold II et sous la place Saintctelette. Il s’achèvera après le canal de Charleroi au niveau du boulevard d'Anvers pour rejoindre le tunnel Rogier.
L'exécutif a décidé que les travaux du métro et du tunnel devront être réalisés simultanément pour deux raisons : diminuer les désagréments liés aux travaux et permettre à la réalisation du tunnel de profiter des installations déjà mises en place par la construction du métro.. Une des conditions de l’octroi du permis de bâtir était un aménagement ultérieur en surface par la Région bruxelloise.
Explication des travaux La plateforme du viaduc en béton de l’Expo 58 présente de nombreux signes d’usure. Avant de commencer les travaux, elle est renforcée par des structures métalliques et ses colonnes en béton sont détruites. Là où il est nécessaire de démolir le viaduc en béton, des viaducs amovibles sont installés. Le volume du tunnel peut alors être creusé. Le viaduc continue à surplomber les travaux pour permettre la circulation. À la fin des travaux, le viaduc de métal et de béton est détruit pour permettre la mise en service du tunnel..
La partie du tunnel sous la place Simonis, dont les travaux avaient débuté en 1978, est la première terminée en 1982.. Avec le tronçon Rogier, ils sont les deux premiers en 1985 à être ouvert à la circulation..
Depuis 1982, les travaux sont en cours entre la chaussée de Jette et le boulevard du Jubilé.
La construction du tronçon allant de la place Simonis vers les avenues de la Liberté et de Jette débute en 1983.
En 1984, les travaux pour le tronçon allant de la place Sainctelette à la rue de Ribeaucourt commencent et permettent ensuite la construction du tronçon Ribeaucourt-boulevard du Jubilé qui durera deux ans.
Les travaux du tronçon traversant le parc Élisabeth commencent en 1984..
En 1985, la construction du dernier tronçon reliant les deux parties du tunnel de part et d’autre du canal de Charleroi débute. Il est réalisé en dernier car il s’agit d’une véritable prouesse technique. Pour permettre le passage sous le canal, les ouvriers ont effectué un montage de trois caissons se rejoignant au fond de l’eau. Ils pèsent respectivement , et chacun. Les travaux consistent à remplir douze fois les caissons d’eau afin qu’ils s’engouffrent progressivement dans le canal. À vingt centimètres du fond, des plongeurs guident les opérations pour le bon alignement des caissons. Une couche de béton est ensuite coulée pour maintenir l’ouvrage au fond de l’eau..
Rallongement du tunnel À l’origine, le tunnel devait s’achever au carrefour Sermon-Bossaert situé à Koekelberg. Finalement, il en est décidé autrement. Le , la secrétaire d’État Cécile Goor octroie un permis de bâtir afin de prolonger le tunnel de part et d’autre de la basilique de Koekelberg.. Cette prolongation permet aux automobilistes voulant rejoindre l’autoroute de la mer de ne pas rencontrer de feu rouge au bout du tunnel. Un des objectifs du tunnel, à savoir fluidifier la circulation bruxelloise, est alors rempli..
Destruction du viaduc Le viaduc amovible est démonté en 1986 pour la quatrième fois étant donné qu’il avait déjà servi au square Montgomery, à la porte de Tervuren et à Simonis.. Il est offert à la Thaïlande dans le cadre des bonnes relations économiques. Son acheminement jusqu’à Bangkok coûte à la Belgique de francs.. Le viaduc amovible est réinstallé en 1988 et s’appelle désormais « Thaï-Belgium Fly over Bridge »..
Le viaduc en béton est, quant à lui, réduit à l’état de gravats utilisés pour consolider les routes secondaires et pour la construction d’immeubles en Belgique.
Inauguration du tunnel Le tunnel ayant coûté environ six milliards de francsest inauguré le à .. Son inauguration se fait en quatre fois, dans les quatre communes qu’il traverse, à savoir Ganshoren, Koekelberg, Molenbeek-Saint-Jean et Bruxelles-Ville.. Ce tunnel est le plus long tunnel routier de Belgique avec une longueur de .
Directement après son ouverture, le tunnel est fermé durant le mois de septembre de à toute la semaine sauf les week-ends afin de peaufiner les parachèvements techniques.
Tracé du tunnel Le tunnel débute en s’enfonçant sous terre à l’arrière de la basilique de Koekelberg et remonte en surface au début du boulevard d’Anvers et de la place de l’Yser. Ces points de passages souterrains sont : la basilique de Koekelberg ; le parc Élisabeth ; la place Simonis ; le boulevard Léopold II ; la place Sainctelette ; le canal de Charleroi.
Il remonte en surface au niveau de la place de l’Yser laissant place au tunnel Rogier.
Le tunnel est composé de cinq sorties et cinq entrées. Il y a, en suivant le sens Basilique-Yser : une entrée Charles-Quint (derrière la basilique de Koekelberg) ; une entrée Basilique (devant la basilique de Koekelberg) ; une entrée Saint-Anne (intersection du boulevard Léopold II et de la rue de l’église Saint-Anne) ; une sortie Sainctelette (au niveau de la place Sainctelette) ; une sortie Yser (au niveau de la place de l’Yser).
Dans le sens Yser-Basilique, il y a : une entrée Yser (au niveau de la place de l’Yser) ; une entrée Sainctelette (au niveau de la place Sainctelette) ; une sortie Simonis (intersection du boulevard Léopold II et de la chaussée de Jette) ; une sortie Basilique (devant la basilique de Koekelberg) ; une sortie Charles-Quint (derrière la basilique de Koekelberg).
Caractéristiques techniques et sécurité du tunnel Le tunnel construit par le Service des routes de Bruxelles-Capitale du ministère des Travaux publics est composé de deux fois deux voies. Dès sa construction, le tunnel est aménagé de façon à garantir la sécurité et le confort des automobilistes. Des portes communicantes sont installées entre les voies du tunnel pour faciliter l’évacuation des voitures. La ventilation permet « de maintenir un taux d’oxyde de carbone sous le seuil dangereux et d’évacuer les fumées en cas d’incendie ». Il est équipé d’environ soixante caméras reliées à la police de Bruxelles, au service de l’Agglomération de Bruxelles et à l’administration de l’électricité et de l’électronique des travaux publics. Des téléphones de secours, des panneaux de signalisation lumineux, des réémissions radio, des détections-incendie, des parois ignifuges colorées pour éviter la monotonie et des dispositifs d’évacuation sont également installés. vignette|upright|Boulevard Léopold II.
Aménagement en surface du boulevard Léopold II