Bézenet (Besenet en occitan) est une commune française, située dans le département de l'Allier en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Géographie Localisation Bézenet est située à l'est de Montluçon.
Six communes sont limitrophesGéoportail (consulté le 17 août 2018). :
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Ouest et nord-ouest du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 900 à , maximale en automne et en hiver. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Montmarault à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Bézenet est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Montluçon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (87,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (47,9 %), zones agricoles hétérogènes (37 %), zones urbanisées (6,4 %), forêts (6,1 %), terres arables (2,5 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Voies de communication et transports La commune est reliée à Montluçon à l'ouest et Montmarault à l'est par la route départementale 2371, ancienne route nationale 371 reliant les deux communes précitées.
Le territoire communal est également desservi par les routes départementales 158 (vers Villefranche-d'Allier au nord), 159 et 488 (vers Montvicq au sud-ouest).
L'autoroute A71 passe au nord du territoire communal. L'échangeur le plus proche est situé à Montmarault, à dix kilomètres à l'est.
Histoire Origines À l’origine, le hameau de Bézenais dépendait de la commune de Montvicq. Vers 1622, il était composé d’une dizaine de « feux » de laboureurs et se trouvait au lieu-dit actuel le VillageCe dernier en a gardé le souvenir par certains noms : impasse, chemin du Vieux Village, rue du Village..
Deux autres lieux d’habitations notables existaient : l’un, sur l'actuelle place de l’Église, était constitué de maisons à étages dont les jardins étaient entourés de murs ; l'autre, plus important, à la Verzelle, comportait diverses activités (auberges, artisans, commerces). Les autres lieux-dits constituant l'actuelle commune de Bézenet étaient peu peuplés.
Les premières recherches de houille débutèrent vers 1792, les paysans creusaient de petits puits dans l'affleurement de la couche où ils pratiquaient des excavations irrégulières.
Le , une ordonnance royale accorde la première concession minière à MM. Étienne et Félix Devaux, Jacques Michard, Havard père. Cette concession de portera le nom de « Concession de Bézenet ». Une rente annuelle de par hectare sera versée. L'exploitation régulière ne se fera qu'à partir de 1837 et sera assez faible jusqu'en 1860.
Le , une concession de appelée « Concession de l'Ouche » est accordée à la famille d'Agout. C'est la compagnie « Parent et Schaken » qui en assurera l'exploitation jusqu'en 1869, date à laquelle elle sera rattachée à celle de Bézenet.
Avant 1830, il n'y avait pas d'habitations le long de la route appelée à l'époque « impériale ». Ce n'est qu'à partir de l'attribution de ces deux concessions minières que les premières constructions apparurent.
Au début de l'exploitation des mines, le charbon était transporté à Montluçon par des attelages de bœufs ou de chevaux ; on en comptait plusieurs centaines par jour.
Cité minière vignette|Bézenet à l'époque des mines.
Le , la commune de Bézenet est créée, à partir d'un démembrement de la commune de Montvicq, à la suite de l’explosion démographique due à l’exploitation de la mine de houille ; elle aurait compté jusqu’à vers 1890. Puis la population déclina jusqu’à la fermeture de la mine avant la guerre de 1914-1918.
L’exploitation minière était composée des puits Sainte-Barbe, des Ormes et de l’Ouche. Ce dernier fut utilisé comme puits d'aération à la fin de son activité. Un système d’exploitation dit « en descenderie » était également utilisé au Puy Pochin, rue des Audevants et aux Chauvais.
De toutes ces installations minières il ne subsiste actuellement que le château d’eau, le bâtiment des écuries/granges (transformé en habitations) et l’économat (désaffecté) tous situés chemin de la Mine.
En 1873, de houille étaient extraites par .
vignette|Le chargement du charbon.
