est le sixième album studio du groupe suédois de heavy metal Sabaton, sorti le , en anglais et en suédois. Il s'agit du deuxième album du groupe à être distribué par après , les autres ayant été distribués par . C'est le dernier album que publiera le groupe avec sa formation originale ; ensuite, le batteur, le claviériste et les deux guitaristes quitteront le groupe laissant le chanteur Joakim Brodén et le bassiste Pär Sundström continuer l'aventure.
C'est un album de onze titres, plus trois pistes bonus. Les chansons le composant s'axent principalement autour de l'histoire contemporaine de la Suède, retraçant, chronologiquement, l'ascension suédoise jusqu'à son apogée militaire, économique et politique et, ce, de l’avènement de Gustave II Adolphe jusqu'à la mort de Charles XII. C'est d'ailleurs sur ce dernier que la seconde moitié de l'album se focalise, au point d'en porter le nom ( est le nom de baptême latin de Charles XII).
reçoit un accueil critique favorable, car ayant atteint la seconde position du classement des ventes en Suède, il consacre ainsi le groupe comme une figure majeure de power metal en Suède et dans le monde. Le succès de cet album leur a permis de rassembler près de fans au Scandinavium de Göteborg. Des titres comme , ou encore sont devenus des classiques du groupe sur scène. Il s'agit enfin du premier album du groupe à se consacrer à l'histoire suédoise, et leur troisième à porter un titre latin.
Genèse
Contexte
vignette|Sabaton au Garage de Londres en 2009. Sabaton est un groupe de heavy metal suédois fondé à Falun en 1999. Le groupe s'assura rapidement une notoriété régionale, puis internationale, grâce aux albums et , qui ont glané un accueil critique plus que favorable. Le groupe a la particularité d'axer toutes ses compositions autour de thèmes historiques : principalement, la Seconde Guerre mondiale et les guerres de religion (époques se prêtant particulièrement bien au registre épique privilégié par le power metal).
Il s'agit justement de cette focalisation sur l'histoire de l'humanité en général qui donna naissance à . En effet, le groupe, dans une interview accordée au site internet Grande Rock, affirme que l'idée de composer un album exclusivement tourné vers l'histoire suédoise vînt de leurs fans suédois. Ces derniers , avaient en effet insisté pour que le groupe produise au moins un seul album entièrement consacré à l'histoire nationale et, plus particulièrement, en décrivant l'ascension de l'empire suédois depuis le (période pendant laquelle sa puissance fut consacrée à la Guerre de Trente Ans), jusqu'à la mort de Charles XII, en 1718. Ceci donna naissance, selon le bassiste Pär Sundström, .
Carolus Rex s'inscrit également dans un contexte de renouveau pour le groupe, dans la mesure où quatre membres sur six ont quitté Sabaton afin de . Il faut également noter le fait que Sabaton venait d'achever sa première tournée américaine, où le public ignorait tout de leurs anciens albums, car seul l'album y fut commercialisé.
Enfin, Pär Sundström revient sur le changement quasi-intégral de line-up qui a eu lieu pendant l'enregistrement du nouvel album. Dans l'interview accordée à Grande Rock, il affirme que les quatre membres concernés se sont désistés en pleine session. Mise en cause, la liste impressionnante des destinations des tournées mondiales durant trois ans. D'après lui, les quatre musiciens ont abandonné le projet Sabaton à cause de l'épuisement généré par des tournées incessantes et des prestations épuisantes mais, aussi, par le fait qu'ils commençaient à former des familles.
Écriture et enregistrement vignette|upright|Pär Sundström, bassiste du groupe, au festival Masters of Rock en 2010. Le titre correspond au nom latin du monarque suédois Charles XII, annonçant d'emblée le thème autour duquel s'organise l'album, qui consacre d'ailleurs près de sa moitié au personnage. Pär Sundström évoque également le partenariat de l'écriture qui lia les deux plumes du groupe (Joakim Brodén et lui-même) à l'historien Bengt Liljegren, dont l'expertise apporta une véritable profondeur historique aux compositions du groupe.
L'enregistrement fut pour le moins périlleux, puisque ce septième opus était la première collaboration des cinq hommes, réunis dans le même studio. Hormis le batteur Robban Bäck, qui avait déjà participé à quelques morceaux sur scène en compagnie de l'ex-formation, les deux nouveaux n'avaient encore jamais joué ni avec les deux membres originaux, ni même ensemble. Pär Sundström évoque également le stress occasionné par le changement soudain de line-up qui s'effectua au beau milieu de la période d'enregistrement, exprimant sa joie de voir Joakim et lui-même malgré la difficulté de la production.
Pär Sundström évoque également la décision du groupe de sortir son album en anglais et en suédois. Carolus Rex sera le premier album du groupe à connaître cette dualité linguistique. Il éclaircit les raisons de cette décision en mettant en avant le fait que Joakim , mais aussi parce que cette dualité permettra aux auditeurs ne maîtrisant qu'une seule des deux langues de pouvoir profiter pleinement des textes de l'album. En effet, il était convenu à l'origine que cohabiteraient des chansons en suédois et en anglais, sur un seul et même disque. Cependant, devant le succès international grandissant du groupe (illustré par la tournée nord-américaine de 2011), ce choix privait un public exclusivement anglophone de la moitié de l'album. Pour le groupe, il était que la langue suédoise se devait d'être présente dans un album consacré à l'histoire suédoise, au point de conserver des vers non traduits du suédois dans la version anglaise, et ce notamment dans ou , dont le refrain et le titre sont écrits en allemand.
Caractéristiques artistiques Listes des chansons
Illustrations vignette|Grandes armoiries de Suède, avec les deux lions royaux, les trois couronnes des petites armoiries, et la couronne symbole de la monarchie. Étant donné le fait que l'album soit sorti en deux langues, anglaise et suédoise, chaque version bénéficie de sa propre illustration. Sur l'illustration de la version anglaise de l'album prédomine la couleur bleue emblématique du drapeau de la Suède. Le texte et les divers objets représentés s'inscrivent dans un cadre fait d'ornements traditionnels suédois, le tout sur un fond de montagnes et de cimes enneigées en haut, et de vagues rougies par un coucher de soleil en bas. En haut de la pochette est écrit le nom du groupe, en imposantes lettres d'or, et ce dans le style graphique habituel. Au centre trône la couronne royale, symbole de la monarchie suédoise, et figurant sur toutes les armoiries du pays, l'artiste ayant pris quelques libertés en la représentant car apposant au bas de la couronne l'initiale stylisée du groupe. Autour de cette dernière viennent se positionner quatre drapeaux suédois, deux étendards arborant les grandes armoiries en leur centre, et deux oriflammes arborant les trois couronnes caractéristiques des petites armoiries suédoises. S'adossent contre ces deux drapeaux deux lions, emblèmes royaux suédois de courage et de noblesse, colorés en bleu tout en étant dessinés en jaune or, reprenant ainsi les deux couleurs du drapeaux. Entre les deux oriflammes vient s'introduire le sceau royal. Enfin, au bas de l'illustration s'étend la représentation d'un tissu rouge, sur lequel est brodé en lettres d'or le titre de l'album, Carolus Rex. Cela crée un décalage, un contraste frappant, entre l'imposante écriture du nom du groupe et celle du titre, beaucoup plus discret. L'illustration de la version suédoise de l'album est quant à elle moins chargée. En effet, cette dernière consiste en la représentation d'un contingent de cavalerie suédoise à la charge, alors qu'au fond on distingue les rangs d'infanterie engagés en mêlée. Le contraste entre le nom du groupe et celui de l'album existe toujours, mais cette fois-ci le titre de l'album est imprimé sur une oriflamme suédoise. Au premier plan figure un cavalier, à l'uniforme typiquement suédois (haut en bleu, bas en jaune), brandissant une épée et scandant un cri de guerre. Le fait que l'on n'aperçoit que le blanc de ses yeux peut être interprété comme une référence à la chanson . Au second plan apparaît une poignée de cavaliers brandissant des drapeaux identiques à ceux présents sur la pochette anglaise. Enfin du feu jaillit du bas de l'illustration.
Composition et thèmes abordés vignette|Gustave II Adolphe (1594-1632), roi de Suède, apparaît principalement dans la première partie de l'album, étant l'un des protagonistes de la guerre de Trente Ans. Comme dans tous les autres albums de Sabaton, le groupe aborde des sujets relatifs à l'histoire, narrant des évènements historiques ayant marqué la mémoire collective de l'humanité, comme les deux guerres mondiales. De fait, la principale différence entre Carolus Rex et les autres albums du groupe est le fait qu'il se focalise exclusivement sur la Suède et son histoire, et ce en retraçant l’ascension de la nation suédoise au fil du , jusqu'à sa consécration comme grande puissance européenne au début du .
La première réelle différence dans la composition est l'existence d'une chronologie, faisant de cet album un album-concept. En effet, chaque chanson est le commencement et la suite d'une autre, le tout s'inscrivant dans une frise chronologique. Chaque titre est en fait un épisode de l’ascension suédoise.
L'album s'ouvre sur une piste instrumentale de 25 secondes, . Cette piste n'est qu'une introduction, servant de prologue à l'album. Son titre latin peut être traduit par . Dominium maris baltici est la formule utilisée pour évoquer la puissance suédoise qui s'étendait tout autour de la mer Baltique, référence à la domination romaine sur la mer Méditerranée.
L'album débute réellement avec (soit Le Lion du Nord), surnom du roi suédois Gustave II Adolphe. Un énergique riff de guitare, accompagné par les claviers de Joakim Brodén, inaugure la piste. La voix de ce dernier chante alors la gloire du souverain, son ambition de vouloir gouverner et que quiconque osant lui résister périra par . On y décrit le roi comme étant courageux, noble, habile stratège, libérateur, mais également un va-t'en-guerre d'une rare violence. Le souffle épique de la chanson réside dans le refrain, intégralement en latin, où Joakim Brodén et les choristes scandent le nom du souverain, suivi de et le qualifiant de . Tout au long de la chanson sont évoqués ses faits d'armes pendant la guerre de Trente Ans, le décrivant comme , devant laquelle . Sa mort tragique à la bataille de Lützen en 1632 n'est cependant pas évoquée.
La chanson finit au bout de cinq minutes, laissant place à . La piste s'ouvre sur un riff de guitare qui, d'après le bassiste, est censé évoquer le galop d'une charge. Elle évoque une fois de plus les armées suédoises à la bataille de Breitenfield en 1631, remportée par ces dernières commandées par Gustave II Adolphe, précédemment glorifié. Les hommes se déclarent . Le refrain reprend le moment où les armées suédoises attaquent les positions catholiques, signifiant en allemand. La bataille est décrite comme décisive car c'est d'elle , à l'issue des sept attaques catholiques repoussées par les Suédois, . La chanson s'achève avec la description de la débandade catholique, .