La commune disposait de trois médecins dont le docteur Groslier qui était attaché au personnel de la mine. Les mineurs pouvaient également se faire soigner à l'hôpital de la mine qui comptait huit lits et se trouvait dans la rue du Village. Une bonne sœur en dirigeait la pharmacie tandis qu'une autre était notamment chargée d'arracher les dents sans anesthésie… Les passants se rendaient compte des interventions car le sang était directement rejeté dans le caniveau. Trois sages-femmes étaient installées à Bézenet, le médecin ne se déplaçant que pour les accouchements difficiles.
L'activité économique était également composée de l'ensemble de l'artisanat et des commerces de cette époque ainsi que de fabricants de meules à grains, de briqueteries et de fours à chaux dont le plus important se trouvait face à l'étang. Ce qui subsiste de ce dernier est dissimulé sous des broussailles.
Outre les écoles communales (garçons/filles) il existait plusieurs écoles catholiques dont une rue du Village et une école protestante à Saint-Charles. Par la suite, l’école communale des filles fut transformée en cours complémentaire pour filles puis en un collège d’enseignement général mixte (CEG). Le cours complémentaire pour garçons se trouvait à Doyet.
La commune était dotée d’une gendarmerie rue du Bois (1882), ainsi que de deux gares : celle du réseau Paris-Orléans (PO) se trouvant en cul-de-sac était reliée à la ligne Montluçon-Moulins par la gare de Doyet La Presle ; en 1892, elle était classée au niveau départemental pour son trafic expédié (houille, chaux…) ou reçu (matériaux divers pour la mine entre autres). La gare des Chemins de Fer Économiques reliant Marcillat à Varennes était tournée vers un transport de proximité. À la suite du déclin de la population de la commune, la gendarmerie a été fermée vers 1920, la gare du CFE en 1939. Quant à la gare du PO (devenue entre-temps SNCF) son activité voyageurs s'est arrêtée en 1932 ; elle est néanmoins restée ouverte au trafic des marchandises jusqu'en 1964. Ces deux lignes étaient reliées à la mine via la place Jean-Jaurès ; l'embranchement du CFE empruntait le petit chemin longeant l'étang. De nos jours, ces trois bâtiments existent encore ainsi que la maison du garde barrière face à l'ex-station service.
Face à l'étang, perdus dans la végétation, se trouvent les ruines des fours à chaux verticaux qui utilisaient le dénivelé naturel de la route de Bost pour le déchargement du charbon et du calcaire. L'eau de l'étang servait à éteindre la chaux vive.
Bézenet était également équipée de bains-douches municipaux (détruits vers 1984) et d’un abattoir aujourd’hui reconverti en dépôt de matériel.
Les Bézenétois durent batailler contre l’administration afin d’obtenir l’ouverture d’une poste (1865) digne de l’importance de sa population.
Dès sa consécration en 1888, l’église (dédiée à saint Barbe) fut surnommée « la cathédrale », compte tenu de ses dimensions intérieures plus importantes que celles des églises environnantes.
Dès la création de la commune, le dynamisme des Bézenétois fut reconnu par l’organisation de fêtes, de corsos fleuris (appelés « cavalcades » à cette époque) dont le souvenir resta dans la mémoire collective pendant de nombreuses années. L'animation musicale était réalisée par la fanfare-harmonie de Bézenet qui fut créée dans la tradition minière. Plus tard, ce sont les bals organisés dans la toute nouvelle salle des fêtes qui acquirent une belle renommée. Deux fêtes foraines étaient organisées à Bézenet : la fête patronale le de septembre sur la place de l’Église ; elle a disparu dans les années 1990. La plus fréquentée était, à Pâques, la fête communale, qui avait lieu place Jean-Jaurès avec son bal sous parquet ; celle-ci survit encore de nos jours mais ne comporte plus que quelques forains.
Le marché (instauré officiellement en 1861) se tenait le mardi matin sur la place de l’Église ; depuis la rénovation de cette dernière, il se tient désormais place Jean-Jaurès. La place de l'Église se nommait place au Beurre ; la place Jean-Jaurès fut appelée place « Aux fruits » puis place du Pont